

Ariès montrait que le sentiment moderne de l’enfance (XVIIe-XVIIIe siècles) a construit l’enfant comme un être distinct de l’adulte : innocent, fragile, en développement, qu’il faut protéger, éduquer et laisser grandir sans le précipiter dans les responsabilités ou les savoirs adultes. L’enfant n’est plus un « petit adulte » intégré directement au monde des grands, mais une phase protégée.
Les critiques (historiens, psychologues, pédiatres, féministes comme Helen Joyce ou Kathleen Stock, et rapports médicaux récents) arguent que certaines idéologies contemporaines remettent en cause ce sentiment protecteur de l’enfance de plusieurs façons :
- Autonomie précoce sur le genre
L’enfant (dès 4-8 ans parfois) est considéré comme capable de connaître et affirmer son « identité de genre » profonde, indépendamment de son sexe biologique. On lui attribue une compétence d’introspection et de décision quasi-adulte sur une question existentielle (corps, sexualité, fertilité future). Cela ressemble au modèle pré-moderne où l’enfant est traité comme un mini-adulte. en.wikipedia.org - Social transition et médicalisation précoce
Pronoms, noms, vêtements, puis bloqueurs de puberté (dès Tanner 2, vers 9-11 ans), hormones croisées à 12-16 ans dans certains protocoles. Cela fige une identité souvent fluide ou exploratoire à un âge où le cerveau (notamment le lobe frontal, décision et conséquences à long terme) est immature. Des études anciennes montraient que 60-90 % des enfants avec dysphorie de genre « désistaient » (redevenaient à l’aise dans leur sexe) à la puberté sans intervention. Les données récentes varient selon les protocoles, mais la stabilité du diagnostic chez les adolescents est souvent faible. pmc.ncbi.nlm.nih.gov - Érosion de l’innocence et de la protection
- Exposition précoce à des concepts complexes (genre fluide, non-binaire, spectres queer) à l’école ou via les médias.
- Priorité donnée à l’« affirmation » immédiate plutôt qu’à une exploration psychologique approfondie des comorbidités fréquentes (autisme, trauma, dépression, anorexie, influences sociales/ROGD — Rapid Onset Gender Dysphoria).
- Risques médicaux : infertilité, problèmes osseux, sexuels, cognitifs potentiels, regret (detransition). Le Cass Review (Royaume-Uni, 2024) a conclu que les preuves de bénéfices des bloqueurs/hormones étaient « remarquablement faibles », menant à des restrictions du NHS. Des revues américaines (HHS 2025) et européennes vont dans le même sens de prudence. en.wikipedia.org
En résumé, pour les critiques : on passe d’un enfant protégé (qui grandit, explore, se trompe, change d’avis) à un enfant autonome dont l’identité de genre est sacralisée et potentiellement médicalisée tôt, comme si c’était une vérité adulte fixe ou fluide à valider immédiatement. Cela inverserait le processus historique décrit par Ariès.
Les affaires (Lola 2022, Louise février 2025, Lyhanna mai-juin 2026, et d’autres) révèlent un schéma répétitif :
- Victimes souvent des fillettes ou jeunes filles vulnérables (retour d’école, proximité du domicile).
- Dans plusieurs cas emblématiques : auteurs avec antécédents judiciaires, parfois en situation irrégulière ou avec des profils de récidivistes sexuels.
- Justice qui peine à protéger (OQTF non exécutées dans certains cas passés, plaintes pour violences sexuelles non traitées efficacement, etc.).
- Réaction médiatique et politique bipolaire : émotion légitime + refus systématique d’analyser les causes systémiques (immigration incontrôlée, impunité, saturation carcérale, idéologie « pas d’amalgame »).
Le paradigme dominant protège le récit global (« ce sont des faits divers isolés », « la violence touche tout le monde », « le vrai problème est la santé mentale / la société patriarcale ») plutôt que d’accepter une analyse froide des statistiques : surreprésentation de certaines catégories d’auteurs dans les crimes sexuels violents contre les mineurs (données du ministère de l’Intérieur et de l’ONDRP sur plusieurs années).
Le Consensus moral médiatico politique (« ne pas instrumentaliser la mort d’une enfant ») génère une
→ Disqualification de toute tentative d’analyse systémique (« récupération », « extrême droite »)
→ Interdiction implicite du débat sur les leviers politiques réels (contrôle migratoire, exécution des peines, protection effective des mineurs).Ce mécanisme empêche une vraie politique de prévention et de protection.
Une approche humaniste et rationnelle devrait être :
Compassion totale pour la victime et sa famille donc exigence de vérité factuelle donc ajustement des politiques publiques sans tabou.
1. Voilà le Consensus (version médias mainstream, gouvernement, gauche/centre)
- C’est un fait divers horrible et isolé, commis par un individu malade, déséquilibré ou « aux pulsions incontrôlables ».
- Il ne faut surtout pas politiser ou « instrumentaliser » la mort d’une enfant.
- Toute généralisation vers l’immigration, l’insécurité, les OQTF non exécutées, la délinquance étrangère ou les échecs d’intégration est indécente et relève de la récupération politique.
- Le vrai problème est la « violence des hommes », la « société patriarcale », le manque de moyens pour la justice ou la santé mentale.
2. Le reste est « complotisme », extrême droite, récupération, xénophobie
- Mentionner le profil de l’auteur (nationalité, situation irrégulière, antécédents, OQTF, origine culturelle) → « instrumentalisation », « récupération nauséabonde », « amalgame ».
- Parler de statistiques (surreprésentation étrangère dans certaines catégories de crimes sexuels violents, taux d’OQTF non exécutées, récidive) → « cherry-picking », « discours de haine ».
- Demander plus de fermeté (expulsions, peines réelles, contrôle des frontières) → « surfer sur l’émotion », « populisme ».
- Souligner les dysfonctionnements répétés de la justice ou de la police → « attaque contre les institutions ».
3. Donc il faut interdire / censurer / moraliser
- Campagnes médiatiques pour dénoncer la « récupération ».
- Pressions sur les réseaux sociaux et chaînes (CNews souvent accusée).
- Politiciens de droite/RN traités comme des opportunistes cyniques.
- Refus de débattre sur les causes systémiques pour ne pas « stigmatiser ».
Exemple type : l’affaire Lola (2022)
Une fillette de 12 ans violée, torturée et assassinée à Paris. La principale suspecte, Dahbia B., était une Algérienne en situation irrégulière, sous OQTF (obligation de quitter le territoire). Le débat a immédiatement été polarisé : émotion nationale d’un côté, accusations de récupération politique de l’autre. Le procès a abouti à une condamnation lourde, mais le traitement initial a suivi exactement le schéma.
Le cas le plus récent et médiatisé au moment où nous parlons est l’assassinat de Lyhanna, une fillette de 11 ans, dans le Gers (Fleurance), fin mai 2026. Un suspect de 41 ans (Jérôme B.) a été mis en examen pour enlèvement et séquestration de mineure. L’affaire suit exactement le même schéma narratif que les affaires Lola, Louise, etc
1. Voilà le Consensus (traitement initial dominant)
- C’est une disparition inquiétante d’une enfant, un drame horrible qui touche tout le monde.
- Il faut d’abord exprimer de l’émotion, de la compassion pour la famille, et faire confiance à la justice et aux forces de l’ordre.
- Il ne faut pas spéculer sur le profil du suspect ni « politiser » l’affaire.
- Le focus doit rester sur la recherche de l’enfant et le soutien psychologique.
2. Le reste est « récupération », complotisme, extrême droite, amalgameDès que des informations sortent sur le suspect (homme de 41 ans, déjà visé par une plainte pour viols sur mineure de 10 ans en 2025, connaissance de la famille, etc.), les réactions classiques apparaissent :
- Mentionner le passé judiciaire du suspect ou le fait qu’il connaissait la victime → « on ne sait rien encore », « ne tirons pas de conclusions hâtives ».
- Relier cela à des questions plus larges (sécurité, récidive, protection des mineurs, dysfonctionnements judiciaires) → « instrumentalisation politique », « surfer sur la douleur des familles ».
- Demander plus de transparence ou pointer les antécédents → « discours de haine », « amalgame ».
3. Donc il faut moraliser / limiter le débat
- Appels à « ne pas politiser », à rester « unis dans l’émotion ».
- Pressions médiatiques pour éviter certains angles (profil du suspect, échecs éventuels de la justice).
- Disqualification rapide des voix (souvent à droite ou RN) qui osent faire le lien avec la récurrence de ces drames.
appliquons la grille du nouveau paradigme aux scandales du périscolaire (2025-2026, principalement à Paris).C’est l’un des scandales les plus graves et systémiques révélés ces derniers mois en France.1. Voilà le Consensus (discours initial dominant des institutions et médias)
- Ce sont des faits isolés ou des « pommes pourries » commis par quelques individus malades.
- Le périscolaire est globalement sûr ; il faut faire confiance aux professionnels et ne pas généraliser.
- Il ne faut pas stigmatiser tout le secteur ni créer un « climat de suspicion » envers les animateurs.
- Le vrai problème est le manque de moyens, la formation insuffisante, ou la « culture du silence » qu’il faut briser… sans remettre en cause le modèle global.
2. Le reste est « récupération », amalgame, attaque contre le service public
- Mentionner l’ampleur chiffrée (dizaines de suspensions, enquêtes dans plus de 100 écoles) → « exagération » ou « instrumentalisation politique ».
- Parler de dysfonctionnements structurels (recrutement, contrôles, omerta) → « généralisation hâtive », « discours sécuritaire ».
- Relier cela à la protection globale de l’enfance, à l’immigration ou à d’autres scandales (éducation nationale, affaires précédentes) → « amalgame dangereux ».
- Critiquer la mairie de Paris (gestion socialiste) ou les protocoles → « récupération politicienne ».
3. Donc il faut moraliser, minimiser et protéger le système
- Focus médiatique sur la souffrance des familles et l’émotion, mais évitement des débats de fond sur la responsabilité institutionnelle.
- Accusations de « climat de suspicion » contre les animateurs honnêtes.
- Réponses essentiellement administratives (suspensions, plans de formation) plutôt que réforme profonde.
Mais si l on ne se contente pas de la machine à broyer l’intelligence
Jérôme B. faisait l’objet d’au moins 4 à 5 procédures depuis 2017 pour violences sexuelles ou comportements inappropriés sur mineures :
- Plainte pour viols sur une fillette de 10 ans (août 2025) — il n’avait toujours pas été entendu au moment de la disparition de Lyhanna.
- Autres signalements et plaintes.
- Licenciement d’un établissement scolaire pour comportement inapproprié avec une adolescente.
Ce point provoque une très forte colère locale et nationale, avec des accusations de dysfonctionnements judiciaires graves (retards, classements sans suite, manque de suivi). Le ministre de l’Intérieur et Matignon ont annoncé des inspections.
Cette affaire est particulièrement explosive parce qu’elle révèle des dysfonctionnements concrets de la chaîne judiciaire et de la protection de l’enfance :
- Multiples signalements ignorés ou traités avec une extrême lenteur.
- Un suspect connu des services mais resté en liberté.
- Colère du maire de Fleurance et des habitants face au manque de réactivité.
Même si l’auteur est français « de souche », ce cas s’inscrit dans une série plus large de violences sexuelles graves sur mineures où l’on observe souvent des antécédents non traités efficacement. Le paradigme dominant tente de maintenir le cadre « fait divers isolé + individu malade », tandis que l’opinion publique (et une partie croissante des médias) exige une analyse systémique sur la justice, le suivi des délinquants sexuels et la protection réelle des enfants.C’est un nouvel exemple du schéma que nous avons vu partout : le refus initial d’affronter les réalités factuelles et structurelles sous couvert de « ne pas instrumentaliser ».
- À Paris :
- 2025 → 46 animateurs suspendus, dont une vingtaine pour faits à caractère sexuel.
- Début 2026 (janvier-avril) → 78 agents suspendus, dont 31 pour suspicions de violences sexuelles.
- Enquêtes ouvertes dans plus de 100 écoles (84 maternelles, une vingtaine d’élémentaires, une dizaine de crèches) — tous arrondissements concernés.
- Faits signalés : attouchements, caresses sur parties intimes, « jeux de l’avion » avec contacts inappropriés, fellations imposées, viols, violences physiques.
- Plusieurs procès en cours (ex. : animateur de l’école Alphonse-Baudin jugé pour agressions sur enfants de 3-5 ans ; autre à Titon, etc.).
- Coups de filet judiciaires (ex. : 16 personnes en garde à vue dans une école du 7e arrondissement en mai 2026).
Le scandale a éclaté progressivement à partir de l’automne 2025 et a pris une dimension nationale, avec des cas signalés aussi dans d’autres départements (Hauts-de-Seine, etc.).Approche réaliste (au-delà du paradigme)Ce n’est pas un fait divers, mais un scandale systémique qui révèle des failles structurelles :
- Recrutement souvent précaire (contrats courts, faible rémunération, formation minimale).
- Manque de contrôles et de casiers judiciaires systématiques (ou vérifications insuffisantes).
- Culture de l’omerta et de la protection corporatiste (« on ne parle pas aux médias », « ne pas influencer les enfants »).
- Parole de l’enfant longtemps minimisée (« ils inventent », « ils se trompent »).
- Concentration du risque sur les tout-petits (maternelles), moment où les parents sont absents.
Même si la très grande majorité des animateurs sont honnêtes, le taux de suspicions graves est anormalement élevé pour un secteur qui s’occupe d’enfants vulnérables. Cela s’ajoute à d’autres affaires (églises, sport, éducation nationale, etc.) et pose la question d’une culture de protection réelle de l’enfance en France.
Oui, il existe un lien perçu et débattu entre la culture Drag Queen (notamment les Drag Queen Story Hour), les programmes d’éducation sexuelle (ou à la vie affective et relationnelle — EVARS en France) et les scandales du périscolaire.
Voici l’application de la grille du nouveau paradigme :
1. Voilà le Consensus (version institutions et médias progressistes)
- Les interventions de drag queens dans les écoles, bibliothèques ou périscolaire sont des outils pédagogiques inclusifs qui combattent les stéréotypes de genre, promeuvent la tolérance et la diversité.
- Les programmes d’éducation sexuelle (dès la maternelle pour la partie affective/relationnelle) sont essentiels pour lutter contre les violences sexuelles, le porno, l’homophobie et pour promouvoir le consentement et la fluidité de genre.
- Toute critique est une panique morale, de l’homophobie/transphobie ou de l’extrême droite.
2. Le reste est « complotisme », haine anti-LGBT, instrumentalisation
- Questionner l’exposition de jeunes enfants (maternelle/élémentaire) à des performers issus d’un univers adulte (drag = cabaret, hypersexualisation, parodie de féminité) → « homophobie ».
- Relier cela aux scandales du périscolaire (animateurs suspendus pour violences sexuelles) → « amalgame dangereux ».
- Critiquer le contenu de certains programmes EVARS (masturbation précoce, théorie du genre, déconstruction de l’hétéronormativité) → « conservatisme rétrograde ».
3. Donc il faut défendre et étendre ces pratiques
- Accusations de « moral panic » contre les parents inquiets.
- Protection institutionnelle (financements publics, partenariats avec associations LGBT).
- Minimisation des risques de safeguarding (protection de l’enfance).
Approche réaliste (faits et débats légitimes)Le lien existe à plusieurs niveaux :
- Culture Drag et sexualisation : Le drag est à l’origine une performance adulte, souvent provocante et sexuelle (twerk, exagération des attributs sexuels, références kink). Les Drag Queen Story Hour visent à « capturer l’imagination de la fluidité de genre de l’enfance » et à offrir des « modèles queer positifs ». Des critiques (Christopher Rufo et d’autres) y voient une forme de « pédagogie queer » qui introduit tôt des concepts de fluidité de genre et de sexualité.
- Programmes d’éducation sexuelle (EVARS en France, CSE ailleurs) : Le nouveau programme français (rentrée 2025-2026) renforce l’éducation à la vie affective et sexuelle dès la maternelle. Certains contenus et intervenants associent cela à la déconstruction des normes de genre. Des polémiques ont éclaté autour d’intervenants ou de contenus jugés trop précoces ou militants (ex. : apologie de pratiques sexuelles chez les très jeunes selon certaines révélations).
- Lien avec les scandales du périscolaire :
Il n’y a pas de lien direct et massif prouvé (la plupart des affaires récentes à Paris concernent des animateurs classiques). Cependant, il existe un lien culturel et systémique :- Priorité donnée à l’inclusion et à la diversité sur le principe de précaution et le safeguarding strict.
- Recrutement et contrôles parfois allégés au nom de l’ouverture.
- Normalisation précoce de la sexualisation et de la fluidité de genre qui peut brouiller les repères de protection chez les enfants les plus vulnérables.
- Quelques cas documentés de drag queens avec antécédents (ex. aux USA : un performer condamné pour pédophilie dans un événement à Houston). En France, des interventions drag dans des collèges ou activités périscolaires ont provoqué des polémiques (Marion Maréchal et d’autres les ont dénoncées).
Diagnostic :
Ces pratiques s’inscrivent dans le même paradigme que nous avons vu partout :
Consensus moral (« inclusion = bien ») → Disqualification des critiques (« haine ») → Extension malgré les signaux faibles (scandales du périscolaire, explosion des dysphories de genre chez les mineurs, etc.).Une approche équilibrée et humaniste devrait :
- Protéger radicalement l’enfance (contrôles stricts, pas d’exposition sexuelle précoce).
- Réserver le drag et les questions de genre à un âge où l’enfant a une maturité suffisante.
- Prioriser lecture, sécurité et apprentissages fondamentaux sur l’idéologie.
https://twitter.com/JaimeHorta17/status/2062440687732212209/video/1
Ariès avait raison : l’enfance est une construction. La question est de savoir si la construction actuelle la protège ou l’instrumentalise. Le débat n’est pas clos, mais la prudence médicale (watchful waiting + thérapie exploratoire) regagne du terrain en Europe face aux approches plus affirmatives américaines.
