« BRUXELLES EST DEVENU CETTE CAPITALE DE NULLE PART, COMME LA POLOGNE DU PÈRE UBU, OÙ LA RÉALITÉ A CESSÉ DE COMPTER » Jacques JULLIARD

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Si le ridicule tue nous devrons déplorer la disparition de la meilleure chancelière que l’Allemagne n’ait jamais eu. Précisons que MME Merkel  est la seule chancelière de l’histoire allemande . Elle se rend en effet en Turquie pour cautionner un sommet humanitaire du sultan Erdogan.

Pauvre Europe  qui pendant ce temps se réjouit  de l’élection d’un vieil écologiste en Autriche  grâce au vote massif  des maisons de retraite.

Je laisse la plumeà deux hommes de gauche, Jacques Sapir et Jacques Julliard.

« Une première analyse des résultats de l’élection présidentielle en Autriche confirme les réflexions faites à chaud sur le poids du « conservatisme » des électeurs. Mais, elle ouvre aussi porte à un soupçon de fraude. Voici ce dont il s’agit. Les résultats officiels sont les suivants :

 

Résultats officiels tels que communiqués par le Ministère de l’Intérieur autrichien

1er tour 2ème tour Variation Variation en pourcentage
Votes à l’isoloir 3744396 3731832 -12564 -0,34%
Votes par correspondance 534774 746110 211336 28,33%
Total exprimés 4279170 4477942 198772 4,44%
Pourcentage des votes par correspondance 12,5% 16,7%

 

Les conclusions que l’on peut tirer de ce tableau sont les suivantes :

    • On constate la forte hausse des votes par correspondance. Or, ces votants représentent globalement 2 catégories d‘électeurs, les autrichiens résidants à l’étranger (expatriés, retraités) et les autrichiens qui sont en maison de retraite. Or, c’est ce vote qui a permis la victoire du candidat « Vert », car celui du FPÖ (populiste) était majoritaire dans les résultats « à l’isoloir » (52%).
    • A défaut de connaître la part des votes « non résidants » on peut raisonnablement supposer que le surcroit de votes vient des maisons de retraites. Ce vote par correspondance favorisait dans les précédentes élections les conservateurs de l’ÖVP. Ces électeurs, s’ils ont bien exprimés leur vote « librement », sont ceux qui sont les plus susceptibles d‘exprimer un réflexe « conservateur », ce qui confirme l’analyse faite dans la note précédente.
    • Cela détruit la thèse médiatique d’une mobilisation des « jeunes diplômés », thèse qui est complaisamment diffusée dans les médias (comme au JT de 20h de Fr2) qui eux, bien entendu, votent à l’isoloir. Or, la participation à l’isoloir, en réalité, baisse très légèrement entre les deux tours?
    • Mais il faut aussi évoquer une hypothèse plus déplaisante. Sachant que ce vote est le fait de personnes âgées, que ces personnes sont, pour une partie en situation vulnérable psychologiquement, un soupçon raisonnable de pression sur cette catégorie d’électeurs peut être évoqué. Compte tenu de la faible marge pour le candidat des « Verts », il n’est donc pas impossible que la pression sur un groupe vulnérable d‘électeurs ait faussé le résultat de l’élection présidentielle. Un soupçon dont le Spiegel se faisait l’écho le 24 mai au matin (http://www.spiegel.de/politik/ausland/oesterreich-fpoe-chef-heinz-christian-strache-wirft-orf-manipulation-vor-a-1093558.html)

https://russeurope.hypotheses.org/4980

« Dans le cas français, ce qu’attendent les électeurs c’est un programme qui les assure que la politique économique changera véritablement et servira le plus grand nombre et non une minorité, c’est un programme qui les assure que l’Etat social sera défendu, c’est un programme qui les assure que ce qui fait l’identité françaises sera préservé, c’est un programme qui les assure que la politique étrangère française retrouvera son indépendance et la France son rôle international.

C’est donc sur la base d’un tel programme que des alliances pourront être noués et que les préventions d’une partie de l’électorat pourront être désarmées.

 

Le question qui est donc posée par le résultat de l’élection présidentielle autrichienne est de savoir si les partis et mouvements populistes qui aujourd’hui se développent en Europe sauront, et pourront, dépasser ce populisme et présenter à leurs électeurs un programme cohérent, articulé, et répondant aux aspirations de la majorité de leurs électeurs. Ceux qui y parviendront briseront de manière définitive ce « plafond de verre » sous lequel on entend les cantonner. »  Jacques Sapir

 

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L’ excellent Jacques JULLIARD  résume la situation

 

La Turquie, un sultan. Ce dernier, le bon M. Erdogan, avait commencé comme le président Ben Abbes dans le dernier roman de Michel Houellebecq, qui provoqua naguère l’indignation de tant de bonnes âmes. On lui aurait donné le petit Jésus sans confession. C’était, disait-on, une sorte de démocrate-chrétien à la mode musulmane, et Bernard Guetta l’aurait bien proposé pour le prix Charlemagne. Comment on passe sans crier gare de Robert Schuman à Méhémet Ali sans que les dindons de Bruxelles n’aient eu le temps de dire ouf, c’est là une histoire édifiante, qui prouve qu’après avoir fait l’Europe du charbon et de l’acier, puis celle du libre-échange, celle de l’euro, celle de l’énergie, il serait temps de songer à faire l’Europe du bon sens.

Tandis que tous les ravis de Noël des affaires, de la politique et du journalisme s’extasiaient sur le miracle économique turc et réclamaient sur l’air des lampions l’intégration urgente dans l’Europe d’une Turquie destinée à servir d’exemple à tout le monde arabo-musulman, quelques esprits chagrins soulignaient la multiplication des atteintes à la liberté de la presse, les emprisonnements de journalistes, les progrès du voile dans les universités, la recléricalisation de l’Etat, en un mot la destruction de l’œuvre laïque de Kemal Ataturk. Sans parler du refus persistant de reconnaître le génocide arménien de 1915 et la reprise de la persécution et de la guerre contre la minorité kurde. Les amoureux de la Sublime Porte allégueront que c’est faute de lui avoir ouvert à temps celles de l’Europe que l’irascible M. Erdogan a changé son mousquet d’épaule et s’est mis à faire concurrence à l’Arabie saoudite pour le leadership du monde arabo-musulman, quitte à faire preuve de la plus grande indulgence envers les djihadistes qui le remercient aujourd’hui à coups de bombes et de véhicules piégés. Et dire que les Etats-Unis, avec ce sens aigu des réalités étrangères qui est leur charme, ont fait de l’Arabie saoudite et de la Turquie les deux porte-avions de l’esprit occidental au sein du Proche-Orient ! Décidément, les Etats-Unis de la clairvoyance diplomatique restent à inventer, au même titre que l’Europe du bon sens.

Il y a dans l’attitude globale des Européens à l’égard des réfugiés syriens quelque chose qui relève de la faute morale – le pape François l’a souligné avec vigueur – mais aussi, il faut bien en convenir, de l’esprit Shadok : pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

Résumé des chapitres précédents.

Première étape : les Européens voient avec consternation la menace d’irruption de quantité de réfugiés de Syrie et des pays environnants. Ils se rétractent dans leur coquille.

Deuxième étape : Angela Merkel, sans consulter personne, annonce que les réfugiés sont tous les bienvenus en Allemagne, provoquant un afflux sans précédent. Au passage, la chancelière allemande, qu’on présentait comme le bourreau des Grecs, devient la madone des Syriens. Toussotements à droite et à gauche, mais pour des raisons différentes.

Troisième étape : harcelée par une opinion allemande médusée et par des Européens de l’Est carrément hostiles, Angela décide que trop, c’est trop, et demande aux Turcs de reprendre sur son territoire les nouveaux arrivants en Grèce.

.C’est ici que resurgit l’intraitable M. Erdogan, ou plutôt son grand vizir aujourd’hui disgracié, Ahmet Davutoglu. Il accède à la proposition d’une Angela aux abois, contre la condition expresse de la suppression des visas de circulation pour les Turcs en Europe. Les Européens, derechef, applaudissent, au nom de ce que j’ai appelé la logique Shadok : ouvrir la porte aux Turcs pour empêcher les Syriens d’entrer.

Mais ce n’est pas tout. Pour complaire à l’insatiable M. Erdogan, les Européens s’engagent à accélérer les négociations qui doivent déboucher sur l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne.

On croit rêver. On se pince. Bruxelles est devenu cette capitale de nulle part, comme la Pologne du Père Ubu, où la réalité a cessé de compter. L’admission de la Turquie est soumise non à un certain nombre de données diplomatiques et stratégiques, mais à une liste de critères définis une fois pour toutes. Quand l’un d’eux est rempli, on le raye, comme lorsqu’on fait les courses au supermarché. Pour le reste, tout va bien. On troquera 65 millions de Britanniques contre 90 millions de Turcs. L’Union sera encore gagnante de 25 millions d’habitants.

Nous sommes en pleine fantasmagorie. Puisqu’elle n’a pas d’histoire (Pierre Moscovici ne croit pas à ses racines chrétiennes, comme s’il s’agissait de croyance) ni de géographie (puisque Bruxelles ne croit ni au Bosphore, ni aux Dardanelles), l’Europe est devenue un concept de la raison pure, ou plutôt de la déraison historique. Il ne reste plus à espérer que la sortie du Royaume-Uni y provoque enfin, notamment en France et en Allemagne, le choc nécessaire à sa reconstruction sur des bases réelles et non plus imaginaires.

Il faudra bien alors reprendre un dialogue franc et constructif avec le Proche-Orient, et d’abord avec la Turquie. Car les Turcs sont un grand peuple, dont la vocation est de donner à un Proche-Orient de tout temps voué au despotisme le goût de la démocratie. Salut, donc, à tous les démocrates, à tous les laïques, à tous les journalistes, à tous les intellectuels turcs. Ils méritent mieux qu’un sultan à l’ancienne avec sa cour, ses fureurs, ses étranglements au lacet. Ils méritent mieux que M. Erdogan.

SUR LA CRISE sociétale en F rance

https://pgibertie.com/2016/03/26/lire-pour-comprendre/

 

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