La fiscalité automobile :un racket organisé contre les classes moyennes et les campagnes 90 milliards d’euros par an

La fiscalité automobile en France est effectivement très lourde et pose des questions légitimes de proportionnalité, d’efficacité écologique et d’équité territoriale. Le chiffre de ~90 milliards d’euros par an circule dans des études récentes (comme celle de Contribuables Associés relayée par Valeurs Actuelles) et s’inscrit dans une tendance documentée : autour de 83-85 milliards en 2019 selon l’ACEA, avec des estimations actuelles entre 85 et 90 milliards selon les sources.

valeursactuelles.comComposition des recettes (estimations récentes)

  • Carburants (TICPE + TVA) : principal poste, autour de 42-47 milliards €. La TICPE seule rapporte ~30 milliards (partagée entre État, collectivités et AFITF). connaissancedesenergies.org
  • TVA sur véhicules, pièces, réparation : ~11-18 milliards.
  • Péages (TVA incluse) : ~12-15 milliards.
  • Assurances, cartes grises, malus CO₂/poids, amendes/radars, stationnement : le reste, avec malus en forte hausse (près de 1 milliard potentiel récemment).

Cela représente une part massive des prélèvements (historiquement jusqu’à ~36 % des recettes fiscales nettes de l’État dans des données plus anciennes). Par foyer motorisé, cela peut approcher 2 900 €/an selon les estimations. La France est parmi les champions européens de cette fiscalité.

transitionsenergies.comObjectifs déclarés vs réalité

  • Écologie : Une partie est justifiée par la transition escrologiste(malus CO₂ renforcé, TICPE avec composante carbone). Les recettes carburant baisseront mécaniquement avec l’électrification (problème budgétaire anticipé). Cependant, beaucoup d’observateurs notent un effet limité ou contre-productif : subventions aux véhicules de société thermiques (niches fiscales estimées à plusieurs milliards), aides concentrées sur le neuf (peu accessibles aux classes moyennes qui achètent d’occasion), et faible corrélation directe entre recettes et investissements dans les alternatives (transports en commun ruraux quasi inexistants). La Cour des comptes et d’autres ont critiqué le pilotage et l’efficacité de certaines dépenses fiscales environnementales. transportenvironment.org
  • Sécurité et infrastructures : Radars et amendes sont présentés comme dissuasifs (sécurité routière), péages comme financement d’autoroutes. Mais le millefeuille (50 taxes selon la critique) donne l’image d’une optimisation fiscale plus que d’une stratégie cohérente. Les recettes routières excèdent souvent les dépenses d’infrastructure dédiées.

Impact sur les classes moyennes et les campagnesC’est le cœur du débat, et les données le corroborent en grande partie :

  • En zones rurales et périurbaines, la voiture est souvent indispensable (travail, santé, courses). Les ménages y font plus de km, ont des véhicules plus anciens/lourds, et disposent de peu d’alternatives (transports publics limités). La taxe carbone et hausses carburant pèsent plus proportionnellement sur les budgets modestes/moyens. drees.solidarites-sante.gouv.fr
  • Les Gilets jaunes (2018) ont illustré cette fracture : hausse TICPE perçue comme injuste sans compensation territoriale adaptée.
  • Classes moyennes : elles supportent l’essentiel (ni aides maximales pour précaires, ni exemptions des très hauts revenus). L’inflation normative (ZFE, malus poids, normes Euro) renchérit le coût sans toujours améliorer la mobilité réelle.
  • Inégalités : fiscalité uniforme sur un usage très inégal selon le territoire. Les urbains denses (transports en commun, courte distance) sont moins touchés.

Cela relève à la fois d’une logique écologique (incitation à réduire émissions) et d’un besoin budgétaire chronique de l’État français (déficit structurel, dépenses publiques élevées). Quand les recettes automobiles couvrent une part notable du déficit, la frontière entre incitation verte et « racket » (prélèvement obligatoire sans contrepartie visible proportionnée) devient floue pour beaucoup d’usagers captifs.PerspectivesL’électrification va éroder les recettes carburant (30-35 milliards potentiellement menacés à long terme), forçant probablement une refiscalisation (taxe au km ?). Une réforme cohérente devrait viser :

  • Plus de lisibilité et d’affectation claire des recettes (infrastructures + transition réelle).
  • Compensation territoriale forte pour zones sans alternative.
  • Moins de millefeuille et niches inefficientes.
  • Incitations mieux ciblées sur usages réels (occasion, rétrofit, covoiturage rural).

La voiture est un bien supérieur à usage contraint pour des millions de Français, pas un luxe. Une fiscalité excessive sans alternatives viables pénalise la cohésion territoriale et l’activité économique.

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About pgibertie

Agrégé d'histoire, Professeur de Chaire Supérieure en économie et en géopolitique, intervenant àBordeaux III et comme formateur à l'agrégation d'économie à Rennes Aujourd'hui retraité
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13 Responses to La fiscalité automobile :un racket organisé contre les classes moyennes et les campagnes 90 milliards d’euros par an

  1. Avatar de lepiaf18 lepiaf18 dit :

    Pourquoi « conte les classes moyennes » ?
    C’est un pur racket contre TOUS les citoyens… c’est tout !

    En fait c’est juste le consommateur qui paie… les marges ET l’État !

    Rappelez-moi qui a inventé la TVA, entre autres …. ? Au fait y’a pas ce genre de truc chez les Américains, pour ne citer que cet exemple… !

    Et à propos des taxes sur l’automobile, les déductions pour frais professionnels sur les impôts c’est ouvert à… tout travailleur ! Bon pour ça faut bien sûr… travailler, pas être… rentier !

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    • Avatar de elba elba dit :

      Ni retraité avec une toute petite retraite…

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      • Avatar de lepiaf18 lepiaf18 dit :

        Elba, un retraité, même avec une petite retriate peut à la milite éviter de rouler… un max ! Restent… les « taxes » sur la possession…
        En France et au 21è siècle le fait de posséder, voire de seulement louer (le piège à KONS !) une voiture est encore apparemment pour l’État… un signe de « richesse » ! Et c’est bien connu les socialos, gauchos en particulier n’aiment pas ça…

        Tous en Trabant nom de dieu !

        Ah zut, ça fume et ça fait du bruit ces engins… Stellantis ex PSA, ex, Peugeot, nous prépare une… 2 CV… électrique… pas chère mais… aux normes actuelles, donc sans doute sans charme et irréparable…

        Surfer sur la « nostalgie », pourquoi pas; mais avec bon sens et harmonie; ça c’est une autre paire de manches…
        Ils ont déjà galvauder DS en en faisant une marque qui n’a rien du vrai « haut de gamme », il vont juste faire comme Renault avec la R5 et la R4 et dans une moindre mesure la Twingo, même si cet « opus 4 » est sans doute le plus près côté design de l’original…

        Pour la 2 CV, le cahier des charges d’origine rend l’affaire mal embarquée, puisque la base c’était faire simple, réparable facilement, confortable et pas cher… Tout le contraire d’un VE actuel, même si au demeurant à part la batterie, à risques, le reste ne pose pas de gros problèmes…

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      • Avatar de elba elba dit :

        « faire simple, réparable facilement, confortable et pas cher… «  Ah, que j’aimerais retourner à cette époque, où même les téléviseurs étaient réparables !! Les chaussures aussi, qui étaient en cuir…

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      • Avatar de lepiaf18 lepiaf18 dit :

        Des TV « réparables », ça se fait encore, voire se refait… Mais le pb est ailleurs, côté prix. Parce que sinon, une TV c’est un produit bien « normalisé » et les composants sont facilement trouvables… Après, est-ce qu’en France on a encore les compétences, ça reste à voir…
        Quand la réparation devient plus coûteuse que l’achat de remplacement, faut quand même se poser la question…

        Pour les godasses par contre, suffit de ne pas acheter les saloperies de baskets ou « tennis » en matières synthétiques… pour juste faire « in » ou à la mode… En plus qu’est-ce que c’est moche portés avec une robe d’été et des collants…
        Ah oui, j’oubliais, faut « casser les codes » aujourd’hui !
        bon sinon, nos amis italiens savent encore faire de belles chaussures en cuir…, inconvénient (pour les femmes, surtout) avoir le pied fin et donc ne pas les avoir laissés s’avachir dans des tennis plates, des sandales ou des espadrilles qui ne maintiennent rien du tout …

        Bon après c’est pas le même prix…

        Sinon les babouches au Maroc, prix défiant toute concurrence (si on sait comment ne pas se faire avoir dans les souks !); 20 Dh, soit environ 2€ la paire, en cuir de chameau… sur semelle cuir…
        Un défaut, ça n’aime pas l’eau; mais qu’est-ce que c’est confortable…

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  2. Avatar de schmittjclapostenet schmittjclapostenet dit :

    Quand vont ils enfin se décider à mettre les moyens pour rénover les petites lignes de chemin de fer dans les zones rurales ?

    si déjà des personnes ne peuvent se déplacer faute de moyens .

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  3. Avatar de elba elba dit :

    Oublié dans l’article, le contrôle technique qui parfois « pinaille » sur des petites choses pas vraiment importantes, lorsqu’il s’agit d’un véhicule qui a de l’âge. Ca doit rapporter aussi à l’état ce truc-là…

    Effectivement, ça constitue un racket pour tout le monde, hormis peut-être les « sinistres… euh, ministres » qui ont des véhicules de fonction gratuitement (avec chauffeur « incorporé ».)

    Autrefois (il y a une trentaine d’années) un bus allait chaque matin à Nantes, pour revenir le soir. Cela permettait à des gens de se déplacer sans voiture, même si ce n’était pas idéal. Ce bus n’existe plus.

    Une chose qui est pas mal : dans la petite commune pas loin de la mienne, un dispositif a été mis en place : des personnes (souvent retraitées) se mettent à disposition de celles qui n’ont pas de véhicule, ou qui sont trop âgées pour conduire, et demandent un petit quelque chose financier, selon le trajet à parcourir, pour couvrir leurs frais. Mais il faut être résident dans la commune en question pour avoir le droit d’en profiter.

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    • Avatar de schmittjclapostenet schmittjclapostenet dit :

      bonjour ELBA

      et si votre commune ferait la meme proposition éventuellement ?

      bonne journée à vous

      JC

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      • Avatar de elba elba dit :

        Nous en avons parlé au maire, JC. Il a dit qu’il verrait ça… (mais quand ?)

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      • Avatar de schmittjclapostenet schmittjclapostenet dit :

        Tout vient à point à qui sait attendre patience et longueur de temps .

        Nous aussi attendons que le bus revienne desservir le village en attendant il passe sur la départementale du bas .

        Il estr vrai que pour accéder chez nous il y a des virages serrés traversant la foret ;

        bon si ce n’est pas pour ce siècle ce sera pour les générations futures .

        Comme le disait le dessinateur GEBE dans les années 70 arretons tout et réfléchissons .

        C’est mal barré !

        Bonne soirée ELBA

        jc

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      • Avatar de lepiaf18 lepiaf18 dit :

        Le problème c’est qu’il faut trouver les « volontaires »… Et ça rend les gens dépendants les uns des autres…

        Un dépannage, assurément mais pas une solution pérenne…

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      • Avatar de elba elba dit :

        C’est déjà ça… Et concernant la pérénnité, cela dépendra de la volonté des gens d’aider les autres. Effectivement, il y a les impondérables qui font que par malchance certaines personnes ne sont pas disponibles « les bons jours » (je pense notamment aux RV chez les soignants, parce que des courses, par exemple, ça peut se remettre au lendemain.)

        Pour ce qui est de la volonté d’aider les autres, c’est un peu mal parti en ce moment ( il y a tout de même vraiment des gens « charitables » surtout parmi ceux qui n’ont plus à travailler.) Mais ça peut changer. Il suffit à quelques-uns de donner l’exemple.

        ***

        A propos d’exemple… Un truc tout bête : je connais des mamans qui vont chercher leurs enfants à l’école, midi ou soir. Certaines d’entre elles m’ont dit que personne ne se disait bonjour en attendant l’ouverture des portes. Pour rendre service, j’ai dû aller chercher ma petite voisine à l’école. Trois fois. La première fois, effectivement j’ai constaté que les gens ne se saluaient pas, hormis les « copines » qui discutaient par deux ou trois. La seconde fois, j’ai volontairement fait l’expérience de dire bonjour aux gens qui passaient devant moi. Ces personnes m’ont répondu. Je me suis donc dit que si plusieurs personnes prenaient l’habitude de saluer, peut-être que les autres en prendraient de la graine et en feraient autant ??? Je verrai bien la prochaine fois, si les gens que j’ai salués me disent bonjour en passant devant moi… Je suis assez optimiste sur ce point. 🙂

        Je précise tout de même que dans mon village il n’y a pas de migrants… Pour le moment.

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  4. Avatar de Michel C Michel C dit :

    Quand on met des parasites au pouvoir, eh bien on se fait parasiter.

    Même les poux sont plus sympathiques.

    Les sansgues ont une rude concurrence…

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