La hausse record des notes des candidats fausse la lecture des barres d’admissibilité aux concours écrits de la BCE

 

 

 

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Un certain nombre d’écoles majorent cette année leur barre de près d’un demi-point et en même temps augmentent sensiblement le nombre de places au concours. Seule explication, les notes moyennes des candidats ont fortement progressé.

Il s’agit d’un effet mécanique passant également par l’augmentation de l’écart type. Les épreuves communes aux parisiennes et aux grandes écoles de province sont concernées, les plus petites écoles sont semble-t-il restées à l’écart.

Plus les écoles ont augmenté le nombre de places aux concours, plus les barres d’admissibilités progressent alors que le nombre de candidats stagne. Les barres des écoles maintenant leur nombre de places inchangé progressent peu.

Pas très logique à moins de prendre en considération la variation de la moyenne générale de certaines matières …

De Skéma à HEC les barres s’envolent, pas en dessous, quelles sont donc les matières communes et les matières différentes dans la banque ?

Il serait intéressant de connaitre les consignes données aux correcteurs et les moyennes des différentes matières, mais la progression des notes moyennes peut provenir tout simplement de sujets plus faisables.

Ainsi l’an dernier HEC indiquait   que ses candidats avaient obtenu en HGG une moyenne d’environ 11 pour un sujet difficile, cette année il n’y aura rien de semblable.

 

La barre de l’EM Lyon était attendu en baisse et à moins de 12 car l’école augmente de 12 ,5% cette année le nombre de places, la barre sera finalement à 12,6 …

On sait que les anciens renâclent devant une stratégie qui a déjà conduit à doubler en 10 ans les effectifs du PGE, l’école en augmentant sa barre via une augmentation générale des notes obtenues envoie un signal positif…

L’EDHEC l’an dernier, en augmentant ses effectifs de 50 places, avait vu sa barre chuter d’un demi-point. La leçon a été tirée cette année.

Audencia et Toulouse augmentent également cette année les places et les barres …

Effet d’optique rien de plus, les candidats attribueront leurs notes à des progrès inattendus et les écoles auront fait passer le message, maintenir leur sélectivité ;

Mais il ne s’agit que d’un message et les barres n’ont aucun impact sur la sélectivité réelle

L’essentiel est ailleurs, d’une école à l’autre les cours sont à peu près les mêmes, les recruteurs se contrefichent des classements de la presse à scandale. Pour eux une école c’est une garantie de sélectivité rien de plus.

Face à une asymétrie d’information la sélectivité d’une école est un signal essentiel et c’est en cela que la stratégie de dilution des nouvelles directions  fait peur aux anciens

Sur le marché du travail, les employeurs n’ont pas d’information parfaite sur la capacité des offreurs de travail. Cette information imparfaite ne rend plus possible l’équilibre entre productivité marginale et salaire car la première est inobservable. D’ou la nécessité de l’offreur de travail, pour que l’échange soit mutuellement avantageux, d’envoyer « un signal » au demandeur de travail. Le signal agit alors comme un filtre, un révélateur à destination du futur employeur. Le diplôme, par exemple, permet de signaler aux employeurs potentiels des qualités productives qu’ils ne peuvent observer autrement. Les « signaux » sont donc porteurs d’information qui favorisent l’équilibre entre vendeurs et acheteurs sur un marché.

D’une manière générale, le signal est une information donnée par un offreur (émetteur) pour faciliter de choix d’un demandeur (récepteur). Le signal permet de faire des choix, il améliore la qualité des relations sur un marché entre offreurs et demandeurs, ou lors de la signature d’un contrat.

Pourquoi certains individus s’engagent dans de longs cycles d’études ?

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La théorie du signal postule aussi un rôle central de l’éducation. Cependant, elle souligne que les employeurs n’ont pas la même information que les offreurs sur le marché du travail.

Pour certains, le modèle de Spence donne une interprétation négative du rôle de l’éducation sur le marché du travail car celle-ci ne sert qu’à sélectionner les salariés sans améliorer l’allocation des ressources. De plus, si l’éducation n’est qu’une simple activité de signal, alors elle entraîne un gaspillage des ressources. De surcroît, si l’investissement dans le signal est une dépense qui n’augmente pas la productivité du salarié, elle est source d’inefficience.

Pourtant Spence démontre que, sous certaines hypothèses, le signal permet d’améliorer l’allocation des ressources et que l’information contenue dans le signal peut être productive en elle-même, notamment lorsqu’elle conduit à une décision plus efficace. En outre, la théorie du signal est souvent utilisée en complément de la théorie du capital humain car si l’éducation, notamment primaire et secondaire, augmente fortement la productivité, elle offre aussi, au niveau des formations sélectives, un signal sur les capacités des offreurs de travail. Enfin, cette théorie peut améliorer à la fois notre compréhension du marché du travail et de l’éducation. Elle permet, par exemple, d’éclairer les processus de sélection des élites managériales.

Il existe cependant d’autres signaux que la sélectivité des écoles :

  • La capacité de travail ou d’adaptation via par exemple une double compétence (droit management)
  • Des stages ou un apprentissage réussis

 

Il existe également des signaux négatifs

Un diplôme suivi d’un autre diplôme de niveau à peu près comparable dans la même matière car le second tue le premier

 

En 2015 peu d’écoles avaient une forte sélectivité si l’on ne prend en compte que les étudiants souhaitant réellement les intégrer et les mécanismes étudiés ci-dessus n’auront aucun impact réel

Les trois parisiennes éliminent plus de 80% des candidats, pour l’essentiel à l’écrit (sauf HEC qui en sélectionne encore un sur deux à l’oral).

La sélection des grandes provinciales se fait à l’écrit, elles éliminent environ 60% candidats (70%pour l’EM, un peu moins de la moitié pour Neoma). A l’oral la sélection supplémentaire porte sur 20 à 25% des présents.

Au bout du processus seules l’EM , l’Edhec, Audencia, GEM, Tbs  et Neoma  pouvaient s’affirmer sélectives  ( de 50% à 75% de sélectivité réelle) .

Kedge, Skema  étaient bien loin du compte  , elle n’éliminaient que 1/3 des candidats à l’écrit et derrière la sélectivité était faible , plus faible comparativement qu’en AST

La stratégie de progression des écoles passe par une sélectivité plus forte  et de ce point de vue Skéma progresse  . Encore une fois les barres d’admissibilité ne veulent rien dire , le Sigem nous donnera la réponse .

 

 

 

 

 

 

A lire

https://pgibertie.com/2016/06/14/fiches-ecoles-2top-5-des-ecoles-de-commerce-les-parisiennes-et-les-cheres-pretendantes/

 

https://pgibertie.com/2016/06/10/les-fiches-des-ecoles-de-commerceles-cinq-valeurs-sures-de-provinceaudencia-gemneomatbsskemakedge/

 

https://pgibertie.files.wordpress.com/2016/05/guide-critique-des-ecoles-de-commerce.pdf

 

 

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