
Les retraites ne sont pas une allocation : elles sont une assurance, un droit cotisé. Le débat public l’oublie systématiquement.Chaque réforme des retraites ressemble à la précédente. On parle d’âge légal, de durée de cotisation, de déficit, de « solidarité intergénérationnelle » et de « soutenabilité des finances publiques ». On compare le niveau de vie des retraités à celui des actifs. On évoque le « coût » des pensions comme s’il s’agissait d’une dépense budgétaire parmi d’autres, au même titre qu’une prestation sociale sous conditions de ressources. Rarement, presque jamais, le débat n’est posé dans les termes qui sont pourtant ceux du droit et de l’histoire du système : l’assurance vieillesse.Or le Code de la sécurité sociale ne parle pas d’allocation. Il parle d’assurance vieillesse. Les caisses s’appellent Caisse nationale d’assurance vieillesse, CARSAT, caisses d’assurance retraite. Les cotisations salariales et patronales ne sont pas un impôt de solidarité versé dans un pot commun anonyme : elles ouvrent des droits. La pension de base se calcule à partir des salaires soumis à cotisation et des trimestres validés. La complémentaire Agirc-Arrco fonctionne en points achetés par les cotisations. C’est le principe de contributivité : la pension est, pour l’essentiel, la contrepartie des primes versées pendant la vie active.
vie-publique.frCe n’est pas un détail sémantique. Une allocation (ASPA, minimum vieillesse, aides sociales) est une prestation de solidarité, souvent sous conditions de ressources, financée par l’impôt ou des contributions générales. Une pension d’assurance est un droit acquis. On ne « donne » pas une retraite comme on verse le RSA. On honore un contrat : vous avez cotisé, vous touchez. Les éléments de solidarité existent — majorations pour enfants, validation de périodes de chômage, minimum contributif, ASPA pour ceux qui n’ont pas assez cotisé — mais ils sont des correctifs, pas le cœur du système. Les confondre, c’est transformer un droit en faveur.
vie-publique.fr Ce glissement de langage a des conséquences politiques précises. Dès que la retraite est présentée comme une allocation, elle devient négociable à l’aune du budget de l’État, de l’équité entre générations ou du « pouvoir d’achat des jeunes ». On peut alors geler les pensions, reculer l’âge, allonger la durée, baisser le taux de remplacement, le tout au nom d’un équilibre collectif. Si on la considérait comme une assurance, la question serait autre : les cotisations actuelles suffisent-elles à honorer les droits déjà ouverts ?
Le rendement du système (ce que l’on récupère par rapport à ce que l’on a versé) est-il cohérent ? Les règles de calcul respectent-elles le contrat passé avec les cotisants ?Le système français de 1945 a choisi la répartition plutôt que la capitalisation. Cela n’en fait pas pour autant une simple caisse de redistribution. La répartition est un mode de financement : les cotisations des actifs paient les pensions des retraités d’aujourd’hui, en échange de la promesse que les actifs de demain paieront les leurs. C’est une assurance collective, pas une aumône nationale. Traiter les pensions comme une variable d’ajustement budgétaire, c’est rompre unilatéralement ce contrat.
cor-retraites.fr On entend souvent que « les retraites coûtent trop cher ». Coûtent à qui ? Aux cotisants, principalement. Les cotisations représentent encore l’essentiel des ressources. Les impôts et subventions d’équilibre existent, surtout pour certains régimes, mais ils ne changent pas la nature juridique du droit. Présenter la pension comme une charge publique, c’est inverser la logique : ce n’est pas l’État qui « offre » une retraite ; ce sont les travailleurs qui ont financé, par avance, leur propre assurance.
Tant que le débat restera cadré comme un conflit entre « ceux qui travaillent » et « ceux qui reçoivent une allocation », on continuera à réformer à reculons, dans la défiance et la contestation. Replacer la retraite dans le registre de l’assurance — un droit, pas une faveur — ne résout pas le problème démographique. Mais cela change la question que l’on pose : non plus « combien peut-on encore verser ? », mais « comment honorer les droits que les cotisations ont déjà achetés ? » C’est une tout autre conversation.
Je me pose tout de même la question de savoir si les hauts fonctionnaires de l’état cotisent – pendant qu’ils « travaillent » – à la même hauteur que l’ouvrier de base…
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ça m’étonnerait fortement !!! D’autant plus que leurs avantages ne sont que de privilèges puisqu’il leur faut « cotiser » beaucoup moins longtemps que nous, les-dits « gueux » pour avoir énormément plus que nous.
On a cotisé toute notre vie pour avoir une retraite plutôt peau de chagrin pour bon nombre d’entre nous alors que ceux-là, ils ont des avantages énormes – voyages quasi-gratuits, restaurant et hôtel aux frais de la princesse, pas de justificatifs demandé, contrairement à certains pays de l’Europe du Nord – et à nous, on veut encore et encore rogner, raboter sur le peu qu’il nous reste ! Où est la vraie justice ?
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Alors, ça va vous étonner mais… oui puisque à la base ce sont… des fonctionnaires qui comme tout le monde « cotisent » !
Et vous savez sans doute que l’État est passé maître dans l’art de reprendre d’une main, ce qu’il a donné de l’autre, du moins en partie présentement.
Le problème éventuellement serait dans les maintiens en activité ou dans des cumuls puisque à la base ils sont déjà trop nombreux et payés par nos impôts…
Moins d’un salarié sur 5 est capable de comprendre sa fiche de paie et encore moins sont capables de comprendre et de calculer leur droits à la retraite…
C’est par là qu’il faudrait commencer… Parce qu’à Bercy, eux croyez-moi il savent bien mélanger la chèvre et le chou pour arriver à leur fins.
En compta, les changements d’affectation de lignes dans un budget… ça existe !
Je suis donc totalement en accord avec les propos de ce billet, on se fout de nous, le problème du paiement des retraites n’est pas où on nous le dit… et pour vous en rendre compte, cherchez donc comment Lecornu va payer les chèques en compensation de la hausse des prix des carburants. Parce ue ça, c’était pas… au budget !
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Savoureux , pompé sur le net :Il a osé lui!
UN MAIRE RETRAITÉ A ÉCRIT A MACRON (une oeuvre d’art!!)
Lettre à son Altesse Macron 1er
Sire, je voudrais vous féliciter
Il en a fallu du courage
Pour décider de ponctionner
De leurs soi-disant avantages
Tous ces bienheureux retraités.
Il est vrai qu’ils sont redoutables
Et pour tout dire presque enragés
Avec leurs béquilles, leurs bandages
Sans parler des chaises percées.
Il y a même un bon côté
Peu s’en iront à l’abordage
Afin d’incendier l’Élysée
Ou de construire des barrages.
Et puis, ils vont bientôt crever
Alors pourquoi donc s’en priver ?
Peut-être vous a-t-il échappé
Ce que fut leur enfance dorée ?
La deuxième guerre mondiale
Avec son lot de privations
De bombardements, un régal
Pour qui aime les films d’action.
Et ensuite ce fut l’école
Où l’on passa bien peu de temps
Pas comme certains guignols
Qui n’en sortent qu’à 27 ans.
Souvent après c’était l’usine
Où l’on entrait à 14 ans
Quarante-huit heures par semaine ( et non 35h et des RTT)
Quinze jours de congés payés…
Vraiment l’existence rêvée.
Notre service militaire
Dites-moi où l’avez-vous fait ?
Pour nous, 28 mois d’une guerre
Trente mille jeunes y sont tombés
Mais cela n’est pas votre affaire
Pour le résultat qu’on connaît.
Alors pourquoi donc se gêner
Pressurons-les tous ces nantis
Pour pouvoir mieux distribuer
Aux arrivants de ces pays
Qui jamais n’auront travaillé
Ni cotisé, que nenni.
Pour ce qui est du logement
Que nous fûmes gâtés
A six dans l’appartement
D’à peine soixante mètres carrés
Sans aucune des commodités
Qu’on accorde généreusement
Même aux nouveaux arrivés.
Sans doute l’histoire de France
N’est pas votre tasse de thé
Elle fût traitée en votre absence…..
Ou bien vous l’avez oubliée.
Pas nous !
Un jour, vous vous en apercevrez…
Appelons désormais Macron, le “Saigneur” des retraités car c’est vraiment le titre qui lui convient.
Surtout ne pas se plaindre et critiquer quand on choisit de ne rien faire et ne rien dire !
Bernard HERTZOG Maire honoraire de Silly-sur-Nied
Conseiller général honoraire de Moselle
Chevalier dans l’ordre national du mérite
Chevalier dans l’ordre des palmes académiques »
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Excellent; que dis-je excellentissime ! A diffuser sans modération (ou avec, à la santé de ce brave Citoyen !)
D’où est-ce que cela vient (par quel « réseau »?
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Merci, practically. Un très bon poème !! 🙂
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« C’est une assurance collective, pas une aumône nationale. Traiter les pensions comme une variable d’ajustement budgétaire, c’est rompre unilatéralement ce contrat. » Tout est dit là ! et là ! Présenter la pension comme une charge publique, c’est inverser la logique : ce n’est pas l’État qui « offre » une retraite ; ce sont les travailleurs qui ont financé, par avance, leur propre assurance.«
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Tout à fait !
Et opposer les 2 systèmes répartition et capitalisation est une immonde konnerie vu que la plupart des gens bénéficient en fait des 2; au moins pour ceux qui peuvent bénéficier d’une retraite complémentaire…
Où on doit s’interroger c’est sur la mauvaise gestion éventuelle que fait l’État de la masse monétaire des cotisations issues de la répartition. Sinon comment expliquer autrement l’érosion continue du montant servi en guise de retraite de base…
Dans cette optique il y a bien rupture de contrat, les conditions de « service » des pensions étant différentes de celles prévues à la base en début de carrière. Elles peuvent même évoluer tout au long de la carrière…
Le passage aux 60 ans en 1983 (1er avril) a de fait montré qu’en la matière on pouvait parfaitement faire… La démagogie, à la limite, ça marche dans les 2 sens !
Et toujours dans le même ordre d’idées et le même contexte, et si on arrêtait avec les exonérations de charges à tout va… où là encore l’État redonne d’une main ce qu’il prélève de l’autre…
Le budget de l’État n’a pas pour vocation à finir dans la poche des industriels, grands ou petits…
L’IA me dit (je sens que je vais finir par l’aimer l’IA de Google !):
« Le montant total des exonérations et allègements de cotisations sociales en France a atteint 86,8 milliards d’euros en 2025. – Source; la Sécurité Sociale »
Par contre concernant le déficit des retraites, là plus personne n’est d’accord sur les évaluations, ce qui n’empêche pas les GVT successifs de toujours nous chanter les mêmes airs
L’IA (la même !) dit ceci:
« Le déficit du système de retraites en France s’établit à plusieurs milliards d’euros par an et devrait augmenter progressivement au cours des prochaines décennies selon les projections. Source IFRAP »
Pas vraiment précis, c’est dire la démagogie du discours politique !
Mais l’IFRAP a une vue différente de l’ensemble, où on retrouve finalement bien ce décalage entre simple équilibre de l’équation financière et « coût » du dispositif social dans son ensemble… Et là on se rend bien compte que si on arrête les exonérations de charges mentionnées plus haut (on peut même en laisser un peu sans doute… en ciblant mieux ce qui est efficace et ce qui ne l’est pas et contribue juste à enrichir quelques grands groupes !), on a encore de la marge pour quelque années… voire peut-être ainsi continuer à pérenniser le système…
Voir ici : https://www.ifrap.org/retraite/retraites-la-cour-des-comptes-face-ses-contradictions
Rappelez-vous qui est à la Cour des Comptes désormais… Mme Amélie de Montchalin; pas Énarque mais passée par HEC, Université Paris-Sorbonne (License d’Histoire), Université Paris-Dauphine (License d’Économie), puis enfin Master en Administration Publique à Harvard mais Macroniste de la 1ère heure, ainsi récompensée… !
Et pour le coup qui va s’atteler à calculer son éventuelle retraite entre public et privé…
Qui c’est au final les profiteurs du système; nous les gueux ou bien des gens de la même engeance que cette donzelle ? « Challenges » la décrit comme une ex-lobbyiste de chez AXA… Eh les Ministre et si vous remettiez en concurrence vos contrats d’assurances, y’aurait ans doute quelques billets à économiser… !
Bon sinon, le versement des retraites c’est quand même une « charge » que doit assumer l’État, vu qu’à la base c’est un contrat passé en sa forme légale (de par la Loi !).
Mais bon, que la majorité des français ne comprenne pas, quoi de plus normal compte tenu de la dégénérescence de l’enseignement depuis près de 40 ans… Sans compter pour les plus âgés (dont je suis) tous ceux qui n’ont pas eu la possibilité de faire quelques études (j’en ai connu qui s’arrêtaient au Certificat (de fin) d’Études (que j’ai passé), parfois même sans l’obtenir… Ce qui ne les empêche pas pour certains d’être nettement plus intelligents que la moyenne des cancres actuels bardés de diplôme qui ne leurs servent strictement à rien !
Est-ce que sa License d’Histoire sert beaucoup à Amélie de Montchalin ?
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» Sans compter pour les plus âgés (dont je suis) tous ceux qui n’ont pas eu la possibilité de faire quelques études (j’en ai connu qui s’arrêtaient au Certificat (de fin) d’Études (que j’ai passé), parfois même sans l’obtenir… Ce qui ne les empêche pas pour certains d’être nettement plus intelligents que la moyenne des cancres actuels bardés de diplôme qui ne leurs servent strictement à rien ! »
Alors là, je plussoie : lorsque j’ai commencé à travailler à 17 ans, petit BEPC/BEP secrétariat en poche, pratiquement tous les chefs de service de chez Fleury-Michon n’avaient que le certificat d’Etudes primaires en poche. Ils ont tous commencé par être ouvriers/manoeuvre, et l’expérience, les capacités aidant, ont réussi à faire partie des cadres de l’entreprise. Bien sûr ils ont eu des stages de remise à niveau, pour les uns, cours d’anglais ou de gestion en interne pour les autres.
Mais je peux vous dire une chose : ces hommes et ces femmes (surtout des hommes) aimaient leur entreprise, leur travail, et ne prenaient pas les petits ouvriers de haut, vu qu’ils en avaient fait partie antérieurement. J’ai beaucoup aimé travailler là-bas.
Ensuite, petit à petit, sont arrivés les « ingénieurs » tout nouvellement diplômés qui n’ont jamais connu le travail à la chaîne, ni ce qu’était que se salir les mains. Et ça a commencé à n’être pas la même ambiance.
Me voilà nostalgique… J’étais jeune il est vrai… 😉
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