Glucksmann, semeur sans semence,marche dans un champ moissonné, sous un ciel bas. Derrière lui, une éolienne blanche se dresse comme une croix sans Christ…

Un des plus beau textes publié sur X il est de Didier Maisto

Didier Maïsto

@DidierMaisto

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Un brin de sémiologie, suite : Glucksmann, le semeur sans semence Un homme en costume sombre marche dans un champ moissonné, sous un ciel bas.

Derrière lui, une éolienne blanche se dresse comme une croix sans Christ, ou comme le dernier totem d’une religion qui a petit-remplacé le salut par le kilowatt.

Raphaël Glucksmann ne regarde pas l’objectif. Il regarde ailleurs, un ailleurs suffisamment vague pour contenir à la fois l’avenir belliqueux, l’Europe corrompue et le prochain communiqué hystérisé. Pas de bottes, pas de veste de chasse, pas même ce jean que les élus mettent quand ils veulent « aller au contact ». Non : le veston de ville, légèrement ouvert, qui laisse apercevoir la doublure comme on laisse apercevoir une conviction.

L’intellectuel n’a pas besoin de se déguiser en paysan, il traverse le réel. Le champ n’est pas un lieu de travail, c’est un décor. Les chaumes dorés font office de tapis rouge agricole. On n’y cultive plus le blé, on y cultive l’allégorie. C’est ici que le cliché devient un contre-type. Face à Glucksmann, il faut convoquer la Semeuse d’Oscar Roty -celle des pièces, des timbres, de la République qui avance en semant. Elle aussi marche dans un champ. Mais elle marche pour le champ. Le bras levé, le grain qui s’envole, le bonnet phrygien pris dans le vent, le soleil levant dans le dos : elle est le geste même de la promesse. Elle ne traverse pas une terre déjà vidée, elle la féconde. Elle est femme, populaire, allégorique, légèrement décoiffée par l’Histoire.

Lui est homme, urbain, nommé, légèrement déboutonné par la communication. Elle sème ce qui n’existe pas encore. Il marche dans ce qui a déjà été récolté. Le vent, chez la Semeuse, gonfle la robe et emporte la semence.

Chez Glucksmann, le vent a été délégué à la machine : il tourne là-haut, propre, blanc, vertical, pendant que l’homme, en bas, avance entre les chaumes comme un commentaire. Le champ, d’ailleurs, est vide, ras, sans haie, sans arbre, sans oiseau visible.

Une monoculture intensive qui a déjà rendu l’âme au mois d’août. La « révolution écologique » s’annonce au milieu d’un paysage qui ressemble à une nature morte. L’éolienne, elle, a pris la place du soleil. Verticale, blanche, solitaire.

Chez Roty, l’astre se lève derrière la semeuse comme une garantie cosmique. Ici, l’astre a été remplacé par une pale. Le progrès n’est plus solaire, il est rotatif. On n’attend plus la germination, on attend le facteur de charge. Glucksmann n’est plus que la figurine que l’on place au premier plan pour donner l’échelle et pour donner un visage.

La machine est propre, lisse, presque angélique. Elle ne pue pas, elle ne fume pas, elle ne vote pas. Elle tourne, ou du moins elle en a l’air. C’est la version contemporaine de la cathédrale : on y monte, on en redescend extasié, et l’on proclame les « cent jours de la révolution écologique ». Cent jours. Comme Bonaparte, mais avec moins de courage et plus de PowerPoint. Le ciel, lui, refuse de jouer le jeu de l’optimisme. Il est gris, chargé, un peu menaçant. Parfait. Un ciel bleu aurait été vulgaire et aurait trop ressemblé à celui de la Semeuse

. Ici, le climat fait office de directeur artistique : il confirme que les temps sont graves, que l’Histoire pèse, que Hölderlin n’avait pas tout à fait tort. Le danger est dans les nuages, le salut est dans la pale. Et puis il y a la marche. Ce n’est pas une marche vers quelqu’un. C’est une marche à travers. La Semeuse avance en ouvrant le futur. Glucksmann avance en citant le passé des images. Le corps est dégingandé, les bras sont ballants et c’est là que le parallèle devient cruel : elle a les mains pleines de grain, lui a les mains vides

. L’ombre portée le suit, fidèle, comme un attaché de presse. Ce que l’image dit, avec une ironie dont elle n’est peut-être pas tout à fait consciente, c’est la marche de l’épouvantail et la mutation flottante du symbole républicain. Un homme seul dans une étendue trop vaste, une machine trop grande, un ciel trop bas.

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About pgibertie

Agrégé d'histoire, Professeur de Chaire Supérieure en économie et en géopolitique, intervenant àBordeaux III et comme formateur à l'agrégation d'économie à Rennes Aujourd'hui retraité
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18 Responses to Glucksmann, semeur sans semence,marche dans un champ moissonné, sous un ciel bas. Derrière lui, une éolienne blanche se dresse comme une croix sans Christ…

  1. Avatar de geneadrey geneadrey dit :

    Merci pour ce joli texte !

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  2. Avatar de elba elba dit :

    Bravo à Didier Maïsto qui voit juste !

    On dirait que ce petit Raphaël est en train de se mouvoir comme dans un défilé de mode. Mais sur une terre stérile, sans animaux, sans verdure, sans humains.

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    • Avatar de lepiaf18 lepiaf18 dit :

      Normal ce n’est sans doute pas un « homme »; juste une « chose » !

      Bon après, parmi les guignols… il va avoir du mal à lutter sont nombreux à s’estimer à la hauteur… de la marche… !

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  3. Avatar de practicallyc66ef89cd9 practicallyc66ef89cd9 dit :

    Texte très fin sur ce « semeur de merde » traitre aux Français, ce Gluksmann » (Homme chanceux » n’apportera que du malheur !

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  4. Avatar de Michel C Michel C dit :

    L’homme chanceux, un horrible épouvantail à contre temps, la moisson ayant été déjà faite. Aucun oiseau. A cause de l’épouvantail, ou du manque de grain? Chacun se fera son opinion.

    Un semeur de m… Vous y mettrez ce que vous voulez : mort, mouise, maladie, marécage, moustique tigre, mortadelle et même merde, osons.

    Oups désolé pour la mortadelle, mais il y a mort dedans…

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  5. Avatar de heartdazzlingdba051e648 heartdazzlingdba051e648 dit :

    Toutefois un élément du cliché semble toutefois avoir échappé au regard perçant de l’analyste : les jambes du gaillard. Leurs positions pour le moins vrillées ne nous racontent-elles pas trois choses en même temps ? :

    1/ alors que la semeuse va franchement de l’avant, elle marche, lui semble figé sur place ses jambes s’enroulant l’une autour de l’autre. C’est presque une métaphore du parti socialiste autocentré et figé dans ses coups tordus internes.

    2/ on peut également y voir la démarche cagneuse des mannequins sur le catwalk. Cela ferait alors  du bonhomme une marionnette. Oui mais qui tirerait les ficelles ?

    3/ le maniérisme de la posture ne serait-il pas aussi un appel du pied à certaines communautés ?

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  6. Avatar de lepiaf18 lepiaf18 dit :

    Le mec, tout seul, poitrail au vent, dans un champ moissonné; un guignol bis en qq sorte, avec l’éolienne en arrière plan c’est encore plus fun… manque plus que Tondelier à son bras !

    J’adore cette photo, je vais sauvegarder… !

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  7. Avatar de lautre lautre dit :

    Un pied qui va vers nous, l’autre qui va ailleurs, vers cette chose qu’il regarde et que nous ne verrons pas.

    Ici tout est dispersé.

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  8. Avatar de Christophe Christophe dit :

    Le brasseur d’air …. de la CIA…

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  9. Avatar de elektron elektron dit :

    Mal conseillé RG, il devrait changer d’agence de comm’ !

    Quiconque a fait un peu de danse classique comprend que RG, les pieds en 5ème position et les bras en préparation s’apprête à faire une série de sauts en diagonale.

    Peut être une fine référence à la phrase bien connue « Bien entendu, on peut sauter sur des chaumes comme un cabri en disant : l’Europe ! L’Europe ! L’Europe ! « 

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  10. Avatar de Pierre Driout Pierre Driout dit :

    Encore un champ qui souffre en silence…

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  11. Avatar de neuneu999 neuneu999 dit :

    N’oublions pas que Gluck a conseillé un tyran en georgie pour un salaire très confortable pendant que le peuple géorgien était oppressé et éssorré. Ce type qui se dit proche du peuple est un menteur patenté et un exploiteur.

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  12. Avatar de JEAN-LUC JEAN-LUC dit :

    Glucks s’est trouvé une affiche qui lui va bien. Il traîne comme un boulet les nuages noirs de son passé de conseiller spécial auprès de l’inénarrable Président Géorgien Saakachvili, grassement rémunéré sur les budgets US servant à financer les révolutions « orange » aux frontières de la Russie.
    Ne trouvant pas de job suffisamment rémunérateur à la hauteur de ses talents en France, il s’était en effet trouvé une mission à sa mesure au service des Américains, n’hésitant pas à se parer du titre ronflant de « consultant en révolution » sponsorisé au passage par BHL.
    Mais n’est pas Che Guevara qui veut, Saakachvili poursuit sa brillante carrière en prison pendant que Glucks est revenu prestement dans les beaux quartiers de Paris où la vie est un peu moins stressante.
    L’éolienne évoque le moulin à vent de ses belles promesses électorales qu’il va ventiler urbi et orbi.
    Il termine sa prestation publicitaire par une caricature d’entrechat simulé de mi-danseur mi-mannequin égaré dans la campagne.
    Comment d’aussi piètres et nullissimes personnages peuvent s’imaginer un destin national, n’étant que les valets médiocres et prétentieux de l’oligarchie financière mondialiste Anglo Saxonne…

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  13. Avatar de Christian Christian dit :

    C’est le mec dont il faut se méfier.

    Même trajectoire que Macron, LEW (mondialiste de Davos, même politique européiste, pro guerre ukrainienne, russophobe. Et il recrute déjà ses conseillers et collaborateurs chez lui.

    Les médias mainstream corrompus du pouvoir vont nous le vendre à coups de faux sondages, et de maketing attrape cons, comme ils nous ont vendu son copain en 2017 et 2022.

    Vous êtes prévenus… s’il passe le 1er tour face a LePen, on supportera 5 ans de plus la macronie et Macron qui pourrait alors viser 2032!

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  14. Avatar de lautre lautre dit :

    « Semeur sans semence » se traduit très bien par « couilles molles »

    Nous pouvons donc lire : « Gluksmann, couilles molles, marche dans un champ… [etc.] »

    D’ailleurs, tout comme pour E. Macro-canicules, à quoi lui servirait t’il d’avoir de la semence ?

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