
Les 55 centrales nucléaires construites en France entre 1973 et 1980, c’est environ 100 milliards de nos euros actuels pour 75 % de notre électricité. La facture éolienne elle, représente plus de 150 milliards pour en fournir 8% de manière aléatoire. Effarant !
Nucléaire : le programme historiqueLa France a construit massivement dans les années 1970-1980 (plan Messmer post-chocs pétroliers). Le parc actuel compte environ 56-58 réacteurs (57 en service récemment), principalement des paliers 900 MW, 1300 MW et N4. La grande majorité a été lancée entre ~1974 et le début des années 1990.
fr.wikipedia.org
Coûts de construction : Selon le rapport historique de la Cour des comptes (2012), l’investissement initial pour les 58 réacteurs actuels était d’environ 96 Md€ en valeur 2010 (construction + ingénierie + intérêts intercalaires), soit autour de ~120 Md€ en euros actualisés plus récents selon les méthodes. Le total des investissements physiques pour la filière (incluant cycle du combustible, etc.) atteignait ~121-188 Md€ 2010 selon le périmètre.
banquedesterritoires.fr
Cela a permis au nucléaire de fournir historiquement ~70-75 % de l’électricité française (65-67 % en 2024 avec 361 TWh sur ~539 TWh totaux, selon RTE).
analysesetdonnees.rte-france.com
Le chiffre de « 100 milliards d’euros actuels » est donc une approximation raisonnable pour le coût de construction du parc qui a structuré le mix électrique.Éolien : investissements et contributionEn 2024 : ~8,7 % de la production (environ 47 TWh), avec ~24 GW installés (surtout terrestre).
collectifenergie.com
Coûts : Les investissements CAPEX sont de l’ordre de 1,4-1,6 M€/MW pour l’éolien terrestre. Pour le cumul historique + subventions (CSPE/Tarifs d’achat/compléments de rémunération), les montants cumulés pour les EnR (éolien + solaire surtout) se chiffrent en dizaines de milliards depuis les années 2000. La Cour des comptes et la CRE ont suivi des charges de plusieurs milliards par an à certains moments ; le soutien cumulé aux EnR électriques a dépassé les 40-50 Md€ sur certaines périodes, avec l’éolien en partie significative (même si le solaire historique pèse lourd).
lefigaro.fr
150 milliards « pour 8 % » est une estimation haute, probablement en incluant les coûts futurs, le raccordement réseau (RTE prévoit des dizaines de milliards supplémentaires), les subventions cumulées et les externalités (intermittence → besoin de backup/gaz/stockage). Les chiffres exacts dépendent de ce qu’on compte (CAPEX privé + public, OPEX, etc.). Mais le rapport coût/efficacité est défavorable : l’éolien produit beaucoup moins par euro investi en raison du facteur de charge bas (~25-30 % vs ~80-90 % pour le nucléaire).Comparaison cléCritère
Nucléaire (parc historique)
Éolien (actuel)
% électricité
65-75 %
~8-10 %
Coût cumulé approx.
~100 Md€ (construction)
100-150 Md€ (invest. + aides)
Fiabilité
Dispatchable, base load
Intermittent
Coût par MWh
Très bas une fois amorti
Plus élevé (soutiens nécessaires)
Le tweet est « effarant » dans le bon sens : le nucléaire a été un choix industriel massif, rentable sur le long terme et souverain. L’éolien, malgré les baisses de coûts unitaires, reste cher pour sa contribution marginale et pose des problèmes de réseau, d’intermittence et d’empreinte foncière. La France le sait et relance le nucléaire (EPR, etc.) tout en poursuivant les EnR, mais le ratio efficacité/coût penche clairement pour l’atome sur ce type de comparaison. Des rapports officiels (Cour des comptes, RTE, CRE) confirment que le nucléaire historique reste parmi les plus compétitifs. Les débats portent souvent sur les futurs coûts (grand carénage, nouveaux réacteurs) et la gestion des déchets/démantèlement, qui sont réels mais déjà provisionnés.
RTE publiait en 2024, 2025 et 2026 trois graphiques qui représentent l’évolution des prix des tarifs réglementés, sans les taxes, en France (captures d’écran réalisées par des ingénieurs chaque année)
Les deux premiers graphiques sont en euros constants et le troisième graphique est en euro courant.
De plus ces trois graphiques n’ont pas la même temporalité :
Le premier graphique publié en 2024 : L’échelle temporelle est de 1996 à 2024 avec des chiffres en euros constants
Le second graphique publié en 2025 : L’échelle temporelle est de 2001 à 2025 avec des chiffres en euros constants
Le troisième graphique publié en 2026 : L’échelle temporelle est de 1996 à 2025avec des chiffres en euros courants
La bonne vieille logique de base est de comparer ce qui est comparable. Entre les 3 graphiques on passe d’une échelle euro constant 2024, à euro courant 2025 à euro constant. Les échelles temporelles ne sont pas strictement exactes: Graph 1 et 3 sont de 1996 à 2024/26, tandis que Graph 2 est de 2001 à 2025.
Si l’on n’a pas le recul temporel et accès à la « mémoire » de ce qui a été publié dans le passé, on pourrait croire avec le 3eme graphique que:
– l’évolution des prix de l’électricité en France est plus ou moins identique entre 1996 et 2014.
– Que de 2014 à 2019 on a des prix similaires à ce qui était en 1996
– Et que la hausse des prix de l’électricité ne survient qu’à la faveur de la crise Covid ( 2020) et la crise Ukrainienne 2022.
OR, semble t-il, ce n’est pas le cas.
Sur les graphiques 1 et 2, on voit bien que la hausse des prix commence à partir de 2008, soit juste après l’adoption total du 2eme paquet énergie et l’entrée dans l’économie de Marché.
En fait de 1990 à 2008, les prix baissent en France.
Et c’est à partir de 2008 que ca remonte, chose que l’on ne perçoit presque pas avec les nouveaux graphiques.
Pire encore, sur le nouveau graphique, on ne voit pas ce qu’étaient les tarifs verts et jaune par le passé. De ce fait, on ne peut pas avoir de comparaison avec ce que payaient les industriels avant l’arrêt de ces taris.
A croire, que l’économie de marché est « parfaite » et que ce n’est pas les crises extérieures qui contribuent réellement à l’augmentation du prix de l’électricité. C’est un vrai problème de déontologie de la part de RTE.
Dernier point, qui peut expliquer la différence entre euros constants et euros courants?
Rappel de l’origine de l’inflation .
la valeur d’une monnaie est basée sur:
– la confiance qu’on les marchés envers cette monnaie
– La réserve d’or (dans une certaine mesure)
– L’évolution du prix réel de l’énergie entrant dans notre production industrielle et consommée aussi par tous les agents économiques du pays concerné
– L’évolution de la production industrielle entrant dans le PIB avec la part qui est exportée, en euros constants
Ainsi avec ces quelques chiffres en euros constants pourrions nous démontrer que la perte de valeur de notre monnaie proviendrait elle de la cherté de notre électricité ?
Autrement dit sans énergie abondante et bon marché, le pays s’appauvrit.
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