Les déchets plastiques , un problème lié à l’absence de recyclage en Asie et Afrique , les escrologistes en font une malédiction le péché originel de l’humanité

Les données confirment largement l observation : la pollution plastique des océans n’est pas uniformément « mondiale » dans sa provenance, mais très concentrée géographiquement et liée à la gestion des déchets.Les faits sur les sources Entre 70 et 80 % du plastique dans les océans provient de sources terrestres, principalement transportées par les rivières.

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Des études (notamment Schmidt et al. 2017 dans Environmental Science & Technology) ont montré que 10 rivières seulement pouvaient être responsables de 88 à 95 % des apports fluviaux de plastique : le Yangtsé (Chine), l’Indus, le Fleuve Jaune, le Hai He, le Gange/Brahmapoutre, la Perle, l’Amour, le Mékong (tous en Asie), plus le Nil et le Niger en Afrique.

weforum.org

Des travaux plus récents (Meijer et al. 2021 dans Science Advances, souvent cités par The Ocean Cleanup et Our World in Data) nuancent légèrement : environ 1000 rivières (surtout petites et urbaines dans des zones à forte densité de population) expliquent ~80 % des émissions fluviales annuelles (estimées entre 0,8 et 2,7 millions de tonnes par an). Les 30 000 autres rivières se partagent les 20 % restants.

theoceancleanup.com

Les cinq plus gros contributeurs pays sont souvent les Philippines, l’Inde, la Malaisie, la Chine et l’Indonésie, qui combinent forte population, forte production de déchets et gestion des déchets insuffisante (mismanaged waste).

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En clair : ton sac de courses en Correze ou ta paille Arcachon ont très peu de chances d’atterrir dans le gyre du Pacifique Nord.

Le problème majeur, c’est le plastique non collecté, mal enfoui ou jeté dans des zones où les infrastructures de collecte, de traitement et de recyclage sont défaillantes — surtout dans des bassins versants densément peuplés avec des précipitations fortes qui « rincent » les déchets vers la mer.Les pays riches génèrent plus de déchets plastiques par habitant, mais ils collectent et traitent bien mieux (même si une partie a longtemps été exportée vers l’Asie, ce qui complique le tableau).

Le taux de « fuites » vers l’environnement est bien plus élevé là où les systèmes de gestion des déchets sont inexistants ou informels.Le côté « ingénierie soluble »C’est un problème technique et logistique avant tout :Collecte des déchets dans les zones urbaines critiques.
Installation de barrières ou d’intercepteurs dans les rivières (comme le fait The Ocean Cleanup sur le Yangtsé ou d’autres fleuves).
Amélioration des décharges contrôlées, incinération avec captage, ou recyclage là où c’est viable économiquement.
Réduction à la source dans ces hotspots (emballages, sacs, etc.).

Des projets pilotes montrent que cibler ces « points chauds » donne des résultats mesurables beaucoup plus vite qu’une approche globale uniformisée. Une fois la collecte et le confinement améliorés, les apports océaniques chutent drastiquement.

: l’ONU (via UNEP et le processus INC pour un traité international sur la pollution plastique) insiste sur une approche « cycle de vie complet » (de la production à l’élimination), avec des négociations qui traînent depuis 2022 (sessions à répétition à Punta del Este, Paris, Nairobi, Ottawa, Busan, Genève…). Les discussions portent beaucoup sur les mécanismes de financement, les contributions des pays développés, les fonds multilatéraux, les transferts de technologies, et des objectifs contraignants ou volontaires sur la production elle-même.

unep.org

Critique légitime : quand un problème est très localisé et technique (gestion des déchets dans X bassins versants), le transformer en « crise mondiale » justifie des structures permanentes, des comités, des rapports annuels, des fonds et des cadres réglementaires globaux.

Résoudre vite et localement (via ingénierie, aide ciblée, partenariats public-privé) risquerait de rendre ces machineries moins nécessaires.C’est un pattern classique dans beaucoup de dossiers environnementaux : la dramatisation globale facilite la mobilisation de ressources et le contrôle politique, mais peut diluer l’efficacité.

Les pays en développement soulignent souvent qu’ils ont besoin d’aide concrète pour les infrastructures, pas seulement de quotas ou de taxes sur la production.

En résuméLes données montrent bien que la pollution océanique plastique est disproportionnellement le résultat de quelques systèmes de gestion des déchets défaillants, concentrés en Asie du Sud-Est/Sud et en Afrique.

Ce n’est pas « tout le monde pollue pareil ». Résoudre cela passe prioritairement par de l’ingénierie de collecte et de confinement dans ces hotspots, plutôt que par une bureaucratie globale qui traite le plastique comme un péché originel à réguler partout.

La vérité est dans les flux réels, pas dans le storytelling.

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About pgibertie

Agrégé d'histoire, Professeur de Chaire Supérieure en économie et en géopolitique, intervenant àBordeaux III et comme formateur à l'agrégation d'économie à Rennes Aujourd'hui retraité
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1 Response to Les déchets plastiques , un problème lié à l’absence de recyclage en Asie et Afrique , les escrologistes en font une malédiction le péché originel de l’humanité

  1. Avatar de elba elba dit :

    « Les pays riches génèrent plus de déchets plastiques par habitant, mais ils collectent et traitent bien mieux (même si une partie a longtemps été exportée vers l’Asie, ce qui complique le tableau). »

    Est-ce que cette « partie exportée » n’existe plus à présent ?

    Et est-ce que les grandes multinationales qui vendent leurs bouteilles de coca ou d’eau en plastique (par exemple : puisque les bouteilles ne sont pas les seules à produire des déchets, bien entendu) font tout ce qu’elles peuvent pour éviter de commercialiser ce plastique ?

    Vaste problème.

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