L’ELYSEE NE VAUT PAS UNE GUERRE…

Un peu de géopolitique, pour changer, mais à des années lumières de la doxa macronienne .

Macron adore  les coups en géopolitiques, les opérations de com qui ne servent qu’à sa propre propagande. Qui se souvient encore  de son flirt avec Trump,  d’une réconciliation de façade entre les frères ennemis libyens en 2017.Qui se souvient de  l’invitation  d’ un ministre iranien en marge du G7 à Biarritz en 2019 ? Macron débarqua en sauveur dans Beyrouth ravagé en 2020, pour mettre en demeure sisait il,  les grands féodaux libanais.

Les quatre opérations médiatiques évoquées furent quatre bides retentissants, mais chaque fois les médias célébrèrent le grand homme.

Macron roula les mécaniques  au Sahel, au Proche-Orient, en Algérie, en Australie…  Il y fut ridicule…

Parlons clair, Macron n’existe pas  dans l’affaire Ukrainienne et son petit tour à Moscou puis à Kiev , mandaté par lui même, n’a fait que jeter de l’huile sur le feu. Il suffit de revoir la vidéo de la conférence de presse pour comprendre l’agacement de Poutine

« Ce ne sont pas nous qui avançons vers l’Otan mais l’Otan qui avance vers nous. C’est pour le moins faux d’un point de vue logique de dire que la Russie se comporte de manière agressive », a-t-il souligné.

Il a ensuite énuméré les risques que courent les membres de l’Otan si l’Ukraine y adhère. D’après lui, ils sont d’autant plus grands que Kiev considère toujours la Crimée comme sienne et admet sa reprise par des moyens militaires.

« J’ai déjà posé cette question la dernière fois: « Est-ce que la Russie doit entrer en guerre contre l’Otan?  » Mais il y a une autre question: « Et vous, voulez-vous entrer en guerre contre la Russie? » Demandez à vos lecteurs, vos spectateurs et vos internautes: « voulez-vous que la France entre en guerre contre la Russie? » Ce sera le cas », a indiqué le Président en répondant à la question d’un journaliste française.

https://twitter.com/i/broadcasts/1vAxRkzvYnZKl

Comment comprendre la crise?

I/ TOUS DES RUSSES???

Le premier Etat russe de l’histoire fut la principauté Rouss de Kiev, c’est le berceau de l’Ukraine (petite russie) de la Biélorussie (Russie Blanche) et de la Russie actuelle (Grande Russie)L Cette histoire commune du 9eme au XIII è siècle fut interrompue par les invasions tatares et Mongoles , puis elle reprit avec les Tzars puis les soviétiques avant de se terminer en 1991 par l’éclatement de l’URSS et l’indépendance de l’Ukraine

Présenter la Russie et l’Ukraine comme deux pays étrangers serait simpliste , même si le nationalisme ukrainien ne date pas de 1991.

Les délimitations frontalières de 1991,, ne pouvaient être considérées comme gravées dans le marbre,d’autant qu’elles ne sont le fait ni de limites naturelles, ni d’une constitution géopolitique progressive de l’État ukrainien, mais l’héritage de guerres et de décisions soviétiques.

Terre de passage de nombreux conquérants, la Crimée était russe depuis 1783. Rattachée à la République socialiste soviétique d’Ukraine en 1954, elle demeura une région de l’Ukraine quand en 1991.

Sébastopol, en tant que port militaire, ne faisait pas partie de l’Ukraine, mais était rattaché comme district spécial à la ville de Moscou.Au sein de l’Ukraine, la Crimée avait le statut d’une République autonome, avec sa propre Constitution et son propre Parlement.

Pourtant la population était composée pour les 2/3 de Russes, pour 12% de Tatars et pour le reste d’Ukrainiens pour l’essentiel russophones et pro russes.

La Crimée ne s’est jamais sentie Ukrainienne mais russe.

Pour l’Ukraine proprement dite cohabitent en réalité deux nations qui n’ont jamais été autant opposées.

Dans la moitié de l’Ukraine située à l’est du Dniepr, les personnes aujourd’hui de nationalité ukrainienne sont souvent d’origine ou d’ethnie russe,notamment dans les régions les plus orientales, sur le bassin houiller et industriel de Donets. Et Moscou se considère comme l’interprète des « pieds rouges », c’està- dire des Ukrainiens d’origine russe qui ont le sentiment d’être russes, ou considèrent
le russe comme leur langue.

En ajoutant aux russes ethniques les autres Ukrainiens qui pratiquent quotidiennement la langue russe, le total des russophones forme, en 2013, 40 % de la population de l’Ukraine. Or, nombre de ces russophones ne veulent pas voir l’Ukraine comme une nation rivale ou longtemps victime de la Russie.

Regardez ci dessous , ces personnages célèbres, Russes ou Ukrainiens? Tous Ukrainiens!

Le nationalisme ukrainiens s’est construit à deux moments précis.

L’entre deux guerres tout d’abord avec la naissance d’une république Ukrainienne annexée par les Soviets, puis avec la terrible famine des années trente qui fit 5 millions de morts. La responsabilité een incombe à l’incompétence d’un…Ukrainien, KHROUCHTCHEV , mais l’Holomor est fondateur dela haine du Russe.

II LE DIVORCE DES NATIONS SOEURS

Cette division s’est déjà trouvée particulièrement mise en évidence lors des élections présidentielles du 26 décembre 2004, avec des votes opposés dans les deux moitiés de l’Ukraine: tandis que, dans la partie occidentale, quatre oblast votaient à plus de 90 % pour le candidat jugé le plus occidental, Victor Iouchtchenko, alors élu, les deux oblast les plus orientaux votaient à plus de 90 % pour le candidat jugé leplus prorusse, Victor Ianoukovitch. Cette dualité s’est retrouvée lors de l’élection présidentielle de février 2010 même si, cette fois-ci c’est le candidat jugé le plus prorusse,Victor Ianoukovitch, qui l’a emporté sur son adversaire, Ioulia Tymochenko.

Mais il serait faux de croire que le conflit et le séparatisme étaient inévitables.

En 2013 Ianoukovitch président élu, russophone mais pas pro russe se retrouve piégé contraint de choisir entre deux accords, il n’ a pas le choix , pour des raisons économiques il opte pour la Russie et la révolution du Maidan a lieu avec le soutien des Américains , de BHL et… des néonazis

2 LA TERRIBLE RESPONSABILITE DES EXTREMISTES

Malheureusement les responsables du coup d’Etat puis le personnel politique élu resteront terrorisés par le risque d’un nouveau Maidan s’ils se montrent conciliants avec les russophones et leur protecteur, Poutine.

Lorsque la part russe ou russophone de l’Ukraine est niée, les tensions apparaissent.
Ainsi, courant 2014, les nouveaux dirigeants de Kiev, après la révolution de « Maïdan », ont souhaité se débarrasser des vestiges encore très visibles du soviétisme comme des statues représentant Lénine présentes sur les places centrales de nombreuses villes du pays, en particulier dans l’Est. Or, dans cette partie orientale,des foules ont souvent empêché la destruction de ces symboles de l’URSS.

De même, la montée des tensions dans l’Est de l’Ukraine en 2014 s’est considérablement
accentuée lorsque la réalité linguistique russe a été considérée comme méprisée. En effet, deux ans plus tôt, à l’été 2012, une loi sur les langues régionales avait été votée. Selon cette loi, chaque région pouvait, en plus de l’ukrainien, se doter de ses propres langues officielles, ce qui signifiait le droit pour les « minorités linguistiques » d’utiliser leur langue maternelle à leur travail et dans leur vie de tous les jours. Plus précisément, cette loi octroyait au russe le statut de langue régionale dans les territoires où les russophones représentent plus de 10 % de la population, soit dans 13 sur 27 divisions administratives du pays, dont Kiev, la capitale. La loi ne concernait pas seulement la langue russe, mais s’appliquait aussi au hongrois ou au polonais dans des régions de l’Ouest du pays. Or, le 23 février 2014, le parlement ukrainien, la rada, abroge la loi de 2012 surles langues régionales,

2014 sera l’année de la guerre civile ukrainienne , du massacre d’Odessa aau cours duquel des dizaines de pro russes sont brulés vifs, de la secession du Donbass et du rattachement de la Crimée à la Russie

Huit ans après rien n’est réglé…

Devant la façon dont les États-Unis, l’Union européenne et les nouvelles autorités ukrainiennes des mois de l’après-Maïdan traitent cette réalité géodémographique, on peut se demander si elles ont assimilé la question des groupes humains minoritaires qu’enseigne la géopolitique des populations ? Le risque est que, faute d’une solution négociée, l’Ukraine se retrouve doublement perdante : territorialement avec le départ déjà consommé de la Crimée et le risque de partition d’autres régions de l’Est, et économiquement…

III/LA POSSIBLE ENTREE DE L’UKRAINE DANS L’OTAN FAIT REBONDIR LA CRISE

Les pays de l’Europe, y compris la France, courent le risque d’une confrontation militaire avec la Russie si l’Ukraine adhère un jour à l’Otan et tente de reprendre la Crimée, a prévenu Vladimir Poutine à l’issue de ses pourparlers avec Emmanuel Macron à Moscou.

A l’origine de la crise l’oubli des promesses faites à Gorbatchev de ne pas élargir l’Otan.

Les Américains ridicules en Afghanistan , préoccupés par la Chine  ont un objectif , ressusciter l’Otan  et ils ont besoin que  l’Europe aient très peur d’une menace . Leurs services de sécurité ont une fois de plus inventé de toute pièce une attaque russe imminente… Faire peur mais éviter un conflit direct avec la Russie.

Les Américains savent que l’Ukraine et son président  veulent une entente avec Moscou mais Biden s’appuie une fois de plus sur des organisations ukrainienne nazies  qui veulent en découdre  et qui font peser une vraie menace sur leur gouvernement .

Poutine ne veut pas de la guerre mais il exige des garanties . Pas de bases de l’Otan plus proches et surtout il ne cèdera rien sur la Crimée.

Pour lui la neutralité de l’Ukraine , le sort du Donbass sont négociables…

C’est le Parlement de la République autonome de Crimée  qui décida d’organiser un référendum sur le rattachement à la Russie en mars 2014 remporté à plus de 90%

Poutine n’admet pas que l’Occident refuse de reconnaitre ce référendum et évoque lui aussi le droit international.

Au cours du processus de démantèlement de la Yougoslavie, un référendum avait été organisé au Kosovo, qui avait ensuite quitté la Serbie. Les Nations unies et plusieurs pays occidentaux avaient estimé que la déclaration d’indépendance du Kosovo ne violait aucune norme du droit international. Ce qu’avait confirmé en juillet 2010 la Cour internationale de justice. Vladimir Poutine, qui est docteur en droit, avait invoqué ce précédent au moment du rattachement de la Crimée. Wolfgang Schäuble, le ministre de l’Intérieur de la République fédérale chargé de la négociation du traité d’unification, sont extrêmement clairs :

«Il s’agit d’une entrée de la République démocratique dans la République fédérale, et non pas du contraire. […] Ce qui se déroule ici n’est pas l’unification de deux États égaux. »

On conviendra que si ce n’est pas une annexion, cela y ressemble beaucoup… Peut-être y a-t-il plusieurs poids et plusieurs mesures, même si un adage dit : deux juristes, trois opinions. La Russie a en tout cas rappelé ce précédent historique en évoquant en 2015, quelques mois après avoir remis la main sur la Crimée, la possibilité de considérer officiellement la réunification allemande comme une annexion.

Bombardements de l’OTAN contre la Serbie en 1999, intervention des États-Unis et de la «coalition des volontaires» en Irak en 2003, soutien américain et européen à la Révolution des Roses géorgienne en 2003 et à la Révolution orange ukrainienne en 2004, guerre russo-géorgienne en 2008, conflits libyen et syrien dans les années 2010… Autant d’épisodes qui, avant même 2014, avaient exacerbé les tensions entre Moscou et ses «partenaires occidentaux». Aux yeux de la Russie – et pas seulement –, dans bon nombre de ces épisodes, les Occidentaux se sont affranchis du droit international, ou en ont fait une lecture très personnelle. Dès lors, le Kremlin estime que le droit international est invoqué à géométrie variable et relève bien souvent de la simple application de la loi du plus fort ou du plus déterminé.

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17 commentaires pour L’ELYSEE NE VAUT PAS UNE GUERRE…

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  2. corinne billet dit :

    Corinne Billet 06 60 50 22 41

    >

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  3. Carolyonne89 dit :

    Extrêmement intéressant, ça rejoint parfaitement ce que je pense de cette situation plutôt explosive du fait des occidentaux soumis au diktat américain..

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  4. Carolyonne89 dit :

    A reblogué ceci sur La vérité est ailleurset a ajouté:
    Encore une évidence, ce ne sont pas les Russes qui cherchent la guerre, loin de là ! Mais les occidentaux valets des USA via l’OTAN …

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  5. Eric Levert dit :

    Merci pour cette excellente et subtileanalyse … A rebours de la doxa « bien pensante » dont nous sommes abreuvés depuis des années.
    Le « pseudo COVID » m’a permis de me réveiller en découvrant d’autres discours que j’avais totalement ostracisé en bon ex « centro-gaucho-bobo-écolo-européo ». Merci à vous Patrice, Michel Combaz, Yvan Rioufol… et aux vrais scientifiques et soignants qui entretenez notre moral.

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  6. dandresy dit :

    Les USA manipulent l’Europe, pas seulement avec ses injections nocives. Ursula marche dans la combine. Merci pour cette pertinente analyse.
    Suis toujours censuré par SFR dès que je prononce le nom de Gibertie. Ils doivent faire une crise ou un caca nerveux.

    Aimé par 1 personne

    • Didier LAIGLE dit :

      Vous ne perdriez rien à changer d’opérateur ! Je reçois la newsletter via ma box Bouygues sans problème.
      Éventuellement essayez donc de changer vos DNS. Vous êtes peut-être en automatique avec les DNS opérateur. Encore une forme de censure inadmissible !

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    • greg dit :

      j’utilise une adresse mail sfr et outlook piraté et je n’ai pas de problème !!

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  7. Charly dit :

    Vous faites bien de l’honneur à Start Up Ducon.

    Ce petit chien est bien courageux.
    Gageons que Start Up Ducon n’a même pas osé émettre la moindre critique face à Poutine. Quant à aboyer…

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  8. fraternel dit :

    très bonne analyse historique et il serait temps de soritr de l’otan je parle de la france
    assez d’etre sous le diktat des etats unis sans pour autant donner un bon point à poutine.

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  9. Jean Sentrais dit :

    En effet, Patrice Gibertie, en effet !

    Puis, pour qui a vu la conférence de presse de l’EMmerdeur avec Vlad à Moscou (le 07 février 2022), l’on a compris que EM a prétendu y prendre publiquement en otage le Russe, à ses propres fins électoralistes présidentielles en se la « pétant gros-muscles » mais en ne lisant qu’un texte de très mauvais auteur.

    Ce qui a profondément agacé notre Vlad. Car en fin de conf’, Vlad lui a ordonné :

    -« Bon ! toi tu viens par ici ».

    J’aurais aimé me glisser dans les coulisses pour assister au punch que le Tsar (César de la Russie) lui a balancé, par un bouquet de giroflées à 5 pétales …

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  10. Jean Sentrais dit :

    Si le Général de Gaulle avait encore vécu en 1989 à la chute de l’URSS, il aurait imposé à l’Europe de « tendre la main » à Moscou. La main que Moscou aurait d’abord serrée avec précaution, puis choyée … chaleureusement ! Existerait aujourd’hui une ligne directe de TGV traversant l’UE de Paris à Moscou.

    Or, par les atermoiements et les faiblesses mitterrandiennes, les USA ne firent qu’élargir l’Otan pour agrandir l’Empire et la soumission de nouvelles pro-vinces. Dont on voit que l’UE demeure captive, par un sentiment curieux de se prévaloir perpétuellement d’une danse de courtisane folle, hystérique.

    Et l’EMmerdeur apparaîtra dans l’Histoire comme une majorette agitée, perverse et nauséeuse. Sans foi ni loi. Sans parole sensée digne d’être entendue ou comprise … ni par les Français ni par les Russes.

    Existe aujourd’hui une « route ferroviaire de la soie », reliant Bejing à Moscou …

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    • Jean Sentrais dit :

      Sur l’un des ponts qui enjambent la rivière la Vienne, à Chinon le pont « Aliéonore d’Aquitaine » arbore depuis une plage sableuse, par une mystérieuse migration de pigments ce grand graffiti :

      -« US GO HOME ».

      Quoi que ce graffiti fut recouvert d’une peinture couleur-de-pierre-de-tuffeau (couleur de lait entier, comme le relatait Rabelais), 57 années œuvrèrent à laisser transpirer le cri gaullien !

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