EPIPHARE »Gigantesque étude » dit le Parisien !Ce qui est « gigantesque », ce sont les biais qui falsifient les conclusions.

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https://bam.news/bam-detox/etude-epi-phare-le-pr-rentier-nous-eclaire

Le suivi est en moyenne de 45 mois mais il fait l’objet d’une mesure surprenante : il n’a débuté que 6 mois après la date de vaccination

On détecte immédiatement dans ce travail des biais structurels majeurs

1. La sélection des non‑vaccinés et le « healthy vaccinee bias ».

  • Les non‑vaccinés en France à l’automne 2021 constituaient un sous‑groupe très hétérogène : on y trouve une sur‑représentation attendue de personnes précaires, de migrants non recensés, de personnes en rupture de soins ou souffrant de troubles psychiatriques sévères, de pathologies non prises en charge, etc., souvent mal ou tardivement encodés dans le Système National des Données de Santé (SNDS).
  • Le score de propension n’ajuste que sur les variables observables et correctement codées (41 comorbidités déclarées), ce qui laisse intact un « résiduel de confusion » potentiellement massif, en défaveur des non‑vaccinés.
  • Le fait de retrouver un « bénéfice » sur quasiment toutes les causes de décès, y compris celles a priori sans lien plausible avec la vaccination (accidents, certains cancers précoces, morts violentes) suggère typiquement un biais de sélection de type « healthy vaccinee » plutôt qu’un effet biologique global.

2. Début du suivi à +6 mois

  • Le suivi n’a commencé que 6 mois après la vaccination au prétexte d’éviter un biais de « temps immortel » classique (voir plus haut). Toutefois, cela entraîne l’exclusion de l’analyse principale de tous les décès précoces, alors que c’est précisément là que pourraient se concentrer des effets délétères post‑vaccinaux (troubles cardio‑vasculaires, myocardites, arythmies, etc.).
  • Ces décès survenant dans les 6 mois post‑vaccination sont analysés dans une sous‑étude distincte et sont donc découplés de l’estimation du risque à 4 ans ; l’« absence d’excès à 4 ans » ne dit donc rien sur la fenêtre de risque aigu ou subaigu, mais additionne uniquement ce qui se passe au‑delà de 6 mois.

3. Changement de statut vaccinal

  • Il est advenu que des non‑vaccinés plus préoccupés par leur santé se soient fait vacciner pendant le suivi. Ils ont été éliminés du suivi à la date de vaccination, alors que les vaccinés restent suivis avec accumulation de doses et de rappels. On ne trouve pas de modélisation explicite de ces expositions répétées comme covariables dépendantes du temps. Ceci accentue le contraste entre un groupe vacciné « compliant » et un reliquat de non‑vaccinés plus fragiles socialement et médicalement, non capturé par le score de propension.

4. Résidus massifs de confusion socio‑économique et comportementale

  • EPI‑PHARE rappelle dans ses dossiers que ses études s’appuient sur le Système National des Données de Santé, qui ne capture qu’imparfaitement de nombreux déterminants majeurs de santé (revenus, éducation, isolement, conditions de logement, habitudes de vie, exposition professionnelle, etc.). Or toutes ces variables sont fortement corrélées à la fois au choix vaccinal mais également  au risque de mortalité toutes causes confondues.
  • Le fait que la vaccination semble réduire la mortalité pour presque toutes les causes est compatible avec un gradient comportemental et/ou socio‑économique qui n’est absolument pas mesuré, et non avec un effet pharmacologique universel.

5. Information limitée sur la cause détaillée des décès et surmortalité globale

  • L’analyse détaillée des causes de décès n’est disponible que jusqu’à fin 2023, alors que le suivi en vital status va jusqu’en mars 2025 ; cela empêche d’évaluer les profils de cause à cause sur l’ensemble de la fenêtre des 4 ans.
  • L’étude ne se prononce pas sur la surmortalité globale populationnelle française 2021–2023 (toutes causes, tous âges) et sur son rapport au calendrier vaccinal, ce qui est au cœur du débat scientifique sur les effets indirects ou différés.

6. Interprétation médiatique et politique excessive

  • Plusieurs articles de presse et communiqués institutionnels présentent ces résultats comme « mettant fin aux doutes sur les risques à long terme » ou « démontrant l’absence de danger », alors que l’étude se limite à une mortalité toutes causes dans une cohorte 18–59 ans française, avec les biais dénoncés ci‑dessus.
  • Passer de « pas d’augmentation détectée » à « sécurité à long terme démontrée » est un raccourci logique injustifié car il s’agit d’un seul travail observationnel, même s’il est très vaste, surtout en présence de confusion résiduelle très probable.

L’étude ne permet pas d’exclure un sur‑risque de décès dans les 0–6 mois, ni de trancher sur des risques spécifiques rares (cardio‑vasculaires, auto‑immuns), qui exigeraient des protocoles dédiés et plus puissants.

Elle ne permet pas davantage de conclure à l’absence de tout risque à long terme pour toutes les classes d’âge, ni d’extrapoler au‑delà du contexte français et des campagnes vaccinales de 2021 (variants différents , schémas différents , pression épidémique différente).

Elle ne fournit pas une description suffisamment détaillée du score de propension : choix des covariables, qualité et granularité du codage, déséquilibres résiduels, ni diagnostics de balance après appariement ou pondération. Sans ces éléments (par exemple standardised mean differences, ratios de variances, graphiques de densité), il est difficile d’évaluer dans quelle mesure les groupes comparés sont réellement équilibrés sur les facteurs mesurés.

Elle ne discute pas les déterminants socio‑économiques et comportementaux non mesurés, alors que la littérature montre que les personnes qui se font vacciner sont souvent en meilleure santé, plus observantes et plus insérées socialement (« healthy vaccinee/user bias »). L’absence d’analyse de ces biais de sélection et de comportements préventifs associés au statut vaccinal laisse ouverte la possibilité d’une surestimation de la sécurité ou des bénéfices apparents du vaccin.

Enfin, elle ne met pas ses résultats en perspective avec d’autres travaux sur la surmortalité en Europe après 2021, notamment ceux qui stratifient par statut vaccinal ou par phases de campagne[3] [4] [5] [6] [7]. Un examen comparatif systématique de ces séries temporelles et de ces stratifications serait nécessaire pour montrer que le tableau d’ensemble est plus nuancé que ce que suggère l’étude seule.

Pr Bernard Rentier

[1] Vaccination par ARNm contre la COVID‑19 et mortalité toutes causes

[2] Balance diagnostics after propensity score matching – PMC

[3] Surmortalité européenne après la vaccination anti‑Covid Patrick E. Meyer, extrait de la version du 18 février 2024 soumise c

[4] All‑cause mortality according to COVID‑19 vaccination status: An analysis of the UK office for National statistics public data – PubMed 

[5] Understanding excess mortality in Europe during the COVID‑19 pandemic – The Lancet Regional Health

[6] Excess mortality across countries in the Western World since the COVID‑19 pandemic: ‘Our World in Data’ estimates of January 2020 to December 2022 | BMJ Public Health

[7] Sustained excess all‑cause mortality post COVID‑19 in 21 countries: an ecological investigation | International Journal of Epidemiology | Oxford Academic

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About pgibertie

Agrégé d'histoire, Professeur de Chaire Supérieure en économie et en géopolitique, intervenant àBordeaux III et comme formateur à l'agrégation d'économie à Rennes Aujourd'hui retraité
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8 Responses to EPIPHARE »Gigantesque étude » dit le Parisien !Ce qui est « gigantesque », ce sont les biais qui falsifient les conclusions.

  1. Avatar de practicallyc66ef89cd9 practicallyc66ef89cd9 dit :

    une chose est claire dans cette étude EPI PHARE : elle ne nous éclaire pas par ses biais et des « estimations », ces scientifique ne sont vraiment pas de lumières et nous prennent pour des cons en mettant la vérité sous le boisseau !

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  2. Avatar de elba elba dit :

    Nous voilà catalogués (nous, les novax) dans la catégorie des malades mentaux (« troubles psychiatriques sévères »)… Cool !! 😉

    Les études ont été biaisées dès le début, pour masquer les « inconvénients » du vax. Il est bien tard à présent de pouvoir discerner vraiment le vrai du faux. Mais des spécialistes ont tout de même analysé le sang de certains injectés et y ont trouvé des trucs louches. C’est un fait.

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    • Avatar de Christian Christian dit :

      Étude juste pour se donner bonne conscience et surtout pour relancer les populations qui ont compris qu’on s’était foutu de leurs gueules !

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    • Avatar de lepiaf18 lepiaf18 dit :

      Bah, là, présentement y’a tellement de biais et de manipulations de données, que ça ne peut pas être considéré comme un travail scientifique. d’ailleurs les rédacteurs n’ont guère de compétences dans le domaine de sstatistiques, pour dire pas du tout, sont donc des prête-noms.

      D’ailleurs, en cherchant le truc (je répugne à appeler ça « étude », ce qu’ils n’osent pas, en qq sorte) je me suis aperçu que Laura Semenzato n’en est apparemment pas à son coup d’essai.
      Décrite sur le Jama comme PhD (ne me demandez pas exactement à quoi ça correspond à part que c’est un Doctorat, ça peut aller de la physique à la pharmacie -ce que j’estime ici, en passant par… la philosophie !) et titulaire d’un Master of Sciences, dont la spécialité n’est pas rapportée, alors que sur Linked In elle se dit… Statisticienne épidémiologiste. Y lire également quelques discussions édifiantes au caractère fort peu scientifique mais plutôt religieux si ce n’est… sectaire.
      Elle a de drôles de fréquentations… le pion !

      C’est drôle en voyant ce contraste, je vois le cas… Martin Blachier !
      Si c’est gens nous considèrent comme anti-vaxx, que sont-ils, des religieux pro-vaxx ?

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  3. Avatar de lepiaf18 lepiaf18 dit :

    Ben, ouais, 6 mois après la vaxx, les « survivants » sont de fait plus résistants, et on occulte de fait les déjà morts !
    Faut-il qu’on soit kons pour ne pas y avoir pensé ! Epi-Phare nous sauve la vie…

    Bon, faut juste « imaginer la finalité »… une ode à la vaxx qui doit être en perte de vitesse partout, et surtout aux futures produits ARNm.

    nous prennent vraiment pour des tanches !

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