BBA le virus qui tuera les prépas et dévaluera votre diplôme Vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas

 

Dans les prochaines années le nombre de diplômés Essec, edhec, ESCP et surtout EM Lyon  explosera. Les recruteurs auront à leur disposition des étudiants recrutés au niveau du bac  avec une culture académique assez proche du bac mais avec trois ou quatre années d’école de commerce agrémentées de stages ou de séjours dans les campus à l’étranger de l’école.

La lisibilité du diplôme grande école  perd beaucoup dans cette  affaire. Pourquoi faire une Cpge , passer des concours difficiles pour se retrouver  sur le marché du travail en concurrence  avec des diplômés d’un tout autre profil….

Le guide critique des écoles de commerce n’a pas été conçu pour faire plaisir mais pour avertir ?

 

 

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https://pgibertie.com/2017/04/08/le-guide-critique-2017-des-ecoles-de-commerce-tout-ce-que-vous-auriez-voulu-savoir-sur-les-ecoles-mais-que-lon-ne-vous-dira-jamais/

 

« Cursus en trois ou en quatre ans ? Si les deux formats de bachelor coexistent, c’est le premier qui domine assez largement. Avec parfois des effectifs conséquents  : celui de Toulouse Business School (TBS), le plus important en France, compte plus de 1  450 inscrits.

Les deux modèles ont des vocations différentes – bien que proches. Le « Ba » en trois ans est un cursus à la fois professionnalisant et ouvert sur l’international.

Celui d’EM Normandie prévoit ainsi deux semestres hors de l’Hexagone, et permet de suivre sa troisième année en anglais. A TBS, les élèves peuvent effectuer leur scolarité à Barcelone ou choisir de rester dans la Ville rose. « Notre bachelor est une formation à double vocation  : professionnelle et interculturelle », souligne Victor Gervasoni, le directeur du pr

De son côté, le Ba en quatre ans – souvent appelé « bachelor international » ou « global bachelor » – accroît cette ouverture sur le monde, et en fait l’axe de son programme. A l’Essec, les élèves du Global BBA peuvent opter pour les campus de Singapour ou de Rabat (Maroc), et passent au moins un an dans une université étrangère.

Ceux de l’Edhec se voient proposer plusieurs parcours, dont un Global Business Bachelor sur trois continents (avec UCLA aux Etats-Unis et Nanyang University en Chine), et un autre avec une dernière année en Asie ou en Amérique latine. Le Ba d’EM Lyon inclut entre deux semestres et deux ans à l’étranger  ; celui de Kedge, deux années hors de France. Ce cursus en quatre ans permet d’obtenir un diplôme de niveau master 1.

L’article contient des informations précieuses mais également des omissions. Affirmer que le bachelor permet d’obtenir un niveau master 1 pourrait laisser croire que ce diplôme délivrerait le grade de master reconnu par l’Etat. Ce n’est pas le cas,  l’étudiant aura pour seul grade universitaire son baccalauréat de la fin de terminale. Nous nous inquièterons de la lisibilité du diplôme grande école de Toulouse et de Kedge. En multipliant les BBA comme des petits pains il sera bien difficile aux recruteurs de s’y retrouver et de faire la différence. A court terme les BBA apportent une manne financière à l’école, à plus long terme les directions devraient réfléchir à la fameuse loi de Gresham

Une institution reconnue peut très bien proposer une formation   délivrant le grade de master et à coté en proposer d’autres qui ne diplôment pas. Tel est le cas des bachelors et assimilés apparaissant dans la liste avec également le nom de la Grande école.

Pour des raisons budgétaires les grandes écoles ont multiplié à côté de leur PROGRAMME GRANDE ECOLE, plusieurs formations moins sélectives. Les étudiants sont tentés par des programmes recrutant au niveau du bac et jouant sur la confusion des noms. Personne n’a vu un seul étudiant du BBA Essec ne pas se présenter comme un Essec. Pourtant il ne suit pas le programme Grande école et n’aura pas le grade de master. Les écoles ont gagné en notoriété ce que les étudiants et les recruteurs ont perdu en visibilité. Ces programmes sont à la mode et les Bachelor in Business Administration se multiplient. Ils sont organisés sur trois ans mais attention ils ne délivrent pas de licence.

Les grandes écoles utilisent parfois leur bachelor comme une réserve d’étudiants pour le programme grande école. Après le bachelor il est possible de tenter le concours d’admission sur titre en deuxième année du PGE. Mais attention : l’admission n’est pas systématique. Les formations visées par le ministère de l’Éducation nationale permettent néanmoins aux diplômés de se présenter aux concours. Les masters à l’université sont cependant accessibles aux étudiants diplômés de bachelors visés par le ministère de l’Éducation nationale

Le rêve inavoué de bien des écoles est de multiplier les bachelors, ils rapportent de l’argent et ils assurent un recrutement captif évitant de dépendre des CPGE et des premiers cycles universitaires. Pour les étudiants la stratégie du bachelor présente des avantages et des inconvénients. Cette formation peut sembler assez proche des écoles post bac. Attention certaines écoles post bacs délivrent le grade de master, ce que le bachelor ne fera jamais.

Em lyon ouvre ainsi un bachelor comme une alternative aux classes préparatoires. Le pari n’est pas sans risque. Plus les effectifs de bachelors sont nombreux, plus le programme grande école est dilué et plus la notoriété du diplôme grande école en pâtit. Hec ne s’y trompe pas, elle n’a pas de bachelor.

Certaines, prudentes ouvrent des bachelors mais avec une forte spécificité et une forte sélectivité. Durant 3 ans, les étudiants du Bachelor in Management (BSc) d’ESCP Europe étudieront dans trois des six campus européens de l’école. Après une première année d’études à Londres, ces étudiants poursuivront leur scolarité soit à Madrid, soit à Turin, avant de se réunir en dernière année sur le campus de Berlin, au cœur de l’Europe. Cette première promotion est constituée d’élèves de 16 nationalités différentes, dont une majorité d’allemands et d’italiens, rigoureusement sélectionnés parmi plusieurs centaines de candidats.  Ce projet n’entre pas en concurrence avec les CPGE.

La marque Essec, ESCP ou Kedge ne vous garantit pas le diplôme grande école associé à l’image de marque de l’école. Le brouillard recouvre ce qui hier était transparent…

Les recruteurs pour comprendre regardent alors systématiquement le cv et sur ce cv le passage ou non par une classe prépa, à leurs yeux clef de validation de la filière d’excellence.

Un cv sur lequel figure clairement après le bac une classe préparatoire (suivie d’un programme Grande Ecole) le rassurera sur la nature de votre formation et plus encore sur votre capacité de travail

Un cursus cpge suivi d’une école « moyenne » me semble préférable à un bachelor adossé à une école prestigieuse. L’étudiant en bachelor ne bénéficiera pas de l’enseignement en cpge et rien n’indique qu’il intègrera le programme grande école après le bachelor. Ce cursus lui coûtera 20 .000 euros de plus car la Cpge est gratuite ou peu couteuse. De plus il n’aura pas le grade de master avec le Bachelor.

Les bachelors ont été conçus comme des formations post-bac professionnalisantes conduisant au marché du travail et destinées à des étudiants ayant déjà une petite idée de ce qu’ils ont envie de faire. Un bon bachelor se suffit à lui-même, il doit conduire au marché du travail sans chercher à repasser par la case « grande école »

La critique intervient lorsque que des étudiants les confondent avec des écoles post prépa ou post bac délivrant le master. Alors ils veulent poursuivre dans une autre école ; ils referont en deux ou trois ans ce qu’ils ont déjà fait en trois ou quatre ; au final un cursus répétitif très cher.

Je rappelle que dans le modèle anglo-saxon le bachelor est suivi d’une longue période professionnelle puis ensuite un mba, ce qui semble plus logique.

 

 

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5 commentaires pour BBA le virus qui tuera les prépas et dévaluera votre diplôme Vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas

  1. Yoyo dit :

    Peut-être un début de réponse en ce qui concerne la prise de risque « impact BBA / image de marque école » des écoles du Top 5 :
    http://www.hec.fr/Knowledge/Marketing/Marketing-strategique/Extension-de-gamme-quel-impact-sur-l-image-de-la-marque

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  2. Isis dit :

    Bonjour, je tombe sur votre article un peu par hasard….et je me demande bien comment vous pouvez ne pas comprendre très simplement que les prépas….sont comme les dinosaures….condamnées à s’éteindre. Je suis passée par la prépa il y a plus de 25 ans…par tradition familiale ….j’ai ensuite intégré une grande Ecole de Commerce…mon mari est ingénieur avec un cursus du même style….et notre fils, brillant élève n’ira pas en prépa….S’il peut échapper à ce système abrutissant, et aujourd’hui c’est possible, ce sera une bonne chose. Et vous ne me direz pas que je ne sais pas de quoi je parle….j’y suis passée… je sais. Ce gavage de soi disant « culture générale formaté » destiné juste à être recraché pour les concours et qui ne laisse comme trace qu’une bibliothèque trop bien fournie en ouvrages abscons tout justes bons à caler les chaises. Ce gavage aussi en HG. Les maths abordées non comme outil mais comme moyen de sélection pur et simple….. la liste est longue. 2 ans de souffrance entre 18 et 20 ans….certains ne s’en remettent jamais, mois je m’en suis remise mais je n’ai jamais pardonné à ce système moyenâgeux dont vous êtes le défenseur. Comme s’il n’y avait pas d’autres moyens de développer l’intelligence de nos jeunes que cet abrutissement stérile. Seulement tout cela a marché tant que nous étions dans un système franco-français, Sûrs que nous avions la vérité…mais aujourd’hui nos jeunes et leurs parents, ont accès à bcp plus d’ouverture sur le monde…. et là on se rend compte que personne ne nous envie ce système, que d’autres pays ont des étudiants aussi brillants sans avoir cette « merveilleuse invention  » que sont les classes prépas !
    Du coup certains vont à l’étranger faire leurs études pour y trouver plus d’épanouissement (et non pas comme vous le dites pour faire la fête).
    Aujourd’hui certains se rendent compte qu’en passant par le post-bac, par un bon BBA (ex celui de l’ESSEC), par une admission parallèle, ils peuvent « contourner » la prépa. Ils ont envie d’avoir accès à une formation enrichissante, à des échanges culturels sans attendre 2 ans dans un enfer. Comment leur reprocher de préférer se plonger dans des cours qui les motivent plutôt que dans l »Ethique de Nicomaque ».
    On leur propose de partir faire des semestres dans des universités étrangères, ils en ressortiront surement plus enrichis que par un semestre de prépa. Je suis d’ailleurs scandalisée de la façon dont vous voyez ces échanges. La mondialisation n’est pas passée par vous….Ces jeunes sont citoyens du monde…. je crois que vous n’avez pas bien compris que le franco-français …. c’est terminé.
    Je travaille aujourd’hui dans une grande entreprise…les critères de recrutement ne vous en déplaisent évoluent. On préfèrera un jeune avec un parcours construit, ouvert sur le monde à un ex préparationnaire qui a atterrit dans une école parce que c’était la plus « haute » qu’il a eu dans les concours qu’il a passé, qui a mis 3 ans à se remettre des 2 années précédentes…
    Certes je caricature à mon tour. Mon propos est juste de vous signaler que l’importance de la prépa s’amoindrit…. parce que le monde a changé.
    la reconnaissance des BBa au grade de licence…. c’est pour demain…. il va falloir vous y faire.
    Aujourd’hui des écoles recrutent en post-bac pour délivrer un diplôme de grade master 2 (vous qui tenez tant aux grades).
    Aujourd’hui un étudiant qui a fait le BBA de l’Essec suivi d’un des Msc de l’Essec sort avec une étiquette identique à celle de l’élève du parcours grande Ecole (le « diplôme grande ecole Essec » c’est un Msc en Management, allez sur le site de l’Ecole vous pouvez vérifier. Le cycle des élèves « grande école » est même divisé en une partie bachelor et une partie master….exactement le même vocabulaire). En France il va être de plus en plus difficile de faire la différence…et en plus on va s’en moquer de plus en plus. Quand à l’étranger…. on ne fait pas la différence…. mais j’oubliais que le reste du monde…. ça n’existe pas …
    Bref, inadaptée…(elles découragent parfois des éléments pourtant brillants mais moins résistants), et dépassées, les prépas vont disparaitre…. et tant mieux.
    Nous aurons toujours des jeunes curieux vifs, ayant la soif de découvrir…. et nous ne prendrons plus le risque de les « casser » complètement.

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  3. pgibertie dit :

    Isis
    Une erreur de manip et deux messages ont été effacés, celui de Cergy qui vous répondait avec pertinence et votre propre réponse.
    Votre participation au débat sous le couvert de l’anonymat pose problème . Etes vous en entreprise ou responsable d’un BBA?
    Je regrette que vous sortiez les clichés boboisants que nous entendons depuis des années: les prépas abrutissent et cassent….
    Evitez les insultes du message supprimé, vous dites que je n’ai jamais mis les pieds en entreprise, qu’en savez vous ?

    Le modèle international c ‘est un diplôme en trois quatre ans suivi d’une période dequelques années en entreprise suivie d’un MBA
    Un bba en France suivi de quelques années en entreprise suivi d’u msc ou d ‘un mba , c ‘est bien , je n’ai jamais critiqué relisez l’article ci dessus
    Faire un bba de trois ans suivi immédiatement d’ un msc en management en grande école me semble un non sens couteux ,c ‘est une déformation de l’ancien modèle français de la grande école mais en version « cool », un chemin de traverse …

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  4. Isis dit :

    Bonjour monsieur, désolée si vous avez pris pour « une insulte » le fait de dire que vous n’avez jamais mis les pieds dans une entreprise….Ce n’est absolument pas une insulte, mais simplement une remarque pour illustrer le fait que vous n’avez probablement pas les clés de ce que se passe aujourd’hui dans les entreprises..D’autre part je me base sur vos propres déclarations décrivant votre expérience de professeur de prépa. (35 ans je crois)..visiblement aussi longue qu’une carrière entière. Donc peut-être avez vous fait une incursion en entreprise, mais elle ne peut qu’avoir été brève. Ceci posé , dommage également cette fausse manipulation… admettons. Nonobstant, je peux vous confirmer que je ne suis absolument ni de près ni de loin responsable d’un BBA. Mon profil est celui que j’ai décris dans le mail effacé…. et je suis passée par une prépa HEC à l’époque.
    Vous pouvez qualifier de « clichés boboisants » mes propos disant que les prépas abrutissent et cassent…. mais je sais de quoi je parle. Vous voulez un exemple concret juste comme cela en passant , j’ai compté dans ma bibliothèque….83 ouvrages lus en 2 ans, pour faire bonne mesure je vous donnerai 3 titres sans les auteurs par respect pour eux : La différence anthropologique, Sens et Non Sens, Chemins qui ne mènent nulle part….. Très pertinent pour sélectionner des élèves pour une carrière en entreprise, pour faire du marketing, de la finance….
    Le point sur lequel je suis d’accord avec vous….c’est la notion de chemin de traverse…effectivement il s’agit d’éviter de « perdre » 2 ans en prépa et de leur substituer 2 ans d’une formation bcp plus enrichissante, le tout pour arriver à un bac + 5 en 5 ans…. et non avec cette pause….entre les 2 de plusieurs années (toujours aléatoire cela….il faut avoir la possibilité ensuite d’y arriver quand vous avez commencé à vous engager dans une autre vie).
    Je remarque que si vous qualifiez mes propos de « boboisants » (j’aimerai connaitre votre définition du concept), de votre côté, vous êtes bien imprégné du fait que pour arriver au résultat « bac+5, type grande Ecole », il faut obligatoirement « souffrir » (très judéo-chrétien comme concept). L’idée qu’un chemin plus « cool » (votre terme induit bien une notion de « fainéantise » si je ne m’abuse) puisse exister vous dérange visiblement. Moi je le vois comme plus enrichissant et facilitant davantage l’épanouissement de talents.
    Je n’arrive pas à comprendre ce que vous voyez comme indispensable dans le système des prépas et je ne comprend pas non plus que vous ne soyez pas interrogés par le fait qu’il n’existe pas ailleurs .

    Reste la question du coût. Vous la soulevez et elle est bien réelle dans l’absolu. Mais là aussi, en l’état de notre système scolaire aujourd’hui, vous savez très bien que de toute façon arrivent en prépa, uniquement des enfants de familles aisées et culturellement favorisées. Les familles qui ont les clés de décodage du système depuis le primaire et jusqu’au bout. Celles qui savent pallier les manques de l’EN quand il le faut . Le problème pour ces familles n’est pas de payer 3 ou 5 ans, on n’en est plus là. Dans le « panel » concerné ce n’est pas par raison financière qu’on va aller en prépa ou en BBA . On peut déplorer ce système en circuit fermé… mais la situation est ce qu’elle est. Vous trouverez toujours j’imagine quelques contre exemples….mais le stats sont là, combien d’enfants d’ouvriers dans ce milieu …?

    Je suis désolée de « casser du mythe », mais revenons à une réalité pragmatique.

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