Jamal Khashoggi , le journaliste  assassiné par les Saoudiens : un islamiste ami de Ben Laden, sans doute barbouze au service d’Erdogan ?

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Etrange spectacle, le sultan Erdogan prend la défense d’un journaliste saoudien assassiné, Merkel prend le relai et appelle à ne pas vendre d’armes à l’Arabie saoudite ( l’Allemagne n’en vend pas ). Poblème Jamal Khashoggi est un frère musulman ami de Ben Laden qui s’est retrouvé avec les djihadistes en Afghanistan et en Algérie …

L’assassinat est monstrueux , il faut le condamner mais de la à transformer un djihadiste en combattant de la liberté….

 

 

Les frères musulmans plus dangereux que le salafisme saoudien

Pour comprendre il faut rappeler que le régime saoudien a cessé depuis quelques années de soutenir les frères musulmans  (Erdogan, Ramadan, le Qatar). Le salafisme saoudien ne doir pas être confondu avec les frères musulmans car ces derniers veulent remplacer les manarchies par un seul califat ( le sultan Erdogan est candidat).

 

 

Présenté par la presse comme un journaliste farouchement opposé au régime de Riyad et qui milite pour la démocratie et la liberté de la presse dans le monde arabe, Khashoggi est un fervent partisan de l’Islam politique, proche des Frères musulmans, et qui a fondé une organisation pour relancer les « printemps arabes » partout où cela pouvait être possible

Issu d’une famille puissante et riche, Jamal est le petit-fils de Mohammed Khaled Khashoggi, médecin personnel d’Abdelaziz Ben Abderrahmane Ben Saoud, alias Ibn Saoud, le fondateur du Royaume d’Arabie Saoudite. Il est aussi le neveu d’Adnan Khashoggi, un puissant marchand d’armes à la vie extravagante, considéré au début des années 1980 comme l’homme le plus riche du monde. Son oncle Adnan est décédé l’an dernier à Londres. Jamal est aussi le neveu de Samira Khashoggi, la mère de Dodi El-Fayed, l’amant de la princesse Diana mort dans l’accident de Paris en 1997.

Au lycée, Jamal Khashoggi avait un bon ami. Il s’appelait Oussama Ben Laden.

 

«Nous espérions établir un État islamique n’importe où», a rappelé Khashoggi à propos de leur temps passé ensemble dans les Frères musulmans. «Nous pensions que le premier en mènerait un autre, ce qui aurait un effet domino qui pourrait inverser l’histoire de l’humanité.»

 

L’amitié qui s’est tissée avec Jamal Khashoggi est renforcée  à la suite de la venue d’Oussama ben Laden en Afghanistan. Khashoggi est, inscrit à un moment donné comme l’ un des « plus grands financiers terroristes du monde » par le département du Trésor.

Khashoggi est qualifié de journaliste par les médias, mais ses écrits sur l’Afghanistan des années 80 se lisent comme une propagande djihadiste: « Arab Mujahaden en Afghanistan II: illustre l’unité de la oumma islamique ».

 

Après l’Afghanistan, Jamal Khashoggi est allé travailler en tant que conseiller auprès des médias de l’ancien directeur des services de renseignements saoudiens, le prince Turki bin Faisal, qui aurait des liens avec Al-Qaïda. Ces allégations émanaient notamment de Zacarias Moussaoui, présumé vingtième pirate de l’air.

Au moment des attentats du 11 septembre, Khashoggi a écrit que les Saoudiens ne «céderaient» pas aux «demandes» américaines de «condamnation sans condition» et de «coopération totale».

 » Il est temps que les États-Unis comprennent l’effet de sa politique étrangère et les conséquences de cette politique ».

C’est le vrai Khashoggi, un apologiste cynique et manipulateur du terrorisme islamique, et non le mythique dissident martyrisé dont les médias ont consacré la disparition au cours de la pire partie de la semaine écoulée.

Jamal Khashoggi n’était pas un modéré. Certains le décrivent comme le chef des Frères musulmans saoudiens. Le réseau islamiste admire Hitler et cherche à imposer la loi islamique dans le monde entier. Il n’était pas non plus partisan de la liberté de la presse. Lors d’une de ses apparitions à Al Jazeera , il s’est plaint du fait que le gouvernement saoudien autorisait certains journalistes à rendre compte de manière positive sur Israël.

Son dernier projet, DAWN ou Démocratie pour le monde arabe maintenant, était destiné à aider les islamistes.

Khashoggi a continué à plaider en faveur de l’État islamique des Frères musulmans. Il a continué à défendre cette cause alors même que les Saoudiens avaient décidé que la Fraternité était devenue trop dangereuse.

Comme son vieil ami, Jamal Khashoggi s’est exilé dans un pays islamiste ami. Oussama ben Laden a trouvé refuge au Pakistan et Khashoggi s’est retrouvé en Turquie. La famille Khashoggi était originaire de Turquie. Et la Turquie devenait rapidement la première puissance islamiste sunnite de la région. Vivre en Turquie a placé Khashoggi à l’intersection des partisans turco-qatariens de la confrérie et des médias occidentaux.

https://www.frontpagemag.com/fpm/271623/jamal-khashoggi-media-fights-muslim-brotherhood-daniel-greenfield

 

Au cours de ses trois dîners avec Oussama Ben Laden, Jamal Khashoggi lui répéta inlassablement la même requête: «Pourquoi ne pas enregistrer sur mon magnétophone ce que tu viens de me dire en privé?»

 

C’était en 1995 à Khartoum au Soudan, où le chef d’al-Qaida s’était replié. Mais, la vie de Médine, la sainte, lui manque. Les finances de son organisation naissante sont à sec. «Lorsqu’elle apprend qu’Oussama désire rentrer en Arabie, sa famille se tourne vers un ami de longue date, le journaliste Jamal Khashoggi», raconte Lawrence Wright dans La Guerre cachée, son livre culte sur al-Qaida, publié après les attentats du 11  Septembre aux États-Unis.

 

Les deux familles se connaissent. Oussama a grandi à Djedda, le grand port sur la mer Rouge, où Jamal venait régulièrement dans les années 1970. Les Ben Laden, dans la construction, et les Khashoggi, sur le marché des armes, pèsent lourd financièrement

 

Jamal Khashoggi n’a donc rien à voir avec la société civile, les médias alternatifs et le mouvement progressiste. C’est un homme du sérail qui a toujours servi le pouvoir tantôt en tant que collaborateur des organes de propagande de la monarchie comme Saudi Gazette, Okaz ou Al-Watan, tantôt comme conseiller de Turki Ben Fayçal, ancien chef de l’espionnage saoudien, et du prince milliardaire Walid Ben Talal. En 1988, il pose avec un lance-roquettes au milieu de volontaires djihadistes arabes sur le front afghan. Plus récemment, il avait apporté son appui politique et moral aux islamistes en guerre contre la Syrie.

Ses récentes critiques contre le prince Mohammed Ben Salmane par rapport à la guerre au Yémen ou à ses méthodes autoritaires ne sont pas à comprendre comme un acte de résistance citoyen, mais plutôt comme une expression de rivalité politique entre deux clans d’une même dictature. Jamal Khashoggi est un membre revendiqué des Frères musulmans, une secte soutenue par le régime saoudien durant la Guerre froide contre les mouvements laïcs et socialistes arabes, puis classée comme organisation terroriste par ce même régime saoudien dès lors qu’elle tissa sa toile dans les institutions du royaume. Khashoggi n’est donc même pas un «libéral», comme les journalistes des grands médias le répètent à l’envi.

il a fait allégeance à d’autres rois, en premier lieu à Erdogan, le leader turc du réseau des Frères musulmans. Il soutenait les groupes islamistes en Syrie et partage une même aversion à l’égard des minorités confessionnelles que Daech ou Al-Nosra, en particulier contre les alaouites et les chiites. Il a justifié l’exécution par décapitation du leader chiite saoudien Nimr Baqr Al-Nimr, condamné en janvier 2016 pour ses discours antimonarchistes. «L’exécution du cheikh Al-Nimr, écrivait Khashoggi, est un message clair adressé à quiconque veut renverser le gouvernement. Nimr a appelé ouvertement à renverser le système et à faire allégeance au Wilayat Al-Faqih (le leader suprême iranien)» (Middle East Eye, 2 janvier 2016). Effrayante ironie du sort, Khashoggi a eu les mêmes bourreaux et a subi la même peine qu’Al-Nimr, voire pire.

Le dessein politique de Jamal Khashoggi est clair et assumé : œuvrer à l’avènement d’une gouvernance selon les préceptes de la charia dans l’ensemble des Etats du monde dit arabe, en privilégiant l’approche idéologique des Frères musulmans égyptiens.

Avant sa disparition, il était à la recherche de fonds pour financer son organisation secrète. Pour cela, il a notamment sollicité l’opposition djihadiste en Syrie et ce serait les dirigeants sollicités de celle-ci, eux-mêmes financés par l’Arabie saoudite, qui l’auraient « vendu » aux services de renseignement de Riyad.

 

Là se pose une question fondamentale : qui a été tué ? Le journaliste ? L’opposant au régime de Riyad ? Ou la barbouze qui travaillait en secret à déstabiliser des Etats –et pas seulement l’Arabie saoudite- en vue de favoriser l’arrivée au pouvoir du courant islamiste dont il partage l’idéologie ? Sans doute un peu des trois.

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Mohamed Louizi, observateur attentif et averti de tout ce qui constitue les turpitudes de la nébuleuse islamiste explique dans son blog  ce qu’est la guéguerre entre services secrets turc et saoudiens .

http://mohamedlouizi.eu/2018/10/22/assassinat-de-jamal-khashoggi-la-paille-et-la-poutre/comment-page-1/#comment-7473

La paille et la poutre.

Que l’on soit en phase, ou pas, avec ses idées pro-islamistes, ou avec son passé troublant à l’ombre d’Oussama Ben Laden et des jihadistes arabes en Afghanistan, ou avec ses prises de position politiques et ses proximités notoires avec le régime de l’émir du Qatar, que l’Arabie Saoudite et ses alliés ont mis, par ailleurs, au ban depuis juin 2017, Jamal Khashoggi ne méritait pas d’être tué en Turquie au sein du consulat de son pays.

 

 

Cela étant dit avec conviction, il n’est pas admissible d’instrumentaliser, médiatiquement à échelle planétaire, ce fait, quand bien même très dramatique, à des fins politiques et géopolitiques visant à terme, à n’en point douter, à nuire à l’Arabie Saoudite et à ses alliés, dans le cadre d’un chantage, à peine voilé, à la déstabilisation, au moment même où l’on relativise , suivant la fameuse devise du « politiquement correct », bien des exactions réelles et évidentes commises par d’autres régimes de la région : le Qatar et la Turquie en tête. Dans de tels cas avérés, on n’entend pas parler de « châtiments sévères » ou de « boycott » ou de je ne sais quelle sanction ou suspension des relations diplomatiques. Dans le cas saoudien, le traitement est assurément différent. Cherche-t-on à hypothéquer la stabilité de toute une région, déjà très fragile, par l’obscure tragédie d’un homme qui n’a pas encore livré tous ses secrets ?

 

Car si des agents de l’Arabie Saoudite ont commis ce crime abominable et condamnable sur le territoire turc, que ce crime soit accidentel comme le reconnaissent les autorités saoudiennes ou prémédité comme le supposent leurs rivaux, il conviendrait aussi de rappeler de nombreux faits similaires, voire plus graves encore, de par leur caractère répétitif, systématique voire systémique et leur impunité institutionnalisée qui sont l’œuvre non pas des services secrets saoudiens mais bel et bien des services secrets turcs, en dehors de la Turquie : le fameux MIT, Milli Istihbarat Techkilati qui, en plus de ces actions habituelles, a bel et bien envoyé des armes et des munitions aux jihadistes en Syrie. « L’affaire des camions »[36] est là pour en témoigner même si toute question à son sujet devient un tabou gênant, comme en témoigne la violence avec laquelle Erdogan avait répondu à un journaliste français qui avait osé lui poser la question, en janvier 2018, à l’Elysée[37]-[38] …

 

En effet, pourquoi assiste-t-on  à un tel tollé international quand il s’agit de l’Arabie Saoudite ? Pourquoi, dans le cas particulier de la Turquie (ou du Qatar), assure-t-on plutôt une sorte de service minimum, sans ambages, sans pour autant arborer la menace de sanctions ou de châtiment sévère ? Certes l’Amérique de Donald Trump l’a fait récemment pour pousser les Turcs à libérer un pasteur – ce qui s’est passé en marge de la disparition  de Jamal Khashoggi] — mais cela reste très en-deçà de ce que les Saoudiens pourraient endurer si les menaces internationales concertées se concrétisaient. Ces questions sont légitimes d’autant plus que la vie d’un humain, quel qu’il soit, ne vaut ni plus ni moins que la vie d’un autre humain et que la vie d’un islamiste Frère musulman ne vaut ni plus ni moins que celle d’un démocrate laïque.

 

Des peuples arabes (et musulmans) de la région qui assistent à ces méthodes médiatiques et politiques, à deux vitesses, à deux poids deux mesures, y trouveraient un terreau fertile favorisant les folles théories complotistes, accentuant bien des fractures entretenues par les islamistes entre

 

En effet, alors que la Turquie mène une purge sanglante, au moins depuis le soi-disant « putsch militaire raté » qui a permis à Erdogan de maximiser et d’asseoir son pouvoir autocratique, ses services secrets, les agents de le MIT, ne connaissent plus les frontières, ne reconnaissent pas la souveraineté de nombreux Etats ciblés et se sentent pousser des ailes, s’autorisant  à aller chercher les opposants politiques d’Erdogan là où ils résident, eux et leurs familles, aux quatre coins de la planète, pour les jeter en prison, souvent à perpétuité. Ils frappent là où ils veulent et traquent les opposants politiques d’Erdogan qu’ils soient Kurdes ou adeptes du mouvement de Fethüllah Gülen[40], les gülénistes, en Amérique, en Europe, en Asie, ou en Afrique, impunément.

 

Très récemment, le 3 octobre 2018, le lendemain de la disparition de Jamal Khashoggi en Turquie (!), au moment où l’on a commencé à mobiliser un obscur réseau international très solidaire par son hostilité à l’égard des Saoudiens, une autre opération secrète se déroulait  à plus de 6 mille kilomètres d’Istanbul, sur le territoire américain. Il s’agit de l’intrusion d’un homme armé, qui serait lié à le MIT, dans la résidence de Fethüllah Gülen en Pennsylvanie[41]. Heureusement pour lui, sa protection a agi efficacement.

 

Très récemment, toujours en France, on a appris qu’un « commando turc est venu provoquer violemment des militants de différentes organisations démocratiques brestoises et kurdes rassemblés pacifiquement, à l’appel des Amitiés kurdes de Bretagne, pour protester contre l’intervention militaire de la Turquie en Syrie, dans la région kurde appelée Rojava. »[64] Dans L’Express, le constat est sans appel : « Pour les Kurdes, les gülénistes [adeptes du mouvement Service de Fethüllah Gülen, ndlr] et les opposants à Erdogan, Paris n’a donc plus rien d’une ville sûre. Dans la capitale française, les adversaires de Recep Tayyip Erdogan vivent dans la crainte permanente de croiser les redoutables agents du MIT. A ce sujet, les témoignages abondent. »[65] Vu des lunettes sombres des agents du MIT, la France n’est certainement pas une exception.

 

Enfin, dans la Turquie d’Erdogan, tout y est, enlèvements, torture, assassinats politiques, usage de la drogue du violeur pour kidnapper, affrètement d’avions pour exfiltrer des opposants, en dépit du droit international et de la souveraineté des Etats, entraves à la Justice, menaces et intimidations, armement des factions jihadistes … et que sais-je d’autres. Moralité : une autocratie conservatrice qui tente de se réformer, l’Arabie Saoudite, peut bien faire oublier une dictature islamiste qui s’enfonce davantage dans l’arbitraire criminel. Des médias français [et des politiques aussi] feraient mieux de voir la poutre dans l’œil du régime d’Erdogan, au lieu de faire une fixette non innocente sur la paille dans l’œil de l’Arabie Saoudite. On n’est dupe de rien …

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Un commentaire pour Jamal Khashoggi , le journaliste  assassiné par les Saoudiens : un islamiste ami de Ben Laden, sans doute barbouze au service d’Erdogan ?

  1. josephhokayem dit :

    A reblogué ceci sur Histoire militaire du Moyen-Orient.

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