Les journalistes de Cash Investigation n’ont pas signalé pendant NEUF MOIS les violences au sein du périscolaire parisien

Les journalistes de Cash Investigation n’ont pas signalé pendant NEUF MOIS les violences au sein du périscolaire parisien : selon l’article 434-3 du Code pénal, ils avaient L’OBLIGATION d’en informer les personnes compétentes.

une plainte a bien été déposée le 14 avril 2026 au parquet de Paris contre l’équipe de Cash Investigation (société de production Premières Lignes Télévision, Élise Lucet, la réalisatrice Claire Tesson, les producteurs et la journaliste infiltrée) pour non-dénonciation de mauvais traitements sur mineurs. Elle émane des avocats d’une famille dont l’enfant, scolarisé à l’école maternelle Saint-Dominique (Paris 7e), aurait été victime de viols et d’agressions sexuelles par des animateurs périscolaires.

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Les faits reprochésEn avril 2025, une journaliste de l’émission s’est infiltrée comme animatrice dans le périscolaire parisien (caméra cachée).
Elle a filmé (parmi 27 heures de rushes) des violences physiques, psychologiques, des privations de nourriture et une agression sexuelle sur des enfants de 3 à 5 ans.
Ces images ont été diffusées le 29 janvier 2026 dans l’émission « Périscolaire, établissements privés : enquête derrière le portail de nos écoles » sur France 2.
Neuf mois se sont écoulés sans que l’équipe ne signale ces faits aux autorités judiciaires ou administratives (procureur, services sociaux, mairie, etc.), selon la plainte. La diffusion a entraîné la suspension immédiate des animateurs concernés.

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Les avocats des parents estiment que ce délai a permis la poursuite des violences sur d’autres enfants, et que l’équipe a priorisé l’exclusivité médiatique (« du divertissement sur fond de violences commises sur des mineurs »).

L’article 434-3 du Code pénalVoici le texte exact (version en vigueur) :« Le fait, pour quiconque ayant connaissance de privations, de mauvais traitements ou d’agressions ou atteintes sexuelles infligés à un mineur […] de ne pas en informer les autorités judiciaires ou administratives ou de continuer à ne pas informer ces autorités tant que ces infractions n’ont pas cessé est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende.
Lorsque le défaut d’information concerne une infraction […] commise sur un mineur de quinze ans, les peines sont portées à cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende.
Sauf lorsque la loi en dispose autrement, sont exceptées des dispositions qui précèdent les personnes astreintes au secret dans les conditions prévues par l’article 226-13. »
Cet article impose une obligation générale de signalement pour toute personne (pas seulement les professionnels) qui a connaissance (et non simple soupçon) de mauvais traitements ou agressions sexuelles sur mineur. Le but est clair : protéger l’enfant en interrompant les faits le plus vite possible. Pour les mineurs de moins de 15 ans (ce qui est le cas ici), les peines sont aggravées.Exception importante : les personnes soumises au secret professionnel (art. 226-13) en sont dispensées, sauf dispositions contraires (par exemple, l’art. 226-14 autorise explicitement les médecins et certains professionnels à signaler les maltraitances sur mineurs).

Les journalistes ne sont pas astreints au secret professionnel au sens de l’art. 226-13 (leur secret des sources est protégé différemment, par la loi de 1881 sur la presse et des jurisprudences). Ils relèvent donc, en principe, de l’obligation générale de l’art. 434-3.Application au cas des journalistes ?C’est le cœur du débat juridique soulevé par cette plainte :D’un côté, les parents et leurs avocats : les journalistes avaient une connaissance directe via les images tournées. Ne pas signaler pendant neuf mois violerait l’art. 434-3, surtout pour des faits graves sur des tout-petits incapables de se protéger.
De l’autre, les journalistes invoquent souvent leur rôle d’enquête : filmer en caméra cachée pour révéler un système (ici, des dysfonctionnements plus larges dans le périscolaire parisien) plutôt que des cas isolés. Ils arguent que le signalement immédiat aurait pu compromettre l’enquête globale et que la diffusion a finalement déclenché des suspensions.

La jurisprudence sur ce point est nuancée. Les tribunaux ont déjà rappelé que l’obligation de signalement s’applique à tous, y compris aux médias, quand ils ont une connaissance certaine de faits en cours.

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Agrégé d'histoire, Professeur de Chaire Supérieure en économie et en géopolitique, intervenant àBordeaux III et comme formateur à l'agrégation d'économie à Rennes Aujourd'hui retraité
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