Comment Macron  et Le Maire ont par désintérêt et incompétence, tué ASCOVAL

Pour le gouvernement, l’industrie et plus encore le “made in France” sont un non-sujet. Pas de ministre spécialisé, pas de mesures spécifiques mais des erreurs majeures107869-full.

Ascoval est une usine d’acier haut de gamme située à Saint-Saulve près de Valenciennes.

281 emplois directs sont menacés sur le site, 1.000 autres sont potentiellement concernés.

Tout s’est joué il y a plus d’un an, le reste n’est qu’une longue agonie .

En janvier 2018 Emmanuel Macron trahit ses engagements et ne soutient pas la seule reprise économique viable  proposée par LIBERTY HOUSE, il condamne à mort  Ascoval

 

Acte 1, en 2016 Vallourec cède 60%  d’ASCOVAL à Ascometal

Le fabricant français de tubes sans soudure Vallourec a annoncé jeudi 21 juillet 2016 être entré en négociations exclusives avec le français Ascometal pour la cession de 60% de l’aciérie de Saint-Saulve (Nord) et la sauvegarde des 320 emplois de l’usine. « L’offre d’Ascometal, basée sur un projet industriel et commercial renforcé, prévoit la reprise des 320 salariés hautement qualifiés du site », affirme Vallourec dans un communiqué.

 

Ascometal prendrait « le contrôle exclusif des opérations » du site, tandis que les deux actionnaires s’approvisionneraient auprès de l’aciérie, « Vallourec pour ses besoins en aciers spéciaux et Ascometal pour alimenter ses unités de finition de Dunkerque (Les Dunes) et de Fos-sur-Mer », précise le groupe.

 

« Au démarrage, les engagements d’achat d’acier pris par les deux partenaires seraient de 175.000 tonnes par an pour Ascometal, et de 100.000 tonnes par an pour Vallourec. Ces volumes permettraient d’assurer le fonctionnement durable de l’aciérie et la compétitivité du site », affirme-t-il.

 

Le projet prévoit « un programme d’investissements significatif » pour assurer la diversification des débouchés de l’aciérie et l’adapter aux besoins d’Ascometal, explique aussi Vallourec, ajoutant que la région des Hauts de France a « confirmé son soutien à l’opération, suivant des modalités qui restent à définir ».

Ascometal, ancienne filiale d’Usinor, avait été placée en redressement judiciaire en mars 2014, plombée à l’époque par une dette de 360 millions d’euros. Présentée comme le « leader européen de la production d’aciers spéciaux », la société a été reprise en mai 2014 par Franck Supplisson, associé à des investisseurs français et européens.

 

Acte 2 ASCOMETAL connait à son tour des difficultés,  la seule solution viable de reprise intégrant  Ascoval  est celle de LIBERTY

Trois régions « s’unissent aujourd’hui pour accompagner l’offre de reprise qui sera la plus complète : la totalité des sites concernés, un maintien de tous les emplois, un projet industriel solide et viable économiquement, des investissements qui garantissent un avenir à long terme », écrivent les trois présidents de région dans un communiqué signé par Xavier Bertrand

 

Les trois collectivités se disent ainsi prêtes « à participer au tour de table financier afin de préserver la sidérurgie française et les centaines d’emplois qui y sont associés ». La région Hauts-de-France précise que ce soutien financier pourrait prendre la forme « d’un prêt à hauteur de plusieurs millions d’euros ».

« Il n’y a qu’une seule offre qui remplit toutes ces conditions aujourd’hui : elle a notre soutien le plus total », soulignent les trois chefs de l’exécutif, Renaud Muselier (PACA), Jean Rottner (Grand Est) et Xavier Bertrand. Ce dernier avait expliqué dimanche sur France 3 Hauts-de-France soutenir le groupe anglo-indien Liberty.

Les syndicats d’Ascoval, l’aciérie d’Ascometal (60 %) et de Vallourec (40 %), avaient choisi unanimement le projet des Anglo-Indiens de Liberty. Les administrateurs et le mandataire judiciaires avaient eux aussi choisi ce repreneur-là. Le seul à assurer une pérennité au site de Saint-Saulve. Le seul qui permettait de sauver 266 emplois a minima sur les 299 du site.

Liberty avait indiqué vouloir reprendre tous les sites industriels du groupe (Hagondange, Les Dunes, Fos-sur-Mer, Custines, Le Marais) qui emploient 1413 salariés. Sidenor ne retiendrait que les usines de parachèvement de Custines et du Marais. Schmolz + Bickenbach ne reprendrait pas en revanche Ascoval, la coentreprise avec Vallourec à Saint-Saulve.

La fausse promesse d’Emmanuel Macron

En visite à Toyota, Emmanuel Macron avait rassuré la maire de Saint-Saulve, Cécile Gallez, qui n’en dormait plus, en lui promettant qu’elle allait pouvoir dormir sur ses deux oreilles. Aujourd’hui, elle n’a plus que les yeux pour pleurer…

 

 

Acte 3 Liberty n’est pas choisi , Ascometal est repris en 2018 par les suisses mais… sans Ascoval condamnée à fermer

Le groupe Schmolz & Bickenbach a été choisi pour la reprise d’Ascometal. Quel avenir donc pour l’avenir d’Ascoval, l’aciérie de Vallourec et d’Ascometal. PHOTO PIERRE ROUANET

Le groupe Schmolz & Bickenbach a été choisi pour la reprise d’Ascometal. Quel avenir donc pour l’avenir d’Ascoval, l’aciérie de Vallourec et d’Ascometal. PHOTO PIERRE ROUANET – VDNPQR

Ce lundi matin, les juges du tribunal de grande instance de Strasbourg ont rendu leur délibéré. Et ils ont fait, eux, le choix des Germano-Suisses de Schmolz & Bickenbach. Ce groupe reprend tout le périmètre d’Ascometal à l’exclusion de l’aciérie de Saint-Saulve (ASCOVAL), qui ne faisait pas partie de l’offre de reprise.

 

« Cette décision entraînera, à brève échéance, l’arrêt des opérations de l’aciérie car son débouché principal était les usines françaises de finition d’Asco Industries dont les besoins en acier seront désormais assurés par les aciéries de Schmolz + Bickenbach »

La direction de Vallourec a réagi dans un communiqué de presse adressé dans la matinée. Et ce communiqué ne laisse planer aucun doute sur l’avenir du site de Saint-Saulve : « Vallourec avait tout mis en œuvre pour que la solution la plus protectrice de l’emploi et de l’activité industrielle en France soit retenue. Il avait conclu un accord avec Liberty House permettant de pérenniser le schéma industriel en vigueur à Saint-Saulve, lequel aurait assuré l’avenir de l’aciérie et l’approvisionnement de Vallourec en aciers spéciaux. Cette décision entraînera, à brève échéance, l’arrêt des opérations de l’aciérie car son débouché principal était les usines françaises de finition d’Asco Industries dont les besoins en acier seront désormais assurés par les aciéries de Schmolz + Bickenbach. »

 

 

Plusieurs personnalités politiques et syndicales ont réagi à l’annonce de la reprise d’Ascométal par le Suisse Schmolz + Bickenbach, qui n’incluait pas l’aciérie de Saint-Saulve dans son projet.

 

L’annonce était redoutée, même s’il subsistait l’espoir d’une reprise par le sidérurgiste Liberty House, qui prévoyait de reprendre l’ensemble des sites et des salariés. Ce matin, la justice a décidé d’accorder la reprise à Schmolz + Bickenbach, qui a exclu le site valenciennois de son projet de reprise. De quoi susciter la colère des élus, qui voient de nouvelles pertes d’emplois arriver dans un secteur déjà fragilisé.

 

Le député de la circonscription Fabien Roussel (PCF), a ainsi vivement réagi à la nouvelle par l’intermédiaire d’un communiqué. « Le tribunal vient de décider d’attribuer la reprise d’Ascometal à l’entreprise germanosuisse Schmolz & Bickenbach qui prévoit de ne pas reprendre l’aciérie d’Ascoval. Bilan : 300 emplois, un outil de production moderne, et autant de savoir-faire supprimés », a réagi l’élu. « C’est la filière acier français qui se trouve ainsi fragilisée. Et c’est la colère de tout un arrondissement et des salariés qui domine ce matin. »

 

 

 

 

Le député regrette notamment l’absence d’engagement de l’Etat dans cette procédure judiciaire de redressement. « Depuis des semaines, nous demandons à l’Etat de s’exprimer clairement, d’affirmer son soutien à l’entreprise anglais Liberty House qui s’engage à reprendre l’aciérie de Saint Saulve. Il n’y a eu aucun signal de l’Etat. L’industrie française souffre de ce manque d’engagement de la part de l’Etat. Où est l’Etat stratège ? Où est l’état qui défend son industrie ? » L’élu prévoit de poser une question au gouvernement dans les jours qui viennent, afin de demander l’organisation d’une réunion avec tous les acteurs concernés par cette reprise – et cette fermeture.

 

Contactée par téléphone, Michelle Gréhaume, Sénatrice, se demande également si toutes les options de reprises ont été exploitées. « Il y avait d’autres projets, qui incluaient l’aciérie de Saint-Saulve. Pourquoi ça n’a pas marché ? », se demande l’élue. « Et est-ce que l’Etat a fait son maximum ? Je me pose la question. »

 

La Sénatrice tient également à souligner les conséquences indirectes d’une fermeture d’usine. « J’ai 52 familles qui travaillent à Saint-Saulve et puis il y a tous les sous-traitants. Là aussi il y a aura des licenciements. Cette décision m’accable, Saint-Saulve, c’est fini, c’est mort. Et quand il y a des familles concernées, il y a un risque de drames humains. Ça s’est déjà vu. » En tout, le site regroupe 299 emplois, mais plusieurs dizaines d’autres salariés pourraient être impactés par la fermeture.

 

 

Autre Sénatrice du secteur, Valérie Létard (LR), s’avoue elle aussi très déçue. « On n’est pas dans la critique, on n’est pas là pour taper sur l’Etat. Mais on est dans la déception. Oui, on est déçu, il n’y avait aucun signe avant-coureur, on ne s’attendait pas à ça… On est solidaires des salariés évidemment », explique l’élue. « Emmanuel Macron, sur le site de Toyota la semaine dernière, laissait entendre qu’il n’y avait pas de soucis à se faire. (…) Maintenant, on veut des explications.. »

 

« Cette décision incompréhensible va à l’encontre du choix des salariés et élus locaux. L’Etat tire un trait sur la filière aciers spéciaux en France », a quant à lui réagi Xavier Bertrand. « Il est responsable de cette situation et doit organiser une réunion d’urgence afin de sauver ce qui peut encore l’être. »

« L’Etat nous a lâchés »

On pourrait ici rappeler le rôle central joué par Emmanuel Macron dans le dépeçage d’Alstom, entreprise il est vrai dont les difficultés sont bien antérieures, et qui s’expliquent largement par l’entre-soi évoqué supra. Mais au moment où le Président de la République prétend relancer la construction européenne, a-t-on vu le début d’une réflexion des pouvoirs publics sur l’absence totale de politique industrielle européenne? La réalité est que sur l’ensemble des domaines qui concernent de près ou de loin l’industrie, aucune inflexion majeure ne se profile.

De tout ceci une conclusion émerge: en matière industrielle comme en tant de domaines, plus ça change, moins ça change, et Emmanuel Macron, loin d’être le premier des modernes est bien le dernier des anciens

Pour le gouvernement, l’industrie et plus encore le “made in France” sont un non-sujet. Pas de ministre spécialisé, pas de mesures spécifiques.

Pas de chance… A l’occasion des Journées du patrimoine, l’Elysée a lancé la vente très médiatisée de « goodies » faisant la promotion du savoir-faire tricolore. Sauf que les mugs présidentiels prétendument en porcelaine de Limoges étaient des faux ! De vulgaires grosses tasses fabriquées on ne sait où mais pas dans la Haute-Vienne. Le palais a fait illico retirer la babiole de son site Internet. On pourrait en sourire, mais le symbole saute aux yeux : le made in France est l’angle mort de ce quinquennat. Depuis son élection, le président de la République a effectué une seule sortie sur ce thème, à l’usine Toyota d’Onnaing. Et encore, c’était pour suggérer aux investisseurs étrangers de suivre l’exemple japonais. Pendant la campagne, en 2017, le futur chef de l’Etat avait bien promis un « Small Business Act » européen, la possibilité de privilégier les PME de l’Union dans les marchés publics. On n’en entend plus parler.

 

Il n’y a même pas de ministre à part entière pour s’occuper de l’industrie. Les attributions ont, certes, été confiées à Bruno Le Maire. Tout occupé à sa loi Pacte, il s’est empressé d’évacuer le dossier vers la nouvelle secrétaire d’Etat, Agnès Pannier-Runacher, chargée d’une « responsabilité particulière sur la reconquête industrielle » .

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