
Pour certains vaccins contre la COVID-19, les substances médicamenteuses mises sur le marché ont été fabriquées différemment de celles utilisées dans les essais cliniques. La fabrication d’ARNm modifié par des nucléosides (ARNmod) pour les vaccins commerciaux contre la COVID-19 repose sur la transcription par ARN polymérase d’une matrice d’ADN plasmidique. Des études antérieures ont identifié des niveaux élevés d’ADN plasmidique dans les flacons de vaccins à ARNmod, suggérant que l’élimination de la matrice d’ADN résiduelle est problématique. Par conséquent, nous avons quantifié la charge d’ADN dans un nombre limité de flacons de vaccins à ARNmod Pfizer-BioNTech et Moderna contre la COVID-19 à l’aide de deux méthodes indépendantes. L’ADN total et les cibles d’ADN spécifiques ont été quantifiés par fluorométrie Qubit et par réaction en chaîne par polymérase quantitative (qPCR), respectivement, sur 32 flacons représentant 16 lots de vaccins uniques. Un traitement à la RNase A a été utilisé pour évaluer l’impact de la diaphonie de l’ARN lors de la fluorométrie de l’ADN. Une évaluation préliminaire de la longueur des fragments d’ADN et de la sensibilité à la DNase I a également été réalisée. Français L’ADN total variait de 371 à 1 548 ng/dose et de 1 130 à 6 280 ng/dose dans les produits Pfizer et Moderna, respectivement. L’ADN spécifique de plusieurs cibles d’ADN plasmidique variait de 0,22 à 7,28 ng/dose pour Pfizer et de 0,01 à 0,78 ng/dose pour Moderna. Le promoteur-amplificateur-
ori du SV40 (0,25 à 23,72 ng/dose) n’a été détecté que dans les flacons Pfizer. Le séquençage Oxford Nanopore d’un flacon a révélé des longueurs moyenne et maximale des fragments d’ADN de 214 pb et 3,5 kb, respectivement. Ces données démontrent la présence de 1,23 × 10
8 à 1,60 × 10
11 fragments d’ADN plasmidique par dose encapsulés dans des nanoparticules lipidiques. Par fluorométrie, l’ADN total de tous les flacons testés dépassait de 36 à 153 fois la limite réglementaire d’ADN résiduel fixée par la Food & Drug Administration (FDA) américaine et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour Pfizer et de 112 à 627 fois pour Moderna, après prise en compte de la liaison non spécifique à l’ARNmod. Lors des tests par qPCR, tous les flacons de Moderna respectaient la limite réglementaire, mais 2/6 des lots Pfizer (3 flacons) dépassaient de 2 fois la limite réglementaire pour l’élément promoteur-amplificateur du SV40
. La présence de l’élément promoteur-amplificateur du SV40 dans les flacons Pfizer soulève d’importantes préoccupations en matière de sécurité. Cette étude souligne l’importance des considérations méthodologiques lors de la quantification de l’ADN plasmidique résiduel dans les produits d’ARNmod, compte tenu de l’efficacité accrue de la transfection des LNP, et le dosage cumulé présente des risques significatifs et non quantifiés pour la santé humaine
Ces données démontrent la présence de milliards, voire de centaines de milliards, de molécules d’ADN par dose dans les produits modRNA COVID-19 testés. Grâce à la fluorométrie couplée à la digestion par la RNase A, tous les produits testés dépassaient de 36 à 627 fois les recommandations de la FDA et de l’OMS concernant la concentration d’ADN résiduel de 10 ng/dose. Les tests de qPCR ont montré que tous les flacons de Moderna respectaient la limite réglementaire et que trois flacons de Pfizer dépassaient la limite réglementaire pour le promoteur-amplificateur-ori du SV40, avec une variabilité intra- et inter-lots bien plus importante. La qPCR sous-estime l’ADN total, les résultats variant considérablement selon la cible génomique, soulignant l’importance d’utiliser plusieurs tests pour déterminer avec précision la charge d’ADN. Il est important que les autorités réglementaires élaborent des recommandations claires et cohérentes sur la quantification de l’ARNm et de l’ADN plasmidique dans les vaccins modRNA. Les résultats de la PCR pour les vaccins XBB.1.5 Moderna et Pfizer les plus récents suggèrent que les résidus d’ADN n’ont pas diminué par rapport aux versions précédentes.
Nos résultats renforcent les inquiétudes existantes concernant la sécurité des vaccins et remettent en question la pertinence des recommandations élaborées avant l’introduction de la transfection efficace par LNP. Compte tenu de plusieurs limites évidentes, nous recommandons vivement que nos travaux soient reproduits en conditions médico-légales et que les recommandations soient révisées afin de tenir compte de la transfection d’ADN hautement efficace et du dosage cumulatif.
Ces travaux soulignent la nécessité pour les régulateurs et l’industrie d’adhérer au principe de précaution et de fournir des preuves suffisantes et transparentes que les produits sont sûrs et efficaces, et de divulguer les détails de leur composition et de leur méthode de fabrication.












