AUX ORIGINES DE LA CRISE POLITIQUE ET SOCIALE ACTUELLE

 

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« La France vient du fond des âges. Elle vit. Les siècles l’appellent. Mais elle demeure elle-même tout au long des temps. Ses limites peuvent se modifier sans que changent le relief, le climat, les mers qui la marquent indéfiniment. Y habitent des peuples qu’étreignent, au cours de l’Histoire, les épreuves les plus diverses, mais que la nature des choses utilisée par la politique, pétrit sans cesse en une seule nation. » Charles de Gaulle, Mémoires d’espoir.

https://www.youtube.com/watch?v=o8uRawU7B2E

 

 

Parce que l’on a fait croire que pouvaient cohabiter des communautés différentes avec des cultures parallèles, qu’il n’était pas légitime et nécessaire de faire des efforts pour s’intégrer.

Parce que face aux difficultés la réponse sera le repli identitaire, la justification du droit à la différence, la rancœur…. Le tout enveloppé d’un vernis religieux

On a fait croire à certains Français qu’ils n’étaient que des indigènes victimes du plus abominable des pays, la France.

Jean-Loup Amselle est un anthropologue et ethnologue africaniste. Il est directeur d’études à l’EHESS, pour lui le multiculturalisme a échoué en France. Il a raison.

En fragmentant le corps social le multiculturalisme a abouti à dresser l’un contre l’autre deux segments de la population : l’identité majoritaire et les identités minoritaires. Par une sorte d’effet boomerang, l’apparition au sein de l’espace public de minorités ethnoculturelles et raciales a provoqué, dans chaque cas, le renforcement de l’identité « blanche».

On ne rend pas service aux « issus de la diversité » en les enfermant dans leur « négritude » ou leur « arabo islamité ». Culturaliser et ethniciser le social est le meilleur moyen de maintenir les jeunes des banlieues dans des ghettos géographiques et identitaires .Tel est le terreau de la guerre des civilisations.

Les Français comme nation et la civilisation française comme culture ont été en dialogue permanent avec ceux qui étaient définis comme « Autre » et ce dialogue a permis la transformation de la France et son enrichissement . Mais  un Français n’est plus un « Autre » il est devenu un acteur de cette nation et de cette culture  car à la différence des races, les nations résultent d’une association volontaire d’individus.

Mathieu Bock-Côté :

 

              « c’est le même logiciel idéologique qui est à l’œuvre. Il repose sur l’historiographie victimaire, qui criminalise les origines de la nation ou réduit son histoire à ses pages noires, sur la sociologie antidiscriminatoire, qui annihile la possibilité même d’une culture commune, dans la mesure où elle n’y voit qu’une culture dominante au service d’une majorité capricieuse, et sur une transformation de la démocratie, qui sera vidée de sa substance, dans la mesure où la judiciarisation des problèmes politiques et le transfert de la souveraineté vers le gouvernement des juges permet de désarmer institutionnellement un peuple qu’on soupçonne de céder au vice de la tyrannie de la majorité.

En un mot, si l’idéologie multiculturaliste s’adapte à chaque pays où elle s’implante, elle fait partout le même diagnostic et prescrit les mêmes solutions: c’est qu’il s’agit d’une idéologie, finalement, qui pose un diagnostic global et globalement négatif sur l’expérience historique occidentale. »

 

En 1985 le grand historien Fernand Braudel définissait à sa manière  l’identité de la France :

« . Pour moi, l’identité de la France est incompréhensible si on ne la replace pas dans la suite des événements de son passé, car le passé intervient dans le présent, le « brule »… Construire l’identité française au gré des fantasmes, des opinions politiques, ça je suis tout à fait contre.

Le premier point important, décisif, c’est l’unité de la France. Comme on dit au temps de la Révolution, la République est « une et indivisible ». Et on devrait dire : la France une et indivisible. Or, de plus en plus, on dit, en contradiction avec cette constatation profonde : la France est divisible. C’est un jeu de mots, mais qui me semble dangereux. Parce que la France, ce sont des France différentes qui ont été cousues ensemble. Michelet disait : c’est la France française, c’est-à-dire la France autour de Paris, qui a fini par s’imposer aux différentes France qui, aujourd’hui, constituent l’espace de l’Hexagone…

II y a donc dans l’identité de la France ce besoin de concentration, de centralisation, contre lequel il est dangereux d’agir. Ce qui vous suggère que je ne vois pas la décentralisation d’un œil- tout à fait favorable…

L’identité de la France correspond depuis la Révolution Française et la victoire des Jacobins, au principe d’une République une et indivisible, dont l’Etat centralisé se charge de régler la distribution de biens et de services publics sur le territoire (système éducatif, administration des territoires), minimisant le pouvoir des régionalismes. La décentralisation du territoire, qui date de 1983, constitue en effet en France un processus relativement récent et une rupture dont on commence à mesurer les conséquences.

 

 

Les positions fondamentales de type républicain de droite ou de gauche portaient sur la souveraineté nationale, la méritocratie le progrès social, l’égalité des chances. D’un point de vue normatif, la référence à des critères ethniques ou socio-culturels, porteuse de dérives sélectives, identitaires voire séparatistes, était inapte à fournir des critères objectifs aux politiques. De tradition républicaine, la société française semble peu perméable aux interprétations libérales ou communautariennes d’un multiculturalisme d’inspiration anglo-saxonne, qui oscille entre l’idée de tolérance mutuelle d’un côté, et de reconnaissance communautaire de l’autre.

Depuis une trentaine d’années l’approche républicaine a été  contestée puis ringardisée  par le politiquement correct .

D’un point de vue intellectuel la rupture est  incarné par le philosophe  Alain Renaut .Il parle de  déni des différences réelles de nature ou d’appartenance culturelle des individus au sein des sociétés démocratiques. Une telle orientation assimilationniste inclurait la diversité, mais sous la forme d’une identification progressive à la culture dominante ce qui aurait historiquement limité l’autonomie éthique des individus, des groupes socio-culturels, et des institutions dans leur choix de vie et d’organisation socio-économique.

D’un  point de vue politique , pour le québécois Mathieu Bock-Côté contrairement à ce qu’on laisse souvent croire, le radicalisme des années 1960-1970 n’a pas disparu au moment du passage à la maturité de ceux qui s’étaient lancés dans une des nombreuses luttes ouvertes par le gauchisme: tout au contraire, il a profondément transformé la culture politique et la dynamique idéologique des sociétés occidentales. On pourrait reprendre l’hypothèse de Philippe Raynaud: si la gauche radicale n’est pas reconnue comme telle, c’est en bonne partie parce qu’elle est parvenue à imposer ses catégories dans la vie publique. (…) Notre monde, loin d’être sous-idéologisé, est «suridéologisé», mais nous n’en sommes plus conscients, tellement l’idéologie dominante est si écrasante qu’on ne voit plus qu’elle. «Le multiculturalisme tue toute identité commune enracinée dans une histoire   …. Le multiculturalisme comme idéologie s’est développée au cœur des luttes et contestations qui ont caractérisé les radical sixties et les radical seventies et s’est alimenté de références idéologiques venant des deux côtés de l’Atlantique. Par ailleurs, de grands intellectuels français ont joué un rôle majeur dans la mise en place de cette idéologie, née du croisement d’un marxisme en décomposition et des revendications issues de la contre-culture. Michel Foucault et Alain Touraine, par exemple, ont joué un grand rôle dans la construction globale de l’idéologie multiculturaliste. En fait, je dirais que la crise du progressisme a frappé toutes les gauches occidentales.»

 

« L’islamisme a un certain génie stratégique: il mise sur les droits consentis par les sociétés occidentales pour les retourner contre elles. Il se présente à la manière d’une identité parmi d’autres dans la société plurielle: il prétend s’inscrire dans la logique du multiculturalisme, à travers lui, il banalise ses revendications. Il instrumentalise les droits de l’homme pour poursuivre l’installation d’un islam radical dans les sociétés occidentales et parvient à le faire en se réclamant de nos propres principes. Il se présente à la manière d’une identité parmi d’autres qui réclame qu’on l’accommode, sans quoi il jouera la carte victimaire de la discrimination. C’est très habile. À travers cela, il avance, il gagne du terrain et nous lui cédons. Devant cela, nous sommes moralement désarmés.

Il faudrait pourtant se rappeler, dans la mesure du possible, que lorsqu’on sépare la démocratie libérale de ses fondements historiques et civilisationnels, elle s’effrite, elle se décompose. La démocratie désincarnée et dénationalisée est une démocratie qui se laisse aisément manipuler par ses ennemis déclarés. D’ailleurs, au vingtième siècle, ce n’est pas seulement au nom des droits de l’homme mais aussi au nom d’une certaine idée de notre civilisation que les pays occidentaux ont pu se dresser victorieusement contre le totalitarisme. Du général de Gaulle à Churchill en passant par Soljenitsyne, la défense de la démocratie ne s’est pas limitée à la défense de sa part formelle, mais s’accompagnait d’une défense de la civilisation dont elle était la forme politique la plus achevé »

 

 

L’unité de  la France est un bien fragile   et nous aurions besoin d’une classe politique courageuse  pour dénoncer  toutes les formes d’intolérance. Malheureusement beaucoup confondent tolérance et lâcheté, tolérance et soumission, tolérance et indulgence. Nous pouvons haïr ou mépriser ce que nous tolérons, le respecter à contre cœur. Nous pouvons combattre ce que nous tolérons. La tolérance suppose l’acceptation du débat démocratique,  pas la pensée unique.

La classe politique accepte la racialisation et le communautarisme pour se faire élire, pour ne déplaire à persone. Lea politiquement correct rime avec autocensure et conformisme. Des  exemples me viennent à l’esprit.

Imaginons un instant un joueur de football, le soir d’une victoire, lançant à la cantonade : « Allez les blancs, venez, on se fait une photo de groupe ! »

Ce comportement serait dénoncé, on hurlerait au racisme.  Pourtant un soir de victoire en juillet 1998 un certain Lilian Thuram a lancé « Allez les Blacks, on fait une photo tous ensemble » devant Dugarry et Lebœuf. Lilian Thuram n’est pas raciste, il fait même des conférences payées 20 000 euros contre le racisme.

Imaginons un instant Gérard Larcher président du Sénat  lancer  à propos de Claude Bartolone « il est en creux le défenseur de Bobigny de la race noire et des arabes ! ». Il serait obligé de démissionner devant le scandale national. Rassurons-nous Gérard Larcher est un homme civilisé incapable de tels propos. Pourtant son homologue président de l’assemblée nationale, Claude Bartolone a bien accusé Valérie Pécresse d’être en creux la candidate de Versailles et de la race blanche.

Il est impossible d’être à la fois républicain et multiculturaliste tout comme il est impossible d’être républicain et raciste
pour lire la suite

https://pgibertie.com/2016/01/05/les-editions-papier-et-numerique-viennent-de-sortirpourquoi-le-gaulois-ont-ils-peur-que-lislam-leur-tombe-sur-la-tete/

 

 

 

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