Malgré la censure gaucho escrolo macroniste, le rapport Alloncle sera publié, revenons sur les meilleurs moments, mais attention c ‘est avec votre argent qu’ils se gavent

France Télévisions est aujourd’hui dans une situation financière que la Cour des comptes qualifie elle-même de « critique » et « non soutenable ». Entre 2017 et 2024, le groupe a accumulé 81 millions d’euros de déficit, sa trésorerie est devenue négative, et ses capitaux propres sont désormais inférieurs à la moitié de son capital social, une situation qui, en application du Code de commerce, expose l’entreprise à un risque de dissolution en l’absence de recapitalisation par l’État.

À cette dérive financière s’ajoutent des dysfonctionnements graves, révélés par la commission d’enquête : avantages injustifiés accordés à certains dirigeants, conflits d’intérêts, recours massif à des sociétés de production, près d’un milliard d’euros par an, sans véritable mise en concurrence, indemnités de départ hors cadre légal, et jusqu’à l’ouverture d’une enquête judiciaire pour abus de biens sociaux et détournement de biens publics visant la présidente pour ses séjours à Cannes.

Face à ce constat accablant, Delphine Ernotte refuse toujours d’assumer la moindre responsabilité et invoque systématiquement une prétendue baisse des dotations publiques, laissant entendre que les Français contribueraient moins au financement du groupe.

Or les chiffres démontrent l’exact inverse. Entre 2015, année de sa prise de fonctions comme Présidente, et 2024, dernière année examinée par la Cour des comptes, la dotation publique allouée à France Télévisions a augmenté de 136 millions d’euros, passant de 2,481 à 2,616 milliards d’euros (rapport de la Cour des Comptes).

Plus grave encore, tout au long des auditions, Delphine Ernotte et la direction de France Télévisions, y compris les canaux de communication officiels de l’entreprise, ont relayé des informations inexactes en affirmant que les moyens publics avaient diminué sur cette période.

On comprend mieux l’état de rage inquiétant dans lequel s’est mis Xavier Niel quand on a simplement daigné lui demander pourquoi il n’avait pas déferré à sa convocation, comme la loi l’y oblige pourtant.

Toujours se méfier du fracas des puissants : le vacarme de leurs attaques dissimule souvent les comptes qu’ils refusent de rendre.

Des personnalités comme Cécile Duflot, Éric Dupond-Moretti ou Daniel Cohn-Bendit, ne voient pas leur temps de parole décompté, contrairement à Philippe de Villiers, considéré lui comme personnalité politique par l’ARCOM.

Interrogé sur les règles de catégorisation des personnalités politiques, Martin Ajdari, Président de l’ARCOM, n’a pas pu présenter de méthode clairement définie, évoquant un « faisceau d’indices » et précisant qu’il ne convenait pas de s’appuyer sur des règles « trop mécaniques ».

Il a toutefois indiqué que les critères retenus reposaient notamment sur la « notoriété » de la personnalité et sa capacité à « contribuer activement au débat public ». Ces critères correspondent pourtant aux profils d’Éric Dupond-Moretti, engagé lors des dernières élections législatives de 2024, et de Daniel Cohn-Bendit, qui a récemment appelé publiquement à « se réunir derrière Raphaël Glucksmann

Madame J., ancienne employée de France TV Studios (ex-MFP), a été licenciée du jour au lendemain en 2010, alors qu’elle était enceinte de 6 mois, malgré des témoignages de ses collègues attestant de son sérieux et de son professionnalisme.

En réalité, elle a été licenciée après avoir dénoncé des agressions sexuelles survenues lors de l’émission « Ce soir ou jamais » le 8 décembre 2009. La responsable à l’origine de cette décision a depuis été promue directrice de France TV Studios.

Le Défenseur des droits (ex-HALDE) reconnaîtra la discrimination de grossesse. France TV Studios signera ensuite un protocole d’accord de 50 000 euros avec Madame J. en échange de son silence, sans jamais reconnaître sa faute. Ce protocole a été signé par Martin Ajdari, aujourd’hui président de l’ARCOM et ancien directeur de France Télévisions.

Interrogé sur ces faits d’une extrême gravité, impliquant des indemnisations pour couvrir des actes d’agressions sexuelles, qui font écho aux accusations de Jacques Cardoze, sous serment devant notre commission, Martin Ajdari a déclaré ne pas se souvenir précisément de ce dossier et ne pas avoir connaissance de tels faits.

En 1995, en plein scandale des animateurs-producteurs qui a conduit à la démission du président de France Télévisions de l’époque, Jean-Pierre Elkabbach, la société Air Productions de Nagui a été condamnée, ainsi que France 2, par le tribunal de commerce de Paris pour « favoritisme » et « comportement déloyal », avec une amende de 5,4 millions de francs (près d’un million d’euros).

Un rapport de la Cour des comptes de l’époque pointait également une autre situation de favoritisme avec l’animateur, estimant que France 2 avait « consenti à Air Productions une libéralité constituant pour elle un important manque à gagner ».

Pourtant, lors de son audition, Nagui a nié, sous serment, avoir été condamné, allant jusqu’à affirmer que l’amende prononcée par le tribunal de commerce de Paris avait été intégralement réglée par France 2.

Depuis 2019, Nagui n’a pas déposé les comptes de ses sociétés de production, en violation de l’obligation légale prévue par l’article L232-23 du Code de commerce.

Lors de son audition, il a justifié ce choix en estimant que « tous les chiffres ne sont pas bons à présenter à tous les concurrents ou à tous les médias », invoquant la concurrence, une contrainte pourtant vécue aussi par l’ensemble des entreprises françaises.

Plus troublant encore : il a reconnu préférer rester en infraction et « payer l’amende » plutôt que de se conformer à cette exigence de transparence. Rappelons que la majorité des contrats conclus avec ses sociétés de production sont financés par de l’argent public.

Un audit de production de France Télévisions indique que, pour la saison 2022-2023 de « N’oubliez pas les paroles », la marge dégagée par Nagui atteignait 25 % par émission. Ce dernier percevait en rémunération 2 500 € pour chaque émission de 30 minutes, soit environ 1,5 million d’euros sur la saison. À cela s’ajoute une rémunération supplémentaire, non déclarée au devis, de 378 000 € perçue pour cette seule émission et sur une seule saison, équivalent au salaire annuel de la présidente de France Télévisions.

Interrogé sur ces marges et sur cette rémunération supplémentaire non justifiée dans l’audit de production, Nagui a évoqué des prix « cheap », tout en contestant la capacité des auditeurs à comprendre ses contrats.

Il a même affirmé n’avoir « aucune idée » de l’origine de ce montant de 378 000€, pourtant mentionné dans les documents officiels transmis par France Télévisions.

« Des clauses exorbitantes du droit commun et dérogatoires aux usages professionnels » : en février 2021, la députée macroniste Frédérique Dumas dénonçait des contrats passés entre France Télévisions et Nagui où « la commande porte sur certaines émissions dont le concept n’est pas précisé alors que le montant financier, lui, est bien garanti ».

Elle réclamait même l’ouverture d’une commission d’enquête sur l’enrichissement de Nagui suite à une enquête de Mediapart révélant un contrat de 100 millions d’euros passé entre France TV et Nagui, en seulement 3 ans.

Interrogé sur un possible favoritisme dans ces commandes aux contours flous, Nagui a réfuté toute irrégularité lors de son audition, affirmant que la signature de ses contrats reposait toujours sur « un concept, un pitch ». Une réponse qui interroge, alors que sa société de production a déjà été condamnée pour favoritisme avec France Télévisions.

Scandaleux ! Lors de son audition, Jacques Cardoze, ancien présentateur de l’émission Complément d’enquête, a affirmé sous serment qu’une consigne avait été donnée par la direction de France Télévisions au rédacteur en chef Hugo Plagnard : réaliser une enquête à charge contre Jordan Bardella, diffusée à peine cinq mois avant les élections européennes de 2024.

Ce rédacteur en chef lui a confié que cette enquête sur Jordan Bardella, suite à une demande de la direction de France TV, « il ne fallait pas la rater », laissant entendre une attente explicite d’un traitement à charge contre le président du RN.

Des accusations d’une gravité exceptionnelle : elles dévoilent que la direction de France Télévisions a volontairement engagé des moyens publics, à des fins politiques, dans le but de nuire à un candidat en pleine période préélectorale.

Lors de son audition, Patrick Sébastien a affirmé que son éviction de France Télévisions ne relevait pas d’un simple choix éditorial.

Selon lui, elle s’inscrirait dans une logique de remplacement orchestrée par Takis Candilis, alors numéro deux de France TV et ancien dirigeant de Banijay, au profit des émissions de Nagui, lui-même coactionnaire de Banijay.

Une situation qui, si elle était avérée, pourrait s’apparenter à un délit de favoritisme.

L’animateur dénonce en outre un traitement qu’il qualifie « d’inhumain », affirmant avoir été écarté sans la moindre explication après plus de vingt ans de collaboration avec le service public.

Lors de son audition, Patrick Sébastien a expliqué réaliser des marges de 8 à 10 % sur ses émissions, affirmant n’avoir jamais profité « d’enrichissement personnel » et avoir toujours « bien payé ses équipes ».

À l’inverse, il dénonce les pratiques de l’émission « N’oubliez pas les paroles », présentée et produite par Nagui, qui « enregistre 14 émissions par jour » avec des équipes payées « à peine 100 € la journée ».

Pourtant, la société de production de Nagui dégage, sur certains programmes, des marges proches de 50 %.

Il ajoute que de nombreux petits producteurs aimeraient aussi produire des jeux pour le service public, mais que ces formats seraient, selon lui, « squattés par les mêmes personnes ».

Claudy Siar, journaliste, animateur-producteur de l’émission Couleurs tropicales sur RFI, a multiplié les prises de position en faveur de l’extrême gauche, allant jusqu’à comparer Rima Hassan à Nelson Mandela, et accusant « la classe journalistique française » de « collaboration » avec « le fascisme du XXIᵉ siècle ».

Plus grave encore, après la répression sanglante menée par le régime iranien causant la mort de plus de 40 000 personnes en quelques jours, il déclarait : « L’Iran a le droit et le devoir de se défendre. » et regrettait que le point de vue de l’Iran ne soit pas suffisamment relayé à la télévision, saluant la chaîne Al Jazeera pour son traitement.

Interrogée sur la présence, sur une chaîne publique, d’un journaliste ouvertement militant aux propos inacceptables, Marie-Christine Saragosse, présidente de France Médias Monde, a mis en avant ses 30 ans de carrière à RFI et l’a remercié pour son travail, invoquant le pluralisme sans jamais condamner ses déclarations.

Elle a même annoncé, lors de son audition, le non renouvellement du contrat de Claudy Siar. Une décision qui, curieusement, n’a été communiquée en interne qu’après son passage devant la commission d’enquête, le soir même.

Median, l’une des sociétés de production bénéficiaires de contrats avec France Médias Monde, a été créée par Frédéric Domont, ancien journaliste de RFI. Celui-ci a été identifié, notamment par un diplomate français, comme sympathisant du Hezbollah à la suite de la publication d’un ouvrage très complaisant consacré à ce mouvement.

Interrogée sur le fait de confier une partie de la production d’information du service public à une société fondée par une personne sympathisante d’un mouvement terroriste, Marie-Christine Saragosse, présidente de France Médias Monde, a répondu que ces prises de position étaient anciennes.

500 000 € d’indemnités de départ ont été versés à Mark Saikali lors de son départ de la direction des chaînes de France 24.

En avril 2024, la Cour des Comptes a établi que « des marchés avaient été passés à plusieurs reprises en méconnaissance des règles de la commande publique », constituant « une grave faute de gestion ». La Cour a condamné trois dirigeants de France Médias Monde pour « manquements aux règles financières ». Elle précise également qu’«aucune » des primes exceptionnelles et indemnités de départ litigieuses n’a été engagée « au sens de la réglementation ».

Malgré ces faits accablants, lors de son audition, Marie-Christine Saragosse, présidente de France Médias Monde, a refusé toute responsabilité en matière de mauvaise gestion et conteste le fait qu’il s’agisse d’argent public, ainsi que le caractère manifestement excessif et hors du cadre légal de ces primes.

François de Rugy, ancien ministre et ancien président de l’Assemblée nationale, a vivement contesté, lors de son audition, la qualification « d’émissions d’information » attribuée à certains programmes du service public tels que Cash Investigation, Sur le Front ou Complément d’enquête.

Selon lui, ces formats présentent des biais marqués et vont parfois jusqu’à relayer des fausses informations.
À l’appui de ses critiques, il cite un reportage de Envoyé spécial diffusé au moment du vote sur le glyphosate. D’après lui, le débat à l’Assemblée nationale, qu’il présidait alors, y a été présenté de manière « insidieuse » et trompeuse.

Il évoque notamment une séquence où Élise Lucet a instrumentalisé la situation d’un enfant malade, sans vérification, pour influencer de façon émotionnelle le téléspectateur, sans la moindre assertivité scientifique. Une méthode qu’il juge « très grave » pour une télévision de service public.

Le 22 mars 2019, France TV Slash publiait une vidéo intitulée « #Climat + Clito = #Clicli », établissant un lien entre réchauffement climatique et sexualité féminine, et affirmant que « ces deux combats sont liés car ils découlent du même problème : la soif de contrôle de l’homme sur la nature et la femme ».

En septembre de la même année, un autre contenu faisait la promotion de la « marche pour le climat », un rassemblement militant, notamment porté par la militante d’extrême-gauche MC Danse pour le climat, ancienne assistante parlementaire de la députée LFI Alma Dufour.

Interrogé sur le nombre important de contenus incitant à participer à des manifestations et à financer des cagnottes à l’initiative de la gauche et de l’extrême gauche, Alexandre Dureux, directeur des programmes jeunes de France Télévisions, a affirmé que ces sujets étaient traités « de la manière la plus objective et neutre possible », sans toutefois répondre précisément sur ces opérations de promotion d’événements à caractère politique

« ACAB », « le racisme anti-blanc n’existe pas », « le féminisme qui exclut les femmes trans, les travailleuses du sexe ou les musulmanes n’est pas du féminisme », « men are trash », « niquez-vous » en s’adressant à des « éditorialistes blancs », ou encore « la France n’est pas un pays laïc, c’est un pays catho-centré, profondément antisémite et islamophobe » : tels sont les propos publiés sur le compte Twitter de Diane Saint-Réquier, alias Sexy soucis, à l’époque où elle était animatrice et figure de la plateforme France TV Slash.

Interrogée sur son choix de travailler pour une chaîne du service public malgré des prises de position profondément hostiles à la France, Diane Saint-Réquier a refusé de répondre à la question, invoquant la liberté d’expression et a estimé que ses déclarations ne relevaient pas du cadre de la commission d’enquête.

Ahurissant ! Samuel Étienne, animateur de Questions pour un champion sur France Télévisions, a négocié une rupture conventionnelle avec le groupe public et perçu une indemnité de départ de plusieurs centaines de milliers d’euros, un montant qu’il n’a pas souhaité rendre public ni contester.

Dans le même temps, il a continué à présenter la même émission, mais cette fois-ci en étant rémunéré via une société de production et non plus directement par France Télévisions.

Autrement dit : une indemnité de départ très importante financée par des fonds publics, suivie de l’exercice des mêmes fonctions, sur la même antenne, sous un autre statut.

Interrogé sur cette situation, Samuel Étienne a déclaré ne pas y voir de problème déontologique.

Nathalie Darrigrand, ancienne directrice de France 5, a participé à la sélection de la société Together pour l’attribution de contrats de plusieurs millions d’euros, avant de quitter France TV avec une indemnité de près de 400 000 euros puis rejoindre cette même entreprise quelques mois plus tard pour prendre la tête des émissions qu’elle avait elle-même attribuées.

Entre son départ de France Télévisions en 2020 et l’année 2022, alors qu’elle dirige Together depuis plusieurs mois, le montant des contrats conclus entre France Télévisions et cette société a TRIPLÉ.

Pourtant, Nathalie Darrigrand ne voit aucun conflit d’intérêt. La ministre Rachida Dati, elle, a qualifié ces pratiques de « consanguinité d’un milieu qui ne souffre d’aucun contrôle ».

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Agrégé d'histoire, Professeur de Chaire Supérieure en économie et en géopolitique, intervenant àBordeaux III et comme formateur à l'agrégation d'économie à Rennes Aujourd'hui retraité
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