En réalité, il est quasiment toujours possible de mettre fin à ses jours tout seul (le suicide existe depuis toujours). Le but réel de la loi euthanasie n’est donc pas de permettre à des personnes de mettre fin à leurs jours mais de pousser des gens au suicide.

𝗙𝗶𝗻 𝗱𝗲 𝘃𝗶𝗲 : 𝗹𝗲𝘀 𝗱𝗲́𝗽𝘂𝘁𝗲́𝘀 𝗳𝗼𝗻𝘁 𝘀𝗮𝘂𝘁𝗲𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝗴𝗮𝗿𝗱𝗲-𝗳𝗼𝘂𝘀 𝗱𝘂 𝗽𝗿𝗼𝗷𝗲𝘁 𝗱𝗲 𝗹𝗼𝗶 𝘀𝘂𝗿 𝗹’𝗮𝗶𝗱𝗲 𝗮̀ 𝗺𝗼𝘂𝗿𝗶𝗿 Le «modèle français» de la fin de vie s’annonce encore plus permissif que prévu. En quelques jours, plusieurs «conditions strictes» proposées par le gouvernement pour limiter l’accès à l’aide à mourir ont sauté lors de l’examen du texte en Commission spéciale:
Introduction de l’aide à mourir dans le code de la Santé Publique.
Suppression du critère de pronostic vital engagé
Remplacement par le critère de « phase avancée ou terminale » de la maladie, encore plus large et flou
Porte ouverte au suicide assisté OU à l’euthanasie, au choix
Inscription de la demande d’euthanasie dans les directives anticipées – au cas où la personne ne serait plus conscient
Assouplissement du délai de réflexion de 48H
Création d’un délit d’entrave à l’aide à mourir «Notre désarroi et notre inquiétude sont immenses devant ce texte qui devient le plus permissif au monde et nous place dans la droite ligne du Canada, c’est-à-dire avec la possibilité d’un nombre d’euthanasies supérieur à 40.000 par an en France»
La récente campagne d’affichage de la mairie de Paris en faveur de l’euthanasie a suscité de vives réactions. Utilisant les ressources publiques de la ville de Paris , cette initiative soulève des questions fondamentales sur certaines valeurs éthiques diffusées ou plutôt imposées.
Cette tentative de normaliser et de banaliser une pratique en totale contradiction avec la foi et les valeurs morales d’un nombre significatif de personnes ,dont les chrétiens, pose le problème de la liberté individuelle sur une thématique fondamentale de notre société ; le rapport à la mort.
Lire « Le Système totalitaire » d’Arendt est de circonstance. ET plus que jamais d’actualité.

Emmanuel Macron avait promis, lors de la campagne électorale de son second quinquennat en 2022, un texte sur la fin de vie qui irait plus loin que le dernier en date, la loi Claeys-Leonetti de 2016, qui avait introduit la possibilité, pour des personnes en fin de vie confrontées à des souffrances réfractaires, d’avoir recours à une « sédation profonde et continue jusqu’à la mort ».
L’exécutif redouble de précautions oratoires pour justifier son projet de loi légalisant l’euthanasie et le suicide assisté. À force d’être assénée, cette circonspection a fini par s’inscrire dans la conscience collective. Pourtant, une lecture attentive du projet de loi montre que cette prudence affichée est factice ; un effort minimal de législation comparée prouve au contraire que la loi française serait la plus permissive au monde – sans même envisager les inévitables évolutions à venir.
Dans son avis sur le projet de loi, le Conseil d’État a appelé le gouvernement à définir « de manière suffisamment claire et précise les actes entrant dans le champ de l’aide à mourir ». Sans récuser l’expression « aide à mourir », les Sages lèvent le voile sur sa réalité et appellent le gouvernement à préciser ses euphémismes. Ce texte « a pour objet principal de créer une “aide à mourir”, entendue comme la légalisation, sous certaines conditions, de l’assistance au suicide, et dans l’hypothèse où la personne n’est pas en mesure physiquement de s’administrer elle-même la substance létale de l’euthanasie ». La haute instance reconnaît en outre que le texte introduit « une double rupture par rapport à la législation en vigueur », en inscrivant la fin de vie « dans un horizon qui n’est plus celui de la mort imminente » et en autorisant « pour la première fois un acte ayant pour intention de donner la mort », remettant en cause plusieurs articles du code de la santé publique.
La procédure « collégiale », promise par le président de la République pour évaluer les demandes d’aide à mourir, interroge également. Dans le projet, il ne s’agit en fait que de l’avis d’un second médecin et d’un autre soignant. Le premier médecin sollicité par le patient endosserait seul la décision d’autoriser un suicide assisté ou une euthanasie. Ce point n’a pas été retoqué par le Conseil d’État, mais la haute juridiction a cependant jugé bon de préciser qu’il fallait s’assurer que les soignants appelés à se pencher sur ces demandes ne soient pas « membres de la famille » du patient et que le médecin chargé d’émettre un avis ait « accès au dossier médical » ou puisse « s’il le souhaite, demander à examiner la personne ».
« L’absence de procédure collégiale place le médecin dans une position de toute-puissance que l’on voudrait révolue. Nous, soignants, nous ne voulons pas avoir à décider qui doit vivre et qui peut mourir », interpelle Claire Fourcade, la présidente de la Société française de soins palliatifs (Sfap). Les critères d’accès au suicide assisté, bien que présentés comme « stricts » par Emmanuel Macron, apparaissent comme autant de faux-semblants aux soignants inquiets. « Partout où la mort provoquée a été légalisée, tous les garde-fous initiaux ont été peu à peu levés, commente Claire Fourcade. Les “conditions strictes” censées encadrer la mort provoquée ne sont donc que des conditions provisoires destinées à rassurer la population et les soignants. Mais nous n’en sommes pas dupes. »
Mais, pour Jean Leonetti, le projet du gouvernement acte bien une « double rupture » : avec la loi Claeys-Leonetti d’abord, mais aussi avec l’offre telle qu’elle est proposée aujourd’hui dans les structures de soins palliatifs. « La cohabitation de ces deux textes est faite pour donner l’apparence d’un équilibre, mais l’impression est fausse, puisque les maisons d’accompagnement annoncées ont vocation à se substituer aux soins palliatifs. Des maisons où l’on peut imaginer que l’aide active à mourir sera pratiquée », fait-il observer. Jean Leonetti est peu surpris de voir émerger certaines réactions « inquiètes » dans l’univers des soins palliatifs et « consternées » chez les juristes.





















