LA POLITIQUE ÉTRANGÈRE FRANÇAISE

Nous avons eu  sous Hollande un discours de politique étrangère qui s’est beaucoup focalisé sur les valeurs au détriment des intérêts de la France .

La politique étrangère de la Vème République a marqué une rupture avec celle qui avait été mise en œuvre pendant la IVème République. Elle est marquée, avec les nuances et les adaptations nécessaires, par une grande continuité de 1958 à 2007. Par-delà la personnalité des cinq présidents qui se sont succédé, du général de Gaulle à Jacques Chirac, elle a été caractérisée par quelques grands principes dont la mise en œuvre intangible a fait de la France pendant cette période un acteur majeur en Europe comme sur la scène mondiale. 
Cette politique a bénéficié d’un large consensus au niveau des partis politiques comme de l‘opinion publique. Certes il a toujours existé des universitaires, des diplomates et des militaires à la sensibilité atlantiste, mais leur influence n’affectait pas ce consensus.

L’orientation politique qui a conduit à la rupture de 2007 peut-elle être taxée de « néo-conservatrice » ? L’étiquette n’est certainement pas l’essentiel, et, qu’on l’accepte ou la récuse, le fait majeur de la rupture ne nous paraît guère contestable.
Il n’est, cependant, pas sans intérêt de s’interroger : existe-t-il un néo-conservatisme à la française ? 
Ce courant est un phénomène à l’origine typiquement américain, qui a été marginalisé par l’administration Obama comme par Donald Trump. Ses promoteurs avaient pris le pouvoir sous Georges W. Bush et imposé leur doctrine interventionniste visant à promouvoir les valeurs américaines, notamment la démocratie et la libre entreprise, telles qu’elles sont formulées par ses idéologues. Son principal point d’application a été le Grand Moyen-Orient que Georges W. Bush entendait « remodeler » de la Mauritanie au Pakistan, comme il l’avait annoncé devant le cercle néo-conservateur de l’American Enterprise Institute le 26 février 2003. On mesure actuellement l’ampleur de l’échec d’une telle politique qui a ouvert la porte à l’influence iranienne et contribué au développent du chaos au Moyen-Orient : on comprend que ceux qui s’inscrivaient dans ce courant en France ne souhaitent pas lui être assimilés ! 
Quoi qu’il en soit, il est vrai qu’une sensibilité atlantiste, privilégiant la relation avec les Etats-Unis, a toujours existé au sein du ministère des affaires étrangères comme parmi les chercheurs, notamment ceux qui s’intéressaient aux questions politico-militaires. Mais il est évident que son influence a décru entre 1958 et 2007 même si ses tenants ont essayé à plusieurs reprises, notamment en 2003, d’infléchir la politique étrangère, en particulier au Moyen-Orient.

 

Il est clair que le monde s’est profondément transformé depuis les années 1960. Plusieurs dates marquent des ruptures. Parmi bien d’autres, citons 1973 et le premier choc pétrolier qui fait apparaître le poids des pays du Sud ; 1989 et l’écroulement de l’empire soviétique, puis l’unification allemande ; 2001 et l’irruption spectaculaire de la menace terroriste ; 2003, la seconde guerre d’Irak et le début de la déstabilisation du monde arabe ; 2011 et le mal dénommé Printemps arabe ; 2017 et l’arrivée au pouvoir d’un candidat populiste américain erratique qui contribue à nourrir le chaos. 
Le monde est devenu non pas multipolaire mais chaotique ou, pour reprendre l’expression de l’ancien ministre des affaires étrangères Laurent Fabius, « apolaire ». La planète est sans gouvernance et sans leadership. Après le « leading from behind » cher à Obama et « l’America first » de Trump, les Etats-Unis se sont éclipsés de la scène internationale, mais leur puissance économique et militaire reste celle d’une « hyper-puissance ». L’Europe quant à elle, prématurément élargie à l’Est, économiquement écartelée entre Nord et Sud, divisée sur des principes fondamentaux d’un État démocratique et fragilisée par le Brexit, voit son influence politique s’éroder sur la scène internationale. 
L’URSS s’est écroulée mais la Russie est de retour. Certes, elle n’a pas l’ambition idéologique de changer le monde, mais la Russie défend une vision élargie de ses intérêts nationaux et parfois de façon brutale. Après la « décennie noire » et les humiliations des années 1990, elle est redevenue, malgré sa vulnérabilité économique, un acteur majeur, en particulier au Moyen-Orient.
Face à ces évolutions, le Sud, bien que disparate et peinant à afficher des positions communes, prend conscience de sa montée en puissance à la fois économique et politique. 
La Chine est non seulement devenue la 2ème puissance économique mondiale mais, depuis l’arrivée de Xi-Jinping, elle développe une politique étrangère qui dépasse sa dimension commerciale pour s’afficher comme grande puissance. La nouvelle Route de la soie est à l’évidence un grand dessein géo-stratégique pour étendre son emprise aussi bien en Afrique qu’au Moyen-Orient. D’une façon plus générale le temps de l’imperium européen, franc ou indirect, est révolu et les pays du Sud s’affranchissent de tutelles trop pesantes, qu’il s’agisse de la Turquie, du Mexique ou de l’Arabie saoudite. 
L’Iran, qui a su profiter des opportunités que la désastreuse intervention américaine de 2003 en Irak lui a offertes, est devenu un pays qui étend maintenant son influence du Golfe à la Méditerranée. 
Des Etats faillis se sont multipliés dans le monde arabe comme en Afrique. Il s’agit d’un élément essentiel de cette nouvelle donne, qui a contribué à la diffusion du terrorisme. De la Syrie à la République démocratique du Congo en passant par le Yémen et plusieurs pays du Sahel, nombreux sont les gouvernements qui n’exercent leur pouvoir que sur une partie de leur territoire : leur autorité est contestée par des groupes violents, dont certains, comme le Hezbollah, sont puissamment armés. 
Les interlocuteurs traditionnels perdent leur crédibilité tandis qu’apparaissent de nouveaux acteurs, parfois peu fréquentables, et quelquefois réellement agressifs et déstabilisateurs. Le terrorisme a exploité cette nouvelle situation : il s’agit d’un élément essentiel de cette nouvelle donne, appelée à perdurer. 
Les forces populistes montent en puissance, notamment aux Etats-Unis. L’arrivée au pouvoir de leurs hérauts, aussi bien aux Etats-Unis qu’en Europe a pris par surprise certains observateurs, pouvant avoir des conséquences graves sur la vie internationale, y compris en Europe.
Enfin de nouveaux domaines, qui relèvent nécessairement d’une approche globalisée, sont devenus des enjeux majeurs dont la diplomatie s’est emparée. A cet égard, le discours de Jacques Chirac à Johannesburg le 2 septembre 2002 – « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs » — marque le début d’un engagement actif de la France dans le domaine de l’environnement.


Certaines de ces évolutions ne paraissent pas avoir été correctement anticipées, notamment l’ampleur de la menace terroriste et l’élection de Donald Trump, ou prises en considération à leur juste proportion alors même que découlent plusieurs conséquences de cette nouvelle situation.

  • Les règles du jeu ont changé. Après la parenthèse qui a suivi l’écroulement de l’URSS, les pays occidentaux ne font plus, à eux seuls, la loi internationale. La diplomatie de la canonnière n’est plus de mise. Aux Nations unies, ils doivent compter non seulement avec la Russie et la Chine, mais aussi avec les grands pays émergents de plus en plus vigilants sur les atteintes possibles au principe de souveraineté.
  • La vie internationale est devenue beaucoup plus complexe. Il n’y a plus de « monde libre » versus « l’axe du mal ». Il y a maintenant des acteurs nouveaux, nombreux, dont certains ne sont pas des Etats, et qui suscitent des alliances ou des rivalités à géométrie variable. Le partenaire d’aujourd’hui peut être l’ennemi de demain.
  • La menace terroriste est devenue une préoccupation majeure qui n’est pas près de disparaître. La victoire militaire sur l’Etat islamique en Irak et en Syrie ne doit pas faire oublier l’action terroriste de nombreux mouvements qui dans le monde arabo-musulman se réclament de Daech ou d’Al Qaïda. Il s’agit d’un élément fondamental dont doit tenir compte la politique étrangère : la lutte contre le terrorisme est devenue une priorité durable pour l’ensemble de la communauté internationale.
  • Non seulement les interventions militaires ne peuvent résoudre les problèmes politiques, mais, au contraire, elles peuvent les compliquer, comme il ressort incontestablement des interventions américaine en Irak en 2003 ou de l’OTAN en Libye en 2011 : leurs conséquences désastreuses pèsent toujours sur la sécurité du monde. 
    Il apparaît de plus en plus clairement que, dans le contexte actuel, une intervention militaire ne peut réussir que si elle est légale au regard du droit international c’est-à-dire appelée par le gouvernement légitime, comme cela a été le cas au Mali, ou autorisée par le Conseil de sécurité. 
    Encore convient-il de veiller à ce que l’esprit du mandat reçu soit respecté – ce qui n’a pas été le cas en Libye où la mission de protection s’est muée en regime change – et qu’une solution politique pour le « jour d’après » ait été prévue. 
    Encore convient-il d’anticiper les crises et de ne pas décider dans l’urgence des interventions militaires, en République Centrafricaine ou au Mali, sans que l’on ait défini des objectifs politiques de nature à déboucher sur des solutions aux problèmes de fond qui ont rendu l’intervention nécessaire

Il est temps de renouer avec l’esprit d’une diplomatie indépendante, fidèle aux intérêts fondamentaux de la France et dénoué de toute tentation d’exporter la démocratie.

Emmanuel Macron  a eu le mérite de fermer la sinistre période hollando fabusienne images

https://www.boulevard-exterieur.com/Le-debat-sur-la-politique-etrangere-francaise-l-avenir-d-un-oxymore.html

Publié dans éducation prépa école de commerce | Laisser un commentaire

bonne année

cc_fl_170103

Image | Publié le par | Laisser un commentaire

bonne année

cc_fl_170103

Image | Publié le par | Laisser un commentaire

Anne Hidalgo, une négationniste qui glorifie un criminel de guerre

3f0b4e34b0d155118c71c8e2f0196ab7 

 

L’exposition organisée par la mairie de Paris nous fournit l’occasion de revenir sur les crimes de guerre du psychopathe glorifié par Anne Hidalgo . Le centenaire d’octobre 1917 voit réapparaître un genre politique aussi vieux que le communisme, le négationnisme de gauche, appelons-le ainsi pour le distinguer de l’autre négationnisme que véhicule d’ordinaire la fachosphère, comme on dit, qui lui minimise les crimes fascistes-nazis du siècle passé. L’intention est la même puisqu’il s’agit dans ce cas aussi de nier l’ampleur du désastre humain généré par des décennies de pratiques communistes ou de s’en affranchir en prétendant que l’idéologie défendue n’a rien à voir avec sa réalisation.

La répression menée par Ernesto Guevara présente les caractéristiques du crime contre l’humanité tel que défini par le nouveau code pénal français : « Pratique massive et systématique d’exécutions sommaires, d’enlèvements de personnes suivis de leur disparition, de la torture ou d’actes inhumains (…) »

Les criminels de guerre peuvent offrir des images sympathiques, Guevara comme Himmler ou Pol Pot, mais s’ils sont marxistes ils seront par avance excusés.  Plus les bourreaux se sentent étrangers aux victimes, plus est aisée leur élimination. Les meurtriers de masse n’ignorent pas la morale commune ; ils portent des valeurs, ont le sens du devoir et des interdits comme chacun d’entre nous. Simplement, c’est à qui peut s’appliquer cette morale commune qui change. Les limites entre le « eux » et le « nous ». Dès lors qu’un groupe n’est plus inclus dans l’humanité commune, tout devient possible.

Pouvons nous faire la différence entre Guevara et Klaus Barbie?

ob_0c9571_klaus-barbie-criminel-nazi

Anne_Hidalgo :

« Avec l’exposition Le CHE à Paris, la capitale rend hommage à une figure de la révolution devenue une icône militante et romantique « l’une des figures les plus marquantes de l’Histoire de la révolution », « le lecteur insatiable, le sportif, le voyageur, le guérillero, le marxiste aspirant à voir émerger l’« homme nouveau », le médecin-phytothérapeute mais aussi le poète, le photographe et l’amateur d’art » et même « une légende de la révolution »

 

https://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique-nord/la-face-cachee-du-che_475196.html

 

Héros et guérillero: le mythe du Che perdure.

La mythologie aurait-elle faussé notre perception de la réalité? Ceux qui l’ont connu aux premières heures de sa fulgurante carrière portent, en tout cas, un autre regard sur le «guérillero romantique». Anciens compagnons d’armes ou victimes, ils brossent le portrait d’un être froid. Brutal. Autoritaire. Et aux mains tachées du sang de nombreux innocents.

Luciano Medina, d’abord. A 81 ans, robuste, volubile et enjoué, il reste ce guajiro (paysan) qu’il fut au temps de la révolution quand il était le facteur personnel de Fidel Castro. Dans la sierra Maestra, en 1957 et 1958, c’est lui qui acheminait les messages du comandante en jefe à travers les lignes ennemies aux autres comandantes: Raúl Castro, Camilo Cienfuegos ou encore Ernesto «Che» Guevara. «C’est simple, je les ai tous connus», lance l’ex-coursier, dont la voix rocailleuse retentit dans le deux-pièces exigu de Miami (Floride) qu’il occupe depuis les années 1970. «Guevara? Il traitait mal les gens. Très mal», insiste Medina. Les deux hommes se sont fréquentés, deux mois durant, en avril-mai 1958, dans le campement de La Otilia, près de Las Minas de Bueycito. «Un jour que je lisais Sélection du Reader’s Digest, peinard dans mon hamac, le Che, furieux, m’arrache la revue des mains et s’écrie: « Pas de journaux impérialistes ici!  » Mais surtout, il tuait comme on avale un verre d’eau. Avec lui, c’était vite vu, vite réglé. Un matin, vers 9 heures, nous déboulons au Rancho Claro, une petite exploitation de café appartenant à un certain Juan Perez. Aussitôt, le Che accuse le fermier d’être un mouchard à la solde de la dictature de Batista. En réalité, le seul tort de ce pauvre homme était de dire haut et fort qu’il n’adhérait pas à la révolution.» Une heure plus tard, le malheureux caféiculteur est passé par les armes devant sa femme et ses trois enfants de 1, 3 et 4 ans. «Les voisins étaient traumatisés, indignés. Et nous, la troupe, nous étions écoeurés. Avec trois autres compañeros, nous avons ensuite quitté le Che pour rejoindre un autre campement.» A l’image de Juan Perez, 15 «traîtres», «mouchards», ou supposés tels, devaient pareillement être liquidés sur ordre de Guevara, entre 1957 et 1958. Et ce n’était qu’un début.

Aujourd’hui retraité en Floride, mais autrefois capitaine au sein de la fameuse colonne n° 8, celle de Che Guevara, Eduardo Perez, conserve, lui aussi, un souvenir pour le moins mitigé de son supérieur hiérarchique. Selon cet ex-comptable devenu révolutionnaire, le guérillero argentin se montrait hermétique à l’esprit de camaraderie qui régnait à tous les échelons de l’armée rebelle. Il en veut pour preuve ce récit édifiant: en novembre 1958, le Che envoie 30 de ses hommes, dont Eduardo Perez, en première ligne. Leur mission: tendre une embuscade à l’armée du dictateur Batista, dont une colonne, partie de Fomento, se dirige alors vers le massif de l’Escambray, où se trouve le Che. «Après une minutieuse préparation, nous lançons l’assaut vers 14 heures. Mais, deux heures plus tard, notre position n’est plus tenable en raison de la puissance de feu adverse. Du coup, nous décidons de nous replier d’un kilomètre. Mais, quand le Che a pris connaissance de notre recul, il nous a coupé les vivres!» Une journée passe, sans rien à se mettre sous la dent. Puis deux, puis trois…

Finalement, après soixante-douze heures de diète forcée, le détachement est à nouveau ravitaillé grâce au commandant Camilo Cienfuegos, qui, venu du nord, passait dans le secteur avec ses hommes pour livrer une cargaison d’armes à Guevara. «Ayant appris notre sort, Camilo nous a fait livrer d’autres rations. Plus tard, il a, paraît-il, sermonné le Che: « Que nos hommes soient tués par ceux de Batista, d’accord; mais qu’ils meurent de faim, non! « »

Au fond, même si les portraits géants du Che jalonnent leur île, ce sont sans doute les Cubains qui sont les moins sensibles au «charme» de l’icône planétaire de la révolution. Tel est l’avis d’Agustin Alles Sobreron, toujours fringant malgré ses 81 ans et qui rédige, ces jours-ci, ses Mémoires de guerre. En mars 1958, ce journaliste, accompagné d’un photographe, fut le premier reporter cubain à rencontrer, pendant de longs mois, successivement, Che Guevara et Fidel Castro dans la sierra Maestra. Un scoop publié sous la forme d’un article-fleuve dans la prestigieuse revue cubaine Bohemia (aujourd’hui disparue), où le Che s’offusque qu’on lui prête des sympathies communistes: «Je suis un militaire, rien de plus!»

A la Cabaña, il exécute les basses oeuvres du régime

«En arrivant dans le campement du Che, raconte l’ancien reporter, j’ai été frappé par sa remarquable organisation. Le bivouac possédait son propre four à pain, un petit hôpital et un émetteur de la clandestine Radio Rebelde. Tout était beaucoup mieux tenu que chez Fidel… Mais j’ai, aussi, vite remarqué que le Che ne comprenait rien à la mentalité des Cubains. Ils sont blagueurs, conviviaux et, soyons francs, un peu bordéliques; lui était réservé, intériorisé, rigide. Pas vraiment antipathique mais imbu de lui-même et un peu arrogant. En un mot, c’était l’Argentin typique!»

Quoi qu’il en soit, le 1er janvier 1959, jour du triomphe de la révolution cubaine, Che Guevara est célébré en héros. Fidel Castro le nomme commandant de la Cabaña, prison qui domine le port de la capitale. Derrière les hauts murs de cette ancienne forteresse coloniale, le guérillero argentin va écrire, au cours de l’année 1959, les pages les plus ténébreuses de la révolution cubaine – et de sa propre histoire.

Minimisée par de nombreux biographes de Che Guevara, cette période restera pourtant gravée à jamais dans la mémoire collective des Cubains. Tandis que Castro chauffe à blanc la population par ses discours enflammés, Guevara prend en charge les basses oeuvres. Selon Armando Lago, vice-président de l’institut de recherches Cuba Archive, 164 personnes sont envoyées au paredon (peloton d’exécution) de la Cabaña entre le 3 janvier et le 26 novembre, date à laquelle Guevara quitte la carrière pénitentiaire . Cette célérité fait de lui le plus grand meurtrier de l’histoire de la révolution cubaine (216 meurtres au total), devancé seulement par Raúl Castro, responsable, directement ou non, de 551 exécutions. Quant à Fidel, sans doute plus calculateur et soucieux de la postérité, il n’a jamais commis l’imprudence de se tacher les mains de sang.

En ce début d’année 1959, à la Cabaña, où s’entassent 900 détenus, on fusille tous les jours, généralement le soir. Pour partie, les condamnés à la peine capitale sont des membres de la dictature déchue, coupables de crimes avérés. Mais dans le couloir de la mort se trouvent aussi de simples opposants politiques et nombre d’innocents. C’est le cas de l’agent de police Rafael Garcia, 26 ans, de la Section radio-motorisée de La Havane. Accusé, à tort, d’avoir participé à l’assassinat d’un membre du Mouvement du 26 juillet, le parti de Castro, ce simple flic est condamné à mort, le 13 mars, à l’issue d’un simulacre de procès vite expédié. Son exécution est programmée pour le 18. Mais sa famille remue ciel et terre, réunit les preuves de son innocence et produit des témoignages à décharge. Le tribunal, en appel, n’en tient aucun compte. Sergio Garcia, frère du condamné, obtient un rendez-vous avec Che Guevara. «Je lui ai dit: « Regardez le dossier, il y a erreur, vous verrez par vous-même. » Alors Guevara m’a regardé et, l’air narquois, il a lâché: « Votre frère est peut-être innocent, mais il portait l’uniforme bleu. Alors il doit mourir. » Puis il m’a congédié.» Quarante-huit ans plus tard, dans son appartement du quartier de Little Havana, à Miami, Sergio Garcia tient à lire, à voix haute, la dernière lettre que son frère adressa à sa jeune épouse. La voix est blanche, ses mains tremblantes, ses yeux soudain humides: «Mon amour adoré, ceci est la dernière lettre de ma vie. Nos quatre mois de mariage furent les plus beaux du monde. Je suis fier de ma famille. Je vous aime à la folie. La seule chose qui me peine est que je meurs innocent. Je dois te laisser, mon amour, car je crois qu’ils viennent me chercher. Rendez-vous dans l’autre vie où nous nous retrouverons, ma chérie. Rafael.»

 

Témoin clef de cette période, le père Javier Arzuaga, aumônier de la prison de la Cabaña, aura mis près de cinq décennies à rompre le silence. Dans Cuba 1959: La Galera de la Muerte (Cuba 1959. Le couloir de la Mort), celui qui recueillait les confessions des condamnés et les accompagnait dans leurs derniers instants affirme que des dizaines d’entre eux étaient innocents. «Le Che n’a jamais cherché à dissimuler sa cruauté, souligne-t-il. Bien au contraire. Plus on sollicitait sa compassion, plus il se montrait cruel. Il était complètement dévoué à son utopie. La révolution exigeait qu’il tue, il tuait; elle demandait qu’il mente, il mentait.» A la Cabaña, lorsque les familles rendent visite à leurs proches, Guevara, comble du sadisme, va jusqu’à exiger qu’on les fasse passer devant le mur d’exécution, maculé de sang frais…

«Je crois qu’en définitive cela lui plaisait de tuer des gens», estime Huber Matos, qui, en qualité de commandante de la revolucion fut l’alter ego du guérillero argentin, avant d’être condamné à vingt ans de cachot, à la fin de 1959, pour avoir dénoncé la dérive autoritaire du mouvement . «Au début, dans la sierra Maestra, nous avons noué une amitié qui reposait sur des affinités intellectuelles. Comme lui, j’avais une formation universitaire. Mais, quand j’ai su ce qu’il faisait à la Cabaña, j’ai pris mes distances. Tout le monde savait ce qui se passait là-bas…»

« Avec l’exposition Le CHE à Paris, la capitale rend hommage à une figure de la révolution devenue une icône militante et romantique. A découvrir gratuitement à l’Hôtel de Ville de #Paris », a ainsi louangé l’édile socialiste, jeudi sur Twitter, dans un message agrémenté d’un symbolique « poing serré ». L’exposition se tient du 20 décembre au 17 février 2018.

https://www.valeursactuelles.com/politique/la-mairie-de-paris-et-anne-hidalgo-rendent-hommage-au-heros-sanguinaire-de-la-dictature-cubaine-che-guevara-92004

 

 

 

C’est lui encore qui a créé le premier goulag tropical, les camps de travaux forcés. Considérés comme des « agents de l’impérialisme » vendus au capitalisme, les homosexuels de l’île ont aussi été internés par le régime, aux côtés des handicapés mentaux et de religieux. Ignare en économie, le marxiste doctrinaire a en outre ruiné son pays en le collectivisant à la tête du ministère de l’Industrie, puis de la Banque nationale de Cuba. « La Corée du Nord est un modèle dont Cuba devrait s’inspirer », a-t-il un jour déclaré.

 

Écarté par Castro pour avoir critiqué l’URSS trop modérée, il a tenté enfin d’étendre ses idées internationalistes par la guérilla armée au Congo et en Bolivie. Partout, ce fut un échec. Sur les noirs, « ces représentants de la splendide race africaine qui ont gardé leur pureté raciale grâce à leur manque de goût pour le bain », le Che a d’ailleurs écrit cette mémorable sentence raciste : « Le Noir, indolent et rêveur, dépense ses sous en frivolités ou en « coups à boire », l’Européen a hérité d’une tradition de travail et d’économies qui le poursuit jusque dans ce coin d’Amérique et le pousse à progresser, même au détriment de ses aspirations individuelles. » Voilà donc pour « l’icône militante et romantique » vantée par Anne Hidalgo.

Le philosophe Raphaël Enthoven estime que la maire met sur le même plan meurtres et romantisme : « En 2019, Anne Hidalgo prévoit une exposition sur la tendresse khmère intitulée ‘Touche pas à mon Pol Pot' », écrit-il.

RaulGettingReady

 

 

Publié dans géopolitique, SCIENCES POLITIQUES | Laisser un commentaire

Nous n’avons pas gagné la guerre en Syrie

via Dossier géopolitique : fiasco syrien et fausse guerre contre les islamistes

Publié dans éducation prépa école de commerce | Laisser un commentaire

ET SI MME HIDALGO FAISAIT SOUFFRIR LES AUTOMOBILISTES DE BANLIEUE POUR RIEN …

 

 

10822179

La piétonnisation des voies sur berges rive droite a très sensiblement allongé le temps de transport le soir sur les quais hauts au cœur de Paris, selon un rapport d’étape commandé par la Région Ile-de-France, très critique à l’égard de cette initiative très polémique de la Ville de Paris qui se félicite au contraire de chiffres « loin d’être alarmistes »….

Ben oui pour la mairie un doublement de certains temps de transport n’est pas alarmiste

Tout a été fait pour passer sous silence le rapport  du Professeur Carli..

 

 

hidalgo-parapluie

Paris saturé

 

Les quais hauts ont été particulièrement impactés par les reports de trafic avec une hausse moyenne de 67 % du trafic le matin et 30 % le soir, soit le niveau de saturation absolu. Les carrefours se sont fortement congestionnés aggravant les conditions de circulation sur les axes séquents. Les temps de parcours sur les quais hauts le soir ont augmenté de 65 % et cette croissance est demeurée invariée sur toute la période d’observation

 

Les quais hauts sont le principal axe de report du trafic depuis les voies sur berges. Les conditions de circulation sur les quais hauts se sont fortement dégradées dès le mois de septembre 2016 et jusqu’à juin 2017. Avant la fermeture des voies sur berges, le trafic en heure de pointe sur les quais hauts (section de la Mégisserie) avoisinait 1 500 véhicules/heure le matin et 1 900 véhicules/heure le soir. Les augmentations de trafic sont de l’ordre de + 1 000 véhicules supplémentaires par heure le matin (+ 67 %), soit un trafic de 2 500 véhicules qui est le niveau de saturation absolue. Le soir, l’augmentation de trafic est en moyenne de + 600 véhicules/heure (+ 30 %). À la journée, le trafic sur les quais hauts (section quai de la Mégisserie) avant fermeture était d’environ 30 000 véhicules/jour. Après fermeture, il atteint les 45 000, donc un trafic supplémentaire d’environ 15 000 véhicules, soit une augmentation de 50 %.

Si on analyse les temps de parcours sur les différents quais, on observe même entre juin 2016 et juin 2017 des hausses de + 102 % sur les quai François Mitterrand et quai du Louvre et de + 70 % sur le quai de la Mégisserie.

Pour parcourir les 3,3 km du boulevard Saint-Germain du pont de la Concorde au pont Sully,

les allongements de temps de parcours fluctuent selon le mois, entre 14 et 32 % le matin et

entre 20 % et 50 % le soir par rapport à l’année précédente.

De même la traversée de la Seine reste souvent problématique avec des temps de parcours en très forte augmentation sur le pont de Sully (+ 70 % en septembre, +80 % en juin) et le pont Saint-Michel (+ 90 % en septembre, + 54 % en juin). Rive gauche, le soir, la situation est toujours aussi dégradée en juin 2017 avec des temps de parcours qui se rallongent sensiblement, notamment sur l’itinéraire passant par Denfert et Place d’Italie (+ 30 %), le boulevard Saint-Michel (+ 27 %) et l’itinéraire passant par Port Royal (+ 34 %).

En plus de la diffusion spatiale au-delà de l’hypercentre, un autre phénomène se produit depuis septembre 2016 : l’étalement des pointes de trafic. Les conditions de circulation dégradées sur les quais hauts et le boulevard Saint Germain peuvent inciter les automobilistes, non seulement à se diffuser plus largement sur le réseau de voirie afin d’éviter les bouchons sur les deux axes, mais également à modifier leurs horaires de déplacements pour éviter l’hyperpointe horaire ou par précaution pour anticiper les retards.

 

 

Boulevard périphérique ; les allongements des temps de parcours en juin 2017 par rapport

à juin 2016 sont encore notables, de 8 à 9 % sur le BP sud et de 13 % sur le BP nord le

matin.

 

 

Caricatures UMP sur Hidalgo

PARIS pollué

Aucun phénomène d’évaporation du trafic (renonciation à des déplacements automobile) n’a pu être observé ou établi plus d’un an après la fermeture de la voie. Le niveau de circulation dans Paris n’a pratiquement pas varié par rapport à son évolution tendancielle connue, on a même pu observer en début de période un ralentissement du rythme annuel de diminution du trafic parisien tel qu’observé depuis 15 ans .

Le niveau du bruit au niveau des façades sur les quais hauts a fortement augmenté, allant jusqu’à un doublement de l’énergie sonore la nuit (+2 à +4 dB). Cette détérioration n’avait pas été anticipée par l’étude d’impact, ni relevée par le Commissaire Enquêteur. Elle oblige juridiquement le maître d’ouvrage à prendre des mesures.

– Le niveau de la pollution atmosphérique a été particulièrement élevé durant toute la période d’observation (septembre 2016 à juin 2017), avec 20 épisodes au lieu de 6 l’année précédente, mais cette forte détérioration est principalement imputable aux conditions météorologiques qui ont été moins favorables à la dispersion des polluants.

Si l’on exclut le facteur météorologique (modélisation réalisée par AIRPARIF), on constate que la pollution s’est, pour l’essentiel, simplement déplacée. Le niveau de concentration de dioxyde d’azote a diminué sur les quais hauts et bas (sauf carrefours) jusqu’à – 25 % tout en y restant très élevé. Le niveau de concentration de dioxyde d’azote a en revanche augmenté à la sortie de la section concernée par le projet (quartier Henri IV notamment : + 5 % à + 10 %) et le long des axes de report (+ 1 % à + 5 %).

L’absence d’impact positif sur la qualité de l’air est directement lié à l’augmentation du niveau de congestion du trafic, avec des temps de parcours détériorés sur de nombreux axes en heures de pointe, quais hauts, boulevard SaintGermain, grands boulevards, boulevard des invalides, rue de la Convention, Périphérique, RD50 Boulogne, A86 sud, etc. Ces congestions entraînent le plus souvent des baisses du débit de ces voies en heure de pointe ce qui, à son tour, entraîne des reports de trafic vers d’autres itinéraires ou d’autres horaires (étalement des heures de pointe).

Localement, les riverains des axes de report du trafic ont été impactés négativement en termes de bruit et d’émissions, mais la modélisation de la pollution atmosphérique par AIRPARIF à l’échelle de Paris et de la petite couronne montre que ces effets locaux n’ont aucun impact significatif sur l’exposition de la population prise dans son ensemble (2,2 millions d’habitants à Paris et 7 millions dans Paris et Petite couronne).

Les temps de parcours des bus (environ 25 lignes concernées) ont été impactés de manière significative dans leur traversée du secteur, en raison notamment de la congestion des carrefours, mais cela n’a pas affecté leur fréquentation qui a légèrement augmenté (+ 0,5 % de validations sur les stations du secteur). L’allongement des temps de parcours a été le plus fort pour les lignes qui empruntent les quais hauts. La période la plus impactée se situe entre 17 h et 18 h dans le sens ouest vers est avec un allongement moyen de 3 minutes 30 secondes.

Le temps de parcours des quais par les services mobiles d’urgence a augmenté d’une minute en moyenne, mais ces services estiment que cela n’a aucun impact sur le risque sanitaire pour les personnes secourues. Les temps de parcours ont augmenté dans les mêmes proportions pour les autres services de secours (Réf. Auditions du Comité préfectoral),

 

Publié dans économie, SCIENCES POLITIQUES | Laisser un commentaire

Dossier géopolitique : fiasco syrien et fausse guerre contre les islamistes

 

syrie_les-kurdes_abandonnés_de_tous

La France s’est plantée face à la menace islamiste aussi bien en  Syrie que sur le territoire national. La responsabilité de pseudos experts est totale ; ils occupent les plateaux télévisés et les cabinets ministériels. Filliu ,Burgeat, Bonniface  se sont trompés et nous ont trompés. Faut-il en douter ? Sur le terrain, en s’alliant aux iraniens et à Erdogan, Poutine a permis la victoire de Bachar el Assad  et l’élimination  de Daesh. Les Kurdes soutenus par l’Occident sont l’ennemi commun à tous les autres…

Le front arabe a éclaté l’Arabie saoudite a même fini par avoir peur des islamistes et du Qatar. L’Emirat ne finance pas que le Paris Saint Germain…  Plusieurs universitaires analysent  le fiasco occidental , il s’agit de Christopher Davidson, Fabrice Balanche et Frédéric Pichon

 

 BombingSyria

 

Comment la coalition a protégé Daech des frappes russes, syriennes et iraniennes

Shadow Wars: The Secret Struggle for the Middle East  Christopher Davidson

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/daech-un-atout-strategique-sous-la-190942

Il faut beaucoup de courage pour trouver le fil conducteur de l’occident en dehors de la détestation de Bachar. Soutien aux rebelles et à l’Armée syrienne libre ? Probl7me, très vite les rebelles modérés n’existent plus et l’Asl passe en grande partie aux islamistes .

La carrière d’Omar Gharba, de l’Armée Syrienne Libre, soutenue par Washington et par Paris, est une excellente illustration . En 2012 il est interviewé comme rebelle de l’ASL

Trump totalement incontrôlable a relayé ce mercredi sur Twitter trois vidéos anti-musulmanes qui avaient initialement été mises en ligne par un petit parti d’extrême droite britannique, « Britain First ».

La deuxième, « Un musulman détruit une statue de la Vierge Marie », a été publiée en 2013 sur YouTube.

Le briseur de statue d’une des vidéos n’est autre qu’Omar Gharba, à l’époque membre  de l’Armée Syrienne Libre…soutenue par Washington et par Paris.

« Si Dieu le veut, seul Dieu sera vénéré dans la terre du Levant », a déclaré le terroriste qui a détruit la statue, notant que « aucune autre idole ne sera adorée après ces jours. » Nous n’accepterons que la religion d’Allah et la Sunnah de notre prophète Mohammed bin Abdullah.  »

 

https://www.youtube.com/watch?v=f8HrBOfSp54

https://www.youtube.com/watch?v=ScvhAd33-u8

La scène se déroule en octobre 2013 à Yaaqoubiya dans la province d’Idlib en Syrie les islamistes publient une autre vidéo montrant un chretien qu’ils viennent de ture.

A cette époque-là Daesh n’est pas présente dans la région, il faut attendre le mois de décembre
https://ofpra.gouv.fr/sites/default/files/atoms/files/1602_syr_chronologie_idlib.pdf

Nizar Nayyouf est un journaliste  , il accuse  l’armée syrienne libresoutenu par les occidentaux

Rédacteur en chef du journal Sawt al-Democratiyya (La Voix de la Démocratie), publié par le Comité pour la Défense de la Liberté Démocratique en Syrie (CDF) et contributeur à l’hebdomadaire Al-Hurriya, il a été emprisonné en 1992. Condamné à 10 ans de prison pour appartenir au CDF et diffuser de « fausses informations », confiné dans la prison militaire de Mezze et régulièrement torturé, sa santé est devenue très précaire.

En février 2012, tout en restant opposé au régime syrien, il dénonce le « djihad » mené contre la Syrie par des groupes islamistes.

le 30 octobre, sur son  site de Nizar Nayyouf, affirme que « le terroriste apparaissant sur la vidéo en train de détruire une statue de Marie, dans les environs d’Idlib, n’appartient ni à l’Etat islamique, ni au Jabhat al-Nusra, contrairement à ce qui a été colporté sur son compte, mais au « gang » des Frères Musulmans et de l’Armée libre dirigée par Sélim Idriss. Il fait donc partie des combattants de la Coalition nationale et du Conseil national syrien »…

Celui qu’il renommait Abou Omar al-Ghouraba’, pour apparenter son nom à celui de la plupart des chefs militaires des groupes islamistes, apparaissait sur sapage Facebook avec sur la poitrine les couleurs du drapeau de l’Indépendance et l’emblème de l’Armée libre que n’arborent jamais ni l’Etat islamique, ni le Jabhat al-Nusra.,

Selon Yonah et Dean Alexander dans leur livre « The Islamic State – Combating The Caliphate Without Borders », le cheikh Gharba aurait fini par quitter l’Armée Syrienne Libre pour rejoindre l’Etat Islamique en Irak et Au levant.

L’ affaire est révélatrice du devenir de nos alliés de l’ASL ralliés pour beaucoup aux djihadistes dès la fin 2013 au moment où François Hollande voulait que la France bombarde Damas pour les soutenir
les groupes engagés en Syrie modifient fréquemment leurs allégeances

 

shadow

Mais depuis 2013 nous avons persisté dans l’erreur  en continuant à soutenir nos ennemis , telle est la thèse de plusieurs chercheurs comme l’explque Maxime Chaix

Dans son dernier livre Shadow Wars, à travers lequel il analyse les causes profondes des Printemps arabes et de leurs échecs, le docteur Christopher Davidson soutient avec des arguments crédibles que Daech n’était pas considéré comme un ennemi par l’administration Obama et ses principaux alliés, mais comme un turbulent « atout stratégique ». Consultant pour le Parlement britannique, l’OTAN, le GCHQ, la British Petroleum (BP) ou les ministères des Affaires étrangères néozélandais et néerlandais, cet expert du Moyen-Orient a été décrit par le prestigieux The Economist comme « l’un des universitaires les mieux informés sur [cette] région ». D’après le Financial Times, qui a sélectionné Shadow Wars pour son prochain festival littéraire d’Oxford, le docteur Davidson estime que, sous la présidence Obama, «  les services secrets américains considér[aient] l’État Islamique comme un atout stratégique [indirect] à utiliser contre leurs ennemis, à l’instar d’al-Qaïda  » dans différentes opérations.

Comme il l’écrit dans son livre, « il semblerait au contraire que ces frappes de la coalition aient eu un double objectif : satisfaire l’opinion en agissant ostensiblement contre la barbarie de Daech, tout en s’assurant que les forces aériennes des puissances rivales ne commencent pas à prendre les choses en main, et qu’elles ne tentent pas de réellement détruire l’État Islamique.Comme l’explique Christopher Davidson dans son ouvrage, après l’entrée en guerre russe en Syrie à la fin du mois de septembre 2015, « la concentration des appareils de l’opération Inherent Resolve dans les cieux de la majeure partie des territoires occupés par l’État Islamique, et les informations selon lesquelles les États-Unis avaient pris le contrôle d’un (…) couloir aérien dans le Nord-Est de la Syrie [ont contraint] les forces russes à restreindre le périmètre de leurs frappes au nord-ouest de ce pays. » Comme il l’a précisé au site TheArabist.net, la Russie «  a été gênée dans sa capacité à bombarder Daech puisque la coalition dirigée par les États-Unis a mis en place une zone d’exclusion aérienne effective au-dessus de la plupart des territoires contrôlés par l’État Islamique. Les avions russes, syriens et iraniens ne peuvent voler dans cette zone. Les États-Unis disposent même d’une base aérienne dans l’extrême Nord-Est de la Syrie, à seulement quelques kilomètres de cibles de Daech facilement atteignables.  »

 

 

Dans son ouvrage, Christopher Davidson rappelle également les menaces explicites de James Clapper, le directeur national du Renseignement américain, qui affirma au début du mois de novembre 2015 que l’intervention russe en Syrie risquait de ressembler à la débâcle afghane de l’Armée rouge dans les années 1980. En d’autres termes, si des soldats étaient déployés en nombre par le Kremlin, ou si les appareils russes s’aventuraient dans l’espace aérien contrôlé par la coalition, ils risquaient d’essuyer de lourdes pertes. Ironiquement, les leaders occidentaux et leurs alliés moyen-orientaux demandaient alors au Président russe de « concentrer ses efforts sur le combat contre Daech », ce qui revenait à lui demander d’épargner les 65 000 combattants liés ou affiliés à al-Qaïda qui tentaient de renverser Bachar el-Assad, et qui partagent majoritairement l’idéologie de l’« État Islamique ».

Nous avons pu le constater récemment, lors de la reprise de Palmyre par 4 000 combattants de l’EI en décembre 2016. Selon le docteur Davidson, cette offensive victorieuse de Daech « mériterait une enquête approfondie. En effet, des preuves indiquent que les frappes américaines contre un regroupement inoccupé de camions-citernes ont eu lieu dans la périphérie de Palmyre le jour où l’EI lançait l’assaut pour reconquérir cette ville. En d’autres termes, le Pentagone avait “réservé” cette date du jeudi 8 décembre 2016 pour occuper l’espace aérien de Palmyre, rendant impossible toute patrouille d’avions russes dans cette zone. »

Le 9 octobre 2015, alors que l’armée de l’air russe était engagée en Syrie depuis une dizaine de jours, la coalition du Pentagone menait des opérations aériennes au nord d’Alep (Marea et Manbij, plus à l’est). Malgré la présence de ces avions censés combattre Daech, cette milice put lancer ce jour-là une offensive majeure dans cette zone et se rapprocher dangereusement de la périphérie aleppine.

 

Plus globalement, l’opération Inherent Resolve semble avoir permis au Pentagone de ne pas « détruire » Daech mais de « contenir » cette organisation, voire même de couvrir ses avancées à Ramadi, Palmyre ou Deir ez-Zor. Piégés par l’EI dans cette localité stratégique de l’Est syrien, les dizaines de milliers de civils qui survivent à ce siège dans des conditions effroyables ne semblent pas être une priorité pour les généraux de la coalition

 

 

Ces nombreuses contradictions doivent être mises en parallèle avec l’attaque « accidentelle » d’une position fixe de l’Armée Arabe Syrienne (AAS) protégeant l’aéroport de Deir ez-Zor, le 17 septembre dernier. Ayant mobilisé quatre avions armés de mitrailleuses lourdes, cette prétendue « bavure » de la coalition a permis aux jihadistes de l’EI de s’emparer temporairement de la zone stratégique du mont Thourda

 

Son caractère intentionnel faisant peu de doute, cette attaque de l’armée syrienne par la coalition nous amène à suspecter que cette dernière ait appuyé directement au moins deux opérations de l’EI dans ce pays. Interrogé sur cette frappe de Deir ez-Zor, Christopher Davidson rappelle que « ce bombardement, qui a probablement tué jusqu’à cent soldats syriens, n’était pas un acte isolé.

Comme l’avait souligné la journaliste Lina Kennouche après cette « bavure » controversée de septembre 2016, « une reconquête de cette zone [de l’Est de la Syrie] par les alliés du régime signifierait la réouverture de l’axe stratégique Téhéran-Bagdad-Damas, et donc le rétablissement d’une continuité territoriale et d’une profondeur stratégique ; ce que Washington entend à tout prix éviter. » Mettant en parallèle cette attaque avec une frappe israélienne contre l’AAS, qui avait alors favorisé le Front al-Nosra au sud de la Syrie, Lina Kennouche en conclut que la priorité du Pentagone et de ses alliés était l’« affaiblissement durable » du gouvernement el-Assad, et non la lutte antiterroriste. Au vu de ces éléments, il semblerait que, sous la présidence Obama, l’EI était considéré non pas comme un ennemi, mais comme un « atout stratégique  » dans la satisfaction de cet objectif.

, Michel Goya expliquait dans ce même entretien de juillet 2016 que « les moyens aériens sont faits pour affaiblir un adversaire ou le contraindre à négocier, ce qui n’est pas le cas avec Daech. La France n’est pas à la hauteur des enjeux. Douze avions déployés et, au bilan, une bombe par jour sur un territoire grand comme le Royaume-Uni. Tout ceci est très coûteux et inefficace ».

images

 

 

Nous actionnons les leviers émotionnels de la diabolisation de Bachar el Assad, tandis qu’il se promène entre Damas et Sotchi et que Poutine réunit Rohani et Erdogan et parle à Netanyahu.

Frédéric Pichon est un géopolitologue, spécialiste du Moyen-Orient. Auteur d’une thèse de doctorat sur la Syrie et chercheur associé à l’Université de Tours, il a publié Syrie: Pourquoi l’Occident s’est trompé (éd. Éditions du Rocher, 2014) et Syrie, une guerre pour rien (éditions du Cerf, 2017)

 PICHON

http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2017/12/06/31002-20171206ARTFIG00145-syrie-la-desillusion-des-pourparlers-de-paix-a-geneve.php

 

Frédéric PICHON.- Les négociations de Genève sont une comédie et pas seulement depuis cette session. D’un côté, les émissaires de Damas font du «tourisme politique» car ils savent que l’opposition est fragmentée, impuissante et n’a pas d’articulation militaire décisive sur le terrain. D’autre part, l’opposition continue de réclamer comme préalable le départ d’Assad. En 2012, on pouvait à la rigueur le comprendre. Mais en 2017, c’est un manque de réalisme confondant. Comment voulez-vous que cela aboutisse à quelque chose? En réalité, tout cela s’est déjà joué en partie à Astana en décembre 2016 et à Sotchi en novembre 2017. Quand Poutine invite par surprise Assad à l’ouverture de sa rencontre avec les Présidents turcs et iraniens, le message est pourtant très clair: il fait partie de l’équation, qu’on le veuille ou non. Et tout le monde le sait, y compris en Arabie Saoudite et à Paris. C’est d’autant plus cruel et pathétique pour les opposants qui sont vraiment les acteurs d’une tragi-comédie.

C’est d’un accord entre la Turquie, la Russie, l’Iran et la Syrie que sortira un cadre que l’on peut deviner à peu près: pas de départ d’Assad avant au moins 2021, date de la fin de son mandat (qu’il pourra renouveler théoriquement jusqu’en 2028) ; organisation d’élections incluant des listes d’ «opposants» (plus ou moins proches de Moscou) et promulgation d’une nouvelle constitution faisant davantage de place à une forme de décentralisation. Tout le reste n’est que spéculations destinées à combler par de l’activisme diplomatique l’impuissance totale des chancelleries occidentales. Nous voilà réduits à actionner les leviers émotionnels de la diabolisation de Bachar el Assad via Arte et Le Monde, tandis qu’il se promène tranquillement entre Damas et Sotchi et que Poutine réunit Rohani et Erdogan et parle à Netanyahu.

Si l’on regarde en termes de troupes et de matériels au sol, ce sont les Iraniens (Pasdarans) et leurs supplétifs (milices chiites irakiennes ou Hazaras afghans) qui sont les plus nombreux. Mais il n’y a pas -officiellement- de bases iraniennes en Syrie. Or les Russes ont la base navale de Tartous, celle de Mheimim et implantent une base d’écoute supplémentaire dans le désert syrien (en plus de celle de Kassab): ils sont là pour un demi-siècle. Ils ont été les seuls à déployer leur aviation et leurs systèmes anti-aériens en Syrie. Politiquement, ils sont plus influents que l’Iran en Syrie, comme le reconnaissent certains responsables syriens qui s’en félicitent d’ailleurs. Je ne crois pas à un «grand remplacement» iranien ou chiite en Syrie comme le brandissent certains illuminés. Les Syriens restent nationalistes et ce ne sont pas les quelque 400 000 chiites syriens qui risquent de submerger la démographie syrienne, majoritairement sunnite. Cela dit, plus que jamais, la Syrie est un élément de continuité territoriale dans le dispositif iranien qui se déploie vers la Méditerranée. Téhéran cherche à en faire un élément de plus en plus imbriqué, y compris au niveau économique et énergétique.

L’Occident est mort en Syrie. Si nous ne l’avons pas encore compris, les mois qui viennent vont se charger de nous l’apprendre. Nous n’avons su poser ni les mots ni les actes sur ce conflit inédit. Autrefois, les guerres se décidaient à Washington, Paris ou Londres, les paix se signaient à Genève ou Camp David. Astana et Sotchi viennent d’entrer dans les annales diplomatiques. Et pour longtemps.

L’administration américaine a beaucoup reculé sur le dossier syrien depuis 2013. Les programmes d’aide aux rebelles ont été supprimés. Les Kurdes des Syrian Democratic Forces, armés et entraînés par Washington vont faire les frais de ce désengagement. Actuellement, Washington veut encore rester dans le Nord Est, jusqu’en 2021 au moins, pour être sûr qu’Assad partira bien et que la reconstruction n’aura pas lieu avec lui. Mais il peut arriver plein de choses d’ici là: on sait comment faire partir les petits contingents étrangers dans la région. Et puis Trump n’est pas à l’abri d’un départ précipité de la Maison Blanche… Quant à la France, elle ne pèse plus grand-chose faute de Realpolitik.

Le Président Macron a semblé montrer une forme de rupture avec ses prédécesseurs. Il n’a de cesse depuis son élection que de rappeler l’irresponsabilité des politiques néoconservatrices et le manque de prudence dans les dossiers libyen et syrien. Emmanuel Macron a utilisé des mots très forts comme par exemple lorsqu’il a déclaré: «On ne m’a pas encore présenté le successeur légitime de Bachar el Assad». Mais ce ne sont que des mots.

Via le Qatar, la France se rapproche de l’Iran et pourrait rééquilibrer sa relation avec l’Arabie.

Sur le dossier syrien, de toute façon la France n’a quasiment aucun levier direct. En revanche, il semble que la politique française dans le Golfe soit en train d’évoluer et que cela pourrait avoir un impact sur la Syrie: via le Qatar, la France se rapproche de l’Iran et pourrait rééquilibrer sa relation avec l’Arabie qui après avoir détruit le Yémen et «kidnappé» le Premier ministre libanais, a terriblement perdu son crédit. Quant aux contrats d’armements français, peu ont été honorés et ce que Manuel Valls présentait comme mirifique s’avère très congru, depuis que Washington a tout raflé au printemps dernier.

Beaucoup de Syriens commencent à revenir de Turquie et de Jordanie notamment. Au Liban, près d’1,5 millions attendent que la stabilité revienne. Mais ne nous faisons pas d’illusions: beaucoup ne sont pas les bienvenus et ne reviendront jamais. Même chez les loyalistes, la question du service militaire empêche encore des milliers de jeunes gens de revenir. La paix et la réconciliation ne sont pas pour demain. En tous les cas, il est évident que les Européens sont face à un dilemme: la position française officielle est d’empêcher que l’aide à la reconstruction ne transite par les organes du gouvernement syrien, afin de ne pas légitimer Bachar el Assad. Mais alors, c’est prendre le risque de ralentir le retour des réfugiés et même, par le biais du regroupement familial, c’est prendre le risque d’augmenter encore leurs effectifs en Europe. Or Federica Mogherini, encouragée par certains pays d’Europe centrale comme ceux du «groupe de Visegrad» ne tient à ce que la situation ne pourrisse. Les prochaines semaines seront déterminantes.

ob_f798de_cartoon-erdogan-isis

 

On en est toujours là en France, on préfère avoir tort avec Jean-Pierre Filliu que raison avec Gilles Kepel.

 

Spécialiste reconnu de la Syrie, Fabrice Balanche est aujourd’hui exilé aux États-Unis pour poursuivre ses recherches. Écarté d’un poste de maître de conférences à Sciences Po Lyon en 2014, il regrette le poids de l’idéologie en France à propos de l’islam et du Moyen-Orient. Entretien.

Finalement, l’histoire a donné raison à ceux qui, comme moi, disaient que le régime de Bachar al-Assad n’allait pas tomber. Non pas parce que nous sommes pro-Assad, mais parce que dès le départ nous avons fait des analyses sérieuses sur la résilience du régime et sur la situation géopolitique. Laurent Fabius a balayé cela et a écarté ceux, au-delà du ministère, qui avaient une analyse différente, se disant que les diplomates sont disciplinés et tiennent aussi à leur carrière. Certains d’entre eux ont préféré se tenir à l’écart et demander des postes ailleurs que dans la division Afrique du Nord-Moyen Orient pour ne pas être en porte-à-faux avec le ministre et ne pas non plus trahir leur morale et leur déontologie. Les journalistes Christian Chesnot et Georges Malbrunot le décrivent bien dans leur livre Les Chemins de Damas. D’un autre côté, des personnalités comme François Burgat ou Jean-Pierre Filiu ont placé leurs élèves : ils ont les postes, les bourses et peuplent les médias. Ils sont pourtant en dehors de la réalité et projettent leur idéologie sur la Syrie. Jean-Pierre Filiu, ancien trotskiste, voit dans le printemps arabe la révolution communiste de sa jeunesse.

Quand on a entendu par exemple qu’il y avait 500.000 manifestants contre le régime à Hama, comment est-ce possible dans une ville de 300.000 habitants, sachant que seuls les hommes manifestent et que 40% de la population a moins de 15 ans ? Au maximum, si tous les hommes entre 15 et 70 ans avaient manifesté, le chiffre tombe à 90.000. Les chiffres répétés ont été ceux de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), un instrument de propagande basé au Royaume-Uni et créé par le businessman Rami Abdel Rahman. Désormais, cet observatoire a une équipe plus étoffée, notamment parce qu’il a été largement subventionné par la France et la Grande-Bretagne et qu’il a obtenu des subventions de l’Union européenne. Les images des “casques blancs” en train de sauver des personnes prises au piège dans les décombres par les bombardements à Alep font aussi partie de cette instrumentalisation, ils ont d’ailleurs été épinglés en train de faire des mises en scène. L’opposition syrienne, grâce à Al-Jazeera et au Qatar, est passée maître dans l’art de la propagande et de la communication.

Le Qatar a mis sa chaîne de télévision au service de l’opposition syrienne. Tout un tas de sites Internet est sponsorisé par le Qatar, comme ce fut le cas pour l’OSDH dans les premières années. En 2016, il n’y avait pas 250.000 ou 300.000 personnes dans Alep Est, contrairement à ce qu’on entendait dans les médias. En juin 2014, j’étais allé faire une enquête sur les réfugiés syriens dans le sud de la Turquie. Les humanitaires de Médecins sans frontières qui s’occupaient des dispensaires et de l’aide médicale pour les quartiers rebelles estimaient à 200.000 personnes la population d’Alep Est. Comment voulez-vous que le chiffre ait augmenté entretemps ? La zone était bombardée quotidiennement, la nourriture manquait et la population savait que l’encerclement total était proche. Le décompte de la population civile évacuée d’Alep Est effectué par la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) en décembre 2016 est d’environ 100.000 personnes. Lorsque Georges Malbrunot, qui est allé à Alep, a demandé à un fonctionnaire de l’ONU pourquoi les chiffres étaient gonflés, la réponse a été qu’“il fallait bien aider les insurgés”. L’ONU se décrédibilise complètement en bidonnant les chiffres. Comment peut-on ensuite avoir confiance ? Comment Jean-Marc Ayrault peut-il répéter ces chiffres ? À un moment donné, pour être crédible et ne pas ressembler à Bachar al-Assad, il faut avoir un langage de vérité.

 

Le focus sur la Syrie fait oublier le Yémen alors que les Saoudiens sont en train de détruire ce pays en bombardant des villes, avec la complicité et le silence des Occidentaux. La crise humanitaire dépasse tout ce qu’on voit en Syrie. Mais, comme c’est l’Arabie saoudite qui dirige les opérations, personne ne critique. Les Saoudiens disent que les rebelles houthis sont l’équivalent du Hezbollah et que l’Iran les finance. À la base, ce n’était pas le cas. C’était une révolte classique d’une périphérie contre le centre pour demander un rééquilibrage des pouvoirs, avec également des considérations tribales. Aujourd’hui, il est vrai de dire que les Iraniens sont allés aider les houthis. Ils leur ont donné des armes, en faible quantité, de manière à maintenir le conflit et à ouvrir un nouveau front contre l’Arabie saoudite pour qu’elle lâche sur la Syrie. Lorsque l’Arabie saoudite se décidera à lâcher sur la Syrie, les houthis seront lâchés par les Iraniens. Mais c’est aussi, dans une moindre mesure, la même chose que ce qu’il se passe dans le sud-est de la Turquie contre les Kurdes. Depuis un an, le président Erdogan a rasé des quartiers, voire des villes entières. Et tout le monde se tait. Pourquoi ? Parce que l’Europe n’a qu’une peur : qu’il ouvre les portes de l’Europe aux migrants.

 

Aujourd’hui, cela fait plus de vingt-cinq ans que l’Union soviétique s’est écroulée. Dans les années 1980, quand j’étais étudiant, le poids idéologique me paraissait moindre car ce qu’il se passait en Union soviétique n’était plus caché. Il était plus difficile de soutenir le marxisme comme dans les années 70 et les idéologues marxistes ont, de ce dont je me souviens, fait plutôt profil bas. C’était plutôt l’heure de gloire des libéraux avec l’école de Chicago, plutôt dans les sciences économiques. À mon avis, il y a une résurgence de l’idéologie marxiste ou néo-marxiste dans les sciences humaines et sociales depuis les années 2010, puisqu’une génération a passé depuis la chute de l’URSS. Il y a aussi ce que l’on appelle le droit-de-l’hommisme qui concerne beaucoup de personnalités au sein des universités. Plus spécifiquement dans mon domaine, qui est le Moyen-Orient et l’islam, il y a un poids énorme de ce que Gilles Kepel a appelé l’islamogauchisme. C’est-à-dire les anciens soixante-huitards et néo-marxistes qui voient dans le musulman de banlieue le prolétaire du XIXe siècle et dans le Printemps arabe la révolution communiste de leur jeunesse. L’un des finalistes de la primaire socialiste, Benoît Hamon, est tout à fait dans cette ligne. Ainsi, à propos des cafés de banlieue où les femmes sont persona non grata, il a tout simplement affirmé qu’elles étaient aussi interdites dans les bars ouvriers du XIXe siècle. À mon avis, il n’a pas lu L’Assommoir d’Émile Zola. Ces idéologues ont eu leur heure de gloire puisqu’ils étaient finalement en phase avec la politique étrangère française, pour qui il fallait soutenir la révolution syrienne. C’est un phénomène assez rare selon moi. Pendant la guerre d’Algérie, par exemple, il y avait la position de l’État français et les universitaires étaient complètement contre. Seule une minorité était pour l’Algérie française.

En France, le fait qu’une école de pensée domine et se voit attribuer les crédits de recherche marque la fin du pluralisme. Moi, ça ne me dérange pas qu’il y ait des marxistes et des libéraux à l’université. Au contraire, c’est dans le débat que l’on va progresser. Mais, quand il y a le monopole d’une certaine école de pensée sur la recherche, ça ne va plus, et c’est ce qu’il se passe aujourd’hui. Ce que je dénonce, c’est que, si nous en sommes là sur l’islam, le Moyen-Orient et le terrorisme en France, c’est aussi à cause de certains universitaires qui préfèrent avoir tort avec Jean-Paul Sartre que raison avec Raymond Aron. On en est toujours là en France, on préfère avoir tort avec Jean-Pierre Filliu que raison avec Gilles Kepel.

http://www.lelanceur.fr/fabrice-balanche-sur-le-dossier-syrien-la-domination-dune-ecole-de-pensee-marque-la-fin-du-pluralisme/

 

Publié dans géopolitique | 1 commentaire