A DIEU MONSIEUR PAUL

Ma mère le connaissait bien et elle le vénérait. Dans les années 70/80 elle lui avait rendu plusieurs fois visite et cet héritier de la cuisine de femmes l’avait encouragée. Monsieur Paul est mort et avec lui disparait un pan de notre patrimoine gastronomique.

Si « derrière chaque grand homme se cache une femme», derrière Paul Bocuse ou Georges Blanc se cachent les «mères lyonnaises». Ces cuisinières d’origine modeste ont fait recette durant l’entre-deux-guerres après avoir été au service de grandes familles bourgeoises

Françoise Fayolle, qui sera surnommée plus tard «la mère Fillioux», employée comme simple cuisinière chez un directeur de compagnie d’assurances, elle rédigera pendant dix ans le carnet de recettes qui la propulsera au sommet de la haute cuisine. Parmi ses commis, la mère Fillioux peut compter sur un certain Paul Bocuse, jeune cuisinier prometteur.

En 1946, Paul Bocuse, alors âgé de 20 ans, de retour à Lyon après sa mobilisation pendant la seconde guerre mondiale, débute son apprentissage chez Eugénie Brazier au à Pollionnay où, en plus de faire la cuisine, il entretient le jardin potager, trait les vaches, fait la lessive et le repassage.
(Satellite-1Photo de Mme Brazier et sa brigade sur laquelle on distingue Paul Bocuse à gauche).

C’est cette histoire qu’il raconta à ma mère pour lui donner confiance ; et elle en avait besoin car la gastronomie des guides  et des média reste un monde totalement masculin , aseptisé et artificiel

La cuisine de Monsieur Paul était aux antipodes de la mode actuelle, on ne sortait pas de chez lui en ayant faim .

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Un commentaire pour A DIEU MONSIEUR PAUL

  1. Elisa PASSERON-NGUYEN dit :

    Un grand nom de la gastronomie française et un grand Monsieur que j’admire pour son talent ! Sa disparition sera une perte pour la Cuisine Française ! Ayant moi-même une mère, qui comme la vôtre, est admiratrice convaincue des grands noms de la cuisine et surtout de la pâtisserie française (son livre de prédilection est de Gaston Lenôtre ! ), je connais, depuis l’enfance, plus ou moins ce monde de passionnés, même si je ne suis pas aussi douée qu’eux.

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