Guerre en Ukraine et croisade macronienne contre la Russie, le Pape donne une leçon de géopolitique pour rétablir la paix

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Léon XIV, à Metz, ; il faut un dialogue patient, du courage dans la négociation, et le sacrifice de certaines positions. Ce n’est pas un appel à l’irénisme. C’est un appel à des compromis concrets: on arrête le massacre en changeant ce qui rend la guerre utile..


Le cadre exact.
Le 28 septembre 2026, à Metz, Léon XIV ajoute qu’il faut un dialogue patient, du courage dans la négociation, et la disposition à sacrifier certaines positions pour la paix — tout en écartant l’« irénisme naïf ».

2014, pas 2022.
Novembre 2013–février 2014 : Euromaidan, après le gel de l’accord d’association UE par Viktor Ianoukovytch. Violences, dizaines de morts sur le Maïdan. Le 21 février 2014, accord UE avec l’opposition (élections anticipées, Constitution de 2004). Ianoukovytch quitte Kiev le soir même. Le 22 février, la Rada le déclare déchu. Lecture ukrainienne/occidentale : Révolution de la dignité. Lecture russe : coup d’État.
Mars 2014 : annexion de la Crimée (référendum sous contrôle militaire russe, non reconnu). Avril 2014 : prise de bâtiments au Donbass, guerre.
Bilan ONU jusqu’à fin 2021 / février 2022 : environ 13 200–14 400 morts au total, dont au moins ~3 400 civils, ~4 200 militaires ukrainiens, ~5 800 membres des groupes armés prorusses. Pic 2014–2015. Accords de Minsk I (5 septembre 2014) et Minsk II (12 février 2015) : cessez-le-feu, retrait des armes lourdes, statut spécial du Donbass, contrôle ukrainien de la frontière après les élections locales. Jamais appliqués dans cet ordre. Kiev refusait un Donbass autonome avant le retour de la frontière. Moscou refusait de retirer son dispositif et de reconnaître son implication.

Russophones : droit, pas slogan.
La loi du 25 avril 2019 (entrée en vigueur progressive) impose l’ukrainien dans l’administration, une part croissante de l’école (après le primaire), des quotas médias (75 % puis davantage à la télévision nationale), services, publicité. Usage privé, culte, conversation : hors champ. Le russe reste massivement parlé à l’Est, au Sud et à Kiev.
Ce qui a changé après 2014 : perte du statut de « langue régionale » (loi Kivalov-Kolesnichenko de 2012 invalidée), ukrainisation de l’espace public, mémoire (décommunisation, Institut de la mémoire nationale). Pour une partie des russophones, ce n’est pas une « précision juridique » : c’est une relégation. La Russie a utilisé ce grief (Crimée, Donbass, « dénazification » de 2022). Le grief précède l’instrumentalisation ; l’instrumentalisation ne l’annule pas.

Août 2021.
Sommet inaugural de la Plateforme de Crimée à Kiev, 23 août 2021. Objectif de Zelensky : empêcher l’oubli de l’annexion, coordonner la non-reconnaissance, menacer de sanctions supplémentaires. Pas une offre de négocier un « statut » de la Crimée. Position ukrainienne constante depuis 2014 : territoire occupé, pas objet de marchandage. Position russe constante : fait accompli non négociable. Pas de format diplomatique commun sur la péninsule. 3% des habitants de la Crimée sont ukrainiens, ne pas revenir sur le rattachement artificiel de la Crimée à l’Ukraine rend toute paix illusoire

Mars–avril 2022.
Pourparlers Bélarus puis Istanbul. Projet discuté : neutralité ukrainienne, plafonds d’effectifs et de matériels, garanties de sécurité multilatérales, discussion territoriale (Crimée et Donbass non tranchés de façon définitive dans un texte signé). Pas de traité paraphé. Après le retrait russe de la région de Kiev et les massacres de Boutcha (révélés début avril), le climat bascule. Le 9–10 avril, Boris Johnson à Kiev. Selon David Arakhamia (novembre 2023) : Johnson aurait dit de ne rien signer et de continuer à se battre. Zelensky a ensuite nié qu’un accord prêt ait été torpillé.

Depuis le 24 février 2022.
Guerre d’invasion, pas seulement « poursuite du Donbass ». Frappes sur l’énergie, les villes, l’ensemble du territoire. Le « massacre inutile » de Léon XIV vise cette phase : victimes civiles quotidiennes, échelle nationale. Les chiffres 2014–2021 et ceux de 2022–2026 ne sont pas interchangeables.

Frontières de 1991.
.Crimée : oblast russe jusqu
« Artificielles » : oui, comme la plupart des frontières post-impériales (Yalta, Potsdam, Caucase, Asie centrale). Cela ne les efface pas en droit. Cela explique pourquoi, à l’Est et au Sud, la carte et le vécu linguistique ne coïncident pas. Deux erreurs symétriques : faire de 1991 une théologie ; en faire un chiffon parce que soviétique.

Sans mouvement territorial, pas de paix proche.
En septembre 2026, la Russie contrôle la Crimée, une grande partie des oblasts de Donetsk et Lougansk, et des portions du Sud (ligne instable, gains marginaux, guerre de drones). Kiev n’a pas la capacité démontrée de tout reprendre aux frontières de 1991 à un coût acceptable. Moscou n’a pas celle d’imposer une capitulation politique à Kiev.

Une issue possible, laide : cessez-le-feu sur les lignes actuelles ; gel long ; non-reconnaissance ukrainienne et occidentale de la souveraineté russe (modèle Allemagne de l’Ouest / Oder-Neisse jusqu’en 1990, ou Chypre, ou Cachemire selon les cas) ; statut linguistique fort là où le russe est majoritaire ; engagement russe de ne plus avancer ; engagement ukrainien de ne pas reconquérir par les armes pendant une période définie ; retour des déportés et prisonniers.
Dogme de Kiev : rien en dessous de 1991 avant de parler. Dogme de Moscou : 1991 n’existe plus. Tant que ces deux phrases restent non négociables, il n’y a pas de table, seulement l’usure.

  • Dialogue patient : format qui mette sur le même document territoire, neutralité/garanties, droits linguistiques, cessez-le-feu vérifié — pas un ultimatum « d’abord 1991 » ni « d’abord reconnaissance de la Crimée ».
  • Courage de négocier : à Kiev, admettre un recul territorial ; à Moscou, admettre un État ukrainien viable hors tutelle et l’arrêt de l’offensive
  • Sacrifier des positions : pas « tout céder à l’agresseur » ; sacrifier le maximalisme cartographique et identitaire des deux capitales.


2014 est le début de la guerre ; 2022 en est l’explosion. Les russophones ont un droit d’identité que Kiev a restreint dans l’espace public Les frontières de 1991 sont du droit international et une carte trop récente pour tout régler. Sans concession au moins de fait sur le territoire, pas de paix proche. Avec une concession sans droits, garanties et arrêt de l’agression, ce n’est pas la paix, c’est une pause avant la suivante. C’est cela, précisément, que le texte de Metz exige de mettre en politique.

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About pgibertie

Agrégé d'histoire, Professeur de Chaire Supérieure en économie et en géopolitique, intervenant àBordeaux III et comme formateur à l'agrégation d'économie à Rennes Aujourd'hui retraité
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1 Response to Guerre en Ukraine et croisade macronienne contre la Russie, le Pape donne une leçon de géopolitique pour rétablir la paix

  1. Avatar de Bender Leila Bender Leila dit :

    Bonsoir, Je ne peux plus lire vos messages, car format trop grand. Pouvez-vous

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