Verdun, l’escroquerie Pétain remise à l’ordre du jour, le vainqueur s’appelait de Castelnau

Les historiens  ont plus que nuancé le rôle de Pétain à Verdun  mais le Président de la République n’a que faire de leurs travaux

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En août 1914, le général de Castelnau commande la IIe armée de Lorraine, appelée à jouer un rôle déterminant dans le Plan XVII, préparé un an plus tôt par l’état-major général en vue d’un conflit avec l’Allemagne. C’est ainsi qu’il remportera la bataille du Grand Couronné, en mettant en échec la VIe armée allemande commandée par le prince Rupprecht de Bavière. Cela lui vaudra d’être surnommé le « sauveur de Nancy ».

 

Moins d’un an plus tard, le général de Castelnau prend le commandement du Groupe d’armées du Centre. Le 25 septembre 1915, il dirige l’offensive de Champagne, qui, en quelques jours, permettra de faire 25.000 prisonniers et de s’emparer de 125 canons ennemis. En outre, les troupes françaises progressent de quelques kilomètres en territoire allemand.

 

Élevé à la dignité de Grand-Croix de la Légion d’honneur, le général de Castelnau devient l’adjoint du généralissime Joffre. Mais ses succès sont endeuillés par la mort, au combat, de trois de ses fils : Xavier (20 août 1914), Gérald (6 septembre 1914) et Hughes (15 septembre 1915).

 

« L’adversaire français vers lequel sont allées instinctivement nos sympathies, à cause de son grand talent militaire et de sa chevalerie, c’est le général de Castelnau. Et j’aimerais qu’il le sût », dira de lui son adversaire, le général allemand Von Kluck.

 

Début 1916, contre l’avis de tous, le général de Castelnau prend très au sérieux les renseignements faisant état d’une importante offensive allemande dans le secteur de la Meuse, précisément dans le secteur de Verdun. Le généralissime Joffre n’y croit pas : les Allemands n’auraient aucun militaire à lancer une telle attaque dans cette région.

 

Quoi qu’il en soit, renforcer les défenses autour de Verdun est une évidence pour le général Castelnau. Il fait alors évacuer les civils, ordonne des aménagements défensifs et surtout appelle des renforts de troupes importants. Quand le premier obus allemand tombe, ce 21 février, à 7h15, il réussir à convaincre l’état-major de la nécessité de tenir, coûte que coûte, la rive droite de la Meuse, afin d’éviter que ses crêtes ne servent de bases pour l’artillerie allemande. Puis, il impose le général Pétain pour mener la suite de la bataille. Les deux officiers partagent le même point de vue : ils ne sont pas favorables au concept d’attaque à outrance.

 

Reste que l’influence du général de Castelnau sur la suite de la bataille de Verdun est indéniable… Touché par la disgrâce de Joffre, le « capucin botté », comme le surnomme Clémenceau, sera envoyé en mission de liaison en Russie (janvier 1917) avant d’être nommé à la tête des armées de l’Est. Il prend part ainsi la grande offensive de la victoire en 1918.

 

En février 1916, Joffre confie la défense de Verdun à Pétain. Un choix qui se révèle judicieux puisque Pétain a l’esprit défensif et qu’il s’agit de défendre. Puis en juin, peut-être parce qu’il pense qu’il faut passer à une phase plus offensive, Joffre confie le secteur à Nivelle. Et Nivelle fait merveille, il reprend les forts de Vaux et de Douaumont. Nivelle est le vainqueur de Verdun, Nivelle est l’étoile montante de l’armée.

Il disparait avec la terrible erreur du Chemin des dames .

Le vrai vainqueur, Castelnau  ne sera jamais honoré pour de simples raisons politiques …Il est fervent catholique.  La République se méfie de ses opinions. Après guerre, Edouard de Castelnau est élu député de l’Aveyron. Il préside la fédération nationale catholique forte de 3 millions de membres.

Ainsi, il était critique du traité de Versailles qu’il voyait, comme Bainville, gros d’une volonté de revanche allemande. Autre exemple : après avoir approuvé la condamnation de l’Action française par le Pape, il s’opposa bec et ongles à Munich. S’attirant les quolibets de cette extrême droite pour qui la défaite de 40 fut une divine surprise. Lucien Rebatet le traitant dans Les Décombres de vénérable baderne stratège de 89 ans qui osait dire : « Après la Marne, il y a la Seine et après la Seine, il y a la Loire… et après la Loire le réduit de Massif central, tout l’arrière du pays avec les immenses ressources des empires français britanniques ». Cela ressemble trait pour trait à l’analyse faite par Charles de Gaulle pour s’opposer à la demande d’armistice en juin 40. La gauche n’était pas en reste, puisque que Léon Blum, célébrant le Maréchal républicain Pétain, disait : « Présentez une femme et la République à Pétain et Castelnau, Pétain viole la femme et sauve la République, Castelnau fait contraire ». On sait ce qu’il advint de Pétain et de son viol de la République le 10 juillet 40. Castelnau lui ne viola personne, mais s’opposa à l’armistice et à Pétain. Le cardinal Gerlier chef d’une église très favorable à « l’État français », lui avait envoyé un abbé pour demander à le rencontrer pour tenter de le rallier. Castelnau éconduit le messager avec cette phrase : « Gerlier veut me parler ? Je croyais qu’il avait usé sa langue à force de lécher le cul de Pétain ».

 

On attribue aujourd’hui à Pétain la victoire de Verdun. Mais ce n’est pas ce que l’on disait à l’époque. La médaille n’a été attribuée à Pétain qu’après qu’on a déchu Nivelle de son titre en 1917. Nivelle, le Lance Armstrong de la guerre. En 1916, le vainqueur de Verdun, c’était bel et bien Nivelle.

Jusqu’en 1914, Georges Clemenceau ne s’est pas vraiment intéressé à Philippe Pétain. Il ne pouvait prêter attention à un militaire éloigné de la politique qui, pendant l’affaire Dreyfus, avait signé la souscription au « monument Henry », lancée par les antisémites.

Après 1923, Clemenceau revoit, en voisin, Pétain qui passe parfois par Bélébat lorsqu’il rend visite à Paul de Grandcourt, son ami de Saint Fulgent. Très lié avec ce dernier, compagnon de chasse aux perdreaux, Clemenceau l’est beaucoup moins avec le Maréchal qu’il pense « sans idée, sans cœur, sans cran, plus administrateur que chef, sans imagination et sans fougue]. »

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