
Alors que le budget vient enfin d’être voté, le gouvernement entend publier dès la fin de la semaine prochaine sa 3e Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3), un document stratégique fixant la feuille de route énergétique du pays jusqu’en 2035. Avis de tempête assuré, alors que le texte, retardé de deux ans et demi, fait l’objet depuis des mois d’un lobbying intense – et parfois outrancier – des industriels concernés, sur fond de fortes contraintes budgétaires et de baisse de la consommation électrique.
@PhilippeMurer
La PPE va être signée alors qu’elle impose:
- 300 milliards d’investissements inutiles dans les énergies renouvelables.
- Le doublement des factures d’électricité.
- L’usure des centrales nucléaires par arrêt/marche à cause de la priorité des ENR.
✅Une folie destructrice d’Etat
Principales conclusions du rapport confidentiel d’EDFLe rapport se concentre sur la pratique croissante de la « modulation » — la réduction ou l’arrêt délibéré des réacteurs nucléaires pour s’adapter à la production variable d’énergies renouvelables (principalement éolienne et solaire), en particulier pendant les périodes de faible demande ou de forte production d’énergies renouvelables.
- Modulation historique vs. récente :
- Historiquement (début des années 2000–2023) : réduction de 15 à 20 TWh par an de la production nucléaire.
- 2024 : Forte hausse à 31 TWh (avec 2 942 événements de modulation de charge profonde ; les arrêts complets ont presque triplé par rapport à 2004-2013).
- Projection pour 2025 : Environ 35 TWh.
- D’ici 2028 (scénario central avec une demande stable à environ 450 TWh) : jusqu’à 42,5 TWh de production nucléaire potentiellement « sacrifiés ».
- Conducteurs :
- La production d’énergies renouvelables est passée de 45,8 TWh (2019) à 71,6 TWh (2024).
- La demande d’électricité a chuté de 6 à 8 % récemment (niveaux les plus bas depuis 20 ans), créant un surplus annuel d’environ 130 TWh (95 TWh exportés, le reste étant réduit).
- Une file d’attente de 29 GW de projets d’énergies renouvelables approuvés (équivalent à environ 10 réacteurs nucléaires) est en attente de raccordement, et d’autres projets seront bientôt mis en service.
- Anticipated Cost Explosion (« Spirale de surcoûts »):
- Augmentation des coûts de maintenance, usure plus rapide des composants (turbines, alternateurs, pompes, vannes), changements de personnel et remplacements prématurés potentiels.
- L’intégration des énergies renouvelables ajoute déjà près de 5 milliards d’euros par an aux 6,6 milliards d’euros prévus pour 2026 (selon les estimations de CRE).
- Les améliorations du réseau (RTE/Enedis) ajoutent des dizaines de milliards supplémentaires.
- Au final, ces coûts cumulatifs risquent d’entraîner une hausse des factures pour les ménages et les entreprises, de ralentir l’électrification et la décarbonation, et même de pousser davantage d’entreprises à se délocaliser à l’étranger.
- Risques mis en évidence :
- Aspects techniques/sécurité : Des modulations profondes et fréquentes (par exemple, deux fois par jour, jusqu’à <20 % de la puissance) entraînent une fatigue thermique/mécanique, des problèmes thermo-hydrauliques et un vieillissement accéléré, ce qui peut compromettre les prolongations de la durée de vie du réacteur (critique dans plus de 20 ans).
- Opérationnel : Retards de redémarrage (10 % des cas nécessitent 6 à 24 heures supplémentaires), instabilité, déficits non compensés possibles, dépendance accrue aux importations/interconnexions ou réductions de la demande/coupures de courant si les énergies renouvelables chutent soudainement (par exemple, au crépuscule).
- Vulnérabilité et dépendance accrues.
Le rapport avertit que cela pourrait compromettre la fiabilité du parc nucléaire français — pierre angulaire d’une production d’électricité de base stable et à faible émission de carbone — alors que la croissance des énergies renouvelables se poursuit (objectif : 36,4 GW de nouvelles capacités solaires/éoliennes d’ici 2030).
Contexte plus largeLa France fait face à une surproduction par rapport à la demande actuelle, mais les politiques publiques encouragent le développement des énergies renouvelables (par exemple, tripler la capacité de production d’ici 2035, conformément aux objectifs de l’ère Macron) et la relance du nucléaire (par exemple, la construction de 6 nouveaux réacteurs EPR2). µ
Un intense lobbying a eu lieu à Matignon le 6 février 2026, les acteurs du secteur cherchant à obtenir des financements importants dans un contexte de restrictions budgétaires. Certaines sources font état d’une certaine inquiétude face à une demande de « 100 milliards » malgré un excédent d’électricité.Le PPE 3 pourrait inclure une « clause de révision » en 2027 afin de procéder à des ajustements en fonction des tendances de consommation réelles.Ce rapport a suscité des discussions (par exemple sur Reddit, X/Twitter, LinkedIn) comme un avertissement potentiel concernant les difficultés à équilibrer le nucléaire et les énergies renouvelables dans le mix énergétique français.
















