les vraies performances des écoles de commerce: et si vous faisiez votre classement à partir d’indicateurs objectifs et fiables?

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les vraies performances des écoles de commerce: et si vous faisiez votre classement à partir d’indicateurs objectifs et fiables?

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Le livre humoristique de bandes dessinées de Zeil au titre très provocateur de « Sup de cons » veut rétablir la vérité sur certaines écoles de commerces peu efficaces, qui coûtent cher, et débouchent rarement sur un bon emploi.
Ce livre dénonce, nous voulons le compléter d’indicateurs précis
Des indicateurs objectifs et vérifiables existent-ils ? La presse pourrait-elle partir de ces indicateurs officiels, éviter la manipulation de certains services de com trop zélés ?
Oui ils existent et je ne comprends pas pourquoi la presse leur préfère des indicateurs surréalistes. Les vrais chiffres des écoles de commerce sont validés par les directeurs et sont transmis au Ministère de l’Education Nationale de l’enseignement supérieur et de la recherche. Ils sont utilisés pour accorder ou non aux écoles le Master. Ils sont centralisés par la commission en charge des accréditations, la CEFDG.
https://www.cefdg.fr/
L’approche n’est pas facile pour le grand public mais je me propose de dévoiler les fiches cachées des écoles. Nous y ajouterons d’excellentes enquêtes objectives menées par les statisticiens de l’Ensai .
Nous serons alors très loin de la grande cuisine des classements et de l’image de la jeunesse dorée pour laquelle tout serait facile

LES ECOLES ET L’EMPLOI/ LES VRAIS CHIFFRES
Juger les écoles sur leur capacité à permettre l’emploi de leurs étudiants ? L’idée ne semble pas mauvaise
Les indicateurs du ministère sont réalistes mais il faut tenir compte de trois situations différentes : l’emploi, le chômage et la poursuite d’étude.
Le total des employés et de ceux qui sont en recherche d’emploi ne fait pas 100%, plusieurs étudiants sont en poursuite d’étude après leur diplôme.

Les poursuites d’étude sont moins nombreuses que l’on pouvait le penser. Elles sont incontournables si un étudiant veut compléter son diplôme par une véritable double compétence en droit ou dans une école d’ingénieur. Tel est le cas dans les parisiennes ou à l’EDHEC mais les chiffres demeurent modestes, tout comme les doubles compétences…
Dans certaines écoles la poursuite d’étude traduit une réalité différente, le besoin de compléter un diplôme jugé insuffisant. On évoque souvent des masters spécialisés dans des écoles plus prestigieuses. Dans les faits cette pratique est peu répandue et la poursuite d’étude se fera après quelques années d’expérience professionnelle. Le diplôme de la Grande Ecole se suffit donc à lui-même dans l’immense majorité des cas .

Les écoles n’assurent pas une protection complète contre le chômage
L’enquête de la CGE nous donne 15%de jeunes diplômés en recherche d’emploi, 80% d’employés et 5% en poursuite d’étude pour l’ensemble des grandes écoles de commerce.
A ma connaissance aucun classement de la presse spécialisée ne prend en compte le taux d’emploi et le taux de recherche d’activité….Je ne comprends pas. Les écarts sont pourtant conséquents entre des écoles qui comptent moins de 5% de chômeurs après le diplôme et celles qui sont à près de 20%.
Qui fait mieux que la moyenne? Les parisiennes, on s’y attendait mais il y a des surprises.
Lyon obtient des résultats remarquables, Audencia, l’Edhec ,Neoma , Kedge tiennent la route. Grenoble (deux fois plus de chômeurs qu’à Audencia)et les chouchoutes des classements déçoivent.
Quelles explications peut-on fournir ?
La notoriété n’explique pas tout, la proximité de Paris, la force du réseau d’anciens font la différence entre Néoma, Telecom et des écoles plus éloignées comme Grenoble ou Montpellier.
La situation du marché local de l’emploi… un indicateur qui n’est jamais pris en compte. Je ne comprends pas pourquoi.
% DIPLOMES EMPLOYES EN CDI UN AN APRES
ESSEC 92
ESCP 82%
EM LYON 76.5
HEC 76 .5
KEDGE 69.5
NEOMA 68
EDHEC 68
AUDENCIA 66
SKEMA 62
Ieseg 62.5
MONTP 55.5
GEM 56%
TBS 53.5
RENNES NC
LES ECOLES QUI ONT LE MOINS DE DIPLOMES EN RECHERCHE D’EMPLOI UN AN APRES LA SORTIE
HEC 3.3%
ESCP 7%
ESSEC 2%
AUDENCIA 9%
KEDGE 9
Lyon 11%
TBS 11%
EDHEC 12%
NEOMA 13%
IESEG 14%
SKEMA 15%
——-moyenne des écoles de la CGE———-
GEM 18%
MONTP 21
RENNES NC
Les écarts sont conséquents entre une école qui ne compte que 2% de ses jeunes diplômés et d’autres où ils sont 20%
– Un groupe d’écoles pour lesquelles l’insertion ne pose aucun problème (plus des ¾ de cdi et moins de 10% de recherche d’emploi : ESSEC/HEC/ESCP/ EM LYON
– Un groupe d’école assurant bien l’insertion (plus des 2/3 de CDI et moins de 15% de recherche d’emploi EDHEC/AUDENCIA/NEOMA /KEDGE
– Un groupe d’école répondant à un des deux critères ci-dessus : SKEMA/IESEG/TBS
La situation est plus décevante pour les autres écoles.
Cette année, la nouvelle attention portée à l’apprentissage révèle que 13 % de la population des diplômés est concernée et considère cette pratique pédagogique de nos programmes comme particulièrement adaptée pour garantir la meilleure insertion dans le monde professionnel.
Le stage de fin d’études est la principale porte d’entrée vers l’emploi, particulièrement pour les ingénieurs (un tiers d’entre eux a décroché son emploi par ce moyen). Les stages effectués durant leur année de césure ont permis à près de 6 % des managers d’obtenir leur premier emploi ; ce moyen reste marginal pour les ingénieurs (1,6 %). Par ailleurs, 5,2 % des nouveaux ingénieurs et 6,4 % des nouveaux managers ont été embauchés à l’issue de leur apprentissage. L’addition de ces trois moyens concourt à près de 40 % des recrutements.
Le second moyen utilisé par les diplômés pour trouver leur emploi est la navigation sur les sites internet spécialisés dans l’emploi, principalement l’APEC. Si on y ajoute les sites Internet d’entreprises, un emploi sur cinq y trouve son origine. On peut aussi noter la progression de l’utilisation des réseaux sociaux professionnels dans la recherche d’un emploi : + un point entre 2015 et 2016, pour les ingénieurs comme pour les managers. Les relations personnelles interviennent dans 10 % des embauches, plus fréquemment chez les managers. Les candidatures spontanées ont permis à plus de 8 % des diplômés des grandes écoles de décrocher leur emploi.

Les vrais chiffres de l’apprentissage en école de commerce
Pour le ministère l’alternance et particulièrement ‘apprentissage doivent jouer un rôle important, les classements retiennent tous ce critère mais s’emmêlent les pinceaux dans des chiffres fantaisistes.
Comparez avec les vrais chiffres….
La pratique de contrats de professionnalisation complète les contrats d’apprentissage mais le questionnaire du ministère ne porte pas sur ce type d’alternance. Pour en savoir plus il faut se tourner vers les sites des écoles. Nous l’avons fait et nous avons pu constater que certaines écoles peu portées sur l’apprentissage ont signé des accords avec ADDECO. La hiérarchie n’en sera pas modifiée pour autant car l’alternance est complexe à mettre en œuvre, il faut adapter les emplois du temps.
Montpellier a fait le choix de donner la priorité à l’alternance. Un groupe d’école mené par l’Essec, Neoma, Skema , l’Edhec ,offre de belles possibilités.
Les autres écoles ont fait d’autre choix tout autant respectables
% d’apprentis déclarés au ministère
MONTPELLIER 842/2377 35.5%
ESSEC 358/2842 12 .5%
NEOMA 522/5534 9.8
SKEMA 424/4356 9.8
EDHEC 236/3471 6.8
RENNES 128/2235 5.7
KEDGE 302/5884 5.1
ESCP 142/2932 4.8
TBS 94/2500 4
GEM 113/3076 3.7%
AUDENCIA 42/2392 2%
IESEG 119/3932 2.5
EM LYON 26/2993 1%
HEC 0

Quelles sont les écoles qui apportent une véritable valeur ajoutée ?
Très grande et mauvaise surprise : il y a un monde entre les effets d’annonce et la réalité. Les grandes écoles nous disent intégrer plus de 30% de boursiers et elles en déclarent deux fois moins au ministère pour leur PGE.
Les chiffres sont plus modestes car il n’est pas évident de recruter des boursiers et de pratiquer des frais de scolarité élevés ….
Les écoles les plus ouvertes socialement sont Montpellier, Telecom Kedgeet TBS . Les deux premières ont su jouer la carte de l’apprentissage, Les deux autres recrutent en prépa et en Bts .
Un deuxième groupe d’écoles comprend entre 15 et 20% de boursiers : SKEMA/NEOMA/GRENOBLE ;
Puis vient le gros du peloton, L’IESEG école pst bac est de très loin la moins ouverte avec seulement 6% de boursiers.

Le recrutement serait-il responsable ? Les boursiers sont nombreux en CPGE (28%) , en Bts , IUTou à l’Université , mais si les écoles recrutent massivement en bachelor, alors le nombre de boursiers se réduit . A titre d’exemple le pourcentage de boursiers dans les bachelors de Kedge est de trois points inférieur à celui du PGE.
On découvre à Neoma que le recrutement hors prépa a un taux de boursiers inférieur de 6 points à celui sur classes préparatoires.
Sachez enfin que les écoles post bac sont peu ouvertes à la diversité sociale : 10% de boursiers à l’ISG, 12% à l’Ipag ou à PSB
Ouverture sociale et boursiers
Montpellier 32%
TELECOM 31%
KEDGE 27%
TBS 20.6%
SKEMA 18%
NEOMA 16.7%
GEM 16%
ESCP 14%
EM 14%
AUDENCIA 13%
EDHEC 13%
RENNES 12.5
HEC 10%
ESSEC 9%
IESEG 6%

LES ECOLES QUI RECRUTENT EN PREPA ET LES AUTRES

Il y a quelques années les écoles les plus prestigieuses recrutaient sur CPGE et pour les recruteurs un diplômé de l’Essec ou de Hec étaient nécessairement un préparationnaire.
Nous vivons un véritable chamboulement qui peut avoir des conséquences à moyen terme. Pour répondre à leurs besoins les écoles cherchent d’autres viviers de recrutement.
Pour le programme grande école quatre écoles demeurent fidèles aux prépas :TBS/ Audencia / Neoma/Hec/ .
Un deuxième groupe comprend des écoles qui recrutent encore de manière significative en CPGE /Lyon / l’Essec /l’EDHEC / Grenoble .
A Kedge ou à l ‘ESCP 6 étudiants sur 10 du pge ne viennent pas de prépa

% DU PROGRAMME GRANDE ECOLE RECRUTE EN CPGE
TBS 57%
AUDENCIA 56%
NEOMA 54%
HEC 54%
EM LYON 49%
ESSEC 49 %
EDHEC 47%
SKEMA 47
GEM 45%
KEDGE 41%
TELECOM 40%
RENNES 41%
ESCP 37.8
MONTPE 26%
IESEG 0

La puissance de l’école
Nous retiendrons comme indicateur le budget annuel du groupe tel qu’il est transmis au ministère ; le diviser par le nombre d’étudiants n’aurait pas grand sens car les formations sont très différentes (rien de comparable entre un BTS en alternance et un MBA).
Le budget d’une Institution traduit la capacité d’action d’une école mais il faut l’interpréter avec prudence, les gros budgets sont aussi la conséquence de gros effectifs et de scolarités élevées. La recherche de la taille critique explique aussi le changement récent de stratégie de l’Escp ainsi que plusieurs fusions.
HEC 115
ESSEC 107
KEDGE 95
ESCP 82
NEOMA 77
EM 68
SKEMA 72M
GEM 55.7
TBS 51
IESEG 45
AUDENCIA 40
RENNES 32
MONTPELLIER 29
TELECOM 18sup_de_cons_texte_au_15032017_page_42.jpg_-_visionneuse_de_photos_windows

Le POTENTIEL DE RECHERCHE
La FNEGE a eu pour mission, à l’origine, de développer en France l’enseignement supérieur de gestion pour le porter à un niveau comparable à celui des grands pays industrialisés.
Les programmes qu’elle a alors financés ont permis, dans un premier temps, la formation d’un corps professoral de gestion de haut niveau. Dans un second temps, la FNEGE a favorisé le développement de la recherche en gestion (formations doctorales, associations académiques, publications, notamment la Revue Française de Gestion).
Ces dernières années, la FNEGE a beaucoup contribué à l’internationalisation des établissements français de gestion, soit en aidant à la délocalisation de programmes, soit en facilitant des partenariats avec des établissements étrangers.
La FNEGE étudie et prime travaux de recherche, études de cas et innovation pédagogique .la consultation de la liste des lauréats ne manque pas d’intérêt :
Jean-Luc CASTRO, Mohamed MERDJI et Mickaël NAULLEAU AUDENCIA
Grégory BRESSOLLES, Yves ESTRADE et Pierre MORA KEDGE Business School
Géraldine GALINDO et Nathalie CLARET ESCP Europe
Isabelle DUCASSY et Philippe GIVRY KEDGE Business School
Marie-Josephe Rigobert, Souad Brinette, et Amine Chelly, Professeurs à EDC Business School
Catherine Leblanc et Benjamin Morisse ESSCA d’Angers
Yannicke Heuberger et Céline Davesne, NEOMA Business School
Eric PERSAIS, Groupe Sup de Co La Rochelle,
Amine CHELLY, Mathieu CHAUVET et Jean-Yves EGLEM, EDC Paris,
Alain ROUX, Sylvie CARTOUX-ROYET et Gilles CERTHOUX AUDENCIA
Mmes Anne QUEFFELEC et Marie-Noëlle RIMAUD sde co la Rochelle
Madame Catherine PUTHOD (Université de Savoie – IUT Annecy)
Monsieur Paul LAPOULE (Advancia-Negocia)
Jean-Luc CASTRO, Mohamed MERDJI et Mickaël NAULLEAU Audencia
Mme Karine LE RUDULIER de l’IGR-IAE de l’Université de Rennes 1.
M. Claude ANANOU d’HEC Montréal
Gilbert BABIN , Pierre -Majorique LEGER et Jacques ROBERT HEC Montréal
Henri ISAAC , Valérie RENAUDIN, Jean-Marc AYME et Nathalie INNOCENTI Université Paris Dauphine
Madame Latifa HORR (enseignante-chercheure à l’Université Mohamed V- Rabat Souissi – Maroc).
En dehors de l’ESCP le top 5 habituel ne brille pas particulièrement, belle performance de Audencia ,on trouve également des professeurs de Kedge et Neoma.

Pour obtenir le droit de délivrer le grade de master l’école doit démonter la force de la recherche. La CEFDG interpelle donc les directeurs d’école.
Sont comptabilisés pour le ministère les articles publiés dans les revues scientifiques, les ouvrages les études de cas …Plus important sans doute le nombre de professeurs HDR, le plus haut grade pour les enseignants chercheurs, sans eux pas de recherche possible dans une faculté.
Kedge 152
Escp 133
Hec 122
EM L 120
Essec 118
Neoma 115
Edhec 95
Ieseg 95
Skema 89
Gem 78
AudencIa 66
Tbs 63
Rennes 46
PROFESSEURS DOCTEURS habilités à diriger la recherche HDR
ESCP 48
Hec 24
GEM 21
Essec 18
SKEMA 18
Audencia 12
ESSEC 12
TBS 16
Ieseg 15
LYON 11
Neoma 11
EDHEC 4
RENNES 1
Un premier groupe d’école se détache avec Kedge , l’ESCP,HEC ;
Un deuxième groupe comprend l’EM, Gem, SKEMA, TBS NEOMA (qui revient de très loin) et l’IESEG
Nous sommes surpris par la situation de l’Edhec et de Rennes .
Il est bien difficile d’établir un rapport entre les déclarations officielles des écoles et les points attribués par la presse.
La préparation à l’international
Deux informations essentielles sont fournies, par les directeurs d’école, à la commission pour obtenir le droit délivrer le grade de master.
LES ETABLISSEMENTS PARTENAIRES
RENNES 235
AUDENCIA 211
NEOMA 199
KEDGE 152
EDHEC 140
EM 125
GEM 115
ESCP 112
TBS 98
SKEMA 98
Essec 94
HEC 89
LE NOMBRE D’ACCORDS DE DOUBLE DIPLOMES
IESEG 45
ESCP 36
AUDENCIA 27
GEM 22
TBS 22
EDHEC 20
NEOMA 15
KEDGE 15
SKEMA 14
RENNES 14
Essec 12
HEC 12
EM 6
La prise en compte de ces indicateurs est sans doute moins probante que les précédents car les partenaires ne se valent pas .Pour Hec la qualitatif l’emporte sur le quantitatif. Une école se détache de toutes les autres : l’ESCP.

Conclusion de la deuxième partie

Derrière le brouillard j’entrevois la solidité de belles institutions.
Difficile de présenter toutes les écoles et certains seront surpris.
Bien des écoles non citées sont de grande qualité mais je conseillerai aux étudiants de leur préférer s’ils sont admis celles des groupes ci-dessous :
– Hec
– Essec /Escp/Dauphine
– Edhec / EM Lyon / IEP Paris
– Audencia /GEM/ Neoma / iae Paris
– Skema /TBS/Kedge /Ieseg / Iae AIX
– Rennes /Montpellier /Telecom /Essca/iPAG
Pour tenter de légitimer mes choix, je tiens à insister sur des critères objectifs que représentent :
– L’insertion professionnelle et l’emploi
-La méthode LINKEDIN et les carrières des anciens
– La proximité de Paris pour les stages
– Le recrutement sélectif est important pour les employeurs : En 2016 Audencia, Gem sont à plus de 11/20 pour leur barre d’admissibilité, Tbs et Neoma sont à 10,5. A l’écrit au moins un candidat sur deux est éliminé.
– Un recrutement à majorité admission sur CPGE .Le modèle français de la grande école a pour socle l’excellence des CPGE et pour prolongement une formation indissociable de l’entreprise. J’ai voulu vous aider à retrouver les qualités de ce modèle et les institutions qui le font vivre. Je ne parle donc que de ce que je connais.
Il existe d’autres modèles, d’autres écoles… Evitons de nous perdre dans le brouillard.
Certains ne manqueront pas de souligner que la hiérarchie des groupes est la même qu’il y a dix ans ; et alors ? Tout ce marketing pour rien ? Sans doute….
SOUCIEUX de vous informer je vous offre la version pdf gratuite de mon petit guide à télécharger
Editions Vignou 2017 edition pdf

Mais vous pouvez également l’acheter sur Amazon
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LES ECOLES DE COMMERCE ET L‘EMPLOI

 

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62% des diplômés à bac plus 5 ont un emploi un an après leur sortie du système éducatif mais ils sont 71% après une école de commerce ou d’ingénieurs. Plus intéressant   50% des diplômes des grandes écoles  ont un cdi.

Mais il y a écoles et écoles ..

Parmi les quinze écoles de commerce considérées comme les meilleures  dans les classements seules  8  ont les deux tiers et plus de leurs anciens en cdi un an après le diplôme

ESSEC                                               92

ESCP                                          82%

EM LYON                                   76.5

HEC                                        76 .5

KEDGE                                         69.5

NEOMA                                          68

EDHEC                                          68

AUDENCIA                           66

Les écarts sont conséquents entre une école qui ne compte que 2% de ses jeunes diplômés au chômage   et d’autres où ils sont 20%

–             Un groupe d’écoles  pour lesquelles l’insertion ne pose aucun problème (plus des ¾ de cdi  et moins de 10% de recherche d’emploi : ESSEC/HEC/ESCP/ EM LYON

–             Un groupe d’écoles  assurant bien l’insertion (plus des 2/3 de CDI et moins de 15% de recherche d’emploi   EDHEC/AUDENCIA/NEOMA /KEDGE

–             Un groupe d’écoles  répondant à un des deux critères ci-dessus : SKEMA/IESEG/TBS

La situation est plus décevante pour les autres écoles.

La capacité des écoles à faireintégrer le marché du travail doit beaucoup au réseau d’anciens et à la proximité de Paris, ce qui explique sans doute la situation de Grenoble ou de TBS

https://pgibertie.com/2017/04/08/le-guide-critique-2017-des-ecoles-de-commerce-tout-ce-que-vous-auriez-voulu-savoir-sur-les-ecoles-mais-que-lon-ne-vous-dira-jamais/

 

 

 

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Le programme économique de Marine Le Pen décrypté : épargnants, serrez les fesses…

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Le programme de M le Pen est le moins audacieux  en matière de réformes structurelles et de relance de l’investissement. Les seules ruptures sont contraires au  maintien dans l’Ue : protectionnisme, préférence nationale. OU ELLES NE SERONT PAS MISES EN PRATIQUE OU ELLES CONDUIRONT A DES AMENDES ET A LA SORTIE FORCEE DE L’EUROPE

Le Pen propose une réduction d’IS pour les TPE-PME (-5,5 milliards), dont une partie serait rognée par la hausse de la taxation sur les travailleurs étrangers (2 milliards). Pour les ménages, les baisses de fiscalité liées à la baisse de l’IRPP, à la défiscalisation de heures supplémentaires, à la baisse de la taxe d’habitation et des droits de mutation (- 17,5 milliards) serait plus que compensé par la taxe de 3 % sur les importations (20,5 milliards). Du côté des dépenses publiques, 33 milliards sont en direction des ménages, que ce soit le retour de l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans (18 milliards), une prime pour les petits salaires et petites retraites (10 milliards) ou encore l’universalisation des allocations familiales. Enfin, elle prévoit 31 milliards de nouvelles dépenses régaliennes et 9 milliards pour la Recherche. Une grande partie de ces nouvelles dépenses est censée être 9 compensée par 60 milliards d’économies, que ce soit sur les frais de gestion de la Sécurité sociale, sur les retours de la lutte contre la fraude sociale et l’évasion fiscale (profits détournés), sur l’UE (6 milliards), sur l’immigration (dont l’Aide Médicale d’Etat (1 Md.), sur la réforme institutionnelle (suppression des doublons) et sur la délinquance.

Ce programme, qui se fonde sur la sortie de l’euro, sur le retour à des barrières douanières sur les biens et les personnes, ne tient pas compte des conséquences négatives du retour à une monnaie nationale et des réactions en chaîne de nos partenaires commerciaux face à une telle politique.

Toute évaluation du programme économique de Marine Le Pen doit partir de la sortie de la zone euro qui est affichée comme une volonté politique. Plus précisément, marine le Pen veut organiser un référendum sur la sortie de la zone euro et corrélativement de l’Union européenne, faire campagne pour une sortie, et suivre la décision populaire.

Elle se distingue par une taxation des salariés étrangers, compris comme non Français, pour un montant de 2 milliards d’euros. Cette dernière mesure demanderait une sortie de l’Union européenne et pénaliserait de nombreuses entreprises de services (en plus des salariés concernés, bien sûr

L’incertitude sur la dynamique économique provient de la nature de la crise financière et bancaire après un retour au franc. L’incertitude sur l’effet de telles crises est inédite dans l’histoire économique moderne. Une première évaluation conduit à un gain quasi-nul de compétitivité-prix en cas d’éclatement de la zone euro. En effet, la dépréciation des pays du sud de l’Europe compenserait la dépréciation du France par rapport à la monnaie allemande.

http://www.ofce.sciences-po.fr/pdf-articles/actu/OFCE-PB16-version-finale.pdf

UN PROGRAMME INQUIETANT REMPLACE PAR UN PROGRAMME EFFRAYANT

Consciente que la sortie de l’Euro  dans les conditions structurelles actuelles effrayait les électeurs  et supposait pendant la période de négociation  une absence de mesures radicales incompatibles avec l’Europe, bref, l’inaction, M le Pen  vient de changer son programme économique.

Elle propose un système à double circulation monétaire. D’un côté l’Euro, monnaie des échanges internationaux, utilisée par l’Etat et les grandes entreprises ; soumise à négociation  avec nos partenaires. De l’autre   un « nouveau franc français » « Pour les Français, il y aura une monnaie, c’est leur monnaie nationale, c’est celle qu’ils auront dans leur portefeuille, il n’y aura pas deux monnaies »

Elle utilise un exemple, l’Ecu, le panier utilisé dans l’ancien SME . Problème l’Ecu était une référence par rapport auquel le FRANC ou le  MARK DEFINISSAIT UN TAUX DE CHANGE FIXE REAJUSTABLE ; il ne s’agissait pas d’une « monnaie » et il n’était utilisé ni par l’Etat ni par les entreprises. L’avantage consistait pour la  France ou les pays du sud de dévaluer leur monnaie  par rapport à l’ECU et donc du Mark. L’inconvénient : la spéculation et les taux d’intérêt élevés à partir du moment où l’on voudrait limiter les fluctuations de taux de changes. Personne ne souhaite le retour à ce système batard SURTOUT PAS NOS PARTENAIRES .   Sortir de l’Euro c’est simplement retrouver une monnaie nationale fluctuant par rapport aux autres…Pour ce faire il faut rassurer les marchés, disposer de fondamentaux solides, bénéficier de réformes structurelles. L’Allemagne pourrait quitter l’Euro, pas une France en crise.

http://www.lexpress.fr/actualite/politique/elections/comment-marine-le-pen-a-revu-sa-copie-sur-la-sortie-de-l-euro_1903944.html

Marine Le Pen nous propose t-elle  la situation monétaire des pvd , celle de l’Amérique du sud  utilisant le peso national à usage interne et le dollar  à usage externe. Faut-il comprendre que le franc serait utilisé par les ménages à l’intérieur et que nous utiliserions toujours l’Euro pour les échanges extérieurs. Problème, l’Euro sera la monnaie de nos partenaires, une monnaie étrangère  et le Franc une monnaie non convertible nous privant de toute souveraineté.

Cela va produire la pire des choses pour les marchés financiers : l’incertitude. L’Etat devra emprunter en  euros étranger et les recettes fiscales seront en francs .Une flambée des taux d’intérêt RENDRA LA DETTE INSUPPORTABLE .

Une autre variante existe  dans la confusion récente.

Il y aurait donc deux sortes de Franc , un à usage externe , un à usage interne

Aussi surprenant que cela peut être, deux monnaies différentes ont déjà coexisté sans problème durant une longue période. Avant que l’étalon or ne soit adopté dans les années 1870, l’Europe a eu deux types de monnaie, l’une reposant sur l’or et l’autre sur l’argent. Ce régime a connu un grand succès, notamment parce que chaque type de monnaie était utilisé dans un contexte donné. Les pièces d’or de valeur élevée servaient de référence lors de transactions importantes et au niveau international. Les pièces d’argent de moindre valeur servaient aux transactions quotidiennes, ainsi que pour régler les petits salaires et les locations. Dans ce système, une dépréciation de l’argent par rapport à l’or se traduirait par une diminution des salaires réels et améliorerait la compétitivité. Ainsi les premiers travailleurs de l’industrie textile moderne en Italie ont-ils vu leur salaire en argent diminuer, tandis que les produits qu’ils fabriquaient étaient facturés en or sur le marché international des produits de luxe.

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Le système des deux monnaies  est  recommandé par ceux qui veulent provoquer une chute du pouvoir d’achat une baisse du cout du travail , BREF L’APPAUVRISSEMENT

En 2012, un économiste de la Deutsche Bank formulait exactement la même proposition pour rendre la Grèce à nouveau compétitive en appauvrissant les Grecs .

Thomas Meyer, avait expliqué ceci : le gouvernement hellène étant sur le point de se trouver à court d’argent pour payer les traitement des fonctionnaires et les retraites – et faute de disposer d’une banque centrale nationale pouvant émettre des euros – il pourrait être amené à imprimer des reconnaissances de dette ou « IoU » («I owe you» ). Peu à peu, ces IoU se multiplieraient et finiraient par devenir une monnaie en tant que telle, que l’ont pourrait baptiser « Geuro ». Ce « Geuro » cohabiterait avec « l’euro-sans-G », l’un n’étant utilisé qu’en interne, l’autre pour les échanges commerciaux entre pays. Le « Geuro » pourrait – et même devrait – être sensiblement dévalué par rapport au « sans-G», ce qui ne manquerait pas de rendre à l’économie grecque sa compétitivité, notamment parce que le coût du travail s’en trouverait abaissé. La Grèce finirait ainsi par être remise sur pieds et, selon Thomas Meyer, par réintégrer l’euro-sans-G.

Autre exemple de double monnaie Cuba

https://www.letemps.ch/monde/2011/03/24/chaos-double-monnaie

 

Créé en 1994 et fixé à parité avec le dollar, le peso convertible (CUC) vaut 24 pesos cubains (CUP). Salaires et retraites sont payés en CUP, mais tous les produits d’importation doivent être achetés en CUC, un casse-tête pour les Cubains dont le salaire mensuel moyen est de l’ordre de 20 dollars. De très nombreux Cubains ont un accès direct au CUC : ceux qui travaillent dans le circuit touristique, ceux qui sont employés par des entreprises étrangères et ceux qui reçoivent de l’argent de l’étranger.

  1. El peso(CUP). C’est la monnaie généralement utilisée par les cubaines et les cubains. Ainsi, les salaires sont payés en CUP. Les habitant-e-s de Cuba s’en servent pour payer dans les bodegas (magasins destinés à assurer un minimum d’aliments et de produits d’hygiène pour la population) ainsi que dans quelques restaurants et points de ventes de pizzas, sandwichs, milk-shake, légumes, viandes, etc…
  2. El peso convertible(CUC) est l’argent qu’utilisent le plus souvent les touristes, mais aussi de plus en plus de cubaines et de cubains suite à l’affluence touristique présente sur l’île. Le plus important à retenir, c’est qu’au taux  officiel 1 CUC = 25 CUP.

«Je vais vous résumer le problème des Cubains en une phrase: comment survivre si votre salaire vous est payé dans une monnaie de singe et que vous devez, pour satisfaire vos besoins de base, recourir à une autre monnaie qui vaut 24 fois davantage?» Cette équation, exposée par la propriétaire d’une chambre d’hôte de Cienfuegos, force l’immense majorité des Cubains à faire chaque jour un grand écart de plus en plus absurde. Deux monnaies ont libre cours dans des circuits parallèles ou communicants, c’est selon. D’un côté, le peso cubain; de l’autre, le peso convertible, le CUC, dont la valeur oscille entre le dollar et l’euro. 1 CUC équivaut à 24 pesos cubains. Un abyme monétaire traverse le système marchand.

Prenons cet ingénieur qui émarge chaque mois à 395 pesos cubains, un salaire moyen. Dans la pratique, avec ce pécule, il pourra prendre le bus ou un taxi collectif, aller au cinéma, faire ses courses dans des magasins qui rappellent l’Europe de l’Est d’avant la chute du Mur. Mais, pour l’hygiène et la nourriture, c’est une autre affaire. Certes, chaque Cubain bénéficie encore d’une libreta, une carte de rationnement, mais elle a été réduite à la portion congrue – du sucre blanc et roux, un peu de riz et de haricots, un fond de café. En deux ou trois jours, tout est épuisé. Pour se nourrir et se laver, lui et sa famille, cet ingénieur est obligé de se rendre au shopping, qui ne connaît que les devises. Il doit donc changer ses 395 pesos cubains en pesos convertibles, soit 16,5 CUC. Or, un bon savon coûte 1 CUC, un litre de lait 2 CUC… En un clin d’œil, son salaire mensuel est parti en fumée. Conclusion: chacun devra recourir à mille ruses, et au marché noir, où les produits s’écoulent aussi en devises.

«Le peso cubain est tellement anachronique que cela en est devenu ridicule. Chacun doit avoir deux poches, une pour chaque monnaie, et tout le monde s’y perd», dit ce maître d’école. Dans l’économie du pays, cette schizophrénie monétaire donne des maux de tête à plus d’un comptable. Rodrigo est responsable financier d’une importante entreprise d’Etat qui exporte une bonne partie de sa production. «Les comptes sont kafkaïens. Car les recettes en CUC convertibles ou en pesos cubains sont regroupées dans la même colonne, comme si les deux monnaies avaient la même valeur! Or l’une est 24 ou 25 fois plus faible que l’autre!»

Un agriculteur, assez prospère, est persuadé que, même si le peso CUC grignote du terrain, la double monnaie demeure un outil de contrôle dans les mains du régime. Ce cultivateur de tomates et d’oignons en sait quelque chose: «L’Etat me doit 23 400 CUC, une fortune pour moi, depuis des années. Or, aujourd’hui, il est d’accord pour me les rendre mais selon le système du 1 pour 1. Autrement dit, au mieux, je ne vais récupérer que 975 dollars!»

Qui a préparé le programme économique de Marine Le PEN ? Très certainement un adversaire résolu…

Retrouver la souveraineté monétaire est une noble cause  mais y parvenir suppose le renoncement à toute démagogie et desmesures exactement contraire à celles de MME le PEN

Pas d’indépendance sans politique sérieuse : la rupture de 1958

Lors de son retour au pouvoir en 1958, le général de Gaulle est naturellement préoccupé de conforter l’indépendance de la France ; celle-ci ne peut être effective si le pays reste obligé de quêter l’argent auprès d’autrui.

Il définit lui-même très clairement dans ses Mémoires d’espoir les buts de sa politique qui sont « la puissance, l’influence, la grandeur », mais aussi « ce degré relatif de bien-être et de sécurité que pour un peuple, ici-bas, on est convenu d’appeler le bonheur ». Et il conçoit l’économie comme la « base » matérielle permettant d’atteindre ces buts. Dans ces conditions, la notion économique maîtresse qui guidera l’action du général de Gaulle sera l’expansion parce que c’est elle qui permet d’atteindre à la fois « la puissance, l’influence, la grandeur » et « ce degré relatif de bien-être et de sécurité ».

L’idée dominante à l’époque, partagée par la plus grande partie du personnel politique, de l’administration et du monde économique était que l’économie française ne supporterait pas la concurrence étrangère et que l’on assisterait à un déferlement de produits étrangers, allemands en particulier en raison de la supériorité supposée de l’industrie allemande sur l’industrie française, qui conduirait donc à des fermetures d’entreprises et à l’explosion du chômage.

Ce fut une révolution que de prendre le contre-pied de cette opinion dominante et d’appliquer le traité de Rome, ce qui assurera le départ de la construction européenne et montre combien l’image d’un général de Gaulle anti-européen est injuste et inexacte. C’est sous l’influence des idées libérales – et hétérodoxes par rapport à la pensée unique protectionniste de l’époque – de Jacques Rueff que le général de Gaulle décida de cette orientation capitale de sa politique économique. C’est donc tout naturellement à Jacques Rueff, assisté d’un comité d’experts, qu’il confia la tâche de proposer un ensemble de mesures permettant de préparer l’ouverture de l’économie française. Ces mesures furent adoptées et mises en œuvre par le gouvernement du général de Gaulle à la fin de 1958.

Les leçons

La première, c’est que la vérité ne se trouve pas nécessairement du côté du plus grand nombre et que les élites, souvent prisonnières d’une pensée unique, peuvent se tromper lourdement.

La seconde, c’est qu’il n’y a pas de bonne politique économique sans pouvoir fort dont l’action soit fondée sur une vision globale de l’économie. Par pouvoir fort, nous n’entendons évidemment pas un pouvoir autoritaire, mais un pouvoir disposant d’un large soutien populaire, par conséquent assuré de sa durée, dont l’horizon et les préoccupations ne se limitent pas aux quelques mois qui le séparent de la prochaine élection et qui ne craint donc pas de prendre des mesures contraires aux intérêts de telle ou telle catégorie de citoyens, mais conformes à l’intérêt général du pays. De même, disposer d’une vision globale de l’économie, c’est établir une stratégie d’ensemble de son action sans la borner à n’être qu’une suite de réactions, plus ou moins heureuses, aux événements qui surviennent.

La troisième leçon que nous pouvons tirer du plan de Gaulle – Rueff, c’est que, s’il n’y a pas de progrès économique sans ordre – ordre dans les finances publiques, ordre dans la monnaie –, l’ordre ne doit pas être recherché pour lui-même, mais comme une condition mise au service de l’expansion. Ce qu’il y a en effet de remarquable dans le plan de Gaulle – Rueff, c’est que face à une crise financière et monétaire extrêmement grave, ses auteurs ne se sont pas contentés, comme l’auraient fait des hommes ne possédant pas leur envergure, de prendre des mesures permettant de parer au plus pressé en sacrifiant l’expansion, mais qu’au contraire, ils ont cherché le moyen de résoudre la crise financière et monétaire tout en promouvant l’expansion de l’économie française. Appliquant la maxime fameuse de Lyautey « Ne jamais dire ou chaque fois qu’il existe une chance de pouvoir dire et », ils n’ont pas choisi entre l’expansion ou la stabilité, mais ont voulu à la fois l’expansion et la stabilité.

Le général de Gaulle entend donc respecter, dans la conduite de la politique économique, les principes d’une gestion rigoureuse : préférer l’effort à la facilité, ne pas dépenser plus que l’on ne gagne, prévoir autant que possible les dépenses à venir, toutes ces règles de vie « domestiques » se transposant aisément au plan macro-économique.

Assurer le vote du budget en temps utile, projeter sur plusieurs années les engagements dans le cadre de lois-programmes, cantonner puis faire disparaître le déficit budgétaire, privilégier les financements basés sur une épargne longue et éviter les facilités de la création monétaire, autant de lignes de conduite dont l’adoption en 1958 tranche avec des pratiques trop longtemps tolérées.

Le plan de stabilisation de 1958 est en effet d’abord une « opération vérité » . Il suppose, pour porter tous ses fruits, un respect durable des grands équilibres.

Pour être pleinement efficaces, les mesures prises dans le cadre du plan de réforme de 1958 doivent être prolongées par une action à long terme, dans tous les domaines de la politique économique.

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Les programmes économiques de Fillon et Macron décryptés

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Chacun a ses économistes, Daniel, Elie Cohen et Philippe Aghion après avoir concocté les programmes de Ségolène Royal et de François Hollande, ont préparé la copie d’Emmanuel Macron.  Philippe Chalmin, Michel Godet et Marc Ivaldi signent une tribune dans Le Figaro dans laquelle ils écrivent que le candidat Les Républicains « est le seul à pouvoir redresser la France ».

La comparaison des deux programmes révèle des surprises. Le programme de Macron est bien dans la continuité  de ce qui a été fait précédemment et n’a rien de commun avec ceuxde Hamon et Mélenchon. Le programme  de Fillon mis en pratique n’aura rien de thatchérien. Loin des clichés et des « révolutions » , un conservateur plus qu’un gauchiste,  Macron et un réformiste plus qu’un ultra libéral, Fillon…

Macron plus »mondialiste » que Fillon

Macron est pro CETA (et donc libre échangiste). L’ancien ministre de l’Économie s’est déclaré favorable au Ceta dès octobre. Emmanuel Macron estimait que «ce traité améliore objectivement les choses dans notre relation commerciale avec le Canada.» Alors que la ratification du traité était bloquée par la Wallonie, qui exigeait une meilleure protection des services publics et des normes sociales et environnementales, Emmanuel Macron jugeait ces demandes «pertinentes» mais qu’elles ne pouvaient pas «être dans le texte» sous peine «d’affaiblir l’UE».

Le candidat LR ne mentionne pas le Ceta dans son programme et s’est peu exprimé publiquement à ce sujet. Il s’oppose en revanche clairement à la signature du TTIP «aux dépens des intérêts de l’Europe» et souhaite le soumettre à un référendum.

Les deux sont pro-européens mais Macron a reçu le soutien de SCHAUBLE, serait-il plus malléable ?

Reconfigurer l’Etat, ce n’est pas le projet d’Emmanuel Macron, il veut réduire les dépenses publiques, mais de 60 milliards, c’est presque moitié moins que François Fillon, il veut aussi économiser 120 000 postes de fonctionnaires, là c’est quatre fois moins que Fillon. Il s’inscrit dans la lignée des réformes menées par le gouvernement Valls dont il faisait partie.  Emmanuel Macron veut profiter des taux d’intérêt qui sont encore pour l’instant très bas pour emprunter 50 milliards ?, problème et si les taux remontent. À la fois, Macron fait des économies sur le train de vie de l’Etat et des collectivités, mais, dans le même temps, il veut emprunter pour financer de nouvelles priorités.

Patrick Artus est chef économiste de la banque Natixis, pour lui Fillon ce n’est pas l’austérité annoncée.

« François Fillon promet beaucoup de baisses d’impôts et de cotisations (déductions d’impôts pour les investissements dans les PME, suppression de l’ISF et d’un certain nombre de taxations des revenus du capital…).

Il flexibilise le marché du travail : contrat unique, relèvement des seuils sociaux, flexibilité de la durée du travail, régime des autoentrepreneurs, référendum d’entreprise, dégressivité des allocations chômage…

 

Et il réduit les dépenses publiques, mais progressivement. Cela prendra du temps : la diminution de 500.000 ou 600.000 postes de fonctionnaires se fera sur dix ans, le report de l’âge légal de départ à la retraite, ce sera en 2022. C’est une politique budgétaire expansionniste avec des baisses d’impôts non financées, et une grande flexibilité du marché du travail. C’est plutôt Reagan que Thatcher. »

Attention aux clichés, Fillon c’est le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, plus du Sarkozy que du Thatcher

François Fillon, et dans une moindre mesure Emmanuel Macron, procèdent à des économies de dépenses nettes qui font diminuer le poids des dépenses publiques dans le PIB (celui-ci atteint 51,3% en 2022 pour François Fillon et 53,5% pour Emmanuel Macron contre 53,9% dans le scénario de référence). Benoit Hamon laisse les dépenses publiques stables au niveau élevé qu’elles ont atteint ces dernières années (autour de 56%). Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ont des programmes bâtis autour de nombreuses dépenses supplémentaires et interventions accrues du domaine public, aboutissant à une hausse extrêmement forte du poids des dépenses publiques qui atteindrait 61,7% en 2022 avec le programme de Marine Le Pen et 62,5% avec celui de Jean-Luc Mélenchon.

Macron  durcit la fiscalité sur l’assurance vie , frappe l’immobilier et augmente la csg

Dans les réponses envoyées à la Faider, le candidat LR confirme : « Je m’engage à ne pas remettre en cause le régime fiscal actuel de l’assurance-vie, et ce sur la durée du quinquennat. (…) En revanche, il me paraît normal que l’assurance-vie contribue davantage au financement de l’économie française. C’est pourquoi je souhaite que 50 milliards d’euros, soit environ 3% des encours actuels des contrats d’assurance-vie, soient orientés vers le capital des PME. »

Du côté d’Emmanuel Macron, les réponses apportées à la Faider se veulent fidèles aux dernières déclarations du candidat ou de ses porte-paroles sur le sujet : « Au-delà d’un montant d’encours de 150.000 euros par personne, soit le même montant que le PEA, les nouveaux versements effectués après la mise en place de ce prélèvement de 30% y seront soumis »,

En dehors du champ de l’assurance-vie, les équipes d’Emmanuel Macron comme de François Fillon confirment leurs projets respectifs de « flat tax » pour les autres placements financiers, hors épargne réglementée bien entendu. Dans les deux cas, ce prélèvement forfaitaire serait fixé à 30%, prélèvements sociaux et fiscaux compris.
Actions, parts sociales, assurance vie, placements bancaires, cash… Toute l’épargne financière des personnes assujetties à l’ISF est appelée à sortir de l’ISF (impôt de solidarité sur la fortune) dans le cadre du projet de réforme de la fiscalité du patrimoine qu’Emmanuel Macron entend mettre en place en 2018, s’il est élu président de la République le 7 mai.

Dans ce cadre, l’ISF serait recentré sur l’immobilier, sans changer le seuil d’imposition (1,3 million d’euros de patrimoine net taxable ni le sort de la résidence principale, qui bénéficie actuellement d’un abattement de 30% sur sa valeur de marché. La transformation de l’ISF irait jusqu’à changer son nom en « impôt sur la fortune immobilière » d’après le programme officiel du candidat d’En Marche La suppression de l’ISF est l’une des priorités du programme de François Fillon. Cette abrogation interviendrait « dès 2018 » selon son programme. Le candidat de la droite parlementaire veut ainsi favoriser le maintien d’un capitalisme franco-français, alors que l’ISF est souvent accusé de favoriser l’exil fiscal des chefs d’entreprise et/ou des membres de leur famille qui ne respectent pas toujours les règles d’exonération d’ISF au titre des biens professionnels.  Il a commenté sa philosophie en la matière à plusieurs reprises, en particulier sur RTL, le 30 mars 2017, à l’occasion du quatrième petit-déjeuner de la présidentielle. « Pourquoi je veux supprimer l’ISF ? Ce n’est pas pour faire plaisir aux riches. […] Je demande simplement que les investisseurs français soient taxés comme les Allemands, les Anglais, comme dans les autres pays européens. Ce sont des décisions qui auront des conséquences sur l’investissement et donc sur l’emploi ».

François Fillon propose de le faire via une augmentation de deux points du taux normal de TVA, alors qu’Emmanuel Macron propose d’augmenter de 1,7% le taux de la CSG.

Une augmentation de la TVA pèsera en effet uniquement sur la consommation y compris de produits importés, la tva à taux réduits sur les produits alimentaires  ne sera pas concernée . La hausse de la CSG touchera l’épargne comme la consommation.

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Le 9 novembre 2016, dans une interview accordée à L’Obs, Emmanuel Macron estime que «quand on est jeune, 35 heures, ce n’est pas long». Il s’attaque au totem des 35 heures en proposant notamment plus de souplesse et plus de flexibilité.

Un mois plus tard, lors d’un grand meeting porte de Versailles, à Paris, le candidat d’En Marche déclare que «la durée légale du temps de travail restera à 35 heures».

Le 30 janvier 2016, en visite à Saint-Nazaire, Emmanuel Macron explique que la dégressivité des allocations chômage fait partie des options dont les partenaires sociaux auront à discuter. Objectif: faire comprendre que cette piste – qui consiste à faire diminuer l’indemnisation des chômeurs au fil du temps – sera explorée lors des négociations des nouvelles règles d’indemnisation.

Dix mois plus tard, dans L’Obs, l’ancien conseiller de François Hollande s’oppose farouchement à la dégressivité, parlant de «la mesure la plus injuste qui soit».

Pour Richard Ferrand. « Emmanuel Macron a dit qu’il ne fallait pas supprimer les 35 heures. Il faut garder cette ligne de départ », déclare l’élu de Bretagne. « Mais il faut aussi favoriser tout ce qui permet aux entreprises de se développer », ajoute le secrétaire général du mouvement « En Marche ! ».  Parlons clair, des accords de branche.

Pas de différence colossale et c’est un paradoxe avec Fillon . Dans les faits nous sommes très loin de la caricature des 48h hebdomadaires .

« Pour redresser le pays, les Français devront tous travailler un peu plus, notamment les fonctionnaires », martèle l’ex-Premier ministre. « Revenir à la situation d’avant les 35 heures n’est tout de même pas un effort considérable ! » Ce retour progressif aux 39 heures permettrait « d’économiser » les postes nécessaires, estime-t-il : « Il y a près de 5 millions et demi d’agents publics aujourd’hui. Si leur temps de travail remonte de 10%, le calcul est simple ».

« Il y aura des négociations secteur par secteur, en échange de hausses de salaire, de perspectives de carrière et d’amélioration des conditions de travail », promet-il enfin, en menaçant les fonctionnaires : « Ce qui les attend si on ne fait rien, c’est 10 ans de gel des salaires… »

Travaillerait-on plus pour le même salaire ?

Un salarié payé au Smic verra obligatoirement son salaire augmenter s’il fait plus d’heures, pour respecter le taux horaire minimum. Mais pour l’immense majorité des salariés au-dessus du Smic, « le taux horaire ne peut être modifié sans accord du salarié », rappelle Emmanuel Dockès, professeur de droit. Mais s’il refuse de travailler plus pour le même salaire, « l’employeur peut le licencier dans le cadre d’une procédure de licenciement économique individuel, comme le prévoit la loi Travail », explique Sylvain Niel, avocat chez Fidal. Dans le projet du candidat de la droite, l’accord collectif s’imposera au contrat de travail individuel. Mais seules les entreprises faisant face à des « difficultés économiques » pourraient être amenées à demander ce « sacrifice sur le salaire », estime cependant l’avocat. « Ce que nous avons besoin de garder, c’est la motivation », rassure François Asselin, président de la CGPME, qui n’exclut pas des compensations financières.

Le temps de travail serait-il forcément révisé ?

« C’est à l’entreprise de décider et de négocier », explique François Bouvard, le coordinateur du projet de François Fillon,l’ancien Premier ministre fait également valoir que « le passage à 39 heures dans la Fonction publique donnera une indication du temps de travail cible » aux entreprises du secteur privé. Faute d’accord avec les syndicats, la possibilité de référendum est envisagée, « pour dépasser les blocages », selon François Bouvard. Sans accord ni référendum positif, « les accords d’entreprise ou de branche en vigueur resteront valables

Serait-ce la fin des heures supplémentaires majorées ?

En théorie, non. La durée légale de 35 heures serait supprimée mais les entreprises « définiront le seuil effectif de déclenchement des heures supplémentaires », « par le biais d’accords » avec les syndicats, prévoit François Fillon. Les entreprises préoccupées par d’autres maux

Est-ce que cela pourrait créer de l’emploi ?

À long terme, l’amélioration de la compétitivité pourrait créer des emplois. Selon Denis Ferrand, de CEO-Rexecode, « les indicateurs montrent qu’il y a une relation entre des règles de souplesse du marché du travail, d’organisation de la négociation et les performances en termes d’emploi ».

Le seul candidat à opter résolument pour une stratégie de baisse des prélèvements obligatoires (stratégie d’un « contre-choc fiscal ») est François Fillon. Les baisses massives de prélèvements obligatoires qu’il engage dès le début du quinquennat entrainent le poids des prélèvements obligatoires 0,7 point en-dessous de son niveau du compte de référence (43,8% en 2022 avec le programme Fillon contre 44,5% dans le scénario de référence). Les programmes d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen ne font que légèrement fluctuer le taux des prélèvements obligatoires autour de son niveau du compte de référence. Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon ont choisi de financer une partie de leur surcroît de dépenses publiques par un accroissement sensible des prélèvements obligatoires. En 2022, le taux des prélèvements obligatoires atteint 46,5% avec le programme de Jean-Luc Mélenchon et 45,4% avec celui de Benoît Hamon, soit respectivement 2 et 0,9 points au-dessus du niveau du compte de référence.

L’argent, nerf de la guerre. Pour faciliter le financement des PME, François Fillon veut orienter 50 milliards d’euros – soit 3% des encours des contrats d’assurance-vie – vers le capital des PME.

Il promet également de réduire l’impôt sur le revenu des particuliers qui mettent de l’argent dans une PME. La réduction équivaudrait à 30% du montant investi dans la limite d’un million d’euros étalés sur cinq ans.

Enfin, François Fillon souhaite faciliter l’ouverture du capital des PME aux salariés et doubler le plafond de versement des PEA-PME pour qu’il atteigne 150 000 euros.

Pour infléchir la purge libérale à venir, les syndicats pariaient sur un médiateur de poids, Gérard Larcher. En confiant au président du Sénat le soin de recevoir les partenaires sociaux, François Fillon les avait quelque peu rassurés. La plupart des leaders connaissent depuis longtemps l’ancien maire de Rambouillet. La relation de confiance s’était établie lorsqu’il était ministre du Travail, en 2007. Et puis personne n’imaginait être trahi par celui qui a porté une loi en faveur du dialogue social…

A l’issue de ses consultations syndicales, Le Medef, La CGT, FO, l’Unsa, la CFDT, la CGPME, le président du Sénat le déclare : « je vais rédiger les conclusions de mes consultations syndicales » indique Gérard Larcher.
Mandaté par François Fillon pour présenter son programme social auprès des syndicats, et recueillir les premières impressions, le candidat, s’il est élu, aura au moins fait la démonstration qu’il avait pris en compte les besoins et revendications des syndicats de salariés.
« Il y aura donc une ordonnance très précise qui sera appliquée dès l’été, puis des mesures qui entreront dans un collectif budgétaire, explique le président du Sénat. Enfin je rédigerai une lettre ouvrant au dialogue social sur un certain nombre de sujets ». Car contrairement à ce qui est dit, la méthode Fillon ne sera pas un passage en force. Bien que certains points soient encore flous. On sait comment une négociation commence, on ne sait jamais comment elle finit. Mais l’important est de proposer, avant, les principales lignes de la réforme du contrat de travail.
Actuellement la durée du travail est clairement définie, sa limite légale de 35 heures sera supprimée. La durée hebdomadaire sera négociée par entreprise, ou par branche. Si sur un secteur, aucun accord collectif n’a abouti, une analyse de l’ensemble des accords passés sera lancée dans l’objectif d’établir un nouveau seuil maximal de la durée de travail. Les seuils sociaux seront relevés de 10 à 20 salariés et 50 à 100 salariés dans les entreprises.
D’autre part, Gérard Larcher a confirmé aux syndicats que les indemnités prud’homales en cas de licenciement abusif seront plafonnées. Le CDI sera, à l’avenir, accompagné d’un contrat comportant les motifs de rupture. « Les motifs de rupture du contrat de travail seront précisément rédigés de manière à éviter au maximum les contentieux ». a indiqué le président du Sénat.

« La pénibilité, ça existe ! « 

Le contrat de mission existe déjà dans certains secteurs, mais il sera étendu : « il a vocation à se substituer à l’empilement de CDD » estime Gérard Larcher. Un salarié pourra donc être embauché pour la durée de sa mission : son contrat prendra fi lorsque la mission sera réalisée.
« Nous supprimons le compte pénibilité actuel, mais cela ne veut pas dire que nous ne prendrons pas en compte la pénibilité, précise le président du Sénat. « La pénibilité, ça existe » ajoute le président du sénat Il faut trouver un système plus simple. Idem pour la formation professionnelle qui pourra être rémunérée. Les salariés ou les chômeurs auront donc un compte qui leur permettra l’accès à des crédits de formation ».
Enfin, Gérard Larcher salue la qualité de ses interlocuteurs au cours de ces discussions. « Tous ont conscience de la nécessité de réindustrialiser le pays, notamment la CGT , conclut le président du Sénat.

Pour les retraites : les 65 ans pour Fillon, on en reparlera dans 5 ans pour Macron

Le système de traite à point proposé par Macron ne sera mis en place que progressivement. Avantage le système des points évitera les déficits, il suffira d’ajuster (et si nécessaire de baisser la valeur des points. Les cotisations, aux régimes de base comme aux régimes complémentaires, qu’elles soient versées sur les bases de revenus ou acquises au titre de la solidarité (pour les chômeurs par exemple) seront inscrites sur un compte individuel et revalorisées chaque année selon la croissance des salaires. Ainsi, chaque euro cotisé accroîtra de la même manière la pension future, quel que soit le statut du travailleur et l’origine de cette cotisation.

« Le total des droits accumulés sera converti au moment de la retraite en une pension, à l’aide d’un coefficient de conversion fonction de l’âge de départ et de l’année de naissance. L’allongement de l’espérance de vie est donc pris en compte en continu, au fil des générations : plus besoin de réformes successives, qui changent les règles et sont anxiogènes et source d’incertitude. Dans la durée, la réforme aura bien un effet financier en garantissant un équilibre sur le long terme.

Cette réforme ne changera rien aux conditions de départ à la retraite de ceux qui sont à moins de cinq ans de la retraite et qui l’ont donc déjà planifiée. Pour les autres, ceux qui ont au moins cinq ans d’activité devant eux, la transition sera progressive, sur une période d’environ 10 ans.

Pour Fillon : « Les dépenses sociales représentent plus de la moitié des dépenses publiques, les retraites constituant le poste le plus important. Les réformes engagées ces dernières années ne suffisent pas à assurer l’équilibre de notre système par répartition et l’allongement de l’espérance de vie doit être pris en compte pour en assurer la pérennité et garantir le maintien du pouvoir d’achat des retraites.

Je relèverai l’âge de la retraite à 65 ans, parce que seul cet effort permettra de redonner des marges de manœuvre à notre système de protection sociale et de contribuer à diminuer les charges pesant sur les entreprises et les salariés. Je prendrai en compte la situation des personnes ayant commencé à travailler jeunes et justifiant de longues durées de cotisation. Je pourrai ainsi revaloriser les petites retraites et les petites pensions de réversion. »

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LE PROGRAMME DE MELENCHON DECRYPTE

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Jean-Luc Mélenchon parie sur une relance par la demande au risque d’une dérive des finances publiques et d’un creusement marqué du déficit extérieur

Les ménages bénéficieraient directement d’une relance de la dépense publique de 4,1 points de PIB à travers le retour de l’âge légal du départ à la retraite à 60 ans (18 milliards), du RSA automatique et de son extension pour les jeunes (20 milliards), de la revalorisation des minima sociaux et des petites retraites (26 milliards), de la revalorisation de l’indice de la fonction publique (13 milliards) ou d’autres mesures (santé, contrats coopératifs, …). Enfin, la dépense publique augmenterait aussi de 2,4 points de PIB pour l’éducation-recherche (13 milliards), la justice et la culture (4 milliards) et d’autres mesures non documentées (38 milliards).

Une relance de la consommation  dans le contexte d’un marché du travail rigide  aura des conséquences négatives.

Le chômage ne recule pas s’il y a  un coût marginal du travail supérieur à la productivité marginale, une relance peut augmenter le cout du travail et aggraver le chômage structurel. Une forte hausse du coût du travail (hausse du SMIC de 15 % et suppression du CICE et du Pacte de responsabilité) entrainera une hausse du chômage et de l’inflation. D’ailleurs, l’hypothèse d’une inflation à 4,2 % en fin de quinquennat retenue par le candidat traduit le risque de dégradation accentuée de compétitivité des entreprises si les autres pays de la zone euro ne suivent pas la même trajectoire d’inflation.

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Une partie de ces revenus distribués grâce à la relance peut service à acheter des produits importés qui serviront bien sûr à la relance des pays voisins. La France connait déjà un déficit  grave de la balance courante. L’appareil productif est incapable de répondre à une relance …

De fait, ce programme se confronterait à la question du financement d’un tel plan de relance et du risque sur le coût de la charge de la dette publique, ainsi que de la potentielle forte dégradation du déficit extérieur dans le cadre d’une relance massive et isolée de la demande

En 1981 cette politique a déjà échoué.  Bien entendu un pays en récession avec un excédent commercial et un excès d’épargne  peut réussir une relance, c’est ce que l’Allemagne de la fin des années 2000 a eu l’opportunité de faire.

Pour la France la comparaison à faire ,avec le programme Mélenchon , serait la politique des pays d’Europe du Sud en 2008/2009

Relance ? Déficit public  mais également déficit d’épargne nationale et déficit  des comptes courants.

Le déficit public ne peut pas être financé par les recettes fiscales, la faiblesse de l’appareil productif ne se traduit pas par une reprise de la production. Il reste à financer par l’impôt ce que prévoit Mélenchon et ce qui aggrave la crise de la demande effective

Il veut augmenter les prélèvements obligatoires de  de 4,3 points de PIB, dont 1 point est directement dirigé vers les entreprises, et ce malgré la baisse du taux d’IS à 25 %. La fin du CICE, du Pacte de responsabilité et la contribution additionnelle sur les dividendes sont les principales mesures identifiées d’accroissement de la fiscalité sur les entreprises.

Les ménages verraient leur fiscalité augmenter de 1,6 point de PIB, d’autres mesures, comme la lutte contre la fraude fiscale, la réduction des niches et d’autres non identifiées verraient augmenter les PO de 1,4 point de PIB

Fuite des capitaux, insuffisance de l’épargne nationale … Mélenchon devra donc se tourner vers les marchés financiers pour emprunter

. Une politique budgétaire de relance se traduit en effet par des risques de hausse des taux d’intérêt une augmentation de leur dépense, le déficit public peut alors atteindre 10% du PIB. Pour le financer les Etats sont obligés de se tourner vers les marchés financiers, ces derniers mesurent la solvabilité de l’Etat et en particulier sa capacité à engranger des recettes fiscales

Les taux d’intérêt sont alors très élevés (25-30%) et le déficit public devient alors une contrainte insupportable. Quand lorsqu’il y a effet boule de neige, lorsque les taux d’intérêts réels que doit supporter l’Etat deviennent plus élevés que la progression des recettes fiscales

Le déficit public est complété par un autre déficit à savoir l’insuffisance d’épargne nationale. X-M est déficitaire ainsi que S-I

Face à ces déficits ces pays ont du se tourner vers une épargne étrangère, ils ont emprunté dans une monnaie étrangère et ont donc été soumis à des taux d’intérêts très élevés. C’est la crise de la dette et le scénario d’intervention du FMI qui oblige à la rigueur budgétaire, qui met en place des plans d’ajustement structurel avec comme porte de sortie une dévaluation de la monnaie et une renégociation de la dette.

Or, à partir de 2010, les Etats des pays périphériques ont au contraire cherché à consolider leurs finances publiques, sous la pression des marchés obligataires et surtout des autres Etats-membres de la zone euro ; ils ont réduit leurs dépenses à l’instant même où les ménages et les entreprises baissaient les leurs. Les autorités publiques ont alors aggravé la récession au lieu de l’atténuer, au point que certains pays ont connu une contraction de l’activité aussi ample que celle de la Grande Dépression.

De  2008 à 2012 la dette explosera en Grèce et au sud pas en Allemagne  car les premiers emprunteront sur les marchés à 30%  la seconde à 1%

Si la France Mélenchonienne doit financer par l’emprunt sur les marchés elle se retrouvera dans une situation comparable à celle de la Grèce et des pays en développement. Mélenchon deviendra alors le champion de l’austérité, le  serviteur du FMI ….

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COMMENT MELENCHON POURRA T IL EMPRUNTER A DES TAUX SUPPORTABLES ?

Mélenchon a tout à fait confiance de l’impasse dans laquelle il se trouvera, et pour lui la seule issue sera la planche à billets, le financement de la dette par la banque centrale et donc la création monétaire

Dans une économie ou les capitaux circulent et ou le système de change flottant s’est généralisé seule la politique monétaire est efficace

Les US peuvent financer leur déficit à travers la création monétaire, c’est-à-dire sans pleurs, ils bénéficient du droit de seigneuriage, ils utilisent leur monnaie qui est la monnaie internationale. Ainsi l’Amérique est-elle à l’origine d’une explosion des liquidités de par le monde. L’abondance de dollar peut même leur permettre d’obtenir une dépréciation du dollar favorable à leur exportation

Un autre pays qui connaitrait de tels déficits verrait sa monnaie attaquée, devrait augmenter ses taux d’intérêts attirer des capitaux ses déficits et dans ces conditions la hausse des taux d’intérêts tuerait la croissance        Le Japon a fait tourner la planche à billets pour prêter à l’Etat mais les risques sont limités compte tenu de l’énorme masse d’épargne privée dont ne dispose pas la France

La zone euro a  massivement bénéficié de la politique monétaire menée par Mario DRAGHI, La BCE a financé les banques à 0% et celles-ci ont prêté aux Etats à des taux très faibles (entre 0,2 et 0, 5% la France ou l’Allemagne). Super Mario Draghi  fait ce qu’il peut pour empêcher la déflation et la crise. La Bce mène une politique intelligente qui a mis fin  à la surévaluation de l’Euro Profitant de l’indépendance de la Bce il a tenu tête aux  Allemands et à l’irascible Schauble

N‘imaginez pas que Mario Draghi puisse financer le déficit de Mélenchon, la politique accommodante n’était possible qu’avec des taux c’inflations nus ce qui n’est déjà plus le cas.
Avec un renchérissement des biens et des services de 2,2 %, l’Allemagne connaît son plus fort taux d’inflation depuis août 2012. La coupe est pleine, estiment de nombreux politiques et économistes qui exigent la fin de la politique monétaire conciliante actuellement menée par la Banque centrale européenne (BCE). Les Taux vont donc remonter.

Mélenchon n’entend d’ailleurs pas soutenir Draghi, il entend remettre en question les traités et fait le choix de l’affrontement avec l’Allemagne.

Dans son programme, M. Mélenchon défend l’idée d’un « plan A » – « sortie concertée des traités européens » et « négociation d’autres règles » – et d’un « plan B » – « sortie des traités européens unilatérale par la France » – en cas d’échec de la première méthode.

Le premier comporte la fin de l’indépendance de la Banque centrale européenne, la mise en place d’un « protectionnisme solidaire » ou encore une harmonisation fiscale et sociale.

L’Allemagne acceptera telle une politique économique mélenchonienne ? Et avec elle le reste de l’Europe ? Si oui alors le programme de Mélenchon est cohérent

On se souvient du tonitruant « Ta gueule, la France est libre » lancé à Merkel.

Merkel sera inflexible…  Schultz est sur la même ligne

Il appartient depuis les années 1990 à un cercle de réflexion politique qui se situe à la droite du SPD et a toujours soutenu les lois Hartz IV. Au Parlement européen, ses collègues socialistes l’ont souvent vu défendre les positions du. Il est aussi un partisan des accords de libre-échange avec le Canada et les États-Unis. Martin Schulz risque d’apparaître comme une Angela Merkel à barbe.

Wolfgang Schaüble, et le candidat du SPD à la chancellerie adressent le même message à destination de la Grèce: il faut continuer les reformes· la question épineuse de l’allègement de la dette sera abordée à un moment ultérieur. Parmi les mesures réclamées à la Grèce visant à rendre son économie plus compétitive: des coupes supplémentaires dans les retraites, un abaissement du seuil d’exonération fiscale et de nouvelles déréglementations des marchés de l’énergie et du travail.

Pire, face à une France inflexible c’est l’Allemagne qui partirait. Angela Merkel voit dans cette occasion, la possibilité du retour au mark. L’économie allemande est florissante ,les exportations battent record sur record grâce à une compétitivité hors-coût. Quant à la banque centrale allemande et au ministre de l’économie W.Schäuble, ils seront trop contents de ne plus avoir à faire face aux demandes de mutualisation de la dette des Etats et à la politique menée par la Banque Centrale européenne. Celle  de l’assouplissement quantitatif qui permet d’actionner la planche à billets pour faire baisser les taux longs.

Dans ce contexte, la fin de l’Euro et l’éclatement de l’UE sont-ils des arguments suffisants pour faire plier l’Allemagne ? Le poker menteur est-il le jeu qui permettra à la France de remporter la mise .MELENCHON RECONNAIT QUE L’ISSUE SERA LA SORTIE DE L’EURO par la France

« L’Europe, on la change ou on la quitte 

En cas d’accord, les Français seront consultés par référendum pour décider « souverainement de [leur] participation à l’Union européenne [UE] refondée ou de la sortie 
C’est pourquoi nous devons sortir des traités européens qui nous font obligation de mener des politiques d’austérité, sans action de l’État ni investissements publics. Tout cela au prétexte d’une dette dont tout le monde sait qu’elle ne peut être payée dans aucun pays. Notre indépendance d’action, la souveraineté de nos décisions ne doivent donc plus être abandonnées aux obsessions idéologiques de la Commission européenne ni à la superbe du gouvernement de grande coalition de la droite et du PS en Allemagne.

 Si les autres pays ne veulent pas discuter, cela voudra dire que l’union est morte, et la France en sortira »

La suite relève d’un scénario catastrophe.  Flottement assuré mais des certitudes: inflation galopante avec la nouvelle monnaie, hausse des taux d’intérêts car les spéculateurs exigeront des taux élevés pour leur prise de risque. Inflation donc baisse du pouvoir d’achat pour les travailleurs et les retraités ; dévaluation, renchérissement des importations par exemple pour les produits énergétiques. Contrôle des changes, files d’attente devant les banques. Mélenchon lève le voile :

 

« Nous prendrions d’abord des mesures conservatoires pour éviter un nouveau mur de l’argent, des attaques spécifiques spéculatives contre l’économie française. Réquisitionner la Banque de France pour transformer l’euro en monnaie commune et non pas en monnaie unique

Mettre en place un contrôle des capitaux et des marchandises nationales pour éviter l’évasion fiscale des plus riches et des plus grands groupes, et se protéger des attaques spéculatives et du dumping social, fiscal et écologique»

Mélenchon nous décrit l’Argentine de ses amis populistes.

Je suis eurosceptique et keynésien, le programme économique  de Mélenchon ou celui de Le Pen devraient me plaire. Il n’en est rien car un keynésien doit tenir compte des données internes et de la contrainte externe avant de se lancer dans une relance isolée condamnée à l’échec. Changer la nature de l’Union européenne n’est possible que pour les Puissants et le préalable pour notre pays  sera une réforme structurelle comparable à celle de 1958. L’Allemagne pourrait quitter l’Euro, pas la France  dans la situation actuelle.

PAUL KRUGMAN , plus que critique sur l’Euro , analyse  une sortie dans la situation actuelle et s’en prend àMarine Le Pen  qui a le même programme dans ce domaine que Melenchon: «le coût de la sortie de l’euro et de la réintroduction d’une monnaie nationale serait immense». L’économiste évoque une fuite massive des capitaux qui provoquerait une crise bancaire, un contrôle des mouvements de capitaux et des fermetures temporaires de banques. «Des problèmes de valorisation des contrats créeraient un bourbier juridique, les entreprises seraient perturbées pendant une longue période de confusion et d’incertitude», poursuit-il.
Si l’économiste américain considère que l’euro est un «projet imparfait», il juge cependant qu’il y a une énorme différence entre le fait de ne pas adhérer à la monnaie unique – comme ce fut par exemple le cas de la Suède, du Royaume-Uni ou de l’Islande qu’il cite – et d’en partir après y avoir adhéré. Paul Krugman estime aussi qu’une sortie de l’euro aurait pu être profitable à la Grèce mais pas à la France qui n’est, selon lui, absolument pas dans la même situation économique. «Pour la France, sortir de l’euro entraînerait tous les coûts que la Grèce aurait eu à supporter sans aucun des bénéfices», écrit-il

Olivier Blanchard  ancien chef économique du FMI , lui aussi critique àl’égard des politique d’austérité  imagine les 100jours de Mélenchon au pouvoir

Augmentation du smic de 20%

Il ne lui a pas fallu plus d’une semaine pour annoncer une augmentation du smic de 20% ; une baisse de l’âge du départ à la retraite à taux plein à 60 ans ; une augmentation des salaires des fonctionnaires et des aides sociales (chômeurs, retraités, minima sociaux). Une fois ces annonces faites, il est allé voir la chancelière Merkel pour lui proposer de refonder l’union monétaire.

Hollande, lui aussi, avait fait le voyage de Berlin après son élection pour mettre fin à l’austérité budgétaire, mais il en était revenu transfiguré. Mélenchon n’est pas de ce bois-là, et il l’a fait savoir. Dans l’interview qu’il a accordée à « Libération » avant de s’envoler pour Berlin, il a expliqué qu’il voulait donner une chance à l’Europe et qu’il allait proposer à Merkel d’adapter le fonctionnement de la zone euro pour servir le peuple, pas les banques et les grandes sociétés cotées en bourse. Dire que la rencontre s’est mal passée est un euphémisme. La traditionnelle conférence de presse commune a été annulée. La chancelière a déclaré de son côté :
« Il y a deux manières de détruire l’Europe, de l’intérieur ou de l’extérieur. Le président Mélenchon m’a demandé de l’aider à la détruire de l’intérieur, maintenant il va essayer de le faire de l’extérieur. »

Sur les marchés financiers, le voyage à Berlin a déclenché une panique, bien plus violente que celle du 8 mai. Le taux d’intérêt sur la dette de la France est monté à 12%. Pour les particuliers et les entreprises, le crédit a grimpé à 15% ou plus. Evidemment personne n’est prêt à emprunter à de tels taux. Le président n’a pas tardé à réagir. Fin mai, il a dénoncé la guerre ouverte menée contre la France par « la finance qui pratique des taux usuriers » et il a commencé à parler de nationaliser les banques « comme Mitterrand ». Il n’en fallait pas plus pour que particuliers et entreprises commencent à retirer leur argent des banques, soit pour stocker des billets, soit pour les mettre en sécurité à l’étranger.

Le plan de relance de Mélenchon tient-il la route ?

Nationalisation des banques

Le projet de nationalisation des banques s’est retrouvé au cœur de la campagne des législatives. Marion Maréchal-Le Pen, qui a remplacé sa tante à la tête du FN, s’est dite favorable. Chevènement aussi. Le PS-HAM (Hamon, Aubry, Montebourg), désespéré de se voir laminé, n’a pas exclu l’idée. Le président avait promis la mise en place d’une Assemblée constituante pour mettre en place la VIe République. Les résultats des législatives, et l’absence d’une majorité de gouvernement, ont sérieusement remis en cause tous ces projets. Entre projets initiaux et paralysie, personne ne peut vraiment prévoir ce que ce gouvernement pourra accomplir.

Poutou, secrétaire général adjoint de l’Elysée

Avec l’arrivée des vacances, le secrétaire général adjoint de l’Elysée, Philippe Poutou, a lancé un appel au nationalisme ouvrier, mais ça n’a pas empêché de nombreux juillettistes de changer leurs projets pour partir dans les pays voisins, les voitures pleines de billets. On a vu de longues files de vacanciers devant les banques anglaises, espagnoles et italiennes. Face à cette hémorragie de retraits, environ 2% des dépôts par jour, les banques se sont rapidement retrouvées en pénurie de grosses coupures.

La Banque de France a demandé à la BCE des livraisons d’urgence, mais la demande a été refusée. Les banques ont alors commencé à rationner les retraits. Dans son discours à la garden-party du 14-Juillet, le président a annoncé qu’il instaurait un contrôle des changes, limitant à 1.000 euros par personne les sorties d’argent. Les files d’attente aux frontières se sont inexorablement allongées, suscitant des mouvements de colère.

Interdiction des licenciements

Privés d’argent, les consommateurs ont coupé dans leurs dépenses. Incapables d’emprunter, les entreprises ont suspendu leurs projets d’investissements productifs et ont commencé à licencier. Rares sont les CDD qui ont été renouvelés. A l’Elysée, on envisage d’interdire les licenciements et de transformer tous les CDD en CDI, mais pour cela il faut une loi et donc une majorité au Parlement.

Et en cette fin juillet, la crise s’est déplacée. Le Trésor doit emprunter, même à des taux punitifs, mais les prêteurs se font rares. Le président Mélenchon a demandé aux banques d’acheter les bons du Trésor, mais elles luttent pour leur survie. Il a exigé que la Banque de France prenne le relais, mais elle ne peut pas le faire tant que la France est dans la zone euro. Il a envoyé son ministre des Finances voir Wolfgang Schäuble à Berlin. Son conseil ? Demander un programme d’aide, comme la Grèce. Discrètement sollicitée, Christine Lagarde a donné la même réponse : il faut d’abord mettre en place un programme. Le président fera-t-il volte-face, comme Tsipras avant lui ?

Une sortie de la zone euro

Une solution, bien sûr, c’est de sortir de l’euro, au plus vite, pour retrouver le droit de faire tourner la planche à billets de la Banque de France. Mais sortir de l’euro est compliqué, beaucoup plus compliqué que prévu. Il faut du temps pour imprimer des billets et des pièces. Il faut une décision du Parlement, sauf à organiser un référendum mais les sondages ne sont pas rassurants. L’autre solution, c’est de répudier la dette publique, mais cela finirait de couler les banques françaises et l’Etat ne pourrait plus rien emprunter, même à des taux stratosphériques. Le candidat Mélenchon avait considéré que la dette publique n’est pas un problème. Il s’aperçoit maintenant que c’en est un. L’été sera long. La rentrée sera dure.

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Le guide critique 2017 des ECOLES DE COMMERCE Tout ce que vous auriez voulu savoir sur les écoles mais que l’on ne vous dira jamais

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