
Voici le détail des principales mesures fiscales du Rassemblement National (RN), telles qu’elles figurent dans ses programmes de 2022 et 2024 et, surtout, dans le contre-budget et la trajectoire 2027-2032 présentés par Marine Le Pen le 6 octobre 2026.
Pour les entreprises, le projet du RN déplace la charge sans l’alléger la première année. Les impôts de
production supprimés et les autres allègements représentent 21,0 Mds€ : CFE, CVAE, C3S, suramortissementet pacte Dutreil. Dans le même temps, le RN crée 18,4 Mds€ de prélèvements sur les grands groupes en 2027 :
rachats d’actions, impôt sur les sociétés assis sur le chiffre d’affaires (qui revient à créer un nouvel impôt de
production), superdividendes, amendes de concurrence, contributions des banques et des plateformes
numériques
Cadre budgétaire annoncé (octobre 2026)
Le RN vise 140 milliards d’euros d’économies nettes d’ici 2032 par rapport à 2026, un équilibre primaire en 18 mois, un déficit public sous 3 % en 2030 (sous 2,5 % en 2032) et une dette ramenée d’environ 121 % du PIB en 2027 à 112 % en 2032. Il promet une baisse d’impôts nette d’environ 30 milliards sur le quinquennat (baisses brutes plus élevées, compensées en partie par de nouvelles recettes), plus de 65 milliards d’investissements, et une « règle d’or » constitutionnelle de désendettement via référendum. Le financement repose surtout sur la réduction des effectifs dans les agences et collectivités (non-renouvellement de postes), la « priorité nationale », la lutte contre la fraude et des taxes ciblées sur les grands groupes.
Pouvoir d’achat et TVA
- TVA sur l’énergie : baisse de 20 % à 5,5 % sur l’électricité, le gaz, le fioul et les carburants. Le RN chiffre le coût autour de 12 milliards d’euros par an (estimations externes souvent entre 11 et 17 milliards selon Bercy ou l’Institut Montaigne). Sur les carburants, la directive européenne TVA limite les taux réduits ; le RN a évoqué un passage temporaire au taux intermédiaire de 15 % plus une baisse équivalente de la TICPE, en attendant une renégociation à Bruxelles.
- TVA à 0 % sur un panier d’environ 100 produits de première nécessité (alimentation, hygiène, fournitures scolaires). Jordan Bardella a estimé le gain à environ 100 euros par an et par ménage.
- Retour des accises sur les produits pétroliers à leur niveau de 2017.
Impôt sur le revenu et familles
- Exonération d’impôt sur le revenu pour les actifs de moins de 30 ans, plafonnée dans les formulations récentes jusqu’à quatre fois le SMIC.
- Part fiscale pleine dès le deuxième enfant (au lieu de la demi-part actuelle).
- Restauration de la demi-part fiscale pour les veuves et veufs.
- Suppression de l’impôt sur les sociétés pendant cinq ans pour les entrepreneurs de moins de 30 ans.
Patrimoine, successions et fortune
- Remplacement de l’IFI par un IFF (impôt sur la fortune financière) : l’objectif affiché est de taxer la « spéculation » plutôt que l’« enracinement ». Seuil d’environ 1,3 million d’euros et barème proche de celui de l’IFI/ISF (de 0,5 % à 1,5 %). La résidence principale et les biens professionnels seraient exonérés ; les parts de TPE/PME/ETI bénéficieraient souvent d’un abattement de 75 %. Le RN chiffre un gain de l’ordre de 2,5 à 4 milliards d’euros par an. Ce n’est pas un rétablissement de l’ancien ISF général.
- Successions : suppression ou fort allègement des droits de succession en ligne directe pour les familles modestes et les classes moyennes ; exonération des donations (parents et grands-parents) jusqu’à 100 000 € par enfant tous les dix ans. Aménagement du pacte Dutreil (exonération sous condition de conservation des titres pendant une durée donnée, souvent citée à 10 ans).
Entreprises et impôts de production
- Suppression de la CFE (cotisation foncière des entreprises), de la CVAE et de la C3S (contribution sociale de solidarité des sociétés), surtout pour les TPE-PME et dans une logique de relocalisation. Ces suppressions sont chiffrées autour de 16 à 17 milliards dans les analyses du contre-budget.
- Allègement global des impôts de production (objectif parfois évoqué de –20 %).
- Taxation renforcée des rachats d’actions (souvent à 33 %, chiffrée jusqu’à environ 9-11 milliards selon les documents), des « superdividendes » et, en situation de crise, des superprofits.
Autres leviers fiscaux
- Suppression de plus de 120 taxes jugées inutiles ou trop complexes, et reprise en main des taxes affectées.
- Lutte contre la fraude fiscale et sociale (le RN a souvent avancé un gain de l’ordre de 15 milliards, s’appuyant sur des estimations basses du Sénat).
- Réduction de la contribution nette française au budget de l’UE.
- Positions variables sur la flat tax (PFU à 30 %) : limitation aux revenus du capital inférieurs à 60 000 € dans certains documents de programme, défense plus nette du dispositif dans des déclarations récentes.
Points de vigilance sur les chiffrages
Les coûts des baisses de TVA et les recettes attendues de l’IFF, de la lutte contre la fraude ou de la taxation des rachats d’actions sont régulièrement contestés par Bercy, l’Institut Montaigne ou des notes d’analyse (Institut de l’entreprise, Contrepoints). Une partie des économies (agences, collectivités, immigration) reste peu détaillée poste par poste. La baisse de TVA sur les carburants se heurte en outre au cadre européen actuel.
tout ça me paraît plein de bon sens et de bon aloi.
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Justement, le fait que « la baisse de TVA sur les carburants se heurte au cadre européen actuel » et une des raisons qui vont amener le RN à prendre ses distances avec les fonctionnaires non élus de l’UE et enfin ouvrir la porte à liberté et l’amorce d’une vraie Europe des nations.
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