La presse dissimule une terrible réalité : Macron a brouillé la France avec toute l’Europe, en dehors de la Belgique et du Luxembourg son projet europeen attire au mieux de l’incompréhension au pire de la haine

 

 

Macron-Salvini_SEDjqCe9jXcAAKpvC.jpg

 

La presse internationale n’est pas tendre avec Emmanuel Macron

Marianne:

La tribune d’Emmanuel Macron « Pour une renaissance européenne », publiée ce mardi 5 mars dans 28 quotidiens européens différents, n’a pas vraiment soulevé l’enthousiasme sur le continent.

En s’adressant à 28 nationalités différentes, dans un texte publié ce mardi 5 mars dans autant de journaux, en 22 langues, Emmanuel Macron espérait sans doute rencontrer un écho inédit. Las, son plaidoyer « Pour une Renaissance européenne » ne semble pas avoir suscité un intérêt démesuré sur le vieux continent. Il suffit d’écumer les Unes des sites des quotidiens européens pour s’en rendre compte.

A l’Est de l’Europe, la tribune semble avoir à peine été remarquée, le nom d’Emmanuel Macron étant parfois carrément absent des sites de quotidiens hongrois ou autrichiens. Certes, des articles factuels, visiblement tous inspirés de la même dépêche de l’agence de presse Reuters, sont repris dans la plupart des médias européens. Certes, la tribune du président français a figuré un temps en tête de lecture du site du quotidien irlandais The Irish Times. Certes, quelques journaux, comme La Repubblica, en Italie, ou encore la Gazeta Wyborcza, en Pologne, ont pris soin de rédiger eux-même leur compte-rendu. Mais en dehors de ces maigres exemples, la lettre d’Emmanuel Macron aux Européens a été reléguée dans les tréfonds des colonnes opinions des journaux du continent. Et dans les rares pays où le texte a provoqué quelques réactions… ces dernières sont mitigées, quand elles ne sont pas carrément critiques. Tour d’Europe des réactions provoquées par un texte qui a fait « pschitt« .

Parmi les réactions qui meublent aujourd’hui la presse européenne, certains n’hésitent pas à soutenir l’initiative du président français. Si l’on est loin des éloges énamourés des débuts, quand Emmanuel Macron était par exemple représenté en Une de l’hebdomadaire The Economist en train de marcher sur l’eau, certains, comme le quotidien économique allemand Handelsblattsaluent l’initiative d’Emmanuel Macron. “S’adresser directement à tous les européens, sans le détour des autres gouvernements. Personne n’a osé le faire avant lui”, complimente le journal allemand.

UNE « SÉRIE DE PROPOSITIONS AMBITIEUSES »

C’est à travers un édito du quotidien belge La Libre qu’Emmanuel Macron trouve son plus grand fan. Dans un texte en une de son site – s’il vous plaît ! – Francis Van de Woestyne, ancien rédacteur en chef du journal, vante une tribune visant à construire « un continent sûr » et « prospère » : « Comment ne pas partager cette ambition, ce projet face au rejet, l’arme des populistes ? Comment ne pas le suivre quand il lance : « nous ne pouvons pas être les somnambules d’une Europe amollie » ?« , se demande le journaliste, avant d’enchaîner, conquis : « Face aux rabougris, aux défaitistes, à ceux qui rêvent de voir l’Europe constituer une simple parenthèse dans l’histoire, le projet d’Emmanuel Macron pourrait enfin redonner une vision, une colonne vertébrale à l’Europe ». Pour conclure ce texte dithyrambique, Van de Woestyne émet toutefois une critique : Emmanuel Macron, remarque-t-il, « ne dit pas comment il parviendra à partager ses idées, ni par qui elles seront portées au niveau européen ».

Même constat pour le journal néerlandais De Volkskrant, qui évoque une « série de propositions ambitieuses » tout en fustigeant la méthode du président français. « Macron veut faire cela avec une stratégie française familière : une multitude d’agences, de traités, de conseils et d’autorités », écrit le quotidien de centre gauche. Ce dernier s’amuse également de l’emballement européen du chef de l’Etat, alors que le peuple français ne le suit pas, comme « les gilets jaunes l’ont clairement indiqué ». « Le président regorge de vues grandioses et d’idées ambitieuses, mais la faisabilité politique de ses projets laisse à désirer », souligne-t-il.

Mais le premier vrai coup de griffe vient en réalité de La Stampa. Pour le quotidien libéral italien, le vote européen est un « défi que Macron veut jouer à la première personne » avec l’ambition « plus ou moins déclarée [de se] tailler une place dans les livres d’histoire sous la rubrique des “pères fondateurs de l’Europe”« . L’amertume est similaire en Espagne : « Macron s’est-il rendu en notant que ces idées ne sont pas seulement bloquées mais ont rouvert les plaies entre pays du nord et du sud, entre débiteurs et créanciers? Ou est-ce juste une pause technique pour prendre de l’élan après les élections européennes?« , fustige le site d’actualitélibéral-conservateur El Espagnol.

CRITIQUES ACIDES OUTRE-MANCHE

Quand ils ne sont pas mitigés, certains journaux sont ouvertement hostiles, en particulier Outre-Manche. Et pour cause : le Royaume-Uni a bénéficié d’un traitement spécial. Quand, en France et ailleurs en Europe, la lettre d’Emmanuel Macron a sobrement été titrée « Pour une renaissance européenne », l’exemplaire disponible sur le site du Guardian table sur la situation nationale du Royaume-Uni : « Chère Europe, le Brexit est une leçon pour nous tous : il est temps de nous renouveler ». Ce qu’une partie de l’équipe du Telegraph semble avoir pris très personnellement. Tôt dans la matinée, le journal proche du parti conservateur a ainsi dégainé une tribune au lance-flamme de l’un de ses chroniqueurs pro-Brexit, Asa Bennet, pour qui, « Même si le dirigeant français est impoli à propos de cette décision, les Brexiters devraient le remercier d’avoir été aussi direct. Il leur a rappelé qu’ils ont fait le bon choix« .

Plus tard dans la journée, visiblement très vexé, le journal britannique rempile. Selon le correspondant à Bruxelles du Telegraph, James Crisp, le président français ferait ainsi « peser une plus grande menace sur l’avenir de l’Union européenne que le Brexit ».. D’abord, car il continue de creuser l’opposition « entre les forces pro-européennes et nationalistes » qui s’opposent aujourd’hui au sein du continent. « M. Macron a versé de l’essence sur ce mélange combustible et risque une rude réaction de la part des pays qui refusent son choix binaire d’être un pays demandant « plus d’Europe » ou de bénéficier d’une adhésion de deuxième classe à l’UE ».

Le journal britannique critique aussi vivement la proposition d’Emmanuel Macron de « remettre à plat l’espace Schengen » : « La perte de Schengen n’empêcherait ni les Polonais ni les Hongrois d’exercer leurs droits de libre circulation, note -t-il. Mais la réimposition des contrôles aux frontières dans la zone chère de Schengen au sein de l’UE enverrait un message hautement symbolique aux pays déjà en proie à l’inquiétude« . Et de conclure, tout en sobriété : « son appel » pourrait aboutir « à la fragmentation des partis traditionnels au Parlement européen », conduisant à la « paralysie de la machine bruxelloise« . Les Anglais prévoient un bien beau programme pour cette renaissance.

 

Macron a attaqué de front l’Italie, l’Autriche, la Hongrie, la Pologne, la tchequie, ce qu’il appelle l’Europe Populiste

Au départ, il y a eu des  attaques côté français. Avant même les élections et la constitution de la coalition Mouvement 5 étoiles/Ligue [en mai 2018,], Emmanuel Macron n’avait pas invité l’Italie au sommet de La-Celle-Saint-Cloud sur la situation en Libye [en juillet 2017]. Après les élections, Emmanuel Macron a attaqué la nouvelle coalition, en s’inquiétant de « la lèpre nationaliste qui monte » chez notre voisin. Quelles que soient les affinités politiques de chacun, l’actuel gouvernement italien a été élu massivement à l’issue d’élections libres. Il est totalement légitime comme tout gouvernement démocratique d’un pays, ami et allié.

Les premières déclarations, par médias interposés, ont démarré au mois de juin lors de la crise de l’Aquarius. L’Italie refusait alors d’accueillir le navire . Emmanuel Macron avait alors parlé de « cynisme » et « d’irresponsabilités », de quoi irriter au plus haut point le gouvernement italien et notamment Matteo Salvini, ministre de l’Intérieur, qui avait demandé des excuses qui ne sont jamais venues, bien au contraire

Depuis, Luigi Di Maio n’hésite plus à s’inviter dans le débat français. « Si aujourd’hui il y a des gens qui partent, c’est parce que certains pays européens, la France en tête, n’ont jamais arrêté de coloniser des dizaines de pays africains », disait-il récemment. Il y a quelques jours, il a ainsi rencontré des « gilets jaunes » dont Christophe Chalençon, candidat aux prochaines élections européennes. Les tensions se poursuivent.

 

Jeudi 7 février, la France a ainsi rappelé son ambassadeur en Italie. Un geste fort qui a entraîné une réaction de Matteo Salvini et Luidi Di Maio, qui se sont dit prêts à rencontrer Emmanuel Macron.

La tension est montée encore d’un cran, jeudi 7 février, entre l’Italie et la France après la décision de Paris de rappeler son ambassadeur. Une escalade rare selon Le Figaro, qui qualifie l’initiative sans précédent depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Un duel est « attisé par les européennes » où « Emmanuel Macron entend incarner le camp des progressistes face aux populistes ».

 

La presse italienne donne la réplique à la décision française. Le journal conservateur Il Libero estime que les « coqs des Alpes » ont cessé d’être « raisonnables » au point d’en être « ridicules ». La dernière fois qu’une telle chose est arrivée, c’était en 1940 lorsque Mussolini venait de déclarer la guerre. Le quotidien accuse Emmanuel Macron de protéger une dizaine de terroristes, de fugitifs condamnés en Italie et observe que ce n’est pas pour autant que l’Italie a rompu ces relations diplomatiques avec Paris.

 

« Macron est contre l’Italie » mais « oublie ses insultes », titre à la Une Il Fatto Quotidiano qui égrène les expressions employées par le président français pour condamner le gouvernement italien. Le refus d’accueillir les migrants de l’Aquarius en juin dernier avait été qualifié de « cynisme » et « d’irresponsabilité ».

Il est invraisemblable qu’un vice-président du conseil italien vienne en France pour poser en photo avec des Gilets jaunes! C’est mettre de l’huile sur le feu de façon inutile.

Viktor Orban a clairement désigné le principal adversaire en Europe, avant les élections européennes du printemps 2019 : le président français Emmanuel Macron. « Il y a actuellement deux camps en Europe et l’un est dirigé par Macron », a affirmé le Premier ministre hongrois.

 

 

 

« Il est à la tête des forces politiques soutenant l’immigration », a-t-il lancé. « De l’autre côté, il y a nous qui voulons arrêter l’immigration illégale », a encore dit Viktor Orban. Emmanuel Macron lui a répondu dans la matinée. »Je ne céderai rien aux nationalistes et à ceux qui prônent ce discours de haine. S’ils ont voulu voir en ma personne leur opposant principal, ils ont raison », a-t-il lancé, répondant à des journalistes lors de sa visite au Danemark

.

Mais Macron s’est également bouillé avec l’Europe du nord et l’Allemagne qui ne veulent pas du fédéralisme  et ne comprennent pas la politique économique  de Macron

Paris qui semble aussi prendre ses distances face à l’Allemagne, autre allié historique. Le Der Tagesspieggel, consacre sa Une au refroidissement des relations franco-allemandes après l’annulation de la venue d’Emmanuel Macron à la conférence de Munich. Selon le quotidien allemand, les sujets de frictions se multiplient ses derniers temps.

Malgré une volonté de paraître unie, l’Union européenne ne l’est pas. De nombreuses divergences, économiques et politiques, existent entre les différents pays membres. Ainsi il est question dans les débats publics de vouloir créer une « Europe à deux vitesses ».

 

Dans la conception des politiques français, il est courant de voir cette double Europe comme opposant l’Europe de l’Ouest (les États fondateurs) aux pays d’Europe Centrale et Orientale (les États entrés dans l’UE au XXIe siècle). Néanmoins, la réalité économique, voire politique, est en train de créer un autre axe de division entre les pays libéraux économiquement du nord de l’Europe et ceux du sud plus interventionnistes et dépensiers en matière de politiques publiques. Cette division fait que la France se retrouve parmi les États du sud et voit une opposition croissante des pays du nord qui se montrent de moins en moins enclins à accepter les idées européennes de Paris.

 

La nouvelle Ligue hanséatique désigne un forum informel entre les Pays-Bas, l’Irlande, la Suède, le Danemark, la Suède, la Lituanie, la Lettonie et l’Estonie (la République tchèque et la Slovaquie rejoindront aussi le groupe au cours de l’année 2018). Ce nom de nouvelle Ligue hanséatique provient des journalistes du Financial Times, en référence à l’ancienne alliance des villes marchandes nordiques au XIVe siècle.

 

Ce forum se crée dans le contexte du Brexit : le Royaume-Uni était la principale voix du libre-échange et du marché libre. Afin d’éviter que cette vision économique ne soit malmenée à Bruxelles du fait de la sortie du Royaume-Uni, les États d’Europe du nord cherchent à se regrouper pour peser sur les discussions européennes.

 

Le 6 mars 2018,  les ministres des Finances de ces pays ont publié une lettre conjointe mettant en avant leur vision de l’Union économique et monétaire.

 

Il en ressort le refus d’un budget européen commun, les États signataires, provenant aussi bien de la zone euro que hors de celle-ci, estimant que les décisions économiques et fiscales doivent d’abord être décidées au niveau des États membres.  Les États doivent d’abord assainir leurs dépenses publiques en interne avant de promouvoir des projets économiques et budgétaires au niveau européen.

 

En cela, la nouvelle Ligue hanséatique veut éviter de se faire imposer des règles par des pays plus dépensiers comme la France. En effet, cette lettre commune intervient à l’époque où le gouvernement se montre actif pour créer un budget commun et une fiscalité commune dans la zone euro ; suscitant la crainte des États du nord d’être poussés à devoir adapter leur fiscalité sous l’influence de la France.

 

À la vision fédéraliste des dirigeants français, la Ligue propose une discipline budgétaire au sein des États membres pour assurer la meilleure gestion de l’UE.

 

VERS UNE CONFRONTATION AVEC LA FRANCE ET UN SOUTIEN IMPLICITE DE LA LIGUE PAR L’ALLEMAGNE

Dès lors, il n’est guère surprenant que la Ligue entre en conflit avec la France, comme le montre l’échange tendu en novembre 2018 entre le ministre des Finances néerlandais Wopke Hoekstra, fondateur du groupe, et son homologue français Bruno Le Maire.

 

Ce dernier attaquant frontalement l’idée même de cette alliance entre les pays du nord : « Si nous créons des clubs fermés, des alliances au sein de l’UE, nous risquons de perdre du temps et d’affaiblir notre projet commun. » et « Je ne suis pas à l’aise avec l’idée de créer de nouveaux cercles, de nouveaux clubs, de nouvelles ligues en Europe. Si vous voulez créer de nouvelles divisions entre le nord et le sud, ou l’ouest et l’est, vous n’aurez jamais la France à vos côtés ». Tout en refusant d’accepter que la France et l’Allemagne soit justement un club : « C’est totalement différent. Ce n’est pas un club. C’est ce qui est au cœur de l’ambition européenne : la paix entre la France et l’Allemagne. C’est au cœur de l’Union européenne. »

 

De telles déclarations risquent néanmoins de renforcer la détermination de la Ligue hanséatique et lui assurer le soutien d’autres États voire d’autres clubs comme le Benelux ou le Groupe de Visegrad (après tout ils sont déjà en partie présents avec les Pays-Bas pour le Benelux et la Tchéquie et Slovaquie pour Visegrad). L’image que la France envoie auprès de ces pays est qu’elle utilise l’Europe pour ses ambitions et parfois pour compenser son incapacité à gérer ses problèmes internes.

 

Pour ne pas arranger les affaires du gouvernement français, la nouvelle Ligue hanséatique pourrait bien compter sur le soutien plus ou moins implicite de l’Allemagne. Contrairement à la France, Berlin a accueilli favorablement l’initiative. Le ministre des Finances allemand, Olaf Scholz, a apprécié la formation de ce groupe et a fait remarquer que : « Je suis de Hambourg – nous sommes de l’ancienne ligue hanséatique ! ».

 

L’Allemagne ayant, en effet, une politique fiscalement conservatrice mais cherchant à garder de bonnes relations avec la France, préfère affirmer son soutien à la Ligue à demi-mots plutôt qu’ouvertement. Néanmoins, certaines voix allemandes ne cachent plus leur adhésion à la politique de la Ligue contre la France. Ainsi 154 économistes allemands, dont Jürgen Stark, ancien membre du directoire de la Banque centrale européenne, ont lancé en mai 2018 une lettre ouverte dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung contre les projets français d’un budget commun pour les mêmes raisons que les pays de la Ligue : crainte de perdre en stabilité économique au détriment d’une solidarité en faveur des États n’arrivant pas à gérer leurs dépenses publiques.

 

La crise des Gilets jaunes va très certainement amplifier cette opposition de l’Europe du nord et d’Europe centrale isolant encore plus Emmanuel Macron sur la scène européenne et renforcer l’Allemagne, plus habile politiquement et diplomatiquement. Reste à savoir combien de temps l’Europe du nord (avec l’Allemagne) et celle du sud (avec la France) vont réussir à s’entendre dans un contexte les opposant de plus en plus.

 

Cet article a été publié dans éducation prépa école de commerce. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour La presse dissimule une terrible réalité : Macron a brouillé la France avec toute l’Europe, en dehors de la Belgique et du Luxembourg son projet europeen attire au mieux de l’incompréhension au pire de la haine

  1. Ping : La presse dissimule une terrible réalité : Macron a brouillé la France avec toute l’Europe, en dehors de la Belgique et du Luxembourg son projet europeen attire au mieux de l’incompréhension au pire de la haine | Raimanet

  2. Ping : La presse dissimule une terrible réalité : Macron a brouillé la France avec toute l’Europe, en dehors de la Belgique et du Luxembourg son projet europeen attire au mieux de l’incompréhension au pire de la haine | LE BLOG DE PATRICE GIBERTIE

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s