Investissements à l’étranger : la France victime d’une hémorragie

 

Se trouvera t il un journaliste pour accepter d’aller plus loin que les communiqués de l’Elysée et se pencher sur les statistiques de l’OCDE ? Les capitaux fuient la France et personne n’en parle, le pays est peut être attractif pour les étrangers mais les investisseurs français  le considèrent comme l’ enfer sur terre.

Une France attractive pour les étrangers

Il existe un paradoxe, la France s’en sort bien pour attirer les IDE entrants (investissements directs  venant de l’étranger )  mieux que l’Allemagne  mais moins bien que l’Espagne   ou que le Royaume Uni (trois fois plus) en plein Brexit…

Attirer 37 milliards d’euros  d’investissements étrangers dans un contexte de ralentissement généralisé démontre que nous avons encore des atouts . Les activités de R&D représentent 10 % de l’ensemble des investissements étrangers en France en 2018 ; elles ont progressé de + 3 % par rapport à 2017 et de + 9 % en moyenne depuis 5 ans. 2 793 emplois ont été créés ou maintenus par des activités de R&D, en hausse de 23 % par rapport à 2017. Les Etats-Unis sont le 1er investisseur étranger en R&F en France, avec 26 % des décisions d’investissement enregistrées dans cette fonction. Nos pépites intéressent les investisseurs étrangers…Selon le Baromètre réalisé par Kantar Public, 88 % des chefs d’entreprise étrangers estiment que la France constitue une destination attractive pour les entreprises, et 78 % des entreprises tirent un bilan positif de leurs investissements en France

 

La France plus encore répulsive pour le capitalisme français

Capture ide suiste

Hélas les investisseurs français  fuient notre pays comme le démontrent les flux d’IDE sortants ( investissements directs des Français à l’étranger ). Nous sommes après le Japon  le deuxième pays au monde  pour l’hémorragie des capitaux alors que les Américains désinvestissent à l’étranger pour réinvestir chez eux.

Une telle situation a des conséquences sur les performances de notre système productif, c’est une maladie qui frappa durement la Grande Bretagne du XXème siècle puis les Etats

Avec 102 milliards de dollars de flux sortants pour 2018 il faut parler d’hémorragie, c’est plus du double qu’en 2017 ! Chacun remarquera que le Royaume Uni  du Brexit n’a pas connu de fuite des capitaux et que nos fantasmes en la matière ne représentent pas la réalité. Il y a bien un problème et une preuve s’il en fallait une que la suppression de l’ISF n’a eu aucun impact positif  sur les capitalistes français…

Plus concrètement le premier rang de la France en matière  de prélèvements obligatoires affecte notre capacité à séduire les investisseurs nationaux. En France les profits d’aujourd’hui sont les investissements et les emplois…à l’étranger

 

Ce qui compte c ‘est le solde … et la nature des investissements

 

Des ide entrants et des ide sortants, mais quel est le solde seule mesure véritable de l’attractivité ?

La définition  classique de l’attractivité ne prend en compte que les flux entrants ce qui montre ses limites.C’est une des spécificités de la France : elle compte beaucoup de grands groupes qui investissent lourdement à l’étranger. Pour l’Hexagone, « la conquête de marchés a pris la forme d’investissements directs à l’étranger plutôt que d’exportations », souligne Laurent Burelle;

pOURQUOI?

Nous perdrions 67 milliards d’euros dans  ces flux d’investissements, 3% de notre Pib , le plus mauvais résultat de toute l’Europe quand le Royaume Uni enregistre un excédent d’arrivées  de 2 milliards  et les Etats Unis de 330 milliards …

La Banque de France confirme  ce mauvais bilan  2018 avec d’autres chiffres : 51 milliards d’excédents de sortants ( sortants 102, entrants 51).

Une amélioration semble avoir lieu au dernier semestre 2019…

https://www.banque-france.fr/sites/default/files/webstat_pdf/bdp_fra_2209_fr_bdp_stat_info_novembre_2019_fr_v2.pdf

 

Les entreprises françaises investissent davantage que la plupart de leurs voisines européennes mais de manière différente

Les effets de ces dépenses sur l’économie sont peu visibles, que ce soit sur le plan de l’emploi ou du commerce extérieur. Ce phénomène s’explique peut-être par le choix des industriels de miser sur la conception des produits au détriment de la production.

Si on se focalise sur les industries de fabrication, le taux d’investissement en France, c’est-à-dire les dépenses d’investissement par rapport à la richesse créée, est de 25,7% contre 19% en Allemagne en 2016. Seule la Suède fait mieux.

. De même, de précédents travaux ont démontré que pour résorber son déficit commercial, la France doit améliorer le « rapport qualité-prix » de ses produits. Des investissements soutenus devraient donc logiquement améliorer la qualité des produits « made in France » et les rendre plus compétitifs. Ce n’est pas ce qui s’est produit. Au contraire, la part de marché française dans les exportations mondiales a recommencé à chuter en 2017.

 
Parmi les raisons qui expliqueraient ce « paradoxe » français, les auteurs ont constaté la faiblesse des investissements dit « matériels », autrement dit en équipements et en machines, des entreprises françaises.

Le taux d’investissement en machines et équipements atteint 6,2% en France en 2015, soit moins que son niveau d’avant crise. À l’inverse, il s’élève à 7,7% en Allemagne et 15,1% en Italie.

En plus, les entreprises françaises préfèrent renouveler leur matériel plutôt que de le moderniser ou d’augmenter leurs capacités de production. D’après l’étude, cet arbitrage peut expliquer en partie la moindre efficacité de l’investissement en France, car miser en priorité sur le renouvellement des machines « ne contribue pas a priori à améliorer l’offre de produits et donc la compétitivité ».

Selon les auteurs, les dispositifs incitatifs mis en place sous le quinquennat de François Hollande n’ont pas montré d’effets significatifs. Et les mesures prévues par Emmanuel Macron ne devraient guère améliorer la situation.

Innover en France, produire à l’étranger ?Si les industries françaises dépensent peu en investissements matériels, elles mettent en revanche le paquet sur « l’immatériel », qui regroupe un champ vaste : de la recherche et développement (R&D) aux les logiciels, en passant par la formation et la publicité. Ces dépenses sont plus élevées qu’aux États-Unis et se rapprochent du niveau de la Suède.

Les industries tricolores mettent surtout le paquet sur la R&D, qui « apparaît comme la première destination des efforts d’investissement du secteur ». En effet, sur 10 euros investis, 4,30 euros partent dans la recherche (cette part est similaire en Allemagne). Le phénomène a été encouragé par la réforme en 2008 du « CIR », le fameux « crédit impôt recherche ».

Là est le cœur du « paradoxe » français, car en théorie stimuler l’innovation devrait améliorer la qualité des produits et redresser les parts de marché à l’export des entreprises françaises. Or, on l’a vu, ce n’est pas le cas. Les auteurs notent cependant que cette stratégie peut être « encourageante pour le futur », car on peut considérer que les effets de ces investissements sont « plus longs à se matérialiser ».

Ils avancent aussi une autre hypothèse, selon laquelle, les entreprises françaises auraient choisi de mettre le paquet sur la qualité de la conception des produits, au détriment de leur production. Mieux, les industries tricolores auraient choisi de satisfaire la demande extérieure, non pas en exportant, mais en implantant leurs sites de production à l’étranger.

« Pour les groupes français en question, la France verrait ainsi se réduire son rôle de site de localisation d’activités de fabrication mais conserverait un rôle important pour les activités des sièges sociaux avec, à la clé, d’importants investissements immatériels (R&D, logiciels, publicité, etc.). »

On comprend mieux le paradoxe français , les profits de nos entreprises sont investis à l’étranger , d’où le record d’ide sortants

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2 commentaires pour Investissements à l’étranger : la France victime d’une hémorragie

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