Bresil, l ‘autoritarisme gaucho et les amitiés douteuses de LULA peuvent lui couter le pouvoir

Les principaux reproches viennent aujourd’hui de Flávio Bolsonaro, candidat et fils de Jair (inéligible et condamné), qui a devancé Lula au premier tour du 4 octobre 2026. Ils reprennent en grande partie la ligne de son père.

Économie et pouvoir d’achat

Flávio accuse Lula et le PT d’avoir laissé un « record de Brésiliens endettés, d’impôts élevés, de désespoir et d’entreprises fermées ». Il met en avant le coût de la vie, l’endettement des ménages et le gaspillage d’argent public. La dette publique est passée d’environ 73,5 % du PIB fin 2022 à 82,9 % en août 2026, et le déficit nominal avoisine 8 à 9 % du PIB. Il promet des coupes dans les dépenses (symbolisées par des ciseaux, en référence à Milei) et moins de ministères.

Criminalité

C’est l’axe central de sa campagne. Il reproche à Lula une gestion trop molle du crime organisé et cite un record de féminicides en 2025 (1 571 cas, +4 % selon l’annuaire de la sécurité publique). Il a suggéré des liens entre Lula, son ancien ministre de la Justice Flávio Dino (aujourd’hui au STF) et des factions comme le Comando Vermelho, en s’appuyant sur des visites en favela sans escorte policière. Il propose de classer les grandes factions comme organisations terroristes, de nouvelles prisons fédérales et d’abaisser l’âge de la responsabilité pénale à 16 ans.

Institutions, corruption et « appareil d’État »

Il accuse Lula de n’être préoccupé que par le pouvoir (sept candidatures présidentielles) et d’avoir mobilisé plus de 350 milliards de reais de mesures à impact budgétaire en année électorale pour tenter de gagner. Il lie le gouvernement au STF, notamment à Alexandre de Moraes (qui a instruit la condamnation de Jair Bolsonaro), et promet de nommer au moins quatre juges qui « n’interfèrent pas dans les élections ». Il présente la fin de la réélection présidentielle comme un garde-fou contre l’intérêt personnel des gouvernants.

Ligne plus ancienne de Jair Bolsonaro

Jair a longtemps reproché à Lula la corruption (héritage de l’affaire Lava Jato et du PT), une économie qu’il disait « en train de couler », l’endettement après la rupture du plafond des dépenses, et des proximités avec des régimes qu’il qualifie de dictatures ou avec des groupes comme le Hamas.

Résultats quasi définitifs (TSE, environ 99,9 % des urnes) :

  • Flávio Bolsonaro (PL, 45 ans, fils aîné de Jair Bolsonaro) : environ 47,03 % (environ 56,1 millions de voix)
  • Luiz Inácio Lula da Silva (PT, 80 ans, président sortant) : environ 45,16 % (environ 53,8 millions)
  • Écart d’environ 2,3 millions de voix. Les autres candidats sont restés sous 3 % (Augusto Cury ~2,9 %, Renan Santos ~2,2 %, Ronaldo Caiado ~2,2 %).

Signification politique :

  • Surprise relative : les sondages de la veille donnaient un match très serré, souvent avec Lula légèrement devant ou à égalité. Flávio arrive en tête et part favori pour le second tour, d’autant que la plupart des petits candidats éliminés étaient de droite. Depuis le retour de la démocratie en 1985, le second du premier tour n’a jamais renversé la tendance au second.
  • Polarisation durable : la carte reproduit largement celle de 2022. Lula domine tout le Nordeste ; Flávio l’emporte dans le Sud, le Sudeste et le Centre-Ouest.
  • Raz-de-marée conservateur au Congrès : le PL devient la première force à la Chambre (environ 121 élus) et progresse fortement au Sénat (19 des 54 sièges renouvelés, soit 28 sénateurs PL sur 81 à partir de 2027). Michelle Bolsonaro et Carlos Bolsonaro ont été élus sénateurs. Un éventuel président Flávio disposerait donc d’un Parlement nettement plus à droite, ce qui faciliterait notamment une loi d’amnistie en faveur de Jair Bolsonaro (condamné dans l’affaire de tentative de coup d’État).
  • Enjeu régional : une victoire de Flávio alignerait le plus grand pays d’Amérique latine sur la vague conservatrice déjà observée en Argentine, au Pérou ou en Colombie, dans un contexte où Donald Trump suit de près le scrutin.

Lula a qualifié le résultat d’« inattendu » tout en se disant confiant pour « les prolongations ». Flávio s’est dit « très satisfait » et a parlé d’un « vote de confiance pour le changement ». Le second tour du 25 octobre tranchera

Avatar de Inconnu

About pgibertie

Agrégé d'histoire, Professeur de Chaire Supérieure en économie et en géopolitique, intervenant àBordeaux III et comme formateur à l'agrégation d'économie à Rennes Aujourd'hui retraité
Cet article a été publié dans éducation prépa école de commerce. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire