
Le diptyque La Bataille de Gaulle d’Antonin Baudry (sorti en 2026, avec L’Âge de fer en juin et J’écris ton nom fin juin) est un blockbuster historique français ambitieux. Il retrace le parcours de Charles de Gaulle de 1940 à 1944, adapté du livre de l’historien Julian T. Jackson De Gaulle : une certaine idée de la France. Au-delà de l’épopée de la Résistance, le film met en lumière les tensions profondes entre de Gaulle et les Alliés, en particulier les États-Unis de Franklin D. Roosevelt. Il montre une Amérique qui voit la France vaincue comme une puissance secondaire, voire un territoire à administrer.
Une France « hors jeu » aux yeux de WashingtonDès le premier volet, le film installe le contexte de juin 1940 : la France s’effondre et signe l’armistice. De Gaulle (Simon Abkarian), encore peu connu, fuit à Londres pour continuer le combat. Les Britanniques (via Churchill, incarné par Simon Russell Beale) lui offrent un soutien prudent, mais les Américains restent distants. Roosevelt, encore isolationniste au début, préfère miser sur le régime de Vichy et le maréchal Pétain, jugé plus « stable » et contrôlable.
Le deuxième volet, J’écris ton nom, creuse cette opposition. Il montre explicitement comment les États-Unis, une fois entrés en guerre, entendent redessiner l’ordre mondial avec la Grande-Bretagne et l’URSS, en reléguant la France au rang de puissance mineure. Roosevelt voit de Gaulle comme un gêneur arrogant, non élu et incontrôlable. Il pousse Churchill à s’en débarrasser et préfère le général Henri Giraud, plus docile, pour diriger les forces françaises en Afrique du Nord.
Le film illustre ce bras de fer diplomatique : de Gaulle, avec une poignée d’hommes et peu de moyens, s’impose face à des Alliés qui le considèrent comme un personnage secondaire. Les scènes à Alger et à Londres soulignent les manœuvres américaines pour marginaliser la France libre.
Le projet d’administration américaine de la France libéréeL’un des points les plus forts (et controversés) du film est la révélation des plans américains pour la France après le Débarquement. Roosevelt envisageait une administration militaire alliée (AMGOT-like) sur le territoire français, avec des officiers américains envoyés pour contrôler les préfectures et gouverner temporairement. La France serait traitée comme un pays occupé, en attendant des élections supervisées par Washington.
tf1info.frLe film montre de jeunes officiers américains préparant cette tutelle, une séquence rare au cinéma. De Gaulle s’y oppose farouchement, refusant que la France sorte de l’Histoire ou devienne une « vassale ». Cette résistance permet d’éviter cette tutelle. Le message est clair : sans de Gaulle, la France risquait de perdre sa souveraineté au profit d’une Amérique qui se voyait déjà comme « gendarme du monde ».
Ce récit fait écho à des documents historiques réels (accords Clark-Darlan, méfiance de Roosevelt envers de Gaulle) et à des documentaires comme De Gaulle, l’homme à abattre, qui détaillent les efforts américains pour contourner ou affaiblir le Général sur trois décennies.
fr.wikipedia.orgUn regard français sur l’Histoire, contre le narratif américain dominantAntonin Baudry assume un point de vue assumé : le film ne montre pas le Débarquement à la manière hollywoodienne (Band of Brothers, Saving Private Ryan) mais se concentre sur les intrigues politiques et la bataille pour la légitimité française. Il critique implicitement le « narratif américain » qui domine depuis 1945 — celui des libérateurs sauveurs — et rappelle que l’amitié franco-américaine n’a pas toujours été synonyme d’égalité.
gqmagazine.frLe réalisateur souligne dans des interviews que l’Europe vit depuis des décennies dans une histoire écrite par les Américains. Ce film vise à rééquilibrer les perspectives en affirmant une « certaine idée de la France » indépendante.
Sorti en pleine période de débats sur la souveraineté européenne et les relations transatlantiq interroge : les États-Unis voient-ils encore la France et l’Europe comme des partenaires égaux, ou comme des zones d’influence ? De Gaulle incarnait le refus de la vassalité, un thème qui résonne aujourd’hui.
Malgré quelques libertés historiques critiquées par des historiens (simplifications, dramatisation), le film réussit à rendre accessible une page méconnue : la « bataille » diplomatique de De Gaulle contre les Alliés eux-mêmes. Il rappelle que la Libération ne fut pas seulement militaire, mais aussi une lutte pour que la France reste une puissance souveraine face à l’hégémonie américaine naissante.
En conclusion, La Bataille de Gaulle ne diabolise pas les États-Unis, alliés indispensables contre le nazisme, mais révèle une attitude pragmatique et impériale : une Amérique prête à marginaliser la France pour servir ses intérêts géopolitiques. Un rappel puissant que l’indépendance nationale se conquiert aussi contre ses amis. Un grand film patriotique et stimulant, à voir pour comprendre les racines de la « certaine idée de la France ».
Le plan AMGOT (Allied Military Government of Occupied Territories)Les Américains (sous Roosevelt) avaient prévu d’administrer la France libérée comme un territoire occupé, avec :
- Une administration militaire alliée (AMGOT).
- Des francs « alliés » imprimés aux USA (considérés comme de la fausse monnaie par de Gaulle).
- Une division potentielle de la France en zones d’occupation.
Et si la France n’avait pas été admise au banquet de la victoire ? Occupée militairement par les troupes alliées régnant en maîtres, administrée par des officiers anglo-américains nommant les maires ou les fonctionnaires, son économie « dollarisée », pleurant un strapontin à l’ONU ? Pour peu politiquement correcte qu’elle paraisse en ces jours de co-célébration, l’hypothèse était bel et bien envisagée et même un peu plus. Deux grains de sable : de Gaulle, et les Français.
Si le débarquement du 6 juin 1944 devait rester dans l’histoire de France synonyme de « libération », tel n’était pas son but initial. C’est au début de 1943, alors que la guerre a basculé à l’Est par la victoire soviétique décisive de Stalingrad, que le principe de l’opération « Overlord » (« Suzerain ») est arrêté par Roosevelt et Churchill. L’objectif n’en est évidemment pas les bocages normands ni Paris ni Strasbourg mais Berlin, qu’il convient de ne pas laisser à Staline.
Puissance déchue, le sort de la France n’est pas le souci majeur des futurs vainqueurs qui entretiennent en outre des relations tumultueuses avec l’incontrôlable Général de Gaulle. Intéressés au devenir de l’Europe d’après-guerre, ceux-ci ne peuvent cependant s’en désintéresser complètement. L’Allemagne et ses serviteurs vichyssois disparus, elle ne doit ni sombrer dans l’anarchie ni, pire encore, tomber entre les mains des communistes que l’on sait particulièrement actifs dans la résistance. Assez tôt, les alliés se sont préoccupés de son administration.
Défiance

De Gaulle et Churchill en 1940
Dès 1941-1942, Washington prévoit d’imposer à la France le même régime qu’aux futurs … vaincus (Italie, Allemagne, Japon) : un statut de protectorat. Celui-ci sera régi par un pouvoir de circonstance, «Allied Military Government of Occupied Territories » (Gouvernement militaire allié des territoires occupés) dont l’acronyme devait rester : l’AMGOT.
Testée en Italie en 1943, cette structure, a pour vocation d’administrer, sous contrôle anglo-américain, les zones reprises aux Allemands. Des centaines de cadres sont formés dans ce but par une académie basée à Charlottesville, en Virginie. Son rôle reste d’actualité à la veille du débarquement de Normandie malgré la montée en puissance et la légitimation de la Résistance intérieure et extérieure. Une obstination souvent attribuée aux réticences – c’est une litote – américaines envers la mouvance gaullienne.
Peu francophile en général, Roosevelt ne cache guère son aversion profonde envers le chef de la France libre, qu’il qualifie d’ « apprenti dictateur » et considère comme un petit général de brigade prétentieux, voire un jouet des communistes. De la (tardive) entrée en guerre des États-Unis jusqu’à la fin 1944, il ne le dédaigne pas seulement mais s’efforce d’en éloigner Winston Churchill (qui comprend mieux, en dépit des orages, l’homme du 18 juin), avec d’autant plus de succès que les sujets de discordes se multiplient au fil du conflit : participation aux décisions et plus encore sort de l’Empire, dont la libération est un enjeu militaire mais aussi économique intéressant les Anglo-saxons.
Avant et après leur prise de contrôle de l’Afrique du Nord (Opération Torch, novembre 42), les alliés – Américains, en particulier – s’y appuient sur des personnalités hostiles à de Gaulle, voire ouvertement issues du régime de Vichy (Weygand, Giraud, Darlan, Pucheu). Leur échec et les succès sur ce point de l’exaspérant général (qui écarte ses rivaux et fait reconnaître son autorité) ne les amènent pas à beaucoup plus de bienveillance à son endroit ni (pour les États-Unis, surtout) de lucidité envers les pétainistes. Washington maintiendra jusqu’au bout – après même les débarquements de 1944 – un ambassadeur – l’amiral Leahy, ami du maréchal Pétain – auprès du gouvernement de Vichy qu’il ne cesse jamais de considérer comme un interlocuteur.
Pression
Quelques semaines avant l’opération Overlord, la place de de Gaulle est à l’inverse toujours niée de Roosevelt qui fait même interdire, par intention vexatoire plus que par sécurité, les messages chiffrés entre Londres et Alger, les deux bases de son « gouvernement ».

Roosevelt et Churchill en 1942
Le Président démocrate ne peut cependant ignorer totalement une opinion publique et une presse américaines bien plus favorables – souvent admiratives – à la France combattante de l’intérieur et extérieur et à son chef désormais reconnu par tous les courants républicains (grâce, en particulier, à l’action de Jean Moulin).
Un peu à contrecœur, il se résout à lui faire discrètement transmettre en mai une invitation à se rendre aux États-Unis. De Gaulle s’offre le luxe de tergiverser, et en raison du cours de la guerre, elle ne sera honorée qu’au début de l’été.
La pression est forte également en Grande-Bretagne. A un député qui le harcèle le 19 avril à la Chambre des Communes pour savoir si « oui ou non » les alliés vont traiter avec le CFLN (Comité français de libération nationale, organisation créée à Alger en 1943 et dirigée par De Gaulle), le ministre des Affaires étrangères Anthony Eden lâche finalement : « yes Sir ».
L’AMGOT pourtant, reste virtuellement opérationnelle. Deux-cents officiers environ ont été préparés à Charlottesville à l’administration des zones libérées. Une monnaie de papier, surtout est imprimée, issue dans sa forme du dollar mais frappée du drapeau français et appelée « franc ». La devise « liberté, égalité, fraternité » et le mot « France » y figurent mais pas celui de « République », ce qui n’a rien de fortuit : « Comment savez-vous quel type de gouvernement il y aura en France après la guerre ? Peut-être sera-ce un empire ou encore une monarchie », avait ironiquement fait valoir Roosevelt.
“Nous ou le chaos“
Exaspéré d’être tenu à l’écart du débarquement, suspectant à juste titre les Anglo-saxons de préparer une mise sous tutelle de la France libérée, de Gaulle se raidit. « Nous ne demandons rien, indique t-il à son ambassadeur auprès de la Grande-Bretagne, Pierre Viénot. Il y a nous, ou bien le chaos. Si les alliés de l’Ouest provoquent le chaos en France, ils en auront la responsabilité et […] seront les perdants ». Pour que les choses soient claires, le CFLN devient le 2 juin « Gouvernement Provisoire de la République Française (GPRF) ». Le 4 juin, alors que les troupes alliées – et, cette fois, notamment françaises – entrent dans Rome, de Gaulle rencontre Churchill dans son train bloqué près de la gare de Porthsmouth.

Recto et verso de billet de banque de l’AMGOT
D’abord baignée de l’euphorie de la victoire pressentie, la conversation devient presque violente lorsque le Premier ministre britannique évoque le rôle incertain de son GPRF. « Je n’ai rien à demander dans ce domaine aux États-Unis d’Amérique, s’étrangle De Gaulle, non plus qu’à la Grande-Bretagne. (…) Je note que les gouvernements de Londres et de Washington ont pris leurs dispositions pour se passer d’un accord avec nous.(…) Les troupes qui s’apprêtent à débarquer sont munies d’une monnaie soi-disant française que le Gouvernement de la République ne reconnaît absolument pas (…) Comment voulez-vous que nous traitions sur ces bases ? ( …) Allez, faites la guerre avec votre fausse monnaie ! ».
La réplique de Churchill est non moins historique : « Sachez-le, chaque fois qu’il nous faudra choisir entre l’Europe et le grand large, nous serons toujours pour le grand large. Chaque fois qu’il me faudra choisir entre vous et Roosevelt, je choisirai toujours Roosevelt ». Sa fureur contre de Gaulle augmente encore le lendemain. Il faut, dit-il que le commandement « le mette dans un avion et qu’il le renvoie à Alger, enchaîné si nécessaire. Il ne faut pas le laisser rentrer en France ».
Le 6 juin, la déclaration d’Eisenhower (Commandant en chef des Forces alliées) aux « Peuples libérés d’Europe occidentale» et lancée en France sous forme de tracts en vingt millions d’exemplaires affirme sa seule autorité sans aucune mention du GPRF : « Quand la France sera libérée de ses oppresseurs, dit-elle au contraire, vous choisirez vous-mêmes vos représentants ainsi que le Gouvernement sous l’autorité duquel vous voudrez vivre ».
L’appel du Général de Gaulle prononcé le même jour sur les ondes de la BBC est, lui, assez elliptique sur le fait que le débarquement est l’œuvre, pour l’essentiel, de ses alliés anglo-saxons : « La bataille suprême est engagée… C’est la bataille de France et c’est la bataille de la France. Les consignes données par le gouvernement français et par les chefs français qu’il a qualifiés [doivent être] exactement suivies ».
Pragmatisme
Or, la France combattante avait aussi minutieusement préparé sa prise de pouvoir. Outre la sympathie et les compétences sur lesquelles elle savait pouvoir s’appuyer, outre l’appui de la Résistance intérieure, elle avait depuis près d’un an veillé à la formation de cadres pour remplacer l’administration vichyssoise déchue.

Le capitaine de corvette Philippe Kieffer à la tête de ses fusiliers marins commandos, premiers et seuls Français à débarquer le 6 juin 1944.
À mesure que des parcelles de territoire sont libérées, les autorités reconnaissant le GPRF s’installent sans difficulté, exerçant la réalité du pouvoir.
Mal préparés aux réalités françaises, sans appui dans les populations locales, les agents de l’AMGOT sont en revanche réduits à une figuration errante. Pragmatique et constatant que l’ordre règne, le général autant que politicien Eisenhower renonce relativement vite à l’administration militaire de la France.
Quant à la « fausse monnaie », qualifiée par François Coulet (premier Commissaire de la République mis en place par De Gaulle) de « drôles de dollars décorés d’un drapeau français », nul n’en veut de bon gré.

Billet de 100 francs émis par les Etats-Unis
Son cours initialement imposé par les autorités militaires lui vaut une modeste diffusion dans la population normande mais elle est vite retirée de la circulation, servant quelques mois plus tard à payer … les impôts.
Accueilli sous les acclamations le 14 juin à Bayeux, De Gaulle peut passer début juillet à un autre voyage, moins symbolique mais presque aussi important : sa réception officielle aux États-Unis. Grand succès diplomatique, médiatique et même populaire, il contribue à asseoir sa stature internationale.
La libération de Paris « par les siens » le 25 août et le triomphe personnel de De Gaulle qu’il consacre libère l’horizon. Son gouvernement est – enfin – reconnu par la Grande-Bretagne, l’URSS et …les États-Unis d’Amérique le 23 octobre 1944. Dans le récit en construction, l’AMGOT n’est plus qu’un épisode recouvert par l’épopée, et ses banknotes des pièces rares pour les collectionneurs.
La déclaration d’Eisenhower
Peuples de l’Europe occidentale

Le Général Eisenhower le 6 juin 1944
Les troupes des Forces Expéditionnaires Alliées ont débarqué sur les côtes de France.
Ce débarquement fait partie du plan concerté par les Nations unies, conjointement avec nos grands alliés Russes, pour la libération de l’Europe.
C’est à vous tous que j’adresse ce message. Même si le premier assaut n’a pas eu lieu sur votre territoire, l’heure de cette libération approche.
Tous les patriotes, hommes ou femmes, jeunes et vieux, ont un rôle à jouer dans notre marche vers la victoire finale. Aux membres des mouvements de Résistance dirigés de l’intérieur ou de l’extérieur, je dis : «Suivez les instructions que vous avez reçues !». Aux patriotes qui ne sont point membres de groupes de Résistance organisés je dis : «Continuez votre résistance auxiliaire, mais n’exposez pas vos vies inutilement : attendez l’heure où je vous donnerai le signal de vous dresser et de frapper l’ennemi. Le jour viendra où j’aurai besoin de votre force unie». Jusqu’à ce jour, je compte sur vous pour vous plier à la dure obligation d’une discipline impassible.
Citoyens Français :
Je suis fier de commander une fois de plus les vaillants soldats de France. Luttant côte à côte avec leurs Alliés, ils s’apprêtent à prendre leur pleine part dans la libération de leur Patrie natale. (…)
Comme Commandant Suprême des Forces Expéditionnaires Alliées, j’ai le devoir et la responsabilité de prendre toutes les mesures nécessaire à la conduite de la guerre. Je sais que je puis compter sur vous pour obéir aux ordres que je serai appelé à promulguer.
L’administration civile de la France doit effectivement être assurée par des Français. Chacun doit demeurer à son poste, à moins qu’il ne reçoive des instructions contraires. Ceux qui ont fait cause commune avec l’ennemi et qui ont ainsi trahi leur patrie, seront révoqués. Quand la France sera libérée de ses oppresseurs, vous choisirez vous-même vos représentants ainsi que le Gouvernement sous l’autorité duquel vous voudrez vivre. (…)
Ce débarquement ne fait que commencer la campagne d’Europe occidentale. Nous sommes à la veille de grandes batailles. Je demande à tous les hommes qui aiment la liberté d’être des nôtres. Que rien n’ébranle votre foi. Rien non plus n’arrêtera nos coups. Ensemble, nous vaincrons.
Le discours du Général de Gaulle le 6 juin 1944
Le général de Gaulle s’est rendu en Angleterre le 3 juin 1944 pour assister au commencement des opérations alliées de débarquement en France. Le 6 juin 1944, il s’adresse au pays par la radio depuis Londres.

De Gaulle au micro de la BBC durant la guerre (date inconnue)
La Bataille suprême est engagée !
Après tant de combats, de fureurs, de douleurs, voici venu le choc décisif, le choc tant espéré. Bien entendu, c’est la bataille de France et c’est la bataille de la France !
D’immenses moyens d’attaque, c’est-à-dire pour nous, de secours, ont commencé à déferler à partir des rivages de la vieille Angleterre. Devant ce dernier bastion de l’Europe à l’ouest fut arrêté naguère la marée de l’oppression allemande. Voici qu’il est aujourd’hui la base de départ de l’offensive de la liberté. La France, submergée depuis quatre ans, mais non point réduite, ni vaincue, la France est debout pour y prendre part.
Pour les fils de France, où qu’ils soient, le devoir simple et sacré est de combattre par tous les moyens dont ils disposent. Il s’agit de détruire l’ennemi, l’ennemi qui écrase et souille la patrie, l’ennemi détesté, l’ennemi déshonoré.
L’ennemi va tout faire pour échapper à son destin. Il va s’acharner sur notre sol aussi longtemps que possible. Mais, il y a beau temps déjà qu’il n’est plus qu’un fauve qui recule. De Stalingrad à Tarnapol, des bords du Nil à Bizerte, de Tunis à Rome, il a pris maintenant l’habitude de la défaite.
Cette bataille, la France va la mener avec fureur. Elle va la mener en bon ordre. C’est ainsi que nous avons, depuis quinze cents ans, gagné chacune de nos victoires. C’est ainsi que nous gagnerons celle-là.
En bon ordre ! Pour nos armées de terre, de mer, de l’air, il n’y a point de problème. Jamais elles ne furent plus ardentes, plus habiles, plus disciplinées. L’Afrique, l’Italie, l’océan et le ciel ont vu leur force et leur gloire renaissantes. La Terre natale les verra demain !
Pour la nation qui se bat, les pieds et les poings liés, contre l’oppresseur armé jusqu’aux dents, le bon ordre dans la bataille exige plusieurs conditions.
La première est que les consignes données par le Gouvernement français et par les chefs français qu’il a qualifiés pour le faire soient exactement suivies.
La seconde est que l’action menée par nous sur les arrières de l’ennemi soit conjuguée aussi étroitement que possible avec celle que mènent de front les armées alliées et françaises. Or, tout le monde doit prévoir que l’action des armées sera dure et sera longue. C’est dire que l’action des forces de la Résistance doit durer pour aller s’amplifiant jusqu’au moment de la déroute allemande.
La troisième condition est que tous ceux qui sont capables d’agir, soit par les armes, soit par les destructions, soit par le renseignement, soit par le refus du travail utile à l’ennemi, ne se laissent pas faire prisonniers. Que tous ceux-là se dérobent d’avance à la clôture ou à la déportation ! Quelles que soient les difficultés, tout vaut mieux que d’être mis hors de combat sans combattre.
La bataille de France a commencé. Il n’y a plus, dans la nation, dans l’Empire, dans les armées, qu’une seule et même volonté, qu’une seule et même espérance. Derrière le nuage si lourd de notre sang et de nos larmes voici que reparaît le soleil de notre grandeu
https://information.tv5monde.com/international/6-juin-1944-lautre-bataille-de-la-france-1433
A la Libération les francs de Vichy (de fait après 5 ans de guerre) sont restés en circulation. Les fortunes nauséabondes faites sous l’occupation par le marché noir et la collaboration sont restées dans les bas de laine et ont alimenté l’inflation galopante de l’après guerre.
Un gros boulet pour la France. L’Allemagne dénazifiée est repartie de zéro elle. A chacun selon son travail.
On aurait du faire pareil et la monnaie américaine n’aurait pas été pire.
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« La réplique de Churchill est non moins historique : « Sachez-le, chaque fois qu’il nous faudra choisir entre l’Europe et le grand large, nous serons toujours pour le grand large. Chaque fois qu’il me faudra choisir entre vous et Roosevelt, je choisirai toujours Roosevelt ». » Quand on voit ce qui se passe actuellement en France et même dans l’ UE on se rend compte que c’est toujours la même chose, résultat : Macron et guerre en Ukraine en oubliant les 22 millions de morts Russes qui luttaient contre les Nazis qu’il faudrait aujourd’hui assister avec notre argent et même notre sang …
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