ECOLES DE COMMERCE: la vérité sur les diplômes,les cursus, les classements

https://www.amazon.fr/guide-critique-2018-ECOLES-COMMERCE/dp/B07CQKKF7W

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Il fut un temps où les écoles de commerce étaient célébrées pour leur capacité à attirer les meilleurs étudiants et pour leurs liens étroits avec le monde du travail et les entreprises. Aujourd’hui les critiques internes aux institutions ne sont pas tendres. Elles remettent en cause une dérive venue du monde Anglo saxon : explosion des frais de scolarité, faible valeur ajoutée. Ne soyons pas surpris si ces critiques viennent de là-bas. Martin Parker, écrit même « Pourquoi il faut passer le bulldozer sur les école de commerce » pour The Guardian.

Où en sommes-nous en France ?

Quelques belles institutions sont fidèles au modèle français mais pour un bachelier et même pour un étudiant plus âgé il n’est pas facile de s’y retrouver. Mon « Guide critique des écoles de commerce « édition 2018 » sera à la fois le dernier et le plus précis.

 

Depuis trois ans je dénonce la mystification des classements des écoles de commerce.

 

La presse vend du papier, les candidats sont friands et les écoles pas toujours scrupuleuses. Preuves à l’appui, je multiplie les avertissements. Depuis quelques semaines la baudruche se dégonfle et plusieurs journalistes sérieux prennent du recul et des précautionsQuels classements utiliser ? Quels critères choisir ?

L’Etudiant et Challenges ont fait d’indéniables progrès.

Evitez absolument les classements qui ne fournissent pas les indications statistiques précises pour chaque école. Le Point, le Figaro en attendant le Parisien sont de ce point de vue peu lisibles et donc scientifiquement contestables.

Selon le Figaro, Gem aurait 32% d’alternants dans son programme grande école. Chiffres totalement fantaisistes. Il faudrait que l’école propose plus de 1000 contrats ; impossible. L’école avoue 113 contrats d’apprentissages sur son site et au ministère (3,2%…) on peut y ajouter des contrats de professionnalisation mais le Figaro s’est bien mélangé les pinceaux. Gem indique 17% d’alternants à l’Etudiant, ce n’est toujours pas 32%.

Le FIGARO utilise les accréditations pour la reconnaissance internationale mais oublie joyeusement AMBA pour Neoma , Edhec et Tbs.

Depuis quelques années je constate avec plaisir le renouveau de la fibre entrepreneuriale, les classements veulent la prendre en compte et c’est bien mais comment ?

Le Point classe première l’EDC ….

Pour comparer les différentes écoles le plus simple est de prendre en compte le concours du Petit Poucet .

http://petitpoucet.fr/2018/02/28/barometre-de-lentrepreneuriatetudiant-2018/

De quelles écoles de commerce sont issus les candidats et les lauréats du Concours Petit Poucet pour cette nouvelle édition ? 1. HEC Paris 2.  NEOMA 5. ESSEC 8. EM Lyon Business School 12. SKEMA

Je ne trouve pas l’EDC ….

Le microcosme français s’intéresse à un des multiples classements du FINANCIAL TIMES, celui du master généraliste en management

Permet-il pour autant de comparer les masters Grande ECOLE français ?

Encore faut-il que les écoles jouent le jeu et présentent toutes le même PROGRAMME au classement du Financial Times, à savoir donc  le programme Grande école

Certains établissements apparaissent avec un master spécifique et non le diplôme grande école. La stratégie payante consiste à faire prendre en compte une formation d’excellence, très internationalisée avec des rémunérations élevées pour les anciens. Il est ainsi possible de booster son classement.

Le bon rang de Grenoble s’explique par un classement à partir non de son diplôme « grande école » mais du MASTER INTERNATIONAL BUSINESS, excellent mais qui n’a rien à faire là. Il s’agit d’un master spécialisé sélectif.

Audencia l’a compris et elle n’est plus classée sur le master qu’obtiennent un millier d’étudiants par an mais sur le double diplôme obtenue chaque année par 101 étudiants de l’école Centrale

Skema diplôme plus d’un millier d’étudiants chaque année dans son grade master, le Financial times ne les prend pas tous en compte loin de là. LES EFFECTIFS déclarés par Skema ne représentent que la moitié des effectifs du PGE .

http://rankings.ft.com/businessschoolrankings/masters-in-management2017

Mais les fondamentaux ont la peau dure et leur approche est accessible via le site de la Commission des titres de master et ce pour le plus grand malheur de quelques écoles écoles . La contradiction devient alors flagrante entre certains classements et la réalité.

https://www.cefdg.fr/

 

La nouvelle mode du « bien-être », mise en avant par certaines écoles est-elle compatible avec la préparation à l’emploi?  

 

http://www.lemonde.fr/campus/article/2018/03/15/mba-des-candidatsen-quete-d-epanouissement_5271154_4401467.html

 

« Des étudiants assis bien droit sur leur chaise, les yeux mi-clos, les bras le long du corps, concentrés sur leur respiration en pleine méditation… Vous n’êtes ni dans un monastère ni dans un ashram, mais à Angers, dans un cours de macroéconomie du programme grande école de l’ESSCA, une école de management postbac.

 Lassé de voir ses étudiants déconcentrés par les alertes de leur smartphone ou l’arrivée d’une nouvelle notification Facebook sur l’écran de leur ordinateur, Stéphane Justeau, professeur d’économie et directeur de l’Institut de pédagogie avancée de l’école, s’est demandé comment améliorer leur concentration. Et a eu l’idée de leur proposer des exercices de « pleine conscience ». Une pratique méditative laïque héritée du bouddhisme qui a fait ses preuves sur le plan scientifique.

 “À la fin des années 1970, Jon Kabat-Zinn, médecin et professeur à l’université du Massachusetts, a montré l’impact de la pratique de cette méditation sur les processus mentaux, l’attention, la régulation des émotions, énumère le professeur. Aujourd’hui, pas moins de 450 articles ont été publiés sur ce sujet. »

 À Kedge (Bordeaux, Marseille), la pratique de la méditation a fait son entrée à l’école en 2014 à l’occasion de la “quinzaine du bien-être”. Depuis, les étudiants se pressent chaque année, en novembre, à l’atelier d’une dizaine d’heures de respiration et de méditation, dispensé par Amanda Schmitt, la responsable du centre Art de Vivre, une école située à Marseille.

 « Beaucoup de difficultés en entreprise sont liées au fait que les différents collaborateurs ont du mal à entendre les signaux envoyés par leur corps », observe Christelle Tornikoski, professeure de management à GEM. Une difficulté que la « pleine conscience » peut aider à résoudre.

 La business school grenobloise a été l’une des premières à s’intéresser, il y a vingt ans, à la pleine conscience. Et la seule sans doute à proposer à ses étudiants du programme grande école une spécialisation de 27 heures centrée sur le sujet, alliant connaissances du domaine de la santé et du monde de l’entreprise, et pratiques de la pleine conscience et de l’intelligence collective. Nom de code : “La force du manager de demain : réflexivité et cœur à l’œuvre”. Le centre de développement personnel et managérial de GEM propose à l’ensemble de ses étudiants des ateliers « pleine conscience ».

Tout cela est plus sexy que des cours d’Excel ou une aide sérieuse à l’orientation .Il m’arrive de me demander si l’on peut travailler en école. …

Les écarts sont pourtant conséquents entre des écoles qui comptent moins de 5% de chômeurs après le diplôme et celles qui sont à près de 20%. Mais tous les emplois ne se valent pas, nous prendrons donc en compte le pourcentage de jeunes diplômés en CDI

Qui fait mieux que la moyenne? Les parisiennes, on s’y attendait mais il y a des surprises.

Les écoles qu’il faut intégrer : moins de 10% d’étudiants en recherche d’emploi et plus de 70% en cdi

Réussite sans égal de l’Essec, pour pratiquement tous les étudiants c’est le cdi. Certains seront surpris de trouver Neoma dans le premier groupe mais la proximité de PARIS (Reims, Rouen) et l’importance de l’apprentissage n’y sont pas pour rien. Peut être également une moindre exigence en terme d’emplois ?

% Diplômés en CDI %en recherche d’emploi

ESSEC                         90.2                                              3

ESCP                            77.4                                             7

HEC                              74.1                                             5

EM LYON                   73.8                                                 7

NEOMA                      73.8                                              9

Trois écoles n’atteignent qu’un seul objectif mais leurs performances sont enviables

Je m’attendais à trouver l’EDHEC et Audencia un peu mieux placées, Kedge s’en sort bien. Le niveau d’exigence serait-il trop élevé pour les diplômés de l’Edhec et de Audencia qui croient en l’existence d’un top 5 ?

% Diplômés en CDI %en recherche d’emploi

EDHEC                               70.6                                          12

KEDGE                               68.9                                           5

Audencia                          64 .7%                                      8.3

Ces bachelors post bac qui conduisent rarement à l’emploi mais à de couteuses poursuites d’étude

 

Pour des raisons budgétaires les grandes écoles ont multiplié à côté de leur PROGRAMME GRANDE ECOLE, plusieurs formations moins sélectives. Les étudiants sont tentés par des programmes recrutant au niveau du bac et jouant sur la confusion des noms. Personne n’a vu un seul étudiant du BBA Essec ne pas se présenter comme un Essec. Pourtant il ne suit pas le programme Grande école et n’aura pas le grade de master. Les écoles ont gagné en notoriété ce que les étudiants et les recruteurs ont perdu en visibilité. Ces programmes sont à la mode et les Bachelor in Business Administration se multiplient. Ils sont organisés sur trois ans mais attention ils ne délivrent pas de licence. Les bachelors ont été conçus comme des formations post-bac professionnalisantes conduisant au marché du travail et destinées à des étudiants ayant déjà une petite idée de ce qu’ils ont envie de faire. Un bon bachelor se suffit à lui-même, il doit conduire au marché du travail sans chercher à repasser par la case « grande école ».

La critique intervient lorsque que des étudiants les confondent avec des écoles post prépa ou post bac délivrant le master. Alors ils veulent poursuivre dans une autre école ; ils referont en deux ou trois ans ce qu’ils ont déjà fait en trois ou quatre ; finalement un cursus répétitif très cher.Je rappelle que dans le modèle anglo-saxon le bachelor est suivi d’une longue période professionnelle puis ensuite un Mba, ce qui semble plus logique.

Les BBA qui peuvent se suffire à eux-mêmes : un étudiant sur deux  entre sur le marché du travail :

 

% Diplômés en CDI     %en recherche d’emploi    %poursuite étude

 

CESEM Neoma                   34                   9 .8                                       44

 

Bba essec                            33.1                  3                                         45

 

Bachelor TBS                        25                  8                                         49

Situation analogue pour Kedge EBPI mais peu d’étudiants ont répondu, seulement 4 % poursuivent des études. Cette formation qui délivre le grade de master est donc devenu une école post bac à part entière.

Ceux qui conduisent rarement à l’emploi mais à de couteuses poursuites d’étude

Je suis bien plus critique pour ces formations souvent mises en place pour alimenter le programme grande école.

 

% Diplômés en CDI        %en recherche d’emploi         %poursuite étude

 

Kedge bachelors          14.6                         9                                        63

 

Edhec     ESPEME         15                               4                                         74

 

Pour la rentrée 2018, les frais de scolarité de cette formation  passeront de 36.900 euros à 40.900 euros pour le parcours «business management» et de 50.500 euros à 55.500 euros pour le cursus «global business» sur quatre ans…Pour les deux tiers des étudiants qui complèteront  par deux années en programme Grande école, le cout total du cursus avoisinera donc les 100 000 euros . …Cher pour un diplôme Edhec…

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