Après le temps des hommages, celui de la soumission ?

L’accusation de Mohamed Louizi:

« Les Frères musulmans agissent à visages découverts, depuis 35 ans, à Paris-Le Bourget, comme cette année lors de la fête de Pâques. »

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» Musulmans de France, c’est la nouvelle appellation de l’UOIF (  » union des organisations islamiques de France  » ), la branche française des frères musulmans. Il fut un temps ou média et politiques se méfiaient de ce rassemblement du Bourget, il faut dire  que l’invité régulier, Qaradawi, célébrait Adolf Hitler .

https://www.youtube.com/watch?v=VcB_DZ4YQYQ

Aujourd’hui personne n’oserait critiquer la rencontre, les organisateurs actuels ont-ils changé ? Ils condamnent les attentats  mais leur idéologie est elle encore celle des Frères musulmans ?

Mohamed Louizi est l’un des rares à s’inquiéter :

« 35 ans de labour idéologique de jeunes cerveaux inoccupés, 35 ans de victimisation et de discours de haine et de rupture, ont conduit à la situation désastreuse que nous connaissons désormais »

https://www.facebook.com/mohamed.louizi/posts/10216224005977775

 

S’il a raison nous aurions une nouvelle preuve de la soumission des élites.

Le Conseil Français du culte musulman est dirigé  par un très proche,  la  foire est célébrée par l’office du tourisme et par Carpe DIEM

« La Rencontre Annuelle des Musulmans de France (RAMF) qui aura lieu du 30 MARS au 02 AVRIL 2018 au Parc des Expositions de Paris-le Bourget vous accueillera dans une ambiance chaleureuse et fraternelle.

Grâce à la richesse des conférences d’intervenants nationaux et internationaux de renom, des expositions culturelles et commerciales ainsi que des veillées spirituelles et artistiques, la RAMF constitue le plus grand rendez-vous de la communauté musulmane française et européenne. »

 

https://www.tourisme93.com/document.php?pagendx=815&engine_zoom=FMAIDFC930027561

 

 

Hier : quand Sarkozy interdisait la venue du « pape » des Frères musulmans

Nicolas Sarkozy fut favorable aux frères au moment de la création du Conseil français du culte musulman, puis il prit conscience des risques.

Nicolas Sarkozy  en 2012, déclarait à propos de Yusuf Al-Qaradawi que ses « discours ne sont pas compatibles avec l’idéal républicain ». Le président-candidat a précisé qu’il avait pris soin d’indiquer à « l’émir du Qatar lui-même que ce monsieur n’était pas le bienvenu sur le territoire de la République française ».

 

Pris de court par la prise de position du chef de l’Etat, l’UOIF a convoqué la presse le soir même à son siège pour espérer se faire entendre. « L’UOIF s’étonne de la controverse actuelle provoquée par un communiqué » du parti « diffusant des informations inexactes au sujet de cheikh Qaradawi alors que ce dernier est venu à plusieurs reprises en France et en Europe » tout comme Mahmoud Al-Masri, sans que cela pose aucun problème pour les autorités françaises.!

Dans les faits, ces deux hauts personnages, qui exercent une influence conséquente auprès des musulmans à travers des chaînes satellitaires très regardées dans le monde arabe (Al-Jazeera pour l’un, Iqra pour l’autre), n’avaient pas besoin de visas en avril pour se rendre en France.

 

El-Masri en avait déjà un pour l’Europe, octroyé depuis plusieurs semaines et qui lui avait permis de venir en France en février. Quant à Al-Qaradawi, il possède un passeport diplomatique du Qatar. C’est pourquoi les autorités ont pris la décision de leur interdire tout bonnement le territoire français.

 

« L’UOIF regrette que des informations peu crédibles rapportées par l’extrême droite soient à l’origine d’une telle polémique », a déclaré le président de l’organisation Ahmad Jaballah, décrivant le cheikh Al-Qaradawi, principal critiqué, comme « un homme de paix et de tolérance qui a œuvré pour l’ouverture et la modération et dont les positions ont toujours été en faveur de la justice et de la liberté des peuples » et exerçant « une influence positive dans le monde musulman ».

L’UOIF « regrette que le climat de suspicion envers la communauté musulmane soit à l’origine d’une polémique à propos d’une information disponible depuis des mois » et « appelle les acteurs politiques et médiatiques à ne pas tomber dans l’amalgame nauséabond reprenant les thèses de l’extrême droite et instrumentalisant la tragédie de Toulouse ».

 

Pour sa part, l’Union internationale des savants musulmans, dirigée par Al-Qaradawi, s’est indignée de la décision mais a dit « respecter la souveraineté des États et leurs décisions ». Elle a également fermement condamné les attaques contre l’école juive de Toulouse. Une rencontre entre l’UOIF et le ministère de l’Intérieur est prévue cette semaine dans le but, espère M. Jaballah, d’obtenir « des explications et ses fondements » au sujet de l’interdiction.

https://www.saphirnews.com/Al-Qaradawi-et-El-Masri-interdits-en-France-l-UOIF-regrette-la-controverse_a14181.html

 

Mais que dit exactement Youssef Al Qaradawi ?

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Fiammetta Venner Politologue et documentariste, directrice de publication de Ikhwan Info

https://www.huffingtonpost.fr/fiammetta-venner/qui-est-youssef-al-qarada_b_6286738.html

 

fois il faut dire que le président était le bien aimé Frère Morsi. « La charia (loi islamique) Interpol vient de lancer, à la demande de l’Egypte, un mandat contre Youssef Al Qaradawi, le théologien de référence des Frères musulmans. Il y est accusé d’incitation au meurtre, de vandalisme, de violence et de vol.

 

Youssef al-Qaradawi est la plus haute référence théologique des Frères musulmans. Cela signifie qu’aucun autre théologien de la Confrérie n’a poussé aussi loin ses études, ce qui ne fait pas pour autant de Qaradawi le plus grand théologien de tous les temps. D’autres théologiens du monde sunnite, y compris des femmes ont plus de légitimité juridique que lui et n’hésitent pas à le lui rappeler notamment concernant le voile ou l’excision. S’il n’est en rien le « chef » de l’islam, comme le désirent les islamistes et leurs second couteaux, il est en revanche bien le chef des islamistes. En 1959, il sera interdit de prédication religieuse ce qui ne l’empêchera pas de faire une thèse sur l’aumône (et devenir le conseiller de riches dévots), et de diriger plus tard l’organe intellectuel des Frères musulmans en Occident, le Conseil européen de la Fatwa dont sont membres notamment Rached Gannouchi (Tunisie), Moustafa Ceric (Bosnie), Ahmed Ali al-Imam (Soudan)…

 

Alors que ces camarades sont emprisonnés, Youssef al-Qaradawi conseille les prince du Golfe. Il trouve même une astuce pour autoriser une forme de prêt officiellement sans intérêt à condition bien sûr qu’il approuve chacune de ces opérations financières. Une banque islamique ne vous accorde pas de prêt que vous remboursez majoré d’un certain pourcentage, mais achète pour vous un bien, que vous lui rachetez un peu plus cher. Ce qui revient au même mais respecte la Charia et permet à Qaradhawi de financer ses œuvres.

 

Le milliardaire est surtout connu pour ses livres et notamment, Le Licite et l’illicite en Islam, qui sert de « bible » à tous ceux qui vivent dans l’angoisse de ne pas pratiquer correctement un islam fondamentaliste. Les Fatwas de Qaradhawi sont très connues dans le monde arabe grâce à l’émission religieuse qu’il anime chaque semaine sur la chaine de télévision Al Jazira, « la Charia et la vie ». Assis derrière un bureau, il prend des questions d’auditeurs, auxquelles il répond en direct. Près de dix millions d’auditeurs sont ainsi familiarisés avec ses prêches, sa barbe grisonnante, ses grandes lunettes en écailles et son chapeau traditionnel rouge et blanc.

 

 

Qaradhawi fait partie de ces fondamentalistes prêts à durcir les recommandations du Coran pour se démarquer à tout prix d’une conception égalitaire, jugée « occidentale », des rapports homme-femme. Notamment lorsqu’il autorise les violences conjugales. Dans le Coran, il est écrit : « Celles dont vous aurez à craindre la désobéissance, vous les reléguerez dans des lits à part, vous les battrez ; mais, dès qu’elles vous obéissent, ne leur cherchez point querelle. Dieu est élevé et grand (4) » . Cette autorisation — qui n’est plus appliquée que par des musulmans archaïques — est soumis à certaines conditions, notamment le fait d’user d’un bâton d’arak (de la taille d’un bâton de cannelle). Ce qui revient à recommander une punition davantage symbolique que réellement physique. Youssef al-Qaradhawi préfère toutefois s’en tenir à une interprétation littéraliste moins métaphorique. Voici ce qu’il recommande aux jeunes musulmans vivant en Europe dans Le Licite et l’illicite en islam :

 

« Quand le mari voit chez sa femme des signes de fierté ou d’insubordination, il lui appartient d’essayer d’arranger la situation avec tous les moyens possibles en commençant par la bonne parole, le discours convaincant et les sages conseils. Si cette méthode ne donne aucun résultat, il doit la bouder au lit, dans le but de réveiller en elle l’instinct féminin et l’amener ainsi à lui obéir pour que leurs relations redeviennent sereines. Si cela s’avère inutile, il essaie de la corriger avec la main tout en évitant de la frapper durement et en épargnant son visage ».

 

 

Qaradhawi est un fervent défenseur du droit à la polygamie pour les hommes. A cause de leur « nature » et surtout celle des femmes, qui ont leurs règles ! « Dans les sociétés qui interdisent la polygamie (…), beaucoup d’hommes ont des femmes qui n’ont que peu de désir (…) alors que leurs maris ont des besoins sexuels impérieux. Que peuvent-ils faire ? Certaines épouses ont de très longues périodes de menstruation, 10 jours ou plus. Les maris décident donc de prendre une femme supplémentaire ».

 

Qaradhawi n’a pas de mots assez durs contre l’homosexualité, qu’il décrit comme un « acte vicieux, (…) une perversion de la nature, une plongée dans le cloaque de la saleté, une dépravation de la virilité et un crime contre les droits de la féminité ».

 Est-ce que les deux partenaires reçoivent le châtiment du fornicateur ? Est-ce que l’on tue l’actif et le passif ?

Par quel moyen les tuer ? Est-ce avec un sabre ou le feu, ou en les jetant du haut d’un mur ? Cette sévérité qui semblerait inhumaine n’est qu’un moyen pour épurer la société islamique de ces êtres nocifs qui ne conduisent qu’à la perte de l’humanité » .

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=VcB_DZ4YQYQ

 

Qaradhawi a beau justifier sa défiance en mettant en avant l’occupation de la Palestine, c’est bien en se fondant sur le Coran qu’il encourage l’action des groupes islamistes les plus violents. Voici un extrait de l’une de ses conférences donnée dans l’Ohio en 1995 à l’invitation de la Muslim arab youth association :

 

« Voici ce que disent [les hadiths]. Vous continuerez de combattre les Juifs et ils vous combattront jusqu’à ce que les Musulmans les tuent. Et le Juif se cachera derrière la pierre et l’arbre, et la pierre et l’arbre diront ‘Oh serviteur d’Allah, oh Musulman, voici un Juif derrière moi venez le tuer’. (…) Nos frères du Hamas, en Palestine, la résistance islamique, le Djihad islamique (…) nous rendent notre foi

L’approbation publique de ces organisations, classées comme terroristes par le Département d’État, lui a valu d’être interdit de séjour aux États-Unis en 1995. En réalité, Qaradhawi fait plus que les approuver. Il est l’un des rares religieux ayant délivré des Fatwas autorisant les attentats-kamikazes en dépit du Coran, qui interdit explicitement le suicide.

 

Qaradawi recommande d’aller combattre contre le régime d’Assad n’hésitant pas à stigmatiser un ancien Frère musulman proche du régime, Said Ramadan Al Boutih l’accusant de « dénaturer l’islam » en aidant « ce rat d’Assad ». Dénaturer l’islam rendait Said Ramadan Al Boutih apostat et légitimait théologiquement son élimination. Le prédicateur mourra quelques semaines plus tard dans un attentat. Pour Qaradhawi tous les soutiens du régime doivent être tués. « Ceux qui agissent avec le pouvoir, il nous est obligatoire de tous les tuer: militaires, civils, oulémas, ignorants (…) ceux qui sont du côté de ce pouvoir (régime syrien) injuste (…) qui a tué les gens sans raison, ils sont injustes comme lui (…) ceux qui tuent pour lui, que ceux-là soient tués à leur tour  » .

 

Emporté dans son élan, il n’hésitera pas à condamner les millions d’Egyptiens descendus dans la rue contre Mohamed Morsi en 2013. Cette impose à tous les croyants de faire allégeance au président élu, d’exécuter ses ordres et de se conformer à ses directives ». Et d’appeler à la révolte  »

 

 

Conquérir l’Europe

 

Pour Qaradawi, l’Europe n’est pas un espace neutre mais une terre à conquérir au nom de l’islam. Sur Al Jazira, il déclare :

 

« Les amis du Prophète ont entendu [de sa bouche] que deux villes seraient conquises par l’islam, Romiyya et Constantinople, le Prophète ayant précisé qu’Héraclès [qui deviendra plus tard Constantinople] serait conquise en premier. Romiyya est Rome, capitale italienne, tandis que Constantinople était la capitale de l’État de la Rome byzantine, aujourd’hui Istanbul. Il a décrété qu’Héraclès serait conquise en premier, et c’est ce qui est arrivé… Constantinople a été conquise, mais la seconde partie de la prophétie, c’est-à-dire la conquête de Rome, reste à réaliser. Cela signifie que l’islam retournera en Europe.

L’islam est entré deux fois en Europe, et deux fois l’a quittée… Peut-être que la prochaine conquête, avec la volonté d’Allah, se fera par la prédication et l’idéologie. Toute terre n’est pas obligatoirement conquise par l’épée… [La conquête de la Mecque] ne s’est pas faite par l’épée ou la guerre, mais par un traité [de Houdaybia] et par des moyens pacifiques… Peut-être allons-nous conquérir ces terres sans armée. Nous voulons qu’une armée de prédicateurs et d’enseignants présentent l’islam dans toutes les langues et tous les dialectes… »

Mais à force d’être traduit et popularisé en Europe, Qaradhawi finira par être personna non grata chez ceux la même qui le tenaient pour représentant des musulmans. Il sera interdit de séjour par la volonté de Nicolas Sarkozy en mars 2012.

 

Qu’importe, pour Qaradhawi, l’Europe est fondamentale car elle peut revivifier l’islam. Le couper de ses racines traditionnelles et l’amalgamer à l’islamisme.

 

« L’Europe [finira par] se rendre compte qu’elle souffre de sa culture matérialiste et se cherchera une solution de remplacement, une échappatoire, un canot de sauvetage ; elle ne trouvera rien qui puisse la sauver, si ce n’est le message de l’islam, le message du muezzin qui lui transmettra la religion sans renier le monde, la conduira aux cieux sans la déraciner de la terre. Avec la volonté d’Allah, l’islam retournera en Europe, et les Européens se convertiront à l’islam. Ils seront ensuite à même de propager l’islam dans le monde, mieux que nous, les anciens musulmans  ».

Qaradhawi avait raison sur une chose, les « anciens musulmans » sont moins manipulables que les « nouveaux ». Tant que les Frères musulmans se contentaient de pourrir le débat public en Occident, ou de brûler des ambassades pour des caricatures, les « anciens musulmans » haussaient les épaules. Morsi. Et les « anciens musulmans » ont cessé d’apprécier le vieux milliardaire. C’est l’Egypte du très religieux président égyptien Sissi qui vient de lancer ce mandat d’Interpol. Ce sont les très conservateurs émiratis qui ont placé la plupart des organisations des Frères musulmans sur une liste terroriste.

La dernière punition fut infligée par Hitler

 

« l n’y a pas de dialogue entre nous et les Juifs, hormis par le sabre et le fusil »

« L’iniquité des Juifs, en tant que communauté, est visible et patente. Laissez-moi m’expliquer : en Occident, ce que je peux dire (…) à leur sujet [est que certains d’entre eux] sont iniques, et que d’autres ne le sont pas. Et ceci est tout à fait possible. Mais l’iniquité des Juifs est une grande iniquité, une grave iniquité, une iniquité incomparable et manifeste. Par conséquent, lorsqu’il m’a été suggéré que les Juifs participent au dialogue lors d’une prochaine rencontre, j’ai refusé. J’ai dit non, nous ne devons pas dialoguer avec eux tant que leurs mains seront tachées de notre sang »

« Tout au long de l’histoire, Allah voulu imposer aux Juifs des hommes pour les punir de leur corruption. La dernière punition fut infligée par Hitler […] il réussit à les remettre à leur place. Ce fut une punition divine pour eux. Le souhait d’Allah est d’amener la prochaine [punition] par la main des croyants […] Si Allah m’en donne la force, je voudrais aller sur la terre du Jihad et de la résistance, fut-ce en fauteuil roulant et je tirerai sur les ennemis d’Allah, les Juifs » (28 janvier 2009)«

 

« Les amis du Prophète ont entendu [de sa bouche] que deux villes seraient conquises par l’islam, Romiyya et Constantinople, le Prophète ayant précisé qu’Héraclès [qui deviendra plus tard Constantinople] serait conquise en premier. Romiyya est Rome, capitale italienne, tandis que Constantinople était la capitale de l’État de la Rome byzantine, aujourd’hui Istanbul. Il a décrété qu’Héraclès serait conquise en premier, et c’est ce qui est arrivé… Constantinople a été conquise, mais la seconde partie de la prophétie, c’est-à-dire la conquête de Rome, reste à réaliser. Cela signifie que l’islam retournera en Europe. L’islam est entré deux fois en Europe, et deux fois l’a quittée… Peut-être que la prochaine conquête, avec la volonté d’Allah, se fera par la prédication et l’idéologie. Toute terre n’est pas obligatoirement conquise par l’épée… [La conquête de la Mecque] ne s’est pas faite par l’épée ou la guerre, mais par un traité [de Houdaybia] et par des moyens pacifiques… Peut-être allons-nous conquérir ces terres sans armée. Nous voulons qu’une armée de prédicateurs et d’enseignants présentent l’islam dans toutes les langues et tous les dialectes… » (Al Jazira 24/01/2000)

 

« Avec la volonté d’Allah, l’Islam retournera en Europe, et les Européens se convertirons à l’Islam. Ils seront ensuite à même de propager l’Islam dans le monde, mieux que nous les Musulmans. Tout cela est possible pour Allah. »

 

Un nouveau califat dont Erdogan sera le chef

 

 « […] le Califat doit être instauré à Istanbul, car elle est la capitale du Califat […] Recep Tayyip Erdogan […] C’est le dirigeant qui connaît son Dieu, qui se connaît, qui connaît son peuple, qui connaît la « Oumma », qui connaît le monde. Vous avez le devoir de le soutenir, de lui prêter allégeance […] »

Un autre regard sur l’UOIF est sans doute nécessaire car Fiammetta Venner  n’aime pas lesFrères. Le BONDY BLOG ne leur est pas hostile :

L’UOIF, le double langage pour doctrine

par Mehdi Meklat le 12/05/2008

Au parc des expositions du Bourget, une petite foule attend de pénétrer dans « le salon de l’islam » (comme il est parfois surnommé). Les 3000 visiteurs de 1993, c’est de l’histoire ancienne. Jeudi, l’UOIF se préparait à accueillir, sur quatre jours, 140 000 personnes. A l’intérieur du hall 1, c’est une véritable caverne d’Ali baba de l’islam-business, avec des tonnes de tissus, de livres sacrés et d’agences commerciales islamiques nouvelle génération (« envoyez SADAKA au 8 26 26 pour la construction d‘une mosquée »). Sans parler des livres venus tout droit d’Arabie Saoudite dans la librairie de Iqra, une télé saoudienne où défilent parfois des propos antisémites ou misogynes (« la femme prend moins de temps à réfléchir, voilà pourquoi contrairement à l’homme, elle agit avant de réfléchir »).

 

 

 

 

 

Au parc des expositions du Bourget, une petite foule attend de pénétrer dans « le salon de l’islam » (comme il est parfois surnommé). Les 3000 visiteurs de 1993, c’est de l’histoire ancienne. Jeudi, l’UOIF se préparait à accueillir, sur quatre jours, 140 000 personnes. A l’intérieur du hall 1, c’est une véritable caverne d’Ali baba de l’islam-business, avec des tonnes de tissus, de livres sacrés et d’agences commerciales islamiques nouvelle génération (« envoyez SADAKA au 8 26 26 pour la construction d‘une mosquée »). Sans parler des livres venus tout droit d’Arabie Saoudite dans la librairie de Iqra, une télé saoudienne où défilent parfois des propos antisémites ou misogynes (« la femme prend moins de temps à réfléchir, voilà pourquoi contrairement à l’homme, elle agit avant de réfléchir »).

 

Mais derrière l’organisation de la manifestation, parfaite, avec navettes près de la gare RER ou hôtels à proximité pour loger les provinciaux, l’UOIF reste une des associations les plus critiquées. Notre enquête débute dans ce bâtiment en préfabriqué, le « point presse », où l’on nous assure que « tous les journalistes sont les bienvenus, que ce soit Charlie Hebdo (qui avait publié les caricatures danoises du prophète Mahomet, ndrl), Marianne ou la télévision tunisienne ». On demande à rencontrer un officiel de l’association. Se pointe un membre du bureau, responsable à la jeunesse, Abdelwahab Bakli.

 

Jugée proche de la mouvance des Frères musulmans à cause de la reprise de leur slogan « Le Coran est notre constitution », l’UOIF programme souvent des intervenants polémiques à ses conférences lors de son salon. En effet, Hani Ramadan est invité pratiquement tous les ans au Bourget. Cette année, il tient une conférence pour parler du « modèle universel de la famille en islam ». Faut-il préciser que ce dernier est un défenseur de la lapidation des femmes (« la lapidation constitue une punition, mais aussi une forme de purification », comme il l’avait écrit dans une tribune libre du journal Le Monde, le 10 Septembre 2002 ?

 

Mais cette année encore, la programmation compte beaucoup sur la venue de son frère, célèbre tout à la fois pour ses coups médiatiques et pour son discours souvent jugé ambigu. « Frère Tariq », comme il est souvent surnommé. « Un intégriste musulman », pour Mohammed Sifaoui, lui-même musulman, « laïque et démocrate », journaliste et auteur de plusieurs livres sur l’intégrisme islamiste (Bakli dit « ne pas le connaître », alors que son association, par la voix son vice-président Fouad Alaoui, avait déjà publié un communiqué haineux à l’encontre de ce journaliste).

 

Mais il n’y pas que Tariq Ramadan qui semble avoir un double discours, l’UOIF aussi. Ahmed Jaballah, « un des cinq cofondateurs » de l’association, l’a même avoué il y a quelques années, en des termes plutôt choquants : « L’UOIF est une fusée à deux étages. Le premier étage est démocratique, le second mettra en orbite une société islamique. » Mais à l’évocation de cette « fusée à deux étages » qui pourrait s‘avérer dangereuse, le représentant rencontré nie en bloc : « Ahmed Jaballah a peut-être dit ça mais ce n’est pas notre vision, c’est faux !

L’UOIF, moderne ou pas ? Telle est la question. Certains estiment que l’idéologie de l’organisation est douteuse, d’autant plus qu’elle a intégré le Conseil européen de la recherche et de la fatwa. Un conseil avec à sa tête un des tenants d’un islam radical en Europe, le cheikh égyptien Youssouf Al Qardawi, réputé pour ses prêches enflammés sur la chaîne Al Jazzera. Cela va des propos homophobes, en disant des homosexuels que ce sont « des êtres nocifs qui conduisent à la perte de l’humanité », jusqu’aux propos opposés à une laïcité qui viendrait des musulmans : « Ceux, parmi les musulmans, qui militent pour un état laïc sont athées, ils ont rejeté l’islam. Accepter des lois autres que celles de la charia n’est que pure apostasie. » Surtout que selon lui, « l’apostasie doit être punie de mort ! ».

 

 

Mehdi Meklat et Badroudine Said Abdallah

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AUJOURD’HUI

Qaradawi  vit toujours maids il ne sera pas présent, pas plus que son disciple favori Tariq Ramadan

Tariq Ramadan est le propagateur des idées de Qaradhawi en Europe. Il le cite régulièrement et dans un de ses livres écrit.

 

« Toute personne, musulmane ou non, qui a étudié les sciences et le droit islamiques contemporains, sait quelle est la contribution de Yussuf Al-Qaradawi au débat et combien certaines de ses propositions juridiques sont novatrices. J’éprouve un profond respect pour l’homme et le savant et serait le dernier à m’en cacher » Tariq finira par être récompensé de sa dévotion à Qaradhawi, outre une chaire dans une université britannique financé par le Qatar, il obtiendra aussi un poste dans Centre de recherche sur la législation et l’éthique islamiques (CILE), à la faculté islamique de Doha.

Quels sont les nouveaux idéologues ?

Moncef Zenati, pur produit de l’UOIF, formé à l’IESH, a traduit des livres de Yussef Al Qaradawi et Hassan Al Banna en français. Pour Zenati, la charia est supérieure qualitativement aux lois humaines (droit positif) « La Charia correspond à la Loi Divine. La Charia correspond à l’ensemble des Lois, toutes les Lois, concernant tous les domaines. […] Le droit positif reflète l’imperfection de l’être humain et sa faiblesse » (Conférence « Qu’est-ce que la charia ? » du 12 avril 2014 à Paris)

Ahmed Jaballah,  ex président de l’UOIF, est annoncé en tant que conférencier. On se rappelle de sa phrase inquiétante : « L’UOIF est une fusée à deux étages. Le premier étage est démocratique, le second mettra en orbite une société islamique. » (cité dans le livre de Fiamenta Venner, OPA sur l’islam de France, Calman-lévy, 2005)

Hani Ramadan: « Le monde musulman est en ébullition. Cette force peut et doit être orientée vers un Etat islamique, un Etat appliquant le Coran et la Sunna.(…) Les musulmans ne retrouveront jamais leur bonheur perdu s’ils ne reviennent pas au jihad et ne cherchent pas à établir un Etat Islamique ». (Hani Ramadan, Sermons du vendredi rappels et exhortations, éditions Tawid, 2011, page 465.

Nabil Ennasri. Lors de l’interdiction de séjour en 2012 de plusieurs orateurs extrémistes au congrès de l’UOIF, Nabil Ennasri, s’indignait : « Vous avez également vu ce qui s’est passé cette semaine, le Cheikh Al-Qaradawi, le Cheikh Mohamed Al-Masri que l’on interdit comme ça de manière brutale et frontale. En plus de ça, on dit que ce n’est pas seulement ces deux cheikhs, mais tous les autres ! »

Hassan Iquioussen  Dans une conférence, il qualifie Youssef Al Qaradawi, qui préconise de tuer les homosexuels, les apostats et les israéliens, comme le  « pape de l’islam » car  » il est le savant qui fait l’unanimité chez la majorité des savants » (propos tenus dans une conférence intitulée « Trois savants exceptionnels » du 4 février 2016).

Mohamed Louizi  revient à  la charge en ajoutant le rôle essentiel de nouveaux venus :

« Il était une fois, quatre petits amis des Frères musulmans invités au RAMF à Paris-Le Bourget, durant ce week-end de Pâques. Le premier s’appelle Pierre Conesa. Ancien haut fonctionnaire au Ministère de la Défense. Il se dit désormais «expert» dans la lutte contre la «radicalisation» islamiste. Le deuxième s’appelle Christophe Oberlin. Chirurgien, il s’illustre par ses engagements politiques pro-Hamas et ses liens avec le milieu islamiste, en France et à Gaza. Le troisième, que l’on ne présente plus, s’appelle Vincent Geisser. Celui qui a «armé» très tôt la stratégie victimiste des Frères musulmans en France d’un essai très engagé: «La nouvelle islamophobie», dès septembre 2003, avant de revenir à la charge, en septembre 2017, avec un nouvel essai intitulé : «Musulmans de France, la grande épreuve: face au terrorisme», cosigné avec d’autres, faisant passer des islamistes de tout poil pour victimes de l’état d’urgence. Quant au quatrième, il s’appelle Raphaël Liogier. Vous connaissez le profil, pas besoin d’en rajouter.

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Ainsi, avec des prénoms comme Pierre, Christophe, Vincent et Raphaël, inscrits sur des affiches et des tracts d’un programme distillé en compte-gouttes, cela fait plutôt «open mind». La mouvance islamiste « Musulmans de France » (ex-UOIF), la branche française des Frères musulmans, organisation politico-religieuse classée «organisation terroriste» par de nombreux états souverains, jouit à Paris et en province, d’un «laissez faire, laissez passer» déroutant, qui trouve un écho dans cette façon, exprimée récemment par le porte-parole du gouvernement, de ne surtout pas les «stigmatiser». En témoigne aussi la facilité par laquelle cette mouvance arrive à endoctriner des jeunes élèves à l’aide de l’argent du contribuable; à construire des mosquées-cathédrales grâce aux investissements prosélytes de la Qatar Charity, entre autres; à organiser sa grande «messe» nationale depuis 35 ans, à Paris-Le Bourget, donnant (souvent) la parole à des radicaux islamistes venus d’ici ou d’ailleurs. Sans parler des dizaines de rassemblements régionaux qui ne dérogent pas à la règle frérosalafiste.

 

Oui, 35 ans de labour idéologique de jeunes cerveaux inoccupés, 35 ans de victimisation et de discours de haine et de rupture, ont conduit à la situation désastreuse que nous connaissons désormais. Ces islamistes redoutables semblent décider d’aller au bout de leur stratégie de conquête et de domination islamiste, le Tamkine, certes avec des moyens qui pourraient, pour certains, paraitre « pacifiques » mais sans écarter, à n’en point douter, l’usage des armes quand les autres moyens deviennent inopérants comme le préconise le guide-fondateur Hassan al-Banna et son petit-fils Tariq Ramadan. Celui qui manquera à l’appel cette année. Toutefois, pour combler le vide que ce dernier laisse, des remplaçants existent. On annonce donc d’autres icônes : Pierre, Christophe, Vincent et Raphaël. Ces deux derniers m’excuseront, ils ne seront pas les «héros» de mon présent article.

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1- Pierre Conesa doit savoir qu’un jihadisme peut en cacher un autre.

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La première icône, toujours annoncée sur le site de l’UOIF[1] comme invitée de marque à ce 35ème rassemblement annuel des Frères musulmans, se déroulant durant ce week-end de Pâques, est Pierre Conesa. Bien que sa présence puisse interroger, alors même que le contexte national — suite à l’attentat de Trèbes et l’assassinat crapuleux et antisémite de Mireille Knoll — devrait lui conseiller au moins une prudence pragmatique, ce que l’on sait déjà de son profil en rappelle curieusement bien d’autres : celui du politiste François Burgat, que connait Vincent et Raphaël et à qui j’ai déjà consacré un décryptage étayé, le 31 décembre 2017, intitulé: «les jalons de François Burgat sur la route des Frères»[2].

 

En effet, depuis la mise au ban du Qatar par ses voisins[3], le 5 juin 2017, lui reprochant de financer le terrorisme et de soutenir les Frères musulmans, Pierre Conesa multiplie les prises de parole médiatique pour relativiser tout rôle du Qatar, alors que les faits sont têtus. Il met toute la faute sur l’Arabie Saoudite bien que cette monarchie semble s’engager sur la voie d’une réforme plus que souhaitable. Ici, Pierre Conesa affirme : «L’Arabie saoudite mène un projet planétaire d’expansion du totalitarisme religieux wahhabite»[4]. Là, il explique que: «L’Arabie Saoudite est le véritable perturbateur régional»[5]. Ailleurs, il explique: «Le terrorisme qui nous frappe nous, en tout cas Européens, ne fait aucun doute: c’est du terrorisme salafiste jihadiste. C’est-à-dire, c’est une branche du sunnisme qui se raccroche au wahhabisme, à l’idéologie religieuse qui est celle de l’Arabie saoudite.»[6] Pierre Conesa a même signé un essai à charge contre les saoudiens, intitulé: «Dr. Saoud et Mr. Djihad»[7], paru le 8 septembre 2016. Un «expert» de sa taille ne doit pas omettre des vérités bien factuelles, établies hier comme aujourd’hui.

 

Il ne devrait pas ignorer, par exemple, le fait que la fatwa justifiant et légitimant le jihad en Afghanistan, contre les soviets, était le fruit de l’idéologie jihadiste des Frères musulmans, et en particulier d’un frère musulman palestinien, Abdallah Azzam de son nom. En effet, au milieu des années 80, au pèlerinage à la Mecque, le surnommé «imam du jihad», le frère musulman Abdallah Azzam (1941-1989), avait rédigé une fatwa appelant au jihad armé en Afghanistan, contre les soviets, et l’avait proposée, «bon pour validation», aux «dignitaires» fréristes et wahhabites, très présents au royaume saoudien à cette époque. Ceux-là n’en ont exprimé aucune objection, bien au contraire. Tous l’ont signée. Gilles Kepel en fait état dans «Al-Qaïda dans le texte» (PUF-2008). Des revues islamistes, telle que la revue qatarienne Al-Ummah (الأمة), diffusée dans tout le monde arabe, en ont amplifié le message violent. S’ensuit ensuite une vague de départs massifs d’une jeunesse endoctrinée — les fameux «moudjahidines arabes» — vers les montagnes afghanes, pris en charge par les levées de fond d’un certain Oussama ben Laden, l’élève du frère musulman Abdallah Azzam. Quand ces « moudjahidines » se sont retournés chez eux, on a vu ce qu’ils étaient capables de faire en Algérie, lors de la décennie noire, entre autres. Depuis, l’Afghanistan est devenue ce qu’elle est. Al-Qaïda est née. Pierre Conesa devrait tenir compte de cette vérité historique.

 

Plus proche de notre époque, une autre vérité historique semble étrangement échapper à Pierre Conesa. Le 13 juin 2013, une centaine d’autoproclamés «savants musulmans», tous frérosalafistes sans exception, issus de l’internationale islamiste, se sont rassemblés autour du qataro-égyptien Youssef al-Qaradawi, dans un hôtel au Caire, pour soutenir leurs Frères musulmans syriens, contre le régime de Bachar al-Assad. Ils ont appelé officiellement, publiquement, expressément, dans une fatwa, les «sunnites» du monde entier à partir faire le jihad armé en Syrie, au nom d’Allah, prenant le risque d’entrainer ce pays, et toute une région, dans un conflit confessionnel, entre «sunnites» et «chiites», entre «musulmans» et «chrétiens» et de créer, directement ou indirectement, le terreau fertile qui a permis, un an plus tard, à un certain Abou Bakr al-Baghdadi, de proclamer son califat : le 29 juin 2014. Daesh est née après une année de la fatwa jihadiste des Frères musulmans. Pierre Conesa devrait aussi tenir compte de cette vérité historique.

 

Tous les experts objectifs, au Mashreq comme au Maghreb, pointent dans cet événement, en particulier, la responsabilité évidente et directe des Frères musulmans et aussi du Qatar. Bien sûr que l’Arabie Saoudite est autant responsable que le Qatar. Cela ne fait aucun doute. L’on ne pourrait que se demander pourquoi Pierre Conesa relativiserait la dangerosité de l’islamisme des Frères musulmans, et en même temps, fustigerait, curieusement, le wahhabisme de l’Arabie Saoudite ? Alors que l’Arabie Saoudite semble vouloir faire des efforts contrairement au « Vilain petit Qatar » Comme si les Frères musulmans n’étaient pas la faction salafiste la plus dangereuse, la plus criminelle des temps modernes. S’il ne le sait pas, ce que je n’imagine pas, je l’invite à lire mon article du 13 décembre 2016: «Le drame syrien: la liste des signataires de la terreur»[8]. On n’y trouve que des frérosalafistes, que des salafistes-Frères, si on veut. Un «expert» de la lutte contre la radicalisation islamiste devrait-il faire fi à tous ces éléments factuels et incontestables ?

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2- Conesa et le Qatar : le « cadeau » qui altère l’objectivité.

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Cependant, l’objectivité voudrait que l’on soit factuel. A moins que cette objectivité ne soit, elle-même, altérée par une proximité dangereuse entre Pierre Conesa et le … Qatar. On ne peut que s’interroger sur le sens de la traduction en arabe, en 2015, de l’essai de Pierre Conesa «La fabrication de l’ennemi, ou comment tuer avec sa conscience pour soi»[9], paru en France en 2011. En effet, cet essai a été traduit en arabe, en 2015, sous le titre «صنع العدو أو كيف تقتل بضمير مرتاح»[10]-[11], par le centre «The Arab Center for Research & Policy Studies» que finance personnellement l’émir du Qatar[12] et que dirige un certain Azmi Bishara, ex-membre du Knesset israélien, devenu depuis son installation à Doha, un très puissant conseiller de l’émir du Qatar[13]. Souvenons-nous, qu’en 2015, le Qatar avait aussi traduit l’essai d’Edwy Plenel «Pour les musulmans»[14]. Simple coïncidence ? Peu importe, cette traduction a réjouit bien des sites islamistes, à l’image du site Islam Online[15] et le site de la chaîne qatarie Al-Jazeera[16], pour ne citer que ces deux-là. Si les Frères musulmans en France invitent Pierre Conesa à leur rassemblement, c’est peut-être au nom de cette proximité !

 

Aussi, il se pourrait que les Frères musulmans aient invité Pierre Conesa en raison de ses autres écrits qui paraissent, par ailleurs, très en phase avec leurs éléments de langage. Pour s’en rendre compte, je recommande la lecture de la conclusion du rapport « Quelle politique de contre-radicalisation en France ? », remis par Pierre Conesa à la Fondation d’aide aux victimes du terrorisme, en décembre 2014. Le site de « La revue géopolitique » a rendu public cette conclusion, le 9 janvier 2015, deux jours après l’attentat de Charlie Hebdo[17]. Là aussi, il met en perspective la responsabilité des wahhabites et semble épargner le Qatar. Il dénonce les actes des jihadistes wahhabites et passe sous silence le jihadisme des Frères musulmans.

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3- Conesa, un autre «blanchisseur» des Frères musulmans ?

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Pis, Pierre Conesa considère «maladroit de parler de «Mouvance radicale islamiste» car, selon lui, le terme «islamiste», trop vague et trop connoté par rapport à l’Islam est rejeté par certaines organisations »[18]. Lesquelles ? Il lui préfère le terme «Mouvance radicale salafiste »[19] voire le «salafisme jihadiste»[20] . Pas question, pour lui, d’assimiler les Frères musulmans aux salafistes wahhabites. Au contraire, tout en considérant les termes «islamisme» et «laïcité» comme «des termes guerriers qui opposent monde occidental et monde arabo-musulman»[21], il va dans le sens des islamistes en disant: «le terme de Laïcité renvoie pour beaucoup de Musulmans aux heures sombres des répressions antireligieuses d’Atatürk abolissant le Califat, de Nasser emprisonnant les Frères musulmans, de Hafez el Assad les massacrant en Syrie ou de Saddam Hussein.»[22] Ou comment la propagande victimaire des islamistes se voit validée par un «expert» de la «déradicalisation».

 

L’on peut regretter ses oublis. Au lieu de prendre pour argent comptant le discours victimaire des islamistes, il devrait faire l’inventaire des crimes et attentats terroristes commis par des Frères musulmans, en Égypte comme en Syrie, bien avant que les deux régimes syrien et égyptien, ne décident de riposter. Il ne devrait pas ne pas savoir ce que le Tanzim secret paramilitaire des Frères musulmans avait commis comme crimes et attentats en Égypte, à l’époque d’Hassan al-Banna et puis de Sayyid Qutb. Ces crimes et ses attentats se poursuivent hélas aujourd’hui, avec les mêmes modes opératoires, en Syrie et aussi en Égypte qui pleure, depuis quelques mois, de nombreux assassinats de militaires, de policiers et de magistrats, commis par des jeunes Frères musulmans.

 

Par ailleurs, tout comme François Burgat, Pierre Conesa relativise l’islamisme des Frères musulmans et minimise ses dangers. Pour lui, il s’agit d’un « un mot générique qui a recouvert plusieurs sens et conceptions politiques qui vont depuis la révolution iranienne, jusqu’à la démocratie turque d’Erdogan»[23]. Et quelle démocratie ! Erdogan applaudira des deux mains mais pas les kurdes d’Afrin ni les journalistes emprisonnés. Quand on sait que Pierre Conesa propose son expertise à des organismes luttant contre la radicalisation islamiste, l’on ne peut qu’être (très) dubitatif pour ne pas dire un poil révolté.

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4- Christophe Oberlin, l’ami du Hamas.

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Quant à la deuxième icône (annoncée), il s’agit de Christophe Oberlin, qui se rend à Gaza tous les ans, et qui a cosigné le récit «Survivre à Gaza», raconté par son ami, le palestinien Mohamed al-Rantissi, le frère d’Abdelaziz al-Rantissi, le cofondateur du mouvement politico-jihadiste le Hamas, la branche des Frères musulmans dans les territoires palestiniens, classée «organisation terroriste» par l’Union Européenne[24] et qui a conduit des attentats suicides contre des civils israéliens tout en bloquant toute solution de paix durable. L’on se rappelle que suite à l’assassinat du leader frériste Ahmed Yassine par l’armée israélienne[25], le 22 mars 2004, Abdelaziz al-Rantissi, le frère de Mohamed al-Rantissi, a été désigné à la tête de la direction locale du Hamas à Gaza. Il n’est resté à son poste de commande que quelques semaines, jusqu’à son assassinat[26] à son tour, la nuit du 17 avril 2004. Un raid de l’armée israélienne avait ciblé sa voiture.

 

Par ailleurs, en plus de cette proximité avec le médecin frérosalafiste al-Rantissi — qui a obtenu en 2016 un diplôme de la faculté de la Charia à Gaza[27] — le chirurgien français Christophe Oberlin ne cache pas ses liens très «amicaux avec des hauts responsables du Hamas»[28], comme avec les «ministres» islamistes Bassim Naïm[29], chargé de la santé, et Mahmoud al-Zahar[30], chargé des affaires étrangères. Dans une interview accordée au site Oumma.com, le 15 juillet 2013, suite à la destitution de la présidence de l’Égypte du frère musulman Mohamed Morsi, c’était bien Christophe Oberlin, en personne, qui a pris le soin d’expliquer au lectorat de ce site ce que pense le mouvement jihadiste le Hamas de cette destitution. Tel un porte-parole du mouvement, il a même tenu à donner le point de vue du Hamas concernant le conflit syrien : «je tiens à profiter de cette interview sur Oumma — disait-il — pour rétablir la vérité à ce sujet et battre en brèche toutes les allégations mensongères: le Hamas se veut totalement neutre dans le conflit syrien, et affirme ne prendre parti pour personne.»[31] On ne sait plus ni où s’arrête l’humanitaire, ni où commence l’engagement militant en soutien au mouvement islamiste le Hamas.

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Son engagement politique, notamment au sein du mouvement islamistogauchiste BDS, va encore plus loin, toujours à l’ombre des Frères musulmans. En effet, le 30 mars 2016, Christophe Oberlin avait animé une conférence intitulée «Le chemin de la Cour: les dirigeants israéliens devant la Cour pénale internationale»[32]. C’est la branche étudiante lyonnaise des Frères musulmans à l’université française, l’association EMF (Étudiants Musulmans de France), qui l’avait invité à discourir. EMF avait pris ses précautions, pour préserver son image. Elle n’avait pas réservé un amphithéâtre à la fac à cette occasion. Loin des regards, elle a organisé ladite conférence au « 8, rue Notre Dame à Lyon », à la librairie des « Éditions Tawhid » que dirige l’islamiste Yamine Makri, le fidèle disciple protecteur de Tariq Ramadan.

 

Enfin, il était une fois, quatre petits amis des Frères musulmans invités au RAMF à Paris-Le Bourget. Ils seraient présents au milieu de nombreux islamistes notoires, comme Amar Lasfar et Hassan Iquioussen. Mon amie, Céline Pina, avait bien décrit le décor dans son essai «Silence coupable»[33] dont le sous-titre est: «Islamistes: ils ne sont grands que parce que nos élites sont à genoux». Certainement, cette posture « à genoux » est une autre façon de s’asservir pour se servir au passage. Un tandem gagnant-gagnant qui ne trompe que celui qui imagine l’islamisme telle une action souterraine invisible alors que les Frères musulmans agissent à visages découverts, depuis 35 ans, à Paris-Le Bourget, comme cette année lors de la fête de Pâques.

 

[1] https://www.ramf-uoif.fr/

[2] http://mlouizi.unblog.fr/…/les-jalons-de-fr…/comment-page-1/

[3] https://www.facebook.com/mohamed.louizi/posts/10213481387054016

[4] https://www.lopinion.fr/…/pierre-conesa-l-arabie-saoudite-m…

[5] https://fr.sputniknews.com/…/201711101033829498-arabie-sao…/

[6] http://www.rfi.fr/…/20170523-pierre-conesa-terrorisme-finan…

[7] https://www.amazon.fr/Dr-Saoud-Djihad-Pierre-C…/…/2221195647

[8] https://www.facebook.com/mohamed.louizi/posts/10211772677497345

[9] https://www.amazon.fr/Fabrication-lennemi-Pier…/…/2221126785

[10] https://bookstore.dohainstitute.org/p-662.aspx

[11] A télécharger en arabe ici : https://www.books4arab.com/2016/02/pdf_799.html

[12] https://www.dohainstitute.edu.qa/…/hh-the-emir-officially-i…

[13] http://www.jeuneafrique.com/…/azmi-bishara-au-coeur-de-la-…/

[14] https://blogs.mediapart.fr/…/bl…/110615/mediapart-la-qatarie

[15] https://islamonline.net/13005

[16] http://midan.aljazeera.net/intellect/sociology/2017/1/17/ الطريق-للحرب-في-صنع-العدو-وتفكيكه

[17] https://www.diploweb.com/Contre-radicalisation-que-faire.ht…

[18] Ibid.

[19] Ibid.

[20] Ibid.

[21] https://www.diploweb.com/Contre-radicalisation-que-faire.ht…

[22] Ibid.

[23] Ibid.

[24] http://www.france24.com/…/20170726-justice-europeenne-hamas…

[25] http://www.liberation.fr/…/rantissi-l-enfant-de-gaza-eleve-…

[26] http://www1.rfi.fr/actufr/articles/052/article_27506.asp

[27] https://www.youtube.com/watch?v=s9LFZQOzFDc

[28] https://oumma.com/christophe-oberlin-de-retour-de-gaza-le-…/

[29] https://arretsurinfo.ch/la-maison-de-mon-ami-bassem-naim-a…/

[30] http://memri.fr/…/lofficiel-du-hamas-mahmoud-al-zahar-nous…/

[31] https://oumma.com/christophe-oberlin-de-retour-de-gaza-le-…/

[32] http://abdelmalik.vefblog.net/172.html

[33] https://www.amazon.fr/Silence-coupable-C%C3%A9…/…/2366581963

DZfNa5YW0AQqvj7 

https://www.facebook.com/mohamed.louizi/posts/10216224005977775

 

 

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