l’ARNm covid ne disparait pas immédiatement après l’injection et reste détectable dans 47% des cas 15jours après

In Vivo Blood Kinetics and Transcript Integrity of Three mRNA–Lipid Nanoparticle Vaccines in Humans
Revue : ACS Nano (2026), volume 20, numéro 42, pages 28329–28342.
DOI : 10.1021/acsnano.6c09226
Auteurs principaux : Stephen J. Kent, Shiyao Li, Yi Ju et collaborateurs (Australie).⁠Pubs.acs

Objectif

L’étude compare la cinétique sanguine et l’intégrité des transcripts de trois plateformes de vaccins à ARNm encapsulés dans des nanoparticules lipidiques (LNP) chez l’humain.

Méthodes

Les chercheurs ont analysé 327 échantillons de sang sériels provenant de 73 participants ayant reçu :

  • le vaccin Moderna mRNA-1273 (trois formulations),
  • le vaccin Pfizer/BioNTech BNT162b2,
  • ou un vaccin expérimental à ARNm codant le domaine de liaison au récepteur (RBD), administré à trois doses différentes.

Ils ont utilisé la PCR digitale en gouttelettes (ddPCR) pour quantifier l’ARNm total et l’ARNm « intact » (lié sur de longues distances), ainsi que la chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse (LC-MS) pour mesurer les lipides ionisables spécifiques de chaque plateforme (SM-102 pour Moderna, ALC-0315 pour Pfizer, etc.).⁠Pubs.acs

Principaux résultats

  • L’ARNm et les lipides ionisables sont détectables dans le sang après vaccination.
  • La vitesse de disparition de l’ARNm suit l’ordre suivant : la plus rapide pour Moderna mRNA-1273, intermédiaire pour Pfizer BNT162b2, et la plus lente pour le vaccin RBD. Les lipides ionisables suivent le même classement.
  • L’ARNm spike « intact » diminue environ deux fois plus vite après vaccination Moderna qu’après vaccination Pfizer.
  • Le couplage entre ARNm et lipides dépend de la plateforme : pour Moderna, l’ARNm intact suit de près le SM-102 ; pour Pfizer, le ALC-0315 persiste plus longtemps que l’ARNm intact.
  • Une analyse par ddPCR en dix fragments le long du transcript spike montre une liaison plus faible vers l’extrémité 3′, un profil qui reflète celui observé dans la formulation Moderna administrée. Une grande partie de l’ARNm circulant apparaît fragmentée.⁠Pubs.acs

Conclusion des auteurs

Ces données fournissent un cadre quantitatif pour comparer les cinétiques et l’intégrité des transcripts des différentes plateformes mRNA-LNP chez l’humain. Elles peuvent servir de référence pour optimiser la stabilité et la conception de futurs médicaments à base d’ARNm (y compris à des fins thérapeutiques comme les vaccins contre le cancer)

Pic et concentrations

  • L’ARNm total et les lipides ionisables atteignent généralement un pic entre le jour 1 et le jour 2 après vaccination (médiane au jour 1 pour Moderna).
  • Pour Moderna : concentration pic médiane d’ARNm total ≈ 0,095 ng/mL (plage observée 0,001–0,529 ng/mL).
  • Estimation : en moyenne 1,4 % (plage 0,01–5,3 %) de la dose d’ARNm Moderna administrée se retrouve dans la circulation systémique au jour 1 (en supposant un volume sanguin de 5 L).

Vitesses de décroissance (après le pic)

Modélisation en phase post-pic (log-linéaire) :

ComposantModerna (mRNA-1273)Pfizer (BNT162b2)Vaccin RBD
ARNm total0,389 jour⁻¹0,250 jour⁻¹0,123 jour⁻¹
ARNm « intact »≈ 0,64 jour⁻¹≈ 0,32 jour⁻¹—
  • L’ARNm intact diminue environ 2 fois plus vite après Moderna qu’après Pfizer.
  • Les lipides ionisables suivent le même ordre de vitesse (Moderna > Pfizer > RBD).
  • Pour Moderna, l’ARNm intact suit de très près le lipid SM-102 ; pour Pfizer, le lipid ALC-0315 persiste plus longtemps que l’ARNm intact.

Demi-vies approximatives (calculées à partir des taux de décroissance)

  • ARNm total Moderna : ≈ 1,8 jour
  • ARNm total Pfizer : ≈ 2,8 jours
  • ARNm total RBD : ≈ 5,6 jours
  • ARNm intact Moderna : ≈ 1,1 jour
  • ARNm intact Pfizer : ≈ 2,2 jours

Détection à des temps plus tardifs

  • Au jour 6–7, les concentrations d’ARNm total sont similaires entre Moderna et Pfizer (pas de différence significative).
  • Le vaccin RBD est beaucoup plus bas (≈ 35 fois plus bas que Moderna et 109 fois plus bas que Pfizer).
  • Dans une étude antérieure du même groupe sur Moderna uniquement (19 participants), l’ARNm restait quantifiable jusqu’à 14–15 jours chez 37 % des sujets.
  • Les calculs d’exposition (AUC post-pic jusqu’au jour 28) montrent une exposition médiane plus élevée pour Pfizer que pour Moderna (≈ 1105 vs 498), et très basse pour le RBD (≈ 9,4).

Intégrité

  • Une grande partie de l’ARNm circulant est fragmentée.
  • L’analyse par fragments (jusqu’à ≈ 83 % de la région codante) montre qu’aussi peu que 2,3 % de l’ARNm spike apparaît intact sur le plus grand fragment analysé dans les échantillons précoces.
  • La dégradation est plus marquée vers l’extrémité 3′.

Ces chiffres proviennent principalement des résultats détaillés du preprint et de l’article (modélisation post-pic, figures de cinétique). La persistance systémique est courte (quelques jours pour la majeure partie du signal), avec des différences nettes selon la plateforme.

Fenêtre d’observation principale

  • La modélisation de la phase de décroissance et le calcul des AUC (aires sous la courbe) ont été réalisés jusqu’au jour 28.
  • Après le pic (jour 1–2), les concentrations baissent de façon log-linéaire. À jour 6–7, les niveaux d’ARNm total sont déjà bas et non significativement différents entre Moderna et Pfizer ; le vaccin RBD est beaucoup plus bas (35 à 109 fois inférieur).

Détection prolongée

  • Dans une étude antérieure du même groupe (sur Moderna uniquement, 19 participants), l’ARNm vaccinal restait quantifiable jusqu’à 14–15 jours après vaccination chez 37 % des sujets seulement.

Points importants

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About pgibertie

Agrégé d'histoire, Professeur de Chaire Supérieure en économie et en géopolitique, intervenant àBordeaux III et comme formateur à l'agrégation d'économie à Rennes Aujourd'hui retraité
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