
Ceux qui voulaient changer en douceur leur alimentation ont commencé par passer au lait de soja, de riz et d’avoine, puis au lait de coco, pour se diriger finalement vers les fruits à coque, principalement le lait d’amande, dont le goût est agréable et se rapproche le plus de celui du lait de vache. Le lait d’amande représente dorénavant les 2/3 de la consommation de laits végétaux. Il bénéficie en plus d’une image de super-aliment, source de protéines, de fibres et de magnésium, et d’antioxydant (la vitamine E), alors que le nom « soja » est maintenant trop associé aux OGM, et aux isoflavones
En fait, le terme « lait » est très impropre : il s’agit de quelques amandes (à peine 2 à 8 % !) broyées et mélangées à beaucoup d’eau… et de sucre (souvent plus de sucre que d’amande !), et vendu deux à trois fois plus cher que le « vrai » lait. L’industrie laitière a d’ailleurs tenté d’empêcher l’emploi du mot lait pour ces concurrents de plus en plus dangereux pour elle, mais n’a pas réussi : c’était trop tard et la Cour de justice de l’Union européenne a décidé d’accepter le mot lait pour le lait d’amande et le lait de coco. Heureusement, il lui reste les laitages et fromages, dans lesquels ces produits végétaux n’ont pas (encore) réussi à percer.
Attention ! Ces boissons végétales grand public ne sont pas indiquées en remplacement du lait chez les très jeunes enfants, car elles risquent d’entraîner une malnutrition.
@SamaHoole
À l’origine en anglais et traduit
La plus drôle des mathématiques dans l’environnementalisme moderne.
Une amande nécessite 12 litres d’eau irriguée pour être produite. Évalué par des pairs, ScienceDirect, 2017. Un verre de lait d’amande en contient environ 50. 600 litres d’eau avant que le carton ne soit rempli.
L’eau provient de la vallée du San Joaquin en Californie, qui repose au-dessus de l’un des aquifères les plus surexploités de la planète. Le sol de la vallée s’est affaissé de jusqu’à neuf mètres par endroits en raison de l’épuisement des eaux souterraines. Le carton est ensuite réfrigéré, navigué à travers l’Atlantique, réfrigéré à nouveau, transporté par camion jusqu’à un Tesco de Manchester, et acheté par quelqu’un qui se soucie de l’impact environnemental des produits laitiers.
Pendant ce temps, dans le Cheshire.
Une vache laitière britannique boit environ 70 à 100 litres d’eau par jour et produit environ 28 litres de lait. C’est environ 3,5 litres d’eau par litre de lait. L’eau est de la pluie tombée sur son champ ou venue d’un ruisseau local alimenté par la même pluie. La pluie serait tombée sur le champ que la vache y soit debout ou non. 80 % de son apport en humidité provient de l’herbe elle-même, qui est aussi de la pluie.
Elle convertit l’herbe, gratuitement, en un litre de lait contenant sept fois plus de protéines et quatre fois plus de calcium que le lait d’amande, et expédié à environ 18 miles jusqu’au même Tesco.
Pour résumer.
600 litres d’aquifère volé, acheminé à mi-chemin autour du monde pour de l’eau beige nutritionnellement inutile.
Ou 3,5 litres de pluie qui tombait déjà, convertis par un animal qu’on peut caresser, en nourriture réelle.
L’acheteur choisit l’amande.
On lui a dit que c’est la position éthique.
Au problème de consommation d’eau des amandiers, s’ajoute l’importante mortalité des abeilles utilisées pour leur pollinisation croisée.
On parle beaucoup ces dernières années du déclin de certaines populations d’abeilles. Une étude réalisée auprès d’apiculteurs des États-Unis a par exemple évalué à près de 50 milliards le nombre d’abeilles mortes au cours de l’hiver 2018-2019, soit le tiers de la population des abeilles « commerciales » de ce pays. Or, cette mortalité élevée serait en partie due à l’exposition des abeilles aux pesticides – en plus des maladies, des parasites et de la perte d’habitat naturel.