L’UNEF, son président (étudiant à bac plus 10), les pédagogistes , le Medef et l’enseignement catholique ont tous soutenu la tragique réforme du collège de Vallaud Belkhace

 

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Les intellectuels et l’opposition ont tenté en vain de faire reculer Vallaud Belkacem. En septembre prochain la fabrique des crétins franchira une étape décisive . Mais de quoi parle t on et pourquoi la réforme bénéficie t-elle du soutien des gauchistes, du Medef et de l’enseignement catholique ?

J AVOUE NE PAS TOUJOURS COMPRENDRE  et vous laisse lire

Travailler moins pour devenir analphabète

Une première conséquence pour les élèves sera l’allègement des emplois du temps.

En moyenne les élèves auront a minima 250 h de moins sur leurs 4 années au collège (soit deux mois et demi…). Les volumes horaires actuels des établissements publics ou sous-contrat étaient déjà considérablement allégés si l’on considère qu’en 1976, et seulement pour cette matière, un élève qui sortait du collège avait reçu 2 800 heures d’enseignement du français depuis son entrée au cours préparatoire, alors qu’en 2015, il en a reçu environ 600 de moins. Il a donc perdu l’équivalent de deux années. C’est comme si, au milieu de son année de cinquième, on le faisait passer en seconde

Concrètement, un élève de 3ème verra son emploi du temps allégé de 3 h par semaine (8 h dans le cas le plus défavorable). Et un élève de 6ème de 2 h.

En outre, la durée des cours pourra aussi être raccourcie : des séances de 45 minutes au lieu de 55 minutes actuellement. 60 mn = 45 mn

La tendance est à la diminution des moyens consacrés aux options.

La découverte professionnelle (qui permettait de préparer son orientation en 3eme), et les classes européennes sont supprimées.

Le latin, le grec seront encore assez souvent proposés, mais avec des horaires allégés.

Les classes bilingues ne seront gardées ouvertes que dans un nombre très réduit d’établissements.

La réforme du collège fait le choix de diminuer dans chaque matière les heures de cours classiques.

Elle propose d’y substituer d’autres modalités d’enseignement : accompagnement personnalisé et EPI (enseignements pratiques interdisciplinaires).

Les horaires dédiés à ces dispositifs ne sont pas ajoutés, mais ils seront déduits des horaires disciplinaires.

Cela représente 540 h de cours “classiques” qui seront enseignés “autrement” sur les 4 années du collège.

 

Enfin, les programmes d’enseignement changent, pour toutes les matières et à tous les niveaux :

En mathématiques il y aura beaucoup moins de géométrie et en français il n’y aura plus d’enseignement méthodique de la grammaire

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Selon un sondage de juin 2015, 74 % des enseignants y sont opposés. Près du quart d’entre eux ont participé au dernier mouvement de grève, le 26 janvier. Des profs conservateurs, accrochés à leurs privilèges, opposés par principe à tout changement ? Le malaise dépasse ces clichés. En décembre, un syndicat d’inspecteurs écrivait à la ministre : « Il est de notre devoir de vous alerter […] sur les tensions inédites » dans les collèges. Il signalait le risque que la réforme soit « l’otage d’un mécontentement et d’un malaise du monde enseignant ».

Les manuels nouveaux suivront donc une logique « curriculaire » – un mot qui commence mal, et qui signifie que, désormais, il n’y aura plus de livre « par année », mais par cycle de trois ans. Au collège, les sixièmes partageront leurs manuels avec les CM1 et CM2, puis viendra un livre 5e/4e/3e. Le tout écrit en orthographe rectifiée. Et ne croyez pas qu’ils soient trois fois plus épais : en pratique, un volume couvrira trois ans en autant de pages qu’un volume jadis (cette année encore) couvrait neuf mois. En fait, NVB espère que les enseignants transmettront (le mot déjà est banni) trois fois moins de connaissances – ce que s’emploient à prescrire les nouveaux programmes. Elle espère que les enfants en sauront trois fois moins – c’est cela, combattre l’élitisme !

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La révolte de Terres des lettres

Quelques équipes de rédacteurs, qui avaient dirigé, depuis des années, des collections largement plébiscitées par les enseignants, ont refusé de se plier aux diktats conjugués du ministre et des maisons d’édition qui lui lèchent les bottes. Ainsi, l’équipe des meilleurs manuels de français de collège aujourd’hui disponibles, celle qui a inventé il y a sept ans déjà Terre des lettres chez Nathan, a refusé de suivre la logique cucurriculaire, si je puis dire, et signe pour septembre prochain deux manuels de sixième et de cinquième qui ne prennent pas les élèves pour des crétins, refusent la logique des « cycles » et des « compétences » (un autre mot qui commence mal), refusent de limiter les conjugaisons à l’usage de la troisième personne, de remplacer COD et COI par « compléments du verbe », et de transformer la littérature, via des textes « pour enfants » d’une débilité profonde, en exercices de communication mâtinés de moraline, comme aurait dit Nietzsche.

http://www.lepoint.fr/invites-du-point/jean-paul-brighelli/brighelli-comment-assassiner-le-francais-25-04-2016-2034722_1886.php#xtatc=INT-500

le bon prof sera le prof bordélisé

Jean Paul BRIGHELLI  se fait une fois de plus le porte parole de ceux qui tiennent à l’école , il reprend les directives des inspecteurs. EDIFIANT…

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L’enseignement catholique fait bloc derrière VALLAUD  BELKHACEM

Tout le monde s’accorde à dire depuis de nombreuses années que le collège va mal. Une réforme s’imposait. En l’espèce, le gouvernement reprend nombre de propositions que nous avançons de longe date : plus de liberté accordée aux équipes, davantage de travail interdisciplinaire, un renforcement des langues vivantes avec un apprentissage de la seconde langue dès la 5e et une meilleure transition entre le primaire et le collège, grâce à un  nouveau cycle allant du CM1 à la 6e. De même, les trois heures d’accompagnement personnalisé en 6e aideront les élèves en difficulté à reprendre pied, tout en offrant aux autres un approfondissement. Mais comme à chaque fois qu’un gouvernement, quel qu’il soit, prévoit une réforme, on entend presque uniquement les voix négatives. C’est dommage. »

 

Caroline Saliou , Présidente nationale de l’Apel – Interview La Croix du 11/05/2015 par Denis Peiron

J’invite l’Enseignement catholique à accueillir favorablement le nouveau socle commun et la réforme des collèges, qui me paraissent à même de favoriser l’autonomie des établissements, de faire évoluer la mission de transmission de l’école pour le service d’une pédagogie personnalisée et d’une formation intégrale de la personne, et de rénover le métier de professeur en développant l’articulation entre enseignement et éducation. Les horizons dessinés rejoignent bien des pratiques déjà mises en œuvre dans nombre de nos établissements, et correspondent à des paradigmes de souplesse, d’adaptation, de créativité et de responsabilité que l’Enseignement catholique promeut et appelle de ses vœux. »

Pascal Balmand , Secrétaire général de l’Enseignement catholique

Deux éléments nous paraissent fondamentaux dans cette réforme. Tout d’abord, les collèges auront plus d’autonomie et pourront proposer des choses différentes sur une partie de l’emploi du temps. D’autre part, l’approche interdisciplinaire de la réforme va remettre du sens dans les apprentissages, ils seront plus concrets pour les élèves. Notre travail va maintenant consister à décliner les différentes propositions pour les mettre en œuvre dans les établissements et notre commission « collège » travaille déjà dans ce sens. Les chefs d’établissements sont enthousiastes d’élaborer de nouvelles propositions dans leurs projets d’établissement et ils disposent d’un an pour préparer la mise en place de la réforme, ce qui leur laisse le temps de se concerter avec leurs équipes. Notre seule crainte, c’est que le ministère soit obligé, devant les critiques formulées, d’ajouter des circulaires au décret déjà promulgué : cela diminuerait cet espace de liberté que l’on a à cœur d’investir pour faire progresser les élèves. »

 

Louis-Marie Fillon , Président du Snceel chefs d’établissements enseignement catholique

http://www.apel.fr/scolarite/la-reforme-du-college/lenseignement-catholique-favorable-a-la-reforme.html

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Le vote de la réforme    du conseil supérieur de l’éducation

« Je me réjouis du vote de la réforme du collège », a déclaré N Vallaud Belkacem à l’issue du Conseil supérieur de l’éducation (CSE), le 10 avril. Celui ci a adopté par 51 voix contre 25 le décret sur la réforme puis son arrêté (50 pour 25 contre). Pour Laurent Escure, secrétaire général de l’Unsa Education, « il y a une majorité progressiste pour la réforme ». Outre l’Unsa, le Sgen, les parents de la Fcpe, les lycéens de l’Unl, les étudiants de l’Unef, le Medef ont voté pour. Fo, Sud et la Fsu ont voté contre.

 

La ministre a souligné ce qu’elle estime les points forts de la réforme : « on renforce les fondamentaux et on ne pénalise aucune discipline », a-t-elle déclaré. « On tient compte des spécificités des élèves ». Ceux-ci développeront  » de nouvelles compétences  » avec le numérique et la LV2 avancée en 5ème. « Aucune discipline ne perd », a-t-elle ajouté, « mais toutes doivent moderniser leur pédagogie », allusion aux enseignements interdisciplinaires (EPI). Elle a aussi rappelé les 4000 postes mis dans la réforme par le minstère.

 

Laurent Escure marquait aussi la satisfaction de l’Unsa. « Il était temps que le collège bouge », nous a t-il dit. Pour lui l’opinion publique ne peut que soutenir cette remise en marche d’un collège où beaucoup d’élèves échouent. Le son de cloche était bien différent au Snes, premier syndicat des enseignants des collèges, où Roland Hubert  évoquait « un dialogue de sourds » avec la ministre. « Il n’est pas question que ce projet reste en l’état », a-t-il dit. « Si on reste dans cette logique on n’acceptera pas cette réforme ». Il appelle les enseignants à en débattre mais n’a pas donné d’indication précise sur une action à venir.

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2015/04/10042015Article635642813435272208.aspx

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4 commentaires pour L’UNEF, son président (étudiant à bac plus 10), les pédagogistes , le Medef et l’enseignement catholique ont tous soutenu la tragique réforme du collège de Vallaud Belkhace

  1. Xavier Gond dit :

    Bonsoir Patrice,

    Vous avez mis encore une fois dans le mille : cette réforme est bête à bouffer du foin… Et c’est d’ailleurs ce que pense l’écrasante majorité des profs, majorité réduite au silence par une dédaigneuse hiérarchie.

    En commentaire sur votre précédent texte « ces technos qui tuent l’école », j’évoquais comme cause profonde d’une éducation délibérément déliquescente une volonté idéologique, servie par la technocratie, en ces mots : « il ne s’agit pas d’un phénomène de génération spontanée, mais bien de la conséquence d’une idéologie mortifère à l’usage d’une élite possédante, avec ses têtes pensantes et ses idiots utiles, qui se propose de préempter le savoir (entre autres choses) en ne laissant que la faculté de consommation à la majorité bêtifiante ». Je relis presque la même chose au début de votre papier de ce jour.

    Mes enfants étant dans l’enseignement privé, il m’arrive de croiser quelques sous-lieutenants de l’Apel, et je ne suis pas surpris par la prise de position de cette organisation dont la compétence et la vision dépassent rarement la gestion des buvettes de kermesses de fin d’année : au mieux elle ne voit rien venir, au pire elle est complice de ces réformes en canalisant la mauvaise humeur mole d’un centre-droit bobo-isant.

    Faites savoir aux parents d’élèves ce que sont les pédagogues, l’inspection générale, le Conseil Supérieur de l’Education (Conseil National des Programmes, HCE et autres comités obscurs…). Sortez quelques phrases admirables de ces BO que personne ne lit, juste pour l’édification des parents (les directives concernant l’enseignement du Français sont à mourir de rire).
    Vous avez dû les croiser, ceux qui décident de l’avenir de générations entières sans contradiction possible…
    Pourquoi personne ne se lève pour expliquer de manière simple qu’une poignée d’idéologues un peu fêlés (quasiment sans contradicteurs, ni contre pouvoirs) imposent une idéologie du nivellement par le bas depuis des décennies ?
    Qu’en pensez-vous, vous qui avez certainement été aux prises avec les missi dominici du MEN (faites-nous part de votre expérience, vous ne risquez plus le sort du Général Soubelet, vous êtes déjà à la retraite 😉

    Xavier

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  2. pgibertie dit :

    Tu parles d’or Xavier, je suis tout de même rassuré que Pierre Gattaz ne soit pas responsable , c’est bien Parisot et elle assume.
    Oui je suis libre de dire ce que je pense avec tout de même beaucoup de respect pour les Inspecteurs généraux que j’ai connus ( Mandon, Boichot) ; j ‘aurai l’occasion de reparler de l’enseignement catholique …

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  3. Xavier Gond dit :

    J’attends avec impatience vos analyses sur l’enseignement catholique, dont la réalité très contrastée appelle en effet une étude détaillée.

    En me penchant récemment sur les classements des collèges et lycées (même problématique que pour les classements d’écoles de commerce, difficile de s’y retrouver) j’ai constaté une tendance lourde qui est un rapport de force inversé : les établissements publics dominants (comme Hoche à Versailles par exemple) ont reculé au profit du privé. Je vois ainsi dans votre article et dans la nouvelle domination des établissements privés les prémices d’un schisme, un peu à l’image des analyses de Jean Raspail sur l’état de la France : lui voit la France se partitionner progressivement à la fois géographiquement et culturellement. D’un côté des zones subissant le libéralisme économique, la mondialisation, et leurs conséquences, et de l’autre côté des zones de regroupement d’intérêts plutôt conservateurs, proches de valeurs morales et culturelles traditionnelles, où les populations souhaiteront préserver -entre autres- l’environnement culturel et social de leur progéniture.

    Reprenant cette analyse, je crois que le sujet de l’enseignement sera un marqueur politique (au sens premier, grec, du terme) plus clivant que la vieille notion politicienne gauche-droite (cf votre sujet sur le marketing politique), et préfigurera la transformation de la société française. Pour ce qui est de l’enseignement, d’un côté certains refuseront d’abandonner l’éducation aux institutions étatiques, politiques et syndicales (j’y inclue les organisations de parents d’élève), et de l’autre la majorité qui subit dans l’indifférence et accentuera sa dégradation en chair à canon pour publicitaires et multinationales.

    A ce titre, il serait intéressant de jeter un œil sur l’essor du privé hors contrat : je suis persuadé que les contingents y augmentent, avec non seulement le refus d’un système éducatif moribond, mais aussi une appétence renouvelée pour des méthodes qui, pour être alternatives, n’en sont pas moins exigeantes (Montessori, Steiner, Frenet etc.). Je crois par exemple beaucoup au renouveau du préceptorat ou des classes assurées par les parents eux-mêmes.

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