
Les artifices du marketing n’y feront rien, dès que l’on s’éloigne des trois parisiennes les performances des écoles en matière d’emploi sont inégales, Toulouse ou Grenoble font moins bien que Neoma ou Kedge. Effet TGV, place de l’apprentissage , proximité de Paris font la différence…
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Fernand Braudel fut le premier à décrire l’apparition des grandes villes de l’économie-monde de la Méditerranée du XIIe siècle. Olivier Dollfuss proposa en 1996 la première théorisation rigoureuse de l’AMM, l’archipel mondial constitué de « l’ensemble des villes qui contribuent à la direction du monde ». Symboliques des processus de globalisation, elles favorisent la synergie entre les diverses formes du tertiaire supérieur et du « quaternaire » (recherche, innovation, activités de direction). Ces espaces urbains fonctionnent en système, d’où l’image d’un archipel constitué d' »îles » qui concentrent entre elles l’essentiel du trafic aérien et des flux de télécommunication : 90 % des opérations financières s’y décident et 80 % des connaissances scientifiques s’y élaborent. Olivier Dollfuss en identifie une demi-douzaine. Londres, New-York, Tokyo, Hong-Kong, Paris, Séoul…
« Paris jouit d’une excellente réputation auprès des investisseurs de toutes les régions du monde, en 4e place à l’échelle mondiale. L’origine des investisseurs est de plus en plus diversifiée. (…)
Paris dispose d’un environnement politique stable, d’infrastructures et de réseaux de communication de premier ordre, de prestations sociales remarquables et d’un excellent système d’éducation. (…)
Paris se démarque comme l’une des économies les plus diversifiées. »
Global Cities Investment Monitor 2013, KPMG
Grâce à ses incontestables atouts économiques et sa position géographique, Paris se classe première métropole européenne en matière d’implantation de sièges sociaux. 33 des 500 quartiers généraux des plus grandes compagnies mondiales sont concentrés sur le territoire.
Selon une étude du cabinet PwC, Paris se classe au 1er rang mondial pour la qualité de vie et propose l’une des scènes culturelles et artistiques les plus dynamiques de la planète.
La ville de Paris a été une nouvelle fois désignée 1ère du classement annuel QS des meilleures villes étudiantes en 2013, comparatif des métropoles où il fait bon être étudiant, qui se base sur des critères tels que : les frais d’inscription, la qualité de vie, la population étudiante, le niveau des universités et la reconnaissance professionnelle par les employeurs
La région Ile de France regroupe 27% des emplois avec 14% de cadres soit trois fois plus que la moyenne de province. Les fonctions dites » métropolitaines » recouvrent les emplois de la culture et des loisirs, de la gestion (cadres administratifs des entreprises, banquiers, assureurs…), de la recherche et de la conception, des » prestations intellectuelles » (ingénieurs-conseils, avocats…) et du commerce interentreprises. Les cadres de ces fonctions étaient 2,3 millions en France selon le recensement de 2006, soit à peu près un emploi sur dix, dont la moitié dans l’agglomération parisienne.
Certes huit cadres parisiens sur dix envisagent de quitter la capitale dans un avenir proche, selon une étude de Cadremploi. Lassés des transports, ils rêvent notamment de partir à Bordeaux, Nantes ou Lyon.
L’avantage des écoles parisiennes : elles sont à Paris ou pas très loin des gisements d’emplois (cdi, apprentissage, stage).
L’évidence s’est imposée pour les formations post graduate et les MBA, comment exister hors de Paris. En dehors des trois parisiennes les grandes provinciales ont installé un campus à Paris.
EDHEC : Entre Bourse et Opéra, le quartier historique des affaires de la Ville Lumière, le campus, d’une surface de 1500 m2, accueille des formations en interaction permanente avec les entreprises, pour étudiants, cadres et dirigeants.
NEOMA : Dédié aux activités de formations dites « Executive Education » (formation continue), le campus parisien intramuros de NEOMA Business School est situé au cœur de la capitale, dans le 9e arrondissement sur plus de 1 500m2.L’école vient d’ouvrir un espace « incubateur » sur Paris.
KEDGE BS dispose désormais d’un nouvel espace de 900 m2, au cœur de Paris
TBS depuis 2012, TBS est implantée à Paris.
SKEMA Le Campus Paris-La Défense se situe dans les locaux ultramodernes du pôle Léonard de Vinci au cœur du quartier de la Défense.
L’école a un nouveau campus dont les locaux offrent une surface de près de 700m².
AUDENCIA Gem partage avec l’EM Normandie (2 000 m2 sur deux niveaux).
Em lyon business school dernière arrivée vient d’implanter un campus de dernière génération.
Toutes avouent l’importance de Paris mais le programme Grande Ecole et l’immense majorité des formations sont toujours installées en province. Le Tgv a révolutionné la situation des écoles : se rendre à Paris depuis Reims, Lille prend moins de temps que depuis la banlieue.
La proximité de Paris pour un étudiant est essentielle pour se rendre à un rendez-vous. Est-il possible de le faire dans la demi-journée ?
Oui pour ESCP, ESSEC, REIMS, Rouen
Il faudra la journée pour LILLE, Nantes, Lyon, RENNES. Ce sera difficile pour Grenoble, Bordeaux MARSEILLE
Il faudra prendre l’avion pour Nice et Toulouse.
La proximité est essentielle pour les formules classique d’alternance de type trois jours en entreprise et deux jours en école. Un étudiant peut résider à Paris et passer une nuit dans la ville de son école ; C’ est facile si l’école est une parisienne, Reims et Rouen . C’est encore possible pour Lille. Plus loin seules les alternances du type 3 mois/un mois sont possibles.
Temps voyage en voiture des campus hors Paris à la Défense
JOUY OH 31
CERGY 0H38
ROUEN 1H 26
REIMS 1H57
LILLE 2H 36
Durée voyage train jusqu’à Paris puis de la gare à la Défense
Escp 0h30
Cergy 0h38———————————————————————————————
Jouy 1h
Reims oh46 1h30
Rouen 1h10 1h40
Lille 1h 02 1h50
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LYON 1H57 2H40
Rennes 2h10 3h
Nantes 2h15 3h
Grenoble 3h 3h 50
Bordeaux 3h11 4h
Marseille 3h20 4h10
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Toulouse 5h 27 6h10
Nice 5h 45 6h30
LES ECOLES ET L’EMPLOI/ LES VRAIS CHIFFRES
Juger les écoles sur leur capacité à faciliter l’emploi de leurs étudiants ? L’idée ne semble pas mauvaise. Hélas l’art de la com ne permet pas d’appréhender la réalité. Comment ne pas être exigeant si vous sortez d’une école gonflée par des classements imbéciles ?
Saviez-vous qu’un diplômé sur deux n’a pas de CDI un an après avoir quitté certaines écoles ?
Parfois un sur quatre est encore à la recherche d’un emploi au terme d’un cursus qui a pu couter 50 000 euros de frais de scolarité.
Les écoles post bac ne figurent pas dans le petit groupe d’écoles qui réussissent magistralement l’insertion de leurs jeunes diplômés. Elles sont pourtant plus chères et moins ouvertes socialement que les meilleures. Les statistiques réservent bien des surprises : contre-performances de certaines écoles chéries de certains classements, réussite de « petites écoles » négligées. Quant aux fameux BBA et bachelors, ils conduisent surtout à intégrer une autre école dans les 3 /4 des cas et donc à des cursus de 80 000 euros…
Des chiffres qui dérangent ?
Si les chiffres que vous allez analyser étaient connus , les classements de la presse seraient ridiculisés…Ne parlons pas des discours lénifiants sur les BBA et bachelors .
Les vrais chiffres des écoles de commerce sont validés par les directeurs et sont transmis au Ministère de l’Education Nationale de l’enseignement supérieur et de la recherche. Ils sont utilisés pour accorder ou non aux écoles le Master. Ils sont centralisés par la commission en charge des accréditations, la CEFDG.
L’approche n’est pas facile pour le grand public mais je me propose de dévoiler les fiches cachées des écoles. Nous y ajouterons d’excellentes enquêtes objectives menées par les statisticiens de l’Ensai. .
Nous serons alors très loin de la grande cuisine des classements et de l’image de la jeunesse dorée pour laquelle tout serait facile.
Les indicateurs du ministère sont réalistes mais il faut tenir compte de trois situations différentes : l’emploi, le chômage et la poursuite d’étude.
Le total des employés et de ceux qui sont en recherche d’emploi ne fait pas 100%, plusieurs étudiants sont en poursuite d’étude après leur diplôme.
Les poursuites d’étude sont moins nombreuses que l’on pouvait le penser. Elles sont incontournables si un étudiant veut compléter son diplôme par une véritable double compétence en droit ou dans une école d’ingénieur. Tel est le cas dans les parisiennes ou à l’EDHEC mais les chiffres demeurent modestes, tout comme les doubles compétences…
Dans certaines écoles la poursuite d’étude traduit une réalité différente, le besoin de compléter un diplôme jugé insuffisant. On évoque souvent des masters spécialisés dans des écoles plus prestigieuses. Dans les faits cette pratique est peu répandue et la poursuite d’étude se fera après quelques années d’expérience professionnelle. Le diplôme de la Grande Ecole se suffit donc à lui-même dans l’immense majorité des cas.
Ce n’est pas le cas des BBA et bachelors qui ne conduisent pas majoritairement au marché du travail mais … à intégrer une autre école .
Les écoles n’assurent pas une protection complète contre le chômage
L’enquête de la CGE nous donne 15%de jeunes diplômés en recherche d’emploi, 80% d’employés et 5% en poursuite d’étude pour l’ensemble des grandes écoles de commerce.
Les écarts sont pourtant conséquents entre des écoles qui comptent moins de 5% de chômeurs après le diplôme et celles qui sont à près de 20%. Mais tous les emplois ne se valent pas, nous prendrons donc en compte le pourcentage de jeunes diplômés en CDI
Qui fait mieux que la moyenne? Les parisiennes, on s’y attendait mais il y a des surprises.
Les écoles qu’il faut intégrer : moins de 10% d’étudiants en recherche d’emploi et plus de 70% en cdi
Réussite sans égal de l’Essec, pour pratiquement tous les étudiants c’est le cdi. Certains seront surpris de trouver Neoma dans le premier groupe mais la proximité de PARIS (Reims, Rouen) et l’importance de l’apprentissage n’y sont pas pour rien. Peut être également une moindre exigence en terme d’emplois ?
% Diplômés en CDI %en recherche d’emploi
ESSEC 90.2 3
ESCP 77.4 7
HEC 74.1 5
EM LYON 73.8 7
NEOMA 73.8 9
Trois écoles n’atteignent qu’un seul objectif mais leurs performances sont enviables
Je m’attendais à trouver l’EDHEC et Audencia un peu mieux placées, Kedge s’en sort bien. Le niveau d’exigence serait-il trop élevé pour les diplômés de l’Edhec et de Audencia qui croient en l’existence d’un top 5 ?
% Diplômés en CDI %en recherche d’emploi
EDHEC 70.6 12
KEDGE 68.9 5
Audencia 64 .7% 8.3
Les autres écoles
On trouve dans ce groupe des écoles post bac qui parviennent à égaler des écoles recrutant après prépa ou licence. L’ieseg école chérie des média se situe à ce niveau avec TBS et Skema .
% Diplômés en CDI %en recherche d’emploi
TBS 64.75 12 .2
Ieseg 68 .8 11
SKEMA 66.5 15

Les déceptions
Même si c’est un peu mieux qu’en 2017 Grenoble n’a pas de résultats à la hauteur des fameux classements . La notoriété n’explique pas tout, la proximité de Paris, la force du réseau d’anciens font la différence entre Néoma, Telecom et des écoles plus éloignées comme Grenoble ou Montpellier.
La situation du marché local de l’emploi… un indicateur qui n’est jamais pris en compte.
% Diplômés en CDI %en recherche d’emploi
EM STRAS 62.4 14%
Esce 61 6
ESSCA 59.3 10
GEM 60.1 17
MONTPELLIER 53.5 25.7
RENNES 53.3 23
Les petites malines qui réussissent …
L’enquête porte sur de petits effectifs car les promotions sont moins nombreuses ( 5 fois moins qu’à Neoma ou Kedge ) ce qui limite les comparaisons. Ces petites écoles, par leur taille, réussissent cependant l’insertion des étudiants avec des performances dignes du premier groupe. De belles performances pédagogiques …De quoi faire hésiter. Ces écoles sont moins chères et plus ouvertes socialement que celles qui font moins bien…
% Diplômés en CDI %en recherche d’emploi
TELECOM 80 .11 8
BURGUNDY 76.4 7 .9
ICN 72.3 8.8
Quelles explications peut-on fournir ?
La notoriété n’explique pas tout, la proximité de Paris, la force du réseau d’anciens font la différence entre Néoma, Telecom et des écoles plus éloignées comme Grenoble ou Montpellier.
La situation du marché local de l’emploi… un indicateur qui n’est jamais pris en compte. Je ne comprends pas pourquoi.
Cette année, la nouvelle attention portée à l’apprentissage révèle que 13 % de la population des diplômés est concernée et considère cette pratique pédagogique de nos programmes comme particulièrement adaptée pour garantir la meilleure insertion dans le monde professionnel.
Le stage de fin d’études est la principale porte d’entrée vers l’emploi, particulièrement pour les ingénieurs (un tiers d’entre eux a décroché son emploi par ce moyen). Les stages effectués durant leur année de césure ont permis à près de 6 % des managers d’obtenir leur premier emploi ; ce moyen reste marginal pour les ingénieurs (1,6 %). Par ailleurs, 5,2 % des nouveaux ingénieurs et 6,4 % des nouveaux managers ont été embauchés à l’issue de leur apprentissage. L’addition de ces trois moyens concourt à près de 40 % des recrutements.
Le second moyen utilisé par les diplômés pour trouver leur emploi est la navigation sur les sites internet spécialisés dans l’emploi, principalement l’APEC. Si on y ajoute les sites Internet d’entreprises, un emploi sur cinq y trouve son origine. On peut aussi noter la progression de l’utilisation des réseaux sociaux professionnels dans la recherche d’un emploi : + un point entre 2015 et 2016, pour les ingénieurs comme pour les managers. Les relations personnelles interviennent dans 10 % des embauches, plus fréquemment chez les managers. Les candidatures spontanées ont permis à plus de 8 % des diplômés des grandes écoles de décrocher leur emploi.
Les vrais chiffres de l’apprentissage en école de commerce
Pour le ministère l’alternance et particulièrement ‘apprentissage doivent jouer un rôle important, les classements retiennent tous ce critère mais s’emmêlent les pinceaux dans des chiffres fantaisistes.
Comparez avec les vrais chiffres….
La pratique de contrats de professionnalisation complète les contrats d’apprentissage mais le questionnaire du ministère ne porte pas sur ce type d’alternance. Pour en savoir plus il faut se tourner vers les sites des écoles. Nous l’avons fait et nous avons pu constater que certaines écoles peu portées sur l’apprentissage ont signé des accords avec ADDECO. La hiérarchie n’en sera pas modifiée pour autant car l’alternance est complexe à mettre en œuvre, il faut adapter les emplois du temps.
Montpellier a fait le choix de donner la priorité à l’alternance. Un groupe d’école mené par l’Essec, Neoma, Skema , l’Edhec ,offre de belles possibilités.
Les autres écoles ont fait d’autre choix tout autant respectables
% d’apprentis déclarés au ministère
MONTPELLIER 842/2377 35.5%
ESSEC 340/3004 11%
NEOMA 662/5664 11.5%
SKEMA 424/4356 9.8
EDHEC 236/3471 6.8
RENNES 128/2235 5.7
KEDGE 302/5884 5.1
ESCP 159/3163 4.8
TBS 94/2500 4
GEM 113/3076 3.7%
AUDENCIA 42/2392 2%
IESEG 119/3932 2.5
EM LYON 26/2993 1%
HEC 28 1%
