quand elle résume les conclusions du GIEC,la presse privilégie systématiquement les valeurs les plus sévères/alarmantes

Oui, selon cette étude NBER (Working Paper 35216, mai 2026), les résumés publics du GIEC et la couverture médiatique privilégient systématiquement les valeurs les plus sévères/alarmantes à l’intérieur des fourchettes scientifiques acceptées.⁠Nber

L’article de Sebastian Galiani, Franco Mettola La Giglia et Raul A. Sosa analyse environ 114 000 paires d’affirmations appariées (environ 1 000 paires Technical Summary → Summary for Policymakers, et ~113 700 paires SPM → médias) issues des six Assessment Reports du GIEC (1990-2023) et de 116 000 articles de dix grands médias américains et britanniques (Guardian, New York Times, BBC, Washington Post, Independent d’un côté ; Wall Street Journal, Daily Mail, Telegraph, Fox News, New York Post de l’autre). ⁠Nber

Ils utilisent trois LLM (GPT-5-mini, Claude Haiku 4.5, Gemini 2.5 Flash) pour noter chaque paire sur trois dimensions :

  • Severity shift : sélection de l’extrémité haute des fourchettes quantitatives (magnitudes d’impact plus élevées).
  • Uncertainty compression : suppression de qualificateurs et d’incertitudes calibrées.
  • Scenario salience : mise en avant des scénarios d’émissions les plus extrêmes.

Principaux résultats

  • Cascade à deux étapes : le passage TS → SPM réoriente systématiquement vers le plus sévère dans tous les Assessment Reports (AR1 à AR6). Le passage SPM → médias fait de même de AR3 (2001) à AR6. Le décalage principal vient du severity shift (sélection de la borne haute des fourchettes), beaucoup moins de la compression d’incertitude, et presque pas de la sélection de scénarios extrêmes. ⁠Nber
  • Les ordres de grandeur (selon les synthèses disponibles) sont d’environ +4 % à +13 % de la distorsion maximale possible au stade TS → SPM (pic en AR4), avec un ajout supplémentaire des médias de l’ordre de +5 % à +9 %.
  • Les médias de gauche et de droite présentent des schémas similaires (particulièrement convergents en AR6). Les résultats sont robustes à diverses restrictions d’échantillon (exclusion du Guardian ou du WSJ, pondérations, etc.). ⁠Rogerpielkejr.substack

Les auteurs soulignent qu’il ne s’agit pas de fabrication ou de mensonge : les affirmations restent à l’intérieur des fourchettes acceptées par le GIEC. C’est un reweighting directionnel (réorientation vers le haut) cohérent avec les incitations institutionnelles : les auteurs et gouvernements privilégient les coûts d’une sous-préparation ; les médias privilégient la nouveauté, l’urgence et la saillance. ⁠Nber

En résumé, l’étude apporte des preuves empiriques à grande échelle que le choix des valeurs (surtout l’extrémité haute des intervalles) dans les SPM et dans la presse influence effectivement la perception du risque dans le sens de l’alarme

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About pgibertie

Agrégé d'histoire, Professeur de Chaire Supérieure en économie et en géopolitique, intervenant àBordeaux III et comme formateur à l'agrégation d'économie à Rennes Aujourd'hui retraité
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1 Response to quand elle résume les conclusions du GIEC,la presse privilégie systématiquement les valeurs les plus sévères/alarmantes

  1. Avatar de elba elba dit :

    Bien entendu, il ne faut surtout pas rassurer les gens.

    Pas du mensonge ? Je demande à voir vraiment !!

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