Un débat européen entre cacophonie, fake news et démagogie : ils se foutent de nous !

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Un ou deux des participants surnageaient au beau milieu de cet océan de crétinerie mais ils étaient inaudibles. Les grandes gueules ont marqué des points  jouant de démagogie…

Les téléspectateurs européens  qui ont vu  le fameux débat  avec les têtes de listes n’ont pu qu’être affligés tant le dit débat était déconnecté des réalités du continent.

Les Français seraient ils seuls en Europe tant la prétention à proposer un changement d’Europe relevait d’un concours Lépine oubliant la réalité des rapports de force. Ce ne fut dans toutes les bouches qu’une exhortation au changement, à la transformation, à la refondation de l’Europe, mais dans le vide programmatique, idéologique, stratégique le plus total.

 

 

 

Les coalitions possibles au parlement européen enterrent les illusions du débat

Quoi que puissent voter les Français les jeux sont faits…

Les 8 groupes politiques européens et l’articulation entre eux n’est pas évidente. Au niveau des formations européennes, les clivages existants ont une certaine logique de fond.

Le PPE  (droite, LR Bellamy) sera majoritaire (25% des députés) et il poussera  à la tête de la commission  le conservateur bavarois Manfred Weber. Si le PPE existe encore, on le doit en grande partie au mérite personnel de Weber. Sans sa diplomatie discrète mais efficace, il y a longtemps que les Belges se seraient empoignés avec les nationaux-conservateurs hongrois . il est farouchement partisan des frontières ne veut pas rompre avec Orban . . Manfred Weber soutient qu’il disposera des suffrages des leaders PPE du continent, dont Angela Merkel et Viktor Orbán, deux personnalités aussi dissemblables que possible et pourtant toutes deux étiquetées PPE. Au-delà même de sa personne, il défend l’idée d’un basculement démocratique des institutions européennes vers un régime parlementaire. « Il faut que les gens aient le sentiment que leur vote aux européennes soit pris en compte et que le programme du candidat parvenu en tête soit le contrat de gouvernement de la prochaine Commission », plaide-t-il. Rien ne le garantit dans les traités. Les chefs d’État et de gouvernement doivent seulement « tenir compte » des élections pour proposer au Parlement européen de valider le président de la Commission.

« J’ai fait un tour d’Europe avant de lancer cette campagne et j’ai écouté les gens, lance Manfred Weber devant un parterre de journalistes et de cadres du PPE. Ce que je veux leur proposer, c’est une Europe autour de trois piliers. Une Europe forte, intelligente et aimable. » Une Europe capable de protéger les frontières extérieures des flux migratoires indésirables

Weber sait que Macron veut sa peau et espère enlever au PPE les partisans de Junker   et les ramener  à Vestager . Le PPE peut lui trouver des alliés plus à droite avec le CRE (8% des députés mais pas de représentants en France).

L’ALDE (libéraux , centristes) est le seul groupe fédéraliste et ultra libéral (12% des députés)

Il accueille le modem, l’Udi  de Lagarde et   demain la bande à Loiseau

Faire de l’Europe le chef de file mondial de la protection de l’environnement

Rendre la mondialisation positive pour tous

Faire de l’Europe le chef de file mondial de la protection de l’environnement

Rendre la mondialisation positive pour tous

La figure dominante est Margrethe Vestager, commissaire à la concurrence, celle qui a refusé la fusion siemens Alstom. Ainsi en Votant Macron on vote  pour Vestager à la tête de la commission  et pour l’ultra libéralisme ..

Et l’on sait déjà qu’Emmanuel Macron refuse le système parlementaire et jouera sa propre carte face à Weber . Issue d’un petit pays comme le Luxembourg,  Vestager pourrait tirer les marrons du feu…

Les écologistes au point mort

Dès lors, c’est l’aile gauche du Parlement européen qui ressortirait affaiblie du prochain scrutin. Malgré les bons résultats des partis écologistes lors d’élections locales en 2018, des intentions de vote en hausse en Allemagne, en Lituanie et en Belgique, ainsi que de quatre potentiels nouveaux députés tchèques (selon Politico), le groupe des Verts/Alliance libre européenne (Verts/ALE) ne parviendrait toujours pas à dépasser la barre des 7% des sièges au Parlement européen (entre 43 et 46 sièges).

Avec de mauvais résultats dans les pays de l’Est, en Espagne et en Suède, les écologistes pourraient même accuser un léger recul par rapport à la mandature précédente.

 

 

Les socialistes en chute libre

L’Alliance progressiste des socialistes et démocrates (S&D), elle, chuterait à environ 19% des sièges (entre 132 et 137 sièges), contre 25% aujourd’hui.

En Italie également, le Parti démocrate diviserait par deux son résultat. Une déroute similaire à celle du SPD en Allemagne, qui souffre depuis plusieurs années de son alliance avec la CDU.

Enfin, les victoires des partis socialistes espagnol, portugais, finlandais et suédois ne suffiraient pas à combler le vide laissé par le départ des 20 eurodéputés britanniques du Parti travailliste.

le candidat pour ce poste du côté des sociaux-démocrates est le Néerlandais Frans Timmermans.

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L’extrême gauche ne progresse pas

Profitant relativement peu de la situation délétère des socialistes, le groupe de la Gauche unitaire européenne / Gauche verte nordique (GUE/NGL) stagnerait de son côté à environ 7% des sièges du futur Parlement européen

L’une des plus nettes poussées au sein de ce groupe devrait être celle de La France Insoumise,

 

PAS D’UNITE CHEZ LES EUROSCEPTIQUES

l’Europe des nations et des libertés (ENL) et l’Europe de la liberté et de la démocratie directe (ELDD) pourraient représenter à elles deux près de 15% des eurodéputés pendant la prochaine mandature, contre 10% actuellement.

 

Porté par les scores du Rassemblement national en France (21% des voix selon les derniers sondages) et de la Ligue de Matteo Salvini en Italie (qui pourrait quasiment quintupler son nombre d’eurodéputés), l’ENL passerait ainsi de 4,5 à près de 9% des sièges au Parlement européen, soit l’équivalent d’une soixantaine de sièges.

 

De son côté, l’ELDD pourrait d’occuper de 5 à 6,5% de l’assemblée (contre 5,5% actuellement), soit entre 36 et 46 sièges. La forte progression du Mouvement 5 étoiles, qui partage le pouvoir avec la Ligue en Italie, pourrait ainsi compenser le départ des 20 élus britanniques actuels. Mais selon Politico, il n’est pas certain que les députés du M5S rejoindront à nouveau l’ELDD pour la prochaine législature. Le média, qui crédite le parti italien de 26 sièges, l’a en effet extrait de ce groupe. Dans ce cas de figure, l’ELDD n’occuperait plus qu’une petite vingtaine de sièges.

Le bloc de Marine le Pen sera donc ultra minoritaire et  il ne peut compter sur un rapprochement avec les pays de l’est, la Pologne , la Hongrie , la Tchéquie  sont plus proches de Manfred Weber  pour peu que le PPE se débarrasse de ses macronistes luxembourgeois

Les Italiens jouent leur carte, ils s’entendront avec le RN sur l’immigration mais pas sur le reste. Ils ne sont pas protectionnistes et joue l’ouverture sur la Chine , l’Italie sera le cheval de Troie  de la Chine  et des produits chinois .

RN et Dupont Aignan ne veulent plus quitter l’Europe et seront donc soumis aux règles européennes , Asselineau a raison de leur rappeler que ces politiques sont incompatibles avec ces règles . AJOUTONS QU’IL N’Y A PAS ET IL N’y aura pas de majorité pour changer ces règles  et que personne n’acceptera un déficit budgétaire. Les partis souverainistes de l’est ont dénoncé les déficits de Salvini.

La gauche et les écolos s dans une course échevelée aux positions les plus extrémistes et les plus démagogiques .

Tous écolos !  Alors que le problème majeur est en la matière celui des centrales à charbon (Pologne, Allemagne)et que le reste revient à pisser dans un violon.

 

Pour beaucoup il s’agit d’imposer à l’Europe ce qui ne marche pas en France . Qui à part nos gauchos veulent d’un smic en Europe ? Ils appellent ça l’Europe sociale mais personne n’en veut !

Qui en Europe veut d’une Europe fédérale ?  le groupe minoritaire ALDE . Les Allemands en rien encore et ils ne sont pas seuls !

Cela fait un demi-siècle que les élections européennes sont l’occasion pour certains de parler d’une nouvelle Europe plus inclusive dont personne ne veut en dehors de l’hexagone et du Benelux ; J’offre un merle blanc à celui qui me démontrera le contraire . L’Europe « puissance » est une escroquerie si on veut la faire à 27. Une bonne partie ne compte que sur l’Otan et l’alliance américaine , elle n’achète que des armes américaines …

 

 UN DEBAT  NOCIF POUR LA DEMOCRATIE

On s’attendait au pire mais ce fut encore bien pire… Un honteux spectacle de pitres déchaînés qui compensaient dans une bataille de crachats leur incapacité à formuler la moindre idée et à se différencier. Divas hystériques, nains de jardins fanatisés, brutes épaisses écervelées s’affrontaient dans une mélasse de bêtise comme on en voit peu et dans une course échevelée aux positions les plus extrémistes et les plus démagogiques qui soient. Les coups de com’ ridicules, les chiffres débiles, les mensonges éhontés, l’avalanche de bons sentiments dégoulinants de haine et d’hypocrisie, valsaient dans un tourbillon de démence et de férocité. Peut-être qu’un ou deux des participants surnageaient au beau milieu de cet océan de crétinerie. Il n’auraient jamais dû accepter de participer à cette mascarade ridicule. Ou alors quitter le plateau. Rien ne vaut la dignité. Mieux vaut perdre une élection que de renoncer à sa dignité. On pense toujours avoir atteint le fond de l’abîme, mais c’est de pire en pire. Le mépris des spectateurs, des électeurs, atteignait un nouveau sommet. Et après, les bonnes consciences et donneurs de leçon s’indigneront que les Français n’aillent plus voter.  Le « nouveau monde » disiez-vous? Eh bien le voici! M Tandonnet

Alors que faire ? Trois solutions sont cohérentes.

Partir avec les risques …. Voter pour le Frexit avec Asselineau et Philipot

Continuer dans l’ultra libéralisme, l’Europe passoire,  Voter pour la solution Macron Vestager… avec Loiseau et Lagarde

Rester et rendre la France compétitive tout en retrouvant des frontières externes. L’évolution de l’Allemagne, les erreurs de Merkel rendent cette perspective crédible avec Werner . Mais attention personne ne nous fera de cadeau, il faut impérativement renouer avec une politique industrielle , réformer en profondeur . Nous ne compterons en Europe que si nous sommes fort . Bellamy tient ce discours mais était il audible ?

Il aurait du partir, refuser de participer à cette farce ! Dix minutes de temps de parole, ce n’est pas sérieux

 

Le reste, tout le reste, c’est faire semblant et prendre les électeurs pour des crétins car nous ne pesons pas assez en Europe pour imposer  nos illusions …

 

Pas d’indépendance sans politique sérieuse : les précédents historiques

 

Lors de son retour au pouvoir en 1958, le général de Gaulle est naturellement préoccupé de conforter l’indépendance de la France ; celle-ci ne peut être effective si le pays reste obligé de quêter l’argent auprès d’autrui.

 

Il définit lui-même très clairement dans ses Mémoires d’espoir les buts de sa politique qui sont « la puissance, l’influence, la grandeur », mais aussi « ce degré relatif de bien-être et de sécurité que pour un peuple, ici-bas, on est convenu d’appeler le bonheur ». Et il conçoit l’économie comme la « base » matérielle permettant d’atteindre ces buts. Dans ces conditions, la notion économique maîtresse qui guidera l’action du général de Gaulle sera l’expansion parce que c’est elle qui permet d’atteindre à la fois « la puissance, l’influence, la grandeur » et « ce degré relatif de bien-être et de sécurité ».

 

L’idée dominante à l’époque, partagée par la plus grande partie du personnel politique, de l’administration et du monde économique était que l’économie française ne supporterait pas la concurrence étrangère et que l’on assisterait à un déferlement de produits étrangers, allemands en particulier en raison de la supériorité supposée de l’industrie allemande sur l’industrie française, qui conduirait donc à des fermetures d’entreprises et à l’explosion du chômage.

 

 

 

Ce fut une révolution que de prendre le contre-pied de cette opinion dominante et d’appliquer le traité de Rome, ce qui assurera le départ de la construction européenne et montre combien l’image d’un général de Gaulle anti-européen est injuste et inexacte. C’est sous l’influence des idées libérales – et hétérodoxes par rapport à la pensée unique protectionniste de l’époque – de Jacques Rueff que le général de Gaulle décida de cette orientation capitale de sa politique économique. C’est donc tout naturellement à Jacques Rueff, assisté d’un comité d’experts, qu’il confia la tâche de proposer un ensemble de mesures permettant de préparer l’ouverture de l’économie française. Ces mesures furent adoptées et mises en œuvre par le gouvernement du général de Gaulle à la fin de 1958.

 

 

 

Les leçons

 

La première, c’est que la vérité ne se trouve pas nécessairement du côté du plus grand nombre et que les élites, souvent prisonnières d’une pensée unique, peuvent se tromper lourdement.

La seconde, c’est qu’il n’y a pas de bonne politique économique sans pouvoir fort dont l’action soit fondée sur une vision globale de l’économie. Par pouvoir fort, nous n’entendons évidemment pas un pouvoir autoritaire, mais un pouvoir disposant d’un large soutien populaire, par conséquent assuré de sa durée, dont l’horizon et les préoccupations ne se limitent pas aux quelques mois qui le séparent de la prochaine élection et qui ne craint donc pas de prendre des mesures contraires aux intérêts de telle ou telle catégorie de citoyens, mais conformes à l’intérêt général du pays. De même, disposer d’une vision globale de l’économie, c’est établir une stratégie d’ensemble de son action sans la borner à n’être qu’une suite de réactions, plus ou moins heureuses, aux événements qui surviennent.

La troisième leçon que nous pouvons tirer du plan de Gaulle – Rueff, c’est que, s’il n’y a pas de progrès économique sans ordre – ordre dans les finances publiques, ordre dans la monnaie –, l’ordre ne doit pas être recherché pour lui-même, mais comme une condition mise au service de l’expansion. Ce qu’il y a en effet de remarquable dans le plan de Gaulle – Rueff, c’est que face à une crise financière et monétaire extrêmement grave, ses auteurs ne se sont pas contentés, comme l’auraient fait des hommes ne possédant pas leur envergure, de prendre des mesures permettant de parer au plus pressé en sacrifiant l’expansion, mais qu’au contraire, ils ont cherché le moyen de résoudre la crise financière et monétaire tout en promouvant l’expansion de l’économie française. Appliquant la maxime fameuse de Lyautey « Ne jamais dire ou chaque fois qu’il existe une chance de pouvoir dire et », ils n’ont pas choisi entre l’expansion ou la stabilité, mais ont voulu à la fois l’expansion et la stabilité.

 

 

 

Le général de Gaulle entend donc respecter, dans la conduite de la politique économique, les principes d’une gestion rigoureuse : préférer l’effort à la facilité, ne pas dépenser plus que l’on ne gagne, prévoir autant que possible les dépenses à venir, toutes ces règles de vie « domestiques » se transposant aisément au plan macro-économique.

 

 

 

Assurer le vote du budget en temps utile, projeter sur plusieurs années les engagements dans le cadre de lois-programmes, cantonner puis faire disparaître le déficit budgétaire, privilégier les financements basés sur une épargne longue et éviter les facilités de la création monétaire, autant de lignes de conduite dont l’adoption en 1958 tranche avec des pratiques trop longtemps tolérées.

Le plan de stabilisation de 1958 est en effet d’abord une « opération vérité » . Il suppose, pour porter tous ses fruits, un respect durable des grands équilibres.

Pour être pleinement efficaces, les mesures prises dans le cadre du plan de réforme de 1958 doivent être prolongées par une action à long terme, dans tous les domaines de la politique économique.

 

 LA RUPTURE CHIRAC SEGUIN ET LA MODERNISATION DE LA FRANCE

 La suppression de l’autorisation préalable de l’inspecteur du travail pour un licenciement est une réforme Séguin de 86 comme les premières formes d’annualisation.

Au final, Philippe Séguin se heurte à François Mitterrand sur les réformes les plus emblématiques de la rupture – l’autorisation administrative de licenciement et le temps de travail -, qu’il refuse d’avaliser par la voie d’ordonnances. « On en a plaisanté », notait le ministre, qui a recouru, chaque fois, à la loi, après négociations avec les partenaires sociaux. Quand la rupture est socialement accompagnée, ça passe. Quand elle n’est pas négociable, ça casse. Philippe Séguin a poursuivi le traitement social – en proclamant que « l’objectif n’est plus le plein-emploi productif »

 

la loi du 23 juillet 1987 de Philippe Séguin ouvre l’apprentissage à tous les diplômes et titres homologués de la voie professionnelle et technologique, du CAP à l’ingénieur et consacre ainsi l’apprentissage comme un système de formation à part entière.

 

 

 

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/01/14/philippe-seguin-ministre-modele-de-la-rupture-par-michel-noblecourt_1291620_3232.html#dpwZ0Hd0ucTxkhKA.99

 

On se souvient de la campagne contre le traité de MAASTRICHT, Seguin a mené la campagne du non et il avait raison . Juppé et Dupont Aignan  travaillaient ensemble à l’époque, comme Mélenchon ils ont voté oui pour donner la même monnaie à la Grèce et à l’Allemagne.

http://www.leparisien.fr/magazine/grand-angle/secret-de-candidat-l-europhilie-inavouable-de-nicolas-dupont-aignan-21-04-2017-6867792.php

 

Pour autant, faire de Séguin un antieuropéen est une caricature. Il pensait que l’Europe ne pouvait être seulement un marché, encore moins une technocratie, mais une construction politique permettant une Europe sociale qui protège ses entreprises et ses salariés. Il se situe clairement dans le sillage du général de Gaulle qui, dès 1952, avertissait : « On ne fera pas l’Europe si on ne la fait pas avec les peuples et en les y associant. Or, la voie que l’on suit est complètement différente. Les peuples n’y sont pas ».

 

Or, dès son fameux discours du 5 mai 1992, Séguin nous avertissait : « Il est bien temps de saisir notre peuple de la question européenne. Car voilà trente-cinq ans que le traité de Rome a été signé et que d’Acte unique en règlements, de règlement en directives, de directives en jurisprudence, la construction européenne se fait sans les peuples».

 

Au cœur de son combat pour une Europe des nations et des peuples, ce dernier a tout de suite estimé que la monnaie unique présentait un danger supplémentaire. Le traité de Maastricht allait mettre les nations, donc les peuples sous tutelle, ce qui lui était insupportable en sa qualité de républicain et de démocrate.

 

Sa critique sur le traité de Maastricht portait sur deux points essentiels : aggraver le déficit démocratique accumulé au fil des années, au lieu de tenter de commencer à le résorber, et prévoir un mode de gestion et des objectifs contradictoires pour la monnaie unique. On faisait en effet découler la politique économique du monétaire quand le raisonnement aurait dû être inverse.

 

SEGUIN ENTERINE Le CHOIX DES Français  et entame un combat pour rendre viable la zone euro, jamais il n’envisagera que la France puisse quitter l’Euro

 

Philippe Séguin: « Une fois de plus, il nous faut considérer le monde tel qu’il est et non tel qu’on voudrait qu’il soit. Et dans ce monde-là, ce que la France peut apporter de plus précieux à l’Europe, c’est de trouver en elle-même assez d’énergie et de volonté pour devenir un contrepoids, pour équilibrer les forces en présence, pour peser lourd face à l’Allemagne, sinon pour faire jeu égal avec elle. Que la crise de notre État providence appelle de profondes réformes, je serai le dernier à le contester. Que cette modernisation, faute de courage politique, soit imposée par les institutions communautaires, voilà qui me semble à la fois inquiétant et riche de désillusions pour notre pays. Le meilleur service que nous pouvons rendre à l’Europe, c’est donc de nous engager résolument sur la voie du redres­sement national, c’est de restaurer la cohésion nationale et l’autorité de l’État. »

 

Qu’ai-je dit ? D’abord que j’étais un européen convaincu et exigeant, comme l’était le général de Gaulle, et ce depuis que je suis entré en politique. Ensuite, que le traité de Maastricht était un bien médiocre document, et qu’il le reste, mais qu’ayant été approuvé par le peuple il doit être mis en oeuvre, notamment à travers l’instauration de la monnaie unique. Enfin, qu’il serait criminel et dangereux de construire l’avenir de notre continent sur ce seul traité qui manque singulièrement de souffle politique, sauf à limiter la politique au respect de grands équilibres confiés à d’éminents techniciens.

 

Voilà pourquoi j’ai souhaité une initiative politique franco-allemande pour sortir de l’ensablement.

 

Je ne renie aucunement les principes qui m’ont conduit à me prononcer contre le traité de Maastricht, mais que le débat référendaire sur Maastricht s’est terminé le 20 septembre 1992, à 20 heures. Et qu’à 20 heures, il y a une nouvelle situation qui a été créée. Et qu’il faut en tirer les leçons. Nous avons perdu, il y a bien longtemps, la bataille d’Azincourt, notamment en raison de l’absence de fair-play des Anglais ce jour-là. Je le regrette, mais c’est ainsi. Telle sera ma conception de la démocratie et de la République. Au demeurant, nombreux aussi sont ceux qui m’ont parfaitement compris. On a ainsi écrit que l’ambition que j’avais de l’Europe n’était pas compatible… avec l’esprit réel de Maastricht…

 

Je pense que les opinions publiques sont prêtes à accepter les sacrifices qu’on leur demande à condition qu’on leur explique à quoi ils servent.

 

Il est vrai que, de toute façon, il faut lutter contre les déficits car nous sommes dans une situation qui devient intolérable »

 

En 1996 il  propose de créer un pôle politique pour l’euro ( le programme actuel de Fillon) :

 

« Si on veut sauver le projet de monnaie unique, il va falloir que nous fassions aujourd’hui ce qui aurait dû être entrepris alors, il va falloir que nous mettions en place enfin l’initiative politique qui, seule, peut justifier, permettre, fonder le passage à une monnaie unique européenne.

 

Quelle initiative? Fidèle à son projet, réinjecter du «politique» là où il n’y a plus, selon lui, que de la «technique», il a plaidé pour que les «gouvernements» ne laissent pas aux Banques centrales et à la Commission de Bruxelles ­ «organisme de fonctionnaires désignés par leurs gouvernements» ­ le soin de décider seules de l’avenir de leurs économies. «S’il y a accord politique initial de la France et de l’Allemagne sur ces bases (…) alors nous pourrons concevoir de conduire ensemble notre convergence économique et de passer ainsi à la monnaie unique», a-t-il lancé, venant ainsi applaudir la récente annonce, par Jacques Chirac, d’une initiative de relance commune de Paris et Bonn.

 

Mais il y avait JUPPE

Les relations entre Jacques Chirac et Philippe Séguin ne seront jamais simples mais les deux hommes ont en commun un grand réalisme politique, qui finit toujours pas aplanir les passions.

 

Entre eux il y a Alain Juppé et « le plus caractériel n’est pas celui qu’on croit »…

 

S’il faut en croire JEAN LOUIS DEBRE , Juppé favorable à BALLADUR aurait négocié son ralliement à Chirac en échange de Matignon et de la présidence du RPR

 

 

 

Certains amis d’Alain Juppé ont estimé que le Premier ministre n’aurait jamais dû supporter l’institution, entre Chirac et Séguin, d’un déjeuner du mardi.

 

Pour être emporté, Philippe Séguin a aussi de vraies patiences. Meurtri de n’être pas choisi par Chirac, il a désormais théorisé qu’il serait difficile de construire sur les ruines d’Alain Juppé. En 1997  c ‘est la triste conclusion de l’impasse Juppe, la dissolution que refusait Séguin , la victoire de Jospin.

 

La bobocratie  détruira Séguin, je me souviens du traitement que lui firent les média  pour faire élire Delanoé à Paris.

 

Au cours des années 2000 Séguin, réfugié à la Cour des Comptes , se fait le partisan de réformes structurelles radicales  sur l’analyse des causes du mal français. Ainsi a-t-il critiqué « l’absence de politique budgétaire à moyen terme et un défaut de vision ».Inquiet des risques de dégradation sous l’effet de la remontée des taux d’intérêt, et dubitatif sur la faisabilité d’un programme gouvernemental reposant sur des hypothèses macro-économiques « très favorables »,  Seguin  fustige les ventes d’actifs de l’Etat dès lors qu’elles « sont utilisées pour le camouflage des déficits ». Pour assurer « un redressement durable des finances publiques », il a proposé d’agir sur le rétablissement des comptes de la sécurité sociale via de « nouvelles dispositions », les marges de productivité offertes par les technologies de l’information, la maîtrise des dépenses d’intervention. http://www.lemonde.fr/societe/article/2006/06/14/philippe-seguin-fait-une-lecon-de-rigueur-au-gouvernement_783347_3224.html#pIwZslj2WcGkpx0D.99

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