
Oui, selon Donald Trump et son administration, Zelensky est présenté comme un obstacle majeur à un accord de paix.The Telegraph
Trump l’a dit explicitement à plusieurs reprises. En janvier 2026, interrogé sur les raisons de l’échec des négociations, il a répondu simplement « Zelensky ». Il a affirmé que Poutine était prêt à conclure un accord, mais que l’Ukraine l’était moins. The Telegraph Plus récemment (10-11 octobre 2026), après un accord controversé USA-Russie sur le diesel russe (critiqué par Kiev comme une « décision faible » qui finance la guerre), Trump a déclaré qu’il était « temps pour l’Ukraine d’avoir un nouveau président » capable de « parvenir à un accord », et que Zelensky « aurait pu conclure de nombreux accords » mais ne le fait pas. Il a aussi exigé que l’Ukraine cesse les frappes sur les raffineries russes, les accusant d’aggraver les prix du diesel aux États-Unis. FT
Pourquoi Trump dit cela
Trump cherche un règlement rapide (il avait promis de régler le conflit rapidement). Il met surtout la pression sur Kiev plutôt que sur Moscou, car l’Ukraine dépend davantage du soutien américain (armes, renseignement). Pour lui, un accord implique des concessions ukrainiennes, notamment territoriales, et il considère que Zelensky refuse de les faire. Il a aussi critiqué le manque d’élections en Ukraine et des déclarations qu’il juge « inflammatoires ». Al Jazeera
Les principaux obstacles concrets sont :
- Le territoire (surtout le Donbass/Donetsk) : la Russie exige le contrôle total de la région, y compris les parties encore tenues par l’Ukraine (qu’elle n’a pas conquises militairement). Zelensky et Kiev refusent de céder du territoire souverain non occupé, en invoquant la Constitution ukrainienne et l’opinion publique (un tel retrait serait vu comme une capitulation). Des propositions de zones démilitarisées ou économiques libres ont été discutées, sans accord. Theatlantic
- Garanties de sécurité : l’Ukraine veut des assurances solides (éventuellement occidentales) pour éviter une nouvelle invasion ; la Russie veut limiter l’armée ukrainienne et bloquer toute perspective OTAN.
- Autres points : contrôle de la centrale nucléaire de Zaporijjia, sanctions, etc.
Les négociations américaines (Witkoff, Kushner, etc.) avancent sur certains points mais butent régulièrement sur ces questions territoriales. Poutine maintient des exigences, et Trump a parfois poussé des formules proches des demandes russes (cession du Donetsk peuplé de Russes). Brookings
En résumé : Trump voit Zelensky comme le frein parce qu’il refuse les concessions qu’il estime nécessaires pour un deal rapide.
Voici un résumé de l’analyse de Régis Le Sommier sur la guerre en Ukraine, Zelensky et les négociations de paix (tirée de ses interventions récentes sur Europe 1, Radio Courtoisie, TVL, etc., et de ses reportages).
Points centraux de son analyse
- Réalisme militaire : Il estime qu’il était « impossible dès le départ » que l’Ukraine remporte cette guerre face à la Russie (rapport de forces démographique, industriel et de mobilisation). Il insiste sur le terrain : avancées russes dans le Donbass, difficultés ukrainiennes en hommes, logistique et défenses. Les reconquêtes ukrainiennes sont souvent limitées à des zones rurales, tandis que les Russes progressent sur des points stratégiques.
- Zelensky sous pression : Il décrit régulièrement Zelensky comme « dos au mur ». Les scandales de corruption (et les agences anticorruption pilotées par les Américains) servent de levier à Washington pour le pousser à accepter des concessions. Il note aussi des purges autour de lui et la dépendance totale au soutien américain. Sans les États-Unis, l’Europe ne peut pas compenser.
- Position de Trump : Il a affirmé que Trump « s’est aligné sur beaucoup de points chers à Poutine ». Les plans de paix américains (y compris ceux liés au sommet d’Alaska) poussent Kiev vers des concessions territoriales, notamment la cession du Donbass (y compris les parties non encore conquises par la Russie). Le temps joue contre l’Ukraine selon lui.
- Obstacles à la paix : Le principal reste le territoire (Donbass). Il considère que tant que Russes et Ukrainiens ne se parlent pas directement, il n’y aura pas d’accord durable. Il souligne que les Européens (et Macron) sont largement hors jeu, tandis que Trump et Poutine discutent en direct.
- Critique des médias français : Il dénonce régulièrement un « narratif de guerre » déconnecté du terrain dans la presse mainstream, trop optimiste sur les capacités ukrainiennes et peu critique sur les difficultés réelles de Kiev.
En lien avec le sujet initial
Dans la logique de Le Sommier, Zelensky apparaît effectivement comme un frein à un accord rapide tel que Trump le conçoit, non pas par idéologie pure, mais parce qu’il refuse (ou ne peut pas politiquement accepter) les concessions territoriales maximales exigées par Moscou et poussées par Washington. Il voit la situation comme une guerre d’usure que l’Ukraine ne peut pas gagner militairement, d’où la nécessité de négociations réalistes — même douloureuses.