
Selon la Fnogec, si ces suppressions de crédits étaient confirmées, les quelque 130 000 enseignants des 7 500 écoles catholiques sous contrat, qui représentent 96 % des écoles privées sous contrat, ne pourraient plus être rémunérés. « Soit les familles acceptent de payer de leur poche les enseignants, soit on prend les 2,1 millions d’enfants des écoles privées catholiques et on les ramène à l’école publique en leur disant de se débrouiller », fustige auprès de l’AFP le président de la Fnogec, Pierre-Vincent Guéret. Le responsable estime également que cette perspective est « absolument contraire à l’organisation de l’enseignement sous contrat, à la liberté d’enseignement qui est constitutionnelle ». « On voyait bien monter un certain nombre de discours, mais jamais à ce point-là. Ce qui était un slogan est devenu un vote », poursuit-il. « Pour moi, ça s’appelle une déclaration de guerre », ajoute-t-il.
Adopté par les députés, l’amendement de La France insoumise pour augmenter de 20 % la rémunération des enseignants retire à lui seul 8,3 milliards d’euros des crédits de l’enseignement privé. « On ne construit pas l’école publique en s’essuyant les pieds sur l’école privée qui participe au service public de l’éducation. Que le gouvernement le dise aujourd’hui : aucun de ces prélèvements ne figurera dans le budget de la Nation », exhorte Pierre-Vincent Guéret. « Nous ne nous laisserons pas faire », assure-t-il.
La France Insoumise (LFI) et la gauche (Nouveau Front populaire), en commission des finances.Famillechretienne
Le 29 octobre 2026, lors de l’examen du projet de loi de finances pour 2027 en commission des finances de l’Assemblée nationale (présidée par Éric Coquerel, LFI), des amendements ont été adoptés qui retirent au total environ 8,99 milliards d’euros au programme qui finance l’enseignement privé sous contrat (budgeté à environ 8,94 milliards). Sur le papier, cela vide presque entièrement les crédits destinés aux écoles privées sous contrat (à 96 % catholiques, soit 2,1 millions d’élèves et environ 130 000 enseignants).Bfmtv
Le principal amendement
Le plus important est celui de Paul Vannier (LFI), qui propose une hausse immédiate de 20 % de la rémunération des enseignants. Pour respecter les règles budgétaires (le « gage »), il prélève 8,3 milliards sur les crédits de l’enseignement privé. D’autres amendements de la gauche (PS, écologistes, etc.) ont également ponctionné ce même programme pour financer d’autres mesures.X
L’enseignement catholique (Fnogec) a dénoncé une « déclaration de guerre » et un risque de fermeture d’écoles. Le rapporteur spécial RN Anthony Boulogne s’y est opposé.X