l’abandon du projet Astrid, coup mortel porté au nucléaire français par Macron et E Philippe par idiotie et pour plaire aux escrologistes

Le dossier a d’abord été mis en pause pendant le quinquennat de François Hollande, avant de passer dans les mains de plusieurs ministres de l’Environnement (nouvelle fenêtre)(Nicolas Hulot, François de Rugy puis Elisabeth Borne). Il a fini par être définitivement enterré par le gouvernement en 2019

Or, avant qu’on puisse arriver d’ici une cinquantaine d’années à la maîtrise de l’énergie de fusion thermonucléaire contrôlée, plusieurs étapes transitoires s’imposent. Dans l’immédiat, une bonne quinzaine d’EPR’s nouveau modèle devront venir remplacer notre parc nucléaire actuel préparant l’arrivée de réacteurs dite de la Génération IV. Avec ces derniers, notamment avec les réacteurs à sels fondus au thorium ou avec la filière aux neutrons rapides, on pourrait disposer de l’énergie dont nous aurons besoin d’ici le moment où la fusion sera exploitable commercialement.

Astrid, c’est un sigle pour Advanced Sodium Technological Reactor for Industrial Demonstration, aussi complexe que la technologie qu’il nomme. Annoncé par le Commissariat à l’énergie atomique au début des années 2010, il avait pour objectif d’initier un nouveau prototype de réacteur nucléaire, en utilisant le sodium comme liquide de refroidissement. Le lieu de déploiement avait d’ailleurs déjà été trouvé, en la centrale nucléaire de Marcoule, dans le Gard.

Disposant d’environ 250 000 tonnes de combustible usé stockées à la Hague, la France, si elle opte pour cette filière, disposerait alors d’assez de combustible pour assurer sa consommation actuelle pendant 3000 ans !

Un projet d’autant plus ambitieux qu’il aurait permis à la France de se doter d’un des tout premiers réacteurs de quatrième génération. Ces derniers ont pour objectif d’imaginer les centrales de demain, plus économes, plus sûres et produisant moins de déchets. L’EPR de Flamanville, dont la mise en service est continuellement décalée du fait de plusieurs malformations recensées, dont certaines très récemment, s’inscrit lui uniquement dans la troisième génération de réacteurs.

Mais voilà. A la suite de contraintes budgétaires notamment, le Commissariat à l’énergie atomique fait savoir en août 2019 que le projet Astrid est pour le moment abandonné, avant au moins « la fin du siècle ». Un retour en arrière dommageable pour Stéphane Piednoir, qui mercredi 21 juillet a évoqué un projet qui serait venu répondre à « trois enjeux majeurs ».

« D’abord, il répondait à la question de l’indépendance énergétique. Ensuite, il aurait permis une meilleure gestion des déchets radioactifs, puisqu’il aurait exploité de l’uranium recyclé. Enfin, c’était une préservation des acquis de la recherche, puisqu’Astrid prenait le relais de 60 années de travaux scientifiques » a détaillé le sénateur, professeur de mathématique de formation.

Et qui vient interroger les capacités futures de la France

Pour Stéphane Piednoir comme Thomas Gassilloud, les conséquences de cet abandon, « notifié uniquement par un article de presse » et en « absence d’association avec le Parlement », sont particulièrement dommageables.

D’abord, de par les signaux qu’il renvoie du pays. « L’image de l’industrie nucléaire française dans le monde en ressort écornée. C’est une annonce soudaine qui a semé le doute sur la cohérence de la démarche française. Nous risquons d’être perçus comme peu fiables, notamment par les Japonais qui étaient liés à Astrid », détaille Stéphane Piednoir.

De la même manière, la mise de côté du projet aurait de lourdes conséquences concernant la recherche française dans le domaine. « C’était un projet phare en recherche et développement, et son abandon a eu un impact négatif sur les étudiants. Nous risquons de perdre l’acquis de 70 années de recherche, alors qu’ils nous semblent qu’il s’agissait d’un projet fédérateur », a continué le sénateur.

Inquiétudes autour de la gestion des déchets

Autre effet négatif, plus inquiétant, les doutes que cet abandon sème sur le traitement des déchets radioactifs. Car comme l’avait rappelé en avril lors de son audition au Sénat Bernard Doroszczuk, président de l’Autorité de sûreté nucléaire, « depuis 2010, on sait qu’en 2030 les piscines de La Hague seront remplies. Les plans qu’on prévoit en ce moment visent 2034. Il faudra donc trouver des parades pendant quatre ans ».

Or, le déploiement du projet Astrid, dont la mise en route était initialement prévue à la fin de l’année 2020, aurait permis de retraiter une partie des déchets nucléaires, en exploitant de l’uranium recyclé. Réduisant ainsi la quantité de déchets à stocker. « La suspension d’Astrid ne dit rien de ce que l’on propose à la place, qui permettrait de répondre aux impératifs de stockage. Pour l’instant, je ne peux toujours pas vous dire comment nous allons va faire », se sont inquiétés les parlementaires auteurs du rapport.

Des propos qui viennent donc s’inscrire dans la lignée de ceux tenus par le président de l’Autorité de sûreté du nucléaire, et qui illustrent la situation à flux tendu dans laquelle la France évolue concernant la gestion de ses déchets nucléaires. De quoi faire craindre qu’au pays de Marie et Pierre Curie, cette énergie devienne un fardeau. Et nul doute que la publication annoncée du rapport fait au nom de l’OPECST par Émilie Cariou et Bruno Sido, dédié à la « gestion des déchets et matières radioactifs », viendra remettre le doigt sur ces inquiétudes.

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About pgibertie

Agrégé d'histoire, Professeur de Chaire Supérieure en économie et en géopolitique, intervenant àBordeaux III et comme formateur à l'agrégation d'économie à Rennes Aujourd'hui retraité
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13 Responses to l’abandon du projet Astrid, coup mortel porté au nucléaire français par Macron et E Philippe par idiotie et pour plaire aux escrologistes

  1. Avatar de Françoise Bianchi Françoise Bianchi dit :

    Ils incarnent le règne de escroquerie idéologique écologique plutôt que celui des intérêts nationaux et de la compétence

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  2. Avatar de Patrice Koch Patrice Koch dit :

    Quel désastre !

    Il s’agit bien d’un crime contre la France.

    Et les traîtres à la patrie doivent en répondre. On cite ici Macron, Borne, Hulot, Hollande.

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  3. Avatar de Pierre Driout Pierre Driout dit :

    Pays où la haute fonction publique est corrompue jusqu’à la moelle et soumise à des intérêts extra-territoriaux !

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  4. Avatar de Pierre Driout Pierre Driout dit :

    Le régime français ne fait plus que du gras et n’a aucun muscle : renversez-le c’est seul mon d’ordre !

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  5. Avatar de Michel C Michel C dit :

    On est gouvernés par des traitres.

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  6. Ping: l’abandon  du projet Astrid, coup mortel porté au nucléaire français par Macron et E Philippe par idiotie et pour plaire aux escrologistes. C’est énorme ! Comment peut-on encore laisser ces corrompus inconscients en place??? Il s’ag

  7. Avatar de geneadrey geneadrey dit :

    On dit communément « incroyable, mais vrai ! », là on pourrait dire INQUIETANT MAIS VRAI !

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  8. Avatar de Christian Christian dit :

    Nous sommes revenus 70 ans en arrière politiquement parlant, quand les partis étaient obligés de se plier à tous les arguments des autres pour arriver à des compromis bidons. Grace à Hollande, Macron, Bayrou les marchandages sont de retours. « Je te donne ça, contre ca » et on finit avec une politique du pire, pour ne pas être censuré, et se voir renvoyer aux calanques.

    Nous sommes comme prévu avec la réélection de Macron…. dans la merde!

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  9. Avatar de dannas dannas dit :

    Evidemment choisir les moulins à vent et les panneaux solaires qui produisent une energie chère et intermittente et plus logique que de choisir une energie pas chère que l’on maitrise bien !!!!!. C’est la logique des shadoks !. Le nucléaire garantissait notre indépendance energétique. On préfère des projets ecologiques incertains qui coûtent une fortune et vont nous mener à une dépendance energétique accrue…..

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    • Avatar de lepiaf18 lepiaf18 dit :

      Oui mais là, réussir la quadrature du cercle c’est « une autre paire de manches ». C’est beaucoup moins simple que vous pensez sans doute.
      Rappelez vous des essais dans le Pacifique

      De vous à moi, sur de tels « projets » on n’est vraiment pas à 5 ans près !

      Côté « autonomie » les EPR en projet doivent largement suffire à faire la jointure. Ce qui posera éventuellement problème c’est le traitement et/ou le stockage des déchets.

      Sur cet épineux problème et si chaque pays se démerdait ?

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      • Avatar de dannas dannas dit :

        Certes ces réacteurs sont nouveaux et necessitent des expérimentations. Mais nos concurrents americains, chinois etc eux ne vont pas perdre de temps. Ce sont les premiers qui remportent les marchés or la france a une longueur d’avance que l’on risque de perdre. Après vous avez raison sur les risques le sodium est à manipuler avec précaution. Mais ces centrales ne me paraissent pas plus dangereuses que celles que nous avons actuellement et qui arrivent en fin de vie pour nombre d’entre elles.

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      • Avatar de lepiaf18 lepiaf18 dit :

        Oui, mais au final, technologie US ou chinoise (voire russe, pourquoi pas !) au final, c’est en France qu’elle seront implantées ces nouvelles centrales.
        Et elles devaient fonctionner avec des ressources qu’on a déjà.

        Les chinois, entre autres ont démontré que dans certaines domaines ils n’étaient pas plus mauvais que les autres, voire meilleurs.
        Exemples:
        – Huawei dans les « réseaux de communication
        – BYD dans les batteries lithium et les véhicules électriques

        Liste non exhaustive… !

        Au final il faut juste savoir ce qu’on veut, l’autonomie énergétique en électricité, ou… autre chose, genre un ego sur-dimensionné et finalement mal placé. parfois le pragmatisme, ça a du bon !

        Si je prend l’exemple de la voiture électrique BYD est supérieur dans bien des domaines à Tesla, sans parler des Européens qui rament mais cependant avec des surtaxes d’import de 30%, ils arrivent à être encore 50% moins chers que les autres.
        Et on a le même phénomène en informatique avec leur IA sur un modèle Open GL qui serait 1000 fois mois chère à performances quasi égale que celle Américaine. Et ça a fait la une, même des médias mainstream.

        Bon en même temps ils pouvaient difficilement passer à côté !

        Vous noterez au passage que l’Administration Trump ne surtaxe les chinois que de 10%, quand le Canada et le Mexique prennent eux 25 % dans la tête, et les uSA ils ont pas de TVA !

        En résumé, la seule façon de faire du Franco-Français, serait d’avoir, les génies, le fric, le pouvoir de faire et.. la volonté. Je vous laisse pointer ce qui nous manque.

        La relocalisation de l’industrie dans le même contexte que celui qui l’a fait disparaître est une utopie.
        Ah oui on pourrait jouer sur la TVA… Je vois bien la tête de la C.E…
        pourtant ce serait le moment de damer le pion à l’Allemagne, et ce, dans bien des domaines; dont le nucléaire…

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  10. Avatar de lepiaf18 lepiaf18 dit :

    Bon au-delà des « petits mots » concernant la mise au placard semble-t-il (et non l’abandon) de ce projet, moi c’et le « côté technique » qui me fait réfléchir.

    Et là, on n’a qu’un son de cloche, les « avantages »; mais quid des « inconvénients ». Qui connaît le problème majeur du sodium ?
    Ce métal s’enflamme spontanément au contact… de l’eau (ah les cours de chimie du lycée !), je vous laisse entrevoir ce que pourrait donner un « Fukushima » dans ce cas, ou juste une série de « fuites » comme sur l’EPR dans une zone inondée comme en Ille-t-vilaine en ce moment.
    Enfin, actuellement ce métal est conservé dans du… pétrole, en général… Ah oui, il faudrait donc encore de cet « or noir » à la base… mais là nos écolos vont sans doute pas être d’accord !

    Autrement dit s’en servir de « refroidisseur » pour un réacteur nucléaire n’est pas encore pour demain. Même Wikipedia a bien noté le problème !

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