« France is’nt back ! » La politique économique décryptée

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Malgré la complaisance extrême de médias, force est de constater que la situation économique française ne s’améliore pas et la politique économique mélange gaspillage et massacre fiscal . Les statistiques sont aux antipodes des discours lénifiants actuels, mais qui s’en soucie ? A la veille d’un retournement conjoncturel majeur et d’une hausse des taux d’intérêt, les réformes sont incompréhensibles…

Croissance : des performances médiocres

Depuis 2011 le monde connait reprise et croissance mais la France a perdu cinq ans  .Aujourd’hui la croissance mondiale s’essouffle et la France devra se contenter des miettes du dessert. Avec 1,8% la France fait moins bien que ses voisins et moins bien qu’en 2010 et 2011…

L’OCDE prévoit que l’économie mondiale connaîtra une croissance de 3.6 % en 2017, de 3.7 % en 2018 puis de 3.6 % en 2019. Ce résultat l traduit en réalité un léger ralentissement par rapport aux années qui viennent de s’écouler et, surtout, il est à la merci de la fragilité du système financier mondial.

 

Si l’on regarde dans le détail, aux États-Unis, la croissance devrait ressortir à 2.2 % en 2017 puis atteindre 2.5 % en 2018 avant de redescendre à 2.1 % en 2019. Mais Trump, avec sa politique agressive de baisse d’impôt, de relocalisation des activités industrielles et de baisse du dollar, fait tout pour doper ce chiffre.

Dans la zone euro, la croissance devrait s’établir à 2.4 % en 2017 et 2.1 % en 2018 pour revenir à 1.9 % en 2019.

En Allemagne, l’économie devrait donc croître au rythme de 2.5 % en 2017, 2.3 % en 2018 et 1.9 % en 2019 alors que la France devrait enregistrer une croissance de 1.8 % seulement sur la période 2017‑18 et de 1.7 % en 2019.

Les prévisions du FMI sont très proches

Prévisions de croissance   2017       2018

 

ETATS unis                              2.6         2.5

Allemagne                               2 .3        2.1

France                                      1.9         1.9

Espagne                                   2.4          2.1

Zone euro                                2.2          2.1

 

Le taux de chômage devrait passer de 9,5 % en 2017 à 9,2 % en 2019 …

La plupart des pays européens ont, au cours de la crise, réduit plus ou moins fortement la durée effective de travail, via des dispositifs de chômage partiel, la réduction des heures supplémentaires ou le recours aux comptes épargne-temps, mais aussi via le développement du temps partiel (particulièrement en Italie et en Espagne), notamment le temps partiel subi. A contrario, l’évolution favorable du chômage américain s’explique en partie par une baisse importante du taux d’activité.

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En supposant qu’une hausse d’un point du taux d’activité entraîne, à emploi constant, une hausse du taux de chômage, il est possible de mesurer l’impact de ces ajustements (durée du travail et taux d’activité) sur le chômage, en calculant un taux de chômage à emploi constant et contrôlé de ces ajustements. Excepté aux États-Unis, du fait entre autres des réformes des retraites menées, l’ensemble des pays étudiés ont connu une augmentation de leur population active (actifs occupés + chômeurs) plus importante que celle observée dans la population générale. Mécaniquement, sans création d’emploi, ce dynamisme démographique a pour effet d’accroître le taux de chômage des pays concernés.

Concernant la durée du travail, les enseignements semblent bien différents. Il apparaît ainsi que si la durée du travail avait été maintenue dans l’ensemble des pays à son niveau d’avant-crise, le taux de chômage aurait été supérieur de 3,9 points en Allemagne, de 3,4 points en Italie et de 0,8 point en France. En Espagne, au Royaume-Uni et aux États-Unis, le temps de travail n’a que très peu évolué depuis la crise.

Toutes ces données structurelles prises en compte nous faisons mieux que l’Espagne et l’Italie, moins bien que les autres … Le pic du chômage dans l’Union européenne a été atteint début 2013, avec un taux atteignant 11% (12% pour la zone euro). Depuis, celui-ci n’a cessé de décroître.

Problème en France, il faut attendre 2016 pourque le chômage recule un peu. La cause : le massacre fiscal qui a étouffé la croissance.

Sur le plateau du journal de 20 heures, le journaliste François Lenglet analyse la réforme annoncée du marché du travail. « De manière générale, les réformes du marché du travail n’ont pas d’effets mécaniques. Les patrons embauchent quand ils ont des commandes.

En Italie, faute de croissance, les réformes n’ont pas vraiment réduit le chômage. En Espagne, 1 million d’emplois avaient été créés après les réformes, mais plus de 2 millions avaient été supprimés avant. La baisse du chômage n’a rien de miraculeux. En Allemagne le chômage a presque disparu, mais comment faire la part entre les réformes du marché, la démographie et la compétitivité des produits allemands ? » s’interroge-t-il.

 

 

MASSACRE FISCAL :dans les pas de Hollande

La hausse de la CSG et les relèvements de taxes sur le tabac et les carburants vont fortement affecter les ménages. Les soi-disant compensations (baisse de la taxe d’habitation et des cotisations sociales, transformation de l’ISF…) auront un effet partiel et fragmenté.

Notre ministre de l’Économie l’a dit et répété la semaine dernière : il n’y aura pas de nouvel impôt pendant ce quinquennat ; en omettant cependant de préciser qu’avaient d’ores et déjà été instaurées pas moins de sept contributions et taxes en huit mois. À celles-ci s’ajoute une nouvelle taxe locale héritée du quinquennat Hollande. Des taxes portant sur les ventes de logements par les offices HLM, les industries du papier, l’exploration d’hydrocarbures et les sites géothermiques, deux contributions exceptionnelles sur l’impôt sur les sociétés, l’impôt sur la fortune immobilière (qui opère un prélèvement sur les “petits riches”, propriétaires de leur résidence principale et de leur résidence secondaire, alors que les vrais multimillionnaires ne paieront plus d’ISF), ou encore la nouvelle taxe “inondation” entrée en vigueur le 1er janvier, qui s’ajoute à la taxe d’habitation.

Dès le 1er janvier, la CSG augmente de 1,8 point. Si Macron a claironné la suppression des cotisations salariales chômage et maladie, cette diminution n’interviendra qu’en deux temps : une baisse de 2,2 points au 1er janvier puis de 0,95 point en octobre et, surtout, elle ne concerne pas des catégories importantes de la population : retraités, indépendants et fonctionnaires notamment. Pour ces derniers, les compensations promises sont encore nébuleuses.

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Quant à la fiscalité des produits énergétiques, en particulier des carburants, elle été  revue à la hausse au 1er janvier du fait de la montée en charge de la taxe carbone, tandis que les prélèvements sur le tabac vont augmenter en mars (après une première hausse en novembre dernier).

La politique de Macron va dégrader d’au moins 0,7 point le pouvoir d’achat des ménages au 1er trimestre 2018 selon l’Insee. Sur l’ensemble de l’année, les prélèvements obligatoires devraient augmenter de 4,5 milliards d’euros, soit une baisse de 0,3 point de pouvoir d’achat en moyenne annuelle.

Les média parlent pourtant d’une hausse de pouvoir d’achat au terme d’une démonstration ubuesque : l’État augmente les taxes sur le tabac et le gazole. Les Français baissent leur consommation de cigarettes et abandonnent leurs voitures diesel. En fumant moins et en roulant à l’essence, ils gagnent du pouvoir d’achat !

La hausse des impôts sera-t-elle compensée par  les effets de la mesure phare :supprimer l’impôt sur la fortune, et  le remplacer par un impôt sur la fortune immobilière (IFI) ajouté à un prélèvement forfaitaire unique (PFU) à 30% sur les revenus du capital. Inscrit dans le projet de loi de finances pour 2018, le texte a été voté par l’Assemblée nationale le 20 octobre dernier.

Mais après avoir demandé à Bercy des chiffres sur les répercussions d’une telle mesure, le constat du Sénat est sans appel. L’introduction de l’IFI et du PFU aurait « des effets très limités sur l’emploi et la croissance », peut-on lire dans le document transmis aux membres de la commission des Finances. « Ces deux mesures conduiraient à long terme à une augmentation du PIB de 0,5 point et à la création de 50.000 emplois ». Loin de rentabiliser le coût de la mise en place des deux nouvelles taxes, estimées à 4,5 milliards d’euros en 2018 et 5,1 milliards dès 2019.

L’article 16 de la loi TEPA du 21 août 2007 avait  créé une réduction d’impôt de solidarité sur la fortune en cas d’investissement dans les PME non cotées

La transformation de l’ISF en IFI met fin aux réductions d’impôts sur la fortune pour l’investissement dans les PME. Indiscutablement, la disparition du dispositif est un coup dur pour les contribuables et l’industrie des fonds de défiscalisation.

les pme perdent un millard d’euros de financement avec la disparition de l’ISF PME

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Pas la moindre mesure pour assainir l’économie

La croissance ne fait pas seulement reculer le chômage, elle est le meilleur moyen  pour réduire les déficits publics car à impositions identique les recettes augmentent  avec 1,1%de croissance le déficit est supérieur à 3%. En 2017 il tombe  à 2,9%du pib, avec 1, 8% de croissance .Cocorrico !!!  Non un simple effet mécanique …

Tout doit donc être fait pour soutenir la croissance.

Deux variables pourraient faire peser un risque sur la reprise : les taux d’intérêt tout d’abord. Une hausse trop rapide aux Etats-Unis pourrait, dans une certaine mesure, se traduire par une hausse des taux européens qui pourraient compromettre l’investissement. La seconde variable est la baisse du dollar, à laquelle on assiste depuis quelques mois et que visiblement rien ne vient interrompre. Elle pourrait heurter la compétitivité des produits européens et devenir un risque pour la Banque centrale européenne

Mais il est un autre phénomène mécanique à prendre à compte , le coût de la dette. Si l’Etat emprunte à 0% la dette publique n’est pas un problème mais si l’emprunt se fait à 30 ou40% alors la dette nourrit le déficit et c’est le drame grec.

La France a largement profité de la période d’argent facile depuis 2012 grâce à Janet YELLEN de la FED et Mario DRAGHI de la bce, la charge des intérêts de la dette n’a cessé de se réduire, alors que parallèlement, l’endettement de la France était en hausse régulière. Grâce à une gestion habile, le Trésor a pu devancer parfois des échéances en profitant de la diminution régulière des taux. A l’automne 2016, le loyer de l’argent était tombé à zéro. Un an plus tard, il était seulement de 0,5%. Cette fois, il atteint le chiffre symbolique d’un pour cent. Celui-ci peut paraitre modeste. Mais il est seulement un point de départ à une nouvelle évolution qui sera plus lourde pour les finances publiques.

Car la période bénie que le pouvoir aurait pu utiliser pour amorcer la grande réforme, comme l’y invitait régulièrement la Cour des Comptes, est désormais terminée.

Et le pays risque d’être confronté dès maintenant à des échéances douloureuses. Car, les Etats-Unis, qui sont à l’origine du changement, ont déjà redressé la barre et s’apprêtent cette année à relever au moins à quatre reprises le montant de leurs taux, entraînant le monde entier dans leur sillage. Parallèlement, les banques centrales freinent leurs engagements, réduisent le robinet du crédit en resserrant leur politique monétaire.
Read more at http://www.atlantico.fr/decryptage/quand-hausse-taux-interet-risque-gonfler-dette-france-3297499.html#3deiAHmspd6pkpeY.99

Enfin, si la dette française constitue une cible de choix pour les spéculateurs, c’est aussi parce que le rendement offert par les emprunts d’Etat de l’Hexagone est trop bas, au vu de nos problèmes structurels (perte de compétitivité)..

 

Etait il opportun de perdre 5 milliards d’euro de recettes annuelles sans contrepartie avec la suppression de l’isf ?

 

A cela s’ajoute le coût dramatique de la suppression de la taxe d’habitation

La disparition de la taxe pour 80% des contribuables aurait été financée par la hausse de la csg sur les retraités. Soit. Mais il y a rupture de l’égalité devant l’impôt et ce n’est pas constitutionnel.

Le ministre de l’Action et des Comptes publics a confirmé que cela revenait à supprimer la taxe d’habitation pour 100 % des contribuables à partir de 2021. Cela pose la question de savoir qui va payer pour cette nouvelle baisse d’impôt. En effet, la suppression   obligatoire  de la taxe d’habitation pour les 20 % des contribuables restants coûterait au moins 8 milliards d’euros supplémentaires au budget de l’État.

Le gouvernement s’engage à compenser financièrement le coût pour les collectivités, il devra rembourser à l’euro près aux collectivités ce que le contribuable aurait dû payer.

L’Europe « refondée » annoncée par Emmanuel Macron va se résumer à ce qu’Angela Merkel lui concédera pour qu’il ne perde pas la face, tout en s’inscrivant dans la stricte continuité de sa politique. Il ne reste plus qu’à négocier l’ajustement et l’habillage.

Selon Gérald Darmanin, un point d’impôt national (CSG, TVA ou impôt sur le revenu) pourrait être dévolu aux communes. Mais on voit mal comment l’État pourrait assumer une telle perte de recettes sans aucune contrepartie… DONC UNE NOUVELLE AUGMENTATION DELA CSG ou un nouvel impôt local

 

Une gestion de gribouille

Le gouvernement a sacrifié les Nantais et l’autorité de l’Etat en abandonnant le projet Notre Dme des Landes, on nous explique que cette décision permettra d’économiser le coût de730  millions d’euros. C’est le contraire…

Le gouvernement devra tout d’abord rembourser la société Aéroports du Grand Ouest (AGO), détenue à 85% par Vinci, et qui avait obtenu en 2010 la construction et l’exploitation de Notre-Dame-des-Landes. Une indemnisation à hauteur de 350 millions d’euros a régulièrement été évoquée.

Enfin la remise aux normes de l’aéroport Nantes Atlantique va obliger à moderniser la piste d’atterrissage, et donc à fermer temporairement l’aéroport durant les travaux. Deux facteurs, qui réunis, coûteraient entre 365 et 460 millions au contribuable.

L’association anticorruption Anticor a déposé mardi au parquet national financier une plainte du chef de «négligence par personne dépositaire de l’autorité publique» pour réclamer l’ouverture d’une enquête,

Dans cette plainte l’association reproche au gouvernement actuel d’avoir renoncé à son droit d’acheter 20% d’actions Alstom, détenues par Bouygues, au moment du mariage d’Alstom avec Siemens. «En renonçant à un accord qu’il avait lui-même conclu à son avantage, l’État s’est privé d’une bonne affaire en perdant un gain minimum à court terme de 350 millions d’euros» en dividendes, a déclaré à l’AFP le président d’Anticor.

Faites les comptes, par incompétence le ministre Le Maire a gaspillé un Millard d’euros…

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Mais il y a sans doute plus grave, derrière l’enfumage, la disparition des politiques structurelles

Europe :la naïveté française

Le président français se paye une fois de plus de mots, se prétendant à l’« avant-garde » d’une Europe « à plusieurs formats ». Mais à quoi vont concrètement aboutir la douzaine de propositions qu’il dévoilera quand Angela Merkel aura été reconduite dans ses fonctions de chancelière ? Comment vont-elles traduire le « renforcement de la convergence économique et monétaire, et la convergence de nos politiques fiscales et sociales » ?

 

Ne pouvant espérer la création d’un parlement de la zone euro adoptant un budget de la zone euro, ainsi que le financement d’un programme d’investissement résultant de l’émission d’obligations européennes, Emmanuel Macron va devoir se contenter de mesures à portée plus limitée.

Angela Merkel lui a donné la réplique le jour même. Elle a soutenu sans restriction la proposition de Wolfgang Schäuble de transformer le Mécanisme européen de stabilité (MES) en un FMI européen, l’assortissant de ce commentaire : avec ce fonds, « nous serons en mesure de montrer au monde que nous avons tous les mécanismes au sein de notre eurozone nous permettant de réagir aux situations inattendues ». Oublié, le troisième volet de l’Union bancaire qui supposait la mutualisation de la garantie des dépôts !

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La chancelière a répété ne pas être contre l’instauration d’un ministre des finances – une des propositions phare du président français – « mais nous devons encore clarifier ce que pourrait faire ce ministre » a-t-elle ajouté. Elle n’est également pas contre la création d’un fonds d’investissement de la zone euro, à condition que sa dimension soit restreinte et qu’il dispose de « petites contributions et non de centaines de milliards d’euros »… Oubliée, la proposition d’Emmanuel Macron de financer par l’émission de titres de dette européenne un grand plan d’investissement destiné à relancer la croissance  !

https://www.pauljorion.com/blog/2017/08/30/lelan-europeen-de-macron-etouffe-dans-loeuf-par-francois-leclerc/

L’Italie et l’Allemagne  ont magnifiquement réussi à  absorber nos champions nationaux.

Jean-Michel Quatrepoint :

 

« Dans les années 90, Alcatel Alstom était un leader mondial dans les Télécoms, les câbles, l’ingénierie (Cegelec), l’énergie, le ferroviaire et les chantiers navals avec les Chantiers de l’Atlantique. Un conglomérat, un empire patiemment construit en quelques décennies. Un conglomérat, un empire patiemment détruit en moins de vingt ans.

C’est à chaque fois, la même comédie de communication. Alliance entre égaux, maintien de l’emploi et des centres de décision, création d’un champion européen, d’un Airbus du ferroviaire, du naval, etc.

Si ce discours stéréotypé, ces éléments de langage ont pu convaincre hier, aujourd’hui cela devient plus difficile. Chat échaudé craint l’eau froide! Car les promesses – je pense à celles autour d’Alcatel faites par Lucent, puis par Nokia ; à celles de General Electric ; à celles, dans un autre domaine, de Holcim dans la fusion avec Lafarge – ne sont généralement jamais tenues.

Là aussi, c’est de la communication pour faire passer la pilule et pour permettre à celui qui se vend, et au gouvernement français, de ne pas perdre la face. 

Aujourd’hui, Emmanuel Macron est cette fois pleinement responsable. Tout se passe comme si son projet européen, sa vision d’une Europe fédérale l’emportaient sur tout le reste.

En fait, il multiplie les gestes de bonne volonté à l’égard de nos principaux partenaires, afin d’obtenir leur soutien à ses projets européens.

 

Siemens a été maltraité sur le dossier d’Alstom Énergie, on lui donne donc Alstom Transport. En espérant qu’Angela Merkel, très à l’écoute des milieux industriels, appréciera le geste. Les Italiens jouent un rôle important dans les projets européens d’Emmanuel Macron, aussi, après avoir brandi la nationalisation de STX, on leur donne, à terme, le contrôle de Saint-Nazaire.

Il faut des usines, modernisées, robotisées, utiliser le numérique partout où cela est nécessaire. Bref, il faut s’adapter aux nouvelles technologies. Mais si on veut rester un grand pays, il faut aussi produire des biens d’équipement et de consommation, maîtriser des savoir-faire, ne serait-ce que pour offrir des emplois de qualité.

On ne peut pas vivre avec un déficit commercial et des comptes courants structurels. Les Américains le peuvent, parce qu’ils ont le dollar, qu’ils maîtrisent leur monnaie et sont encore la puissance dominante. Nous ne pouvons pas nous le permettre, sauf à accepter de basculer en seconde, voire même en troisième division. Quand on abandonne des entreprises comme Pechiney, Alcatel Alstom, Technip…, ce sont à terme des centaines de sous-traitants qui sont touchés.

 

C’est tout un tissu industriel qui irriguait nos territoires qui disparaît peu à peu. Un savoir-faire qui s’évanouit. Et il faut des années, pour ne pas dire des décennies, pour les reconstruire.

 

C’est tout un tissu industriel qui irriguait nos territoires qui disparaît peu à peu. Un savoir-faire qui s’évanouit. Et il faut des années, pour ne pas dire des décennies, pour les reconstruire. C’est très bien de développer des start-up, de favoriser des micro-Silicon Valley, mais ce n’est pas suffisant.

 

D’autant que ces start-up, dès qu’elles émergent, ont tendance à se vendre aux géants du numérique ou aux fonds d’investissement. Si notre tissu industriel s’est délité, c’est aussi parce que nous n’avons pas su, pas pu, pas voulu investir dans nos industries au sens large.

 

Or, dans la guerre économique mondiale, on ne peut pas prétendre lutter à armes égales si l’on n’a pas un actionnariat relativement stable, prêt à investir sur le long terme et à épauler les choix stratégiques nécessaires. C’est là tout le drame de notre industrie. Surtout, si on la compare à ses voisins allemands, voire même transalpins.

Tant que nous n’aurons pas compris que la création de richesses, d’emplois qualifiés passe par une industrie modernisée, compétitive, nous n’inverserons pas les courbes de nos déficits commerciaux.

 

Dans le luxe, bien sûr, qui reste un de nos fleurons. Et dans la finance, où se sont recyclées une bonne partie de nos élites économiques comme politiques. Il est vrai que l’on gagne mieux sa vie en étant manager de fonds d’investissement ou senior advisor dans des banques d’affaires, surtout anglo-saxonnes, qu’à la tête d’entreprises industrielles.

 

Tant que nous n’aurons pas collectivement compris que la création de richesses, d’emplois qualifiés passe aussi et surtout par une industrie modernisée, compétitive, avec des actionnaires de long terme, nous n’inverserons pas les courbes de nos déficits commerciaux. Nous ne réduirons pas, de façon significative, notre dette.»

 

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