Une étude des carottes glaciaires portant sur 3 millions d’années démontre le faible impact du CO2 sur les variations climatiques

Conclusion des auteurs : sur ces très longues échelles de temps (millions d’années), le CO₂ n’explique pas à lui seul l’ensemble du refroidissement et des transitions climatiques observées. D’autres facteurs ont joué un rôle majeur :

  • Forçages orbitaux (cycles de Milankovitch).
  • Changements dans la circulation océanique et la redistribution de la chaleur (surface vs. abysses).
  • Rétroactions liées aux calottes glaciaires (albédo, élévation du continent, etc.).
  • Dynamique des plaques tectoniques et fermeture d’istmes (ex. : Panama).

L’article publié dans Nature le 18 mars 2026 (DOI : 10.1038/s41586-025-10032-y) s’intitule :
« Broadly stable atmospheric CO₂ and CH₄ levels over the past 3 million years »
(Traduction : Niveaux atmosphériques de CO₂ et CH₄ globalement stables au cours des 3 derniers millions d’années).Auteurs principauxJulia Marks-Peterson (première auteure, Oregon State University), Sarah Shackleton, John Higgins, Jeffrey Severinghaus, Edward Brook et al. (équipe internationale liée notamment au projet COLDEX pour l’étude des glaces anciennes).

Résumé principal (en français)Les carottes de glace classiques de l’Antarctique fournissent des enregistrements continus des gaz à effet de serre (CO₂ et CH₄) sur les 800 000 dernières années, montrant leur lien avec les cycles glaciaires-interglaciaires. Des zones de glace bleue avaient déjà étendu ces données jusqu’à environ 2 millions d’années. Avant cela, les informations restaient incertaines.Cette étude utilise des carottes de glace peu profondes et discontinues (des « instantanés ») prélevées dans la zone de glace bleue des Allan Hills (Antarctique), couvrant environ 3,1 à 0,5 millions d’années. Les résultats montrent :Aucune variation importante du méthane atmosphérique moyen (CH₄).
Un léger déclin du CO₂ d’environ 20 ppm entre 2,9 Ma et 1,2 Ma, puis des concentrations stables (±10 ppm) pendant la Transition du Pléistocène moyen (1,2–0,8 Ma).

Pour les échantillons du Pliocène tardif (~2,8–3,1 Ma), corrigés des effets de respiration microbienne grâce aux isotopes du carbone (δ¹³C), le CO₂ atmosphérique moyen est d’environ 250 ± 10 ppm — un niveau très proche de celui du Pléistocène précoce.Ces enregistrements représentent des moyennes pondérées sur les cycles climatiques (influencées par les taux d’accumulation de neige, supposés constants ici).

Malgré les complications liées aux processus post-dépôt (diffusion, gravité, etc.), ils prouvent que les mesures directes de gaz à effet de serre peuvent être étendues jusqu’au Pliocène tardif.Principales conclusions et implications

Les concentrations atmosphériques de CO₂ et CH₄ sont restées étonnamment stables sur 3 millions d’années, malgré un refroidissement global marqué, une baisse du niveau des mers, l’expansion des calottes glaciaires de l’hémisphère Nord (~2,7 Ma) et l’intensification des cycles glaciaires.
Le refroidissement et la glaciation plio-pléistocène n’ont donc pas été principalement pilotés par une forte baisse des gaz à effet de serre, contrairement à certaines hypothèses antérieures.
D’autres facteurs ont probablement joué un rôle plus important : forçages orbitaux (cycles de Milankovitch), changements dans la circulation océanique, redistribution de la chaleur entre surface et abysses, dynamique des calottes glaciaires, rétroactions amplificatrices (albédo, etc.)
.
Une étude complémentaire (même numéro de Nature) utilise les gaz nobles (Xe/Kr) dans des carottes similaires pour montrer un refroidissement océanique global de ~2–2,5 °C sur la même période, avec des décalages entre océan de surface et profond.

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About pgibertie

Agrégé d'histoire, Professeur de Chaire Supérieure en économie et en géopolitique, intervenant àBordeaux III et comme formateur à l'agrégation d'économie à Rennes Aujourd'hui retraité
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7 Responses to Une étude des carottes glaciaires portant sur 3 millions d’années démontre le faible impact du CO2 sur les variations climatiques

  1. Avatar de practicallyc66ef89cd9 practicallyc66ef89cd9 dit :

    Cet article le montre bien : Ce n’est pas un seul effet ( Co2) qui fait la variation climatique, c ‘est un tout… C’est comme pour les plantes médicinales, un seul extrait d’un seul élément ne suffit pas pour son efficacité, c’est le tout qui fait sa synergie « le tout est plus que la somme de ses parties ».

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    • Avatar de lepiaf18 lepiaf18 dit :

      C’est même plus intéressant que ça… Le CO2 et le CH4 (méthane) ne sont pour rien dans les causes des hypothétiques variations climatiques, leur concentration ici ou là (dans l’atmosphère comme dans l’eau des mers et océans) est en fait une conséquence des variations climatiques provoquées par la conjugaison d’autres phénomènes bien plus grands subis par notre planète…

      De plus nombre de clampins tentent de nous faire prendre pour changements, modifications, bouleversements du climat ce qui n’est en fait que des variations météorologiques…

      Et si ces pseudo scientifiques se mettaient à étudier sérieusement, si c’est possible bien sûr, la période qui a vu croître les dinosaures parce que vu la taille de ces animaux et de la végétation… du CO2 il devait y en avoir bien plus qu’à l’heure actuelle…
      Ah mais, peut-être bien que la planète gravitait un peu plus près du soleil que maintenant… ?
      Et si, comme le prédisent certains, on va vers une énième période de glaciation… ils vont nous expliquer ça comment nous génies du Giec ?

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    • Avatar de elba elba dit :

      J’aurais de mon côté quelques autres solutions : déjà, ne pas détruire les installations pétrolières via les bombardements de ces sites, nous « raccommoder » avec la Russie qui pourrait nous fournir en gaz et en pétrole via les pipe-lines (ça évite le transport en bateaux, qui consomment eux-mêmes du carburant,) limiter les loisirs coûteux qui demandent l’utilisation de véhicules polluants (avions, bateaux de croisière, camping-cars…) et privilégier les loisirs simples de proximité pour ne pas avoir à prendre la voiture pour cela. Remettre en place le réseau ferroviaire dans les communes de petite et moyenne importance : il y avait des gares un peu partout autrefois, ce qui permettait aux gens de se déplacer plus facilement en train…

      Certainement que parmi les solutions que j’envisagerais il y en a certaines qui poseraient des problèmes à d’autres niveaux ? Je n’ai pas la science infuse et ne vois peut-être pas les inconvénients de ce que je proposerais. Mais ce sont des idées.

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      • Avatar de lepiaf18 lepiaf18 dit :

        @Elba, je crois que pour le coup, ce sont les iraniens qui ont commencé à cibler les installations de leurs voisins. certes il y a là-bas beaucoup d’intérêts US, mais les Iraniens sont-ils bien lucides lorsqu’on sait que leur point d’exportation majeur (l’île de Kharg) est étalé sur seulement 25 km2 et représente 90% de leurs revenus d’exportation…
        Pas très cohérent tout ça ! Et très près d’un suicide économique…

        Nul ne peut se passer du pétrole et du gaz à l’heure actuelle, donc à part la Russie et éventuellement le Venezuela… c’est … le Golfe… les producteurs…
        Les autres pays de la péninsule n’ont pour l’instant pas bronché… mais il en va pour certain de leur survie réelle… Ça ne va sans doute pas durer très longtemps et pour rappel ça n’est pas la 1ère fois que ce genre de conflit se produit, au même endroit… ! 1er choc pétrolier en …1974, de mémoire…

        Autre phénomène révélateur… si on veut bien en prendre toute l’exacte mesure… les Iraniens ne sont pas descendus en masse dans la rue pour manifester contre un pouvoir pour le moins déstructuré… Patriotes au fond, les Iraniens, quasiment tous musulmans en plus; ou bien il y a autre chose?
        Nos médias auraient éventuellement fait un focus trop grand sur la « contestation » qui ne serait le fait que d’une…minorité ? A chacun de tenter de se faire sa propre opinion… mais plus personne ne parle d’un éventuel retour du fils du Shah…

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      • Avatar de elba elba dit :

        Les merdias ne nous parlent pas non plus des manifestations qui ont lieu à Tel-Aviv pour l’arrêt de cette guerre…

        Spéculation ! C’est tout-à-fait ça. + Tous les morts que cela engendre et dont n’ont rien à faire nos dirigeants (j’ai vu l’hypocrisie de Macron en relation avec le militaire tué…)

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    • Avatar de lepiaf18 lepiaf18 dit :

      Ah ah, je me suis arrêté avant la fin… Tout est bon à ces clampins !
      C’est sûr que rouler 10 km/h moins vite sur autoroute va régler le pb !

      Non mais quelle bande de tarlouses; il transite par Ormuz peu ou prou 20% de la consommation mondiale de pétrole et de gaz, vous voyez les pays producteurs subir une baisse de 20% de leurs exportations ? Moi pas, du moins sur le long terme…

      Et à + ou – 1 à 2L aux 100 km la 1ère mesure préconisée s’apparente à une infime goutte d’eau dans l’océan… rendez-vous compte, alors qu’un seul avion de type Airbus A320 (une star dans la catégorie) consomme pas moins de… 2500 l/h… que ce soit pour transporter des passagers ou du fret… !
      Quant au « télétravail », covoiturage, etc, les gens s’y sont mis d’eux-mêmes vue l’augmentation de cette dépense souvent contrainte et l’expérience Covid nous a montré qu’en fait l’économie en carburant était… minime.

      Mais bon les lobbyistes nous ont habitués aux scénarios catastrophes, pire qu’au cinéma !
      La réalité c’est que c’est l’industrie qui va en pâtir… mais bien malin qui peut dire quelle branche cassera en 1er…

      Au fait, pour l’instant, normalement les prix n’auraient pas dus bouger, vu que y’a pas de flux de transport sur place… Tous (dont en 1er l’État) jouent la spéculation…. histoire de se refaire une santé financière (certains raffineurs chez nous ont admis avoir doublé leur marge de 12 cts environ à 25 cts…).

      Pour l’instant, tant qu’il n’y a pas pénurie (rappel, 3 mois mini de stock, dont 1 bien entamé + encore 3 mois de la « réserve de guerre » stratégique) c’est une « guerre » d’intox.
      Ensuite eh bien j’en connais un qui doit bien rigoler… il s’appelle Poutine… et c’est Orban qui a raison.
      La Chine aussi doit se marrer ! Et on comprend mieux l’intérêt de Trump pour le pétrole du Venezuela qu’il va sans doute vouloir revendre à prix d’or, à nous Européens en particulier qui décidément ne comprenons pas grand chose !

      Et, re-au fait (oui-oui c’est apparemment un fait, il semble que les Européens se soient enfin décidés à bouger pour éventuellement aller filer un coup de main pour sécuriser le passage… ouf, encore quelques jours à tenir…

      Quand l’Iran envoie 2 missiles intercontinentaux sur Diego Garcia, missiles qui n’atteignent pas leur cible… on doit y voir un aveu d’impuissance voire d’échec… Peu importe de savoir au final quelle était la cible, un truc prévu en théorie pour 2000 km à pleine charge, ne peut aller assurément régulièrement à 4000 km (la portée serait doublée) dans les mêmes conditions. l’Iran vient juste de démontrer cette incapacité matérielle tout en rassurant en quelque sorte les USA et Israël… quelle erreur stratégique !

      S’en est ensuite suivi un pilonnage en règle des unités navales tout autour du détroit et des batteries côtières de lancement de missiles et de drones…

      Les quelques jours qui viennent nous diront de quel côté penche la balance et du coup si l’IEA ne s’est pas juste un peu précipitée dans ses conclusions…

      Bon, désolé, ça m’a emmené loin des carottes glaciaires… Et du coup, ils en pensent quoi du CO2 à Dubaï et dans les environs… parce que ça chauffe là-bas et même que ça brûle par endroit… ! 🙂

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