Le Canada offre un laboratoire vivant sur les dérives possibles vers une euthanasie non volontaire pour les plus vulnérables

Oui, cette étude existe et soulève des questions éthiques légitimes sur les incitatifs pervers potentiels du système MAiD (Medical Assistance in Dying) au Canada. Il s’agit d’un article publié en 2025 dans la revue Omega – Journal of Death and Dying (Sage), intitulé « Government Economics of Expanding Canada’s Medical Assistance in Dying to Vulnerable Populations… » par Joshua Pearce et al.

journals.sagepub.com

Les auteurs modélisent les économies potentielles pour l’État canadien en étendant le MAiD à des groupes vulnérables (malades mentaux sévères, sans-abri, toxicomanes, personnes âgées retraitées, communautés autochtones, etc.) qui coûtent plus en services qu’ils ne rapportent en impôts. Scénarios volontaires : économies de dizaines de milliards, avec ~2,6 millions de décès projetés d’ici 2047.
Scénarios non volontaires : jusqu’à 1,273 billion CAD d’économies cumulées d’ici 2047 (avec des variantes « outsourcing » à des contractuels non-médicaux encore plus élevées).
Ils insistent sur le fait que ces incitatifs financiers pourraient dévaloriser les vies vulnérables, prioriser la mort assistée sur les soins/palliatifs, et créer une culture où l’État voit le MAiD comme solution budgétaire.

Les auteurs ne proposent pas cette expansion : ils alertent explicitement sur les risques éthiques graves (« license to kill », dévaluation de la vie humaine, glissement vers des pratiques sinistres). C’est une analyse de sensibilité économique, pas un plan gouvernemental.

factcheck.afp.com

Contexte plus large du MAiD au CanadaExpansion rapide : Légalisé en 2016 (fin de vie), élargi en 2021 aux conditions chroniques non terminales (Track 2). ~16 500 décès en 2024 (5,1 % de tous les décès). MAiD est la 5e cause de décès dans plusieurs provinces.

bbc.com

Économies réelles : Des analyses antérieures (Parliamentary Budget Officer, Trachtenberg & Manns 2017) estimaient déjà des économies nettes de 35-150 millions CAD/an grâce au MAiD, car la fin de vie coûte cher (soins, palliatifs). Ces montants restent modestes à l’échelle du budget santé (~0,08 %), mais le principe d’incitatif budgétaire existe.

pmc.ncbi.nlm.nih.gov

Cas problématiques documentés : Rapports du coroner ontarien et témoignages montrent des demandes motivées par pauvreté, isolement, attente de soins, logement inadéquat ou handicap sans soutien suffisant. Des cas où le MAiD semble remplacer les aides sociales plutôt que soulager une souffrance purement médicale. Délai pour l’inclusion de la maladie mentale seule repoussé plusieurs fois en raison de préoccupations.

theconversation.com

Risques réels : L’expansion rapide, combinée à des pressions budgétaires sur la santé et les services sociaux, crée des incitatifs pervers structurels.

Des critiques (médecins, éthiciens, familles) parlent de « glissement » (slippery slope) : du « mourir dans la dignité » à une option par défaut pour les vulnérables. Le consentement volontaire est exigé par la loi, mais la vulnérabilité (pauvreté, isolement, biais médical) peut le rendre moins libre en pratique.
Contre-arguments : Le MAiD reste encadré par des critères de consentement éclairé et sans pression externe. Beaucoup de bénéficiaires ont des souffrances réelles et intolérables. Les défenseurs soulignent l’autonomie individuelle. L’étude de Pearce est hypothétique et provocatrice pour alerter, pas descriptive de la politique actuelle.
Non volontaire/forcé : Illégal actuellement. Aucune preuve d’une politique étatique en ce sens, mais les calculs de l’étude montrent comment cela pourrait devenir « rentable » économiquement, ce qui nourrit les craintes.

Ce cas illustre un débat classique en bioéthique : autonomie vs. protection des vulnérables + incitatifs étatiques. Le Canada offre un laboratoire vivant sur les dérives possibles quand on élargit fortement sans safeguards robustes et investissements massifs en soins/palliatifs/soutien social. L’étude alimente légitimement l’inquiétude, même si elle est spéculative sur le « non-volontaire ». Une surveillance indépendante forte et des données transparentes par statut socio-économique restent essentielles.

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About pgibertie

Agrégé d'histoire, Professeur de Chaire Supérieure en économie et en géopolitique, intervenant àBordeaux III et comme formateur à l'agrégation d'économie à Rennes Aujourd'hui retraité
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4 Responses to Le Canada offre un laboratoire vivant sur les dérives possibles vers une euthanasie non volontaire pour les plus vulnérables

  1. Avatar de Liz Liz dit :

    Pour ceux qui voudront échapper à leur mort programmée, une chasse à l’homme sera organisée. Merci de bien vouloir vous inscrire à l’Office de l’Allègement Fiscal, un numéro d’inscription vous sera attribué. Conditions d’attribution :

    • Permis de chasse
    • Fusil semi-automatique calibré pour la chasse à l’ours
    • Attestation de majorité
    • Certificat médical quant à l’aptitude à la randonnée et à l’escalade
    • Déclaration dégageant l’état et la province organisatrice de toute responsabilité en cas de riposte du fuyard.
    • L’hébergement et les munitions sont à la charge du chasseur

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  2. Avatar de elba elba dit :

    Mais qu’est-ce que cette soi-disant « humanité » lorsque l’on lit que cette euthanasie (appelons un chat, un chat) est pronée sous le terme « d’économie nette » !!! La vie d’un être humain est désormais une question de rentabilité ???

    Je suis tellement écoeurée !!

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    • Avatar de Paul-Emic Paul-Emic dit :

      Je n’en suis pas fier mais je l’avais « prédit » il y a plus de 20 ans, 30 peut-être tellement ces pourris sont prévisibles

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      • Avatar de practicallyc66ef89cd9 practicallyc66ef89cd9 dit :

        Et dire qu’on reproche aux Nasis d’avoir appliqué cet « eugénisme » pour lequel même Winston Chuchill était favorable, un eugénisme qui a été supprimé en Suède seulement début 1970 si ma mémoire est bonne et là ces « jobastres » criminels reviennent en arrière en se justifiant pour le pognon. Lamentable.

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