Le foulard n’est pas un objet unique. Il peut être piété personnelle, pression familiale, marqueur identitaire, ou instrument politique. Le traiter uniquement comme une atteinte à la laïcité transforme le débat en guerre culturelle : « liberté religieuse vs République ». Les Frères musulmans et leurs relais savent très bien jouer cette carte (« islamophobie », « stigmatisation des musulmanes »). On se retrouve à discuter du vêtement plutôt que de l’idéologie, des financements, des réseaux associatifs et de l’influence locale.
Le rapport officiel de 2025 sur les Frères musulmans et l’islamisme politique documente précisément cette mécanique : réseaux structurés (Musulmans de France, ex-UOIF), mosquées affiliées, associations, écoles, action municipale, prédication et influenceurs. L’objectif n’est pas l’attentat immédiat, mais un « islamisme par le bas » et un « islamisme municipal » qui érode progressivement les normes républicaines. Le voile y apparaît comme un marqueur visible de cette réislamisation, notamment chez les jeunes filles. C’est un fait politique, pas seulement un fait religieux.
Partir de la sécurité publique et de ces organisations change le cadrage :
- On parle d’ordre public, de cohésion, de protection des mineurs, de transparence des financements et de lutte contre l’entrisme dans les collectivités, l’éducation et le social.
- On cible des structures identifiées (associations, écoles sous contrat, financements étrangers)
- On évite l’amalgame qui alimente le discours de victimisation.
t. Le débat n’est pas « pour ou contre la laïcité ». Il est de savoir si on veut traiter l’islamisme comme une idéologie organisée ou comme un simple problème de visibilité religieuse. Le second angle est plus confortable politiquement. Le premier est plus précis.
Un foulard dans les cheveux n’est un hijab que s’il sert à ne plus montrer les cheveux au nom de l’islam. S’il décore une coiffure visible, ce n’est pas un hijab.
1 débattre du foulard pas du réseau
La laïcité scolaire et la neutralité des agents règlent le visible dans l’État : école publique, fonctionnaires, visage dans la rue.Elle peut :
- empêcher qu’un établissement public devienne un lieu de marquage religieux ;
- protéger les élèves d’une pression de groupe (abaya, prières, refus de cours) ;
- rappeler que l’État n’est pas une mosquée.
Elle ne fait pas :
- disparaître une confrérie, un financement qatari, une fédération, un prédicateur ;
- distinguer une croyante pieuse d’une militante frériste ;
- traiter le projet politique (charia, séparatisme, prise des institutions).
D’où le reproche fréquent : on débat de la robe, pas du réseau.
S’en prendre aux organisationsC’est l’autre levier : dissolutions (loi 1936 / CSI), gel des avoirs, contrôle des cultes étrangers, fermeture d’écoles hors contrat, analogie avec ce que l’Égypte, les EAU ou l’Autriche ont fait contre la confrérie.
Avantages :
- on vise le projet (entrisme, écoles, asso, fric), pas le tissu ;
- on traite Daech et les Frères pour ce qu’ils sont : des structures, pas des looks ;
- moins de confusion « musulman = islamiste ».
Limites :
- la confrérie n’est pas un parti unique avec carte. C’est une nébuleuse (associations, influençeurs, « pudeur », halal, clubs). Interdire « les Frères » sans critères solides se fait casser au Conseil d’État ;
- ;
- le djihadisme (Daech) se combat déjà par le pénal. Le frérisme, lui, joue dans la légalité : élections, collèges, halls d’immeubles.
L’islamisme politique a besoin du visible (voile comme étendard) et de l’infra (asso, argent, doctrine). Couper seulement le visible laisse l’infra. Couper seulement l’asso laisse la norme sociale (« une sœur s’habille comme ça ») se répandre toute seule.Une politique cohérente empile plutôt :
- Pénal pour Daech, l’apologie, les filières.
- Dissolutions et finances pour les structures fréristes documentées.
- Laïcité là où l’État est tenu à la neutralité (école, service public).
- Doctrine et contre-discours : imams, écoles, ce qu’on enseigne — le point le plus faible en France.
2 Le foulard seul n est pas islamiste il y a surtout l abaya et les cheveux
Ce qu’est l’abaya C’est une robe longue et ample, traditionnelle dans la péninsule Arabique et le Golfe. . Le noir n’est pas une obligation coranique.
Le débat de 2023 ne portait pas sur « toutes les abayas du monde », mais sur son usage à l’école publique.L’argument de ceux qui y voient un marqueur islamiste :une poussée du port dans certains collèges, signalée comme atteinte à la laïcité ;
des influenceurs et courants rigoristes (dont des réseaux proches des Frères musulmans) qui présentent cette tenue comme norme de pudeur et d’identité face à « l’Occident » ;
le Conseil d’État a jugé que, dans l’école, abaya et qamis s’inscrivent dans une « logique d’affirmation religieuse », donc relevant de la loi de 2004.
En France : interdite dans les écoles publiques depuis 2023, autorisée dans la rue.
c est lassociation abaya noire et hijab noir
ce n’est souvent pas l’abaya seule, ni le hijab seul. C’est le combo — robe noire ample + foulard noir — qui fait silhouette.Pourquoi ce duo frappe l’œilSéparé :hijab noir + jean / manteau = fréquent, visage vu ;
robe longue d’une autre couleur, sans voile = peu lisible comme « signe ».
Ensemble, tout le corps est dans la même couleur sombre, formes effacées, tête couverte. On reconnaît le look en une seconde. C’est pour ça que, dans le débat français, « abaya » voulait souvent dire abaya + hijab, pas une robe de soirée noire.
Leur règle de base Chez Youssef al-Qaradawi (référence doctrinale majeure de la confrérie) : la femme doit couvrir cheveux et corps, visage et mains restent visibles. C’est présenté comme le consensus des juristes sunnites classiques.
religactu.frLe niqab n’est pas leur obligation. Ils l’ont parfois défendu comme « liberté » quand un État voulait l’interdire (Égypte), mais ce n’est pas leur modèle standard. Le modèle Frères, c’est la femme voilée reconnaissable, qui étudie, vote, milite — pas la silhouette noire sans visage.
en.wikipedia.orgHassan al-Banna voulait déjà le voile comme marqueur d’une société « islamique », pas comme effacement total à la daechienne.
e-ir.infoLe duo abaya noire + hijab noirIls ne publient pas une fatwa du type « tout doit être noir, gants, yeux voilés ».En revanche :
- ils tiennent le hijab pour obligatoire ;
- ils valorisent la « pudeur » : ample, pas moulant, pas « à l’occidentale » ;
- en Europe, des milieux proches ont banalisé abaya + hijab comme tenue pieuse / identitaire, y compris le noir, sans en faire un décret califal. lejdd.fr
- Leur règle de base
- Chez Youssef al-Qaradawi (référence doctrinale majeure de la confrérie) : la femme doit couvrir cheveux et corps, visage et mains restent visibles. C’est présenté comme le consensus des juristes sunnites classiques.
religactu.frLe niqab n’est pas leur obligation. Ils l’ont parfois défendu comme « liberté » quand un État voulait l’interdire (Égypte), mais ce n’est pas leur modèle standard. Le modèle Frères, c’est la femme voilée reconnaissable, qui étudie, vote, milite — pas la silhouette noire sans visage.
en.wikipedia.orgHassan al-Banna voulait déjà le voile comme marqueur d’une société « islamique », pas comme effacement total à la daechienne.
e-ir.infoLe duo abaya noire + hijab noirIls ne publient pas une fatwa du type « tout doit être noir, gants, yeux voilés ».En revanche :ils tiennent le hijab pour obligatoire ;
ils valorisent la « pudeur » : ample, pas moulant, pas « à l’occidentale » ;
en Europe, des milieux proches ont banalisé abaya + hijab comme tenue pieuse / identitaire, y compris le noir, sans en faire un décret califal.
lejdd.fr
Le noir saoudien n’est pas leur invention historique (le voile maghrébin était souvent clair). C’est une esthétique qui s’est répandue, et dont certains réseaux fréristes se servent comme signe visible dans l’espace public.
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En une phraseLes Frères admettent et même poussent hijab + robe ample (dont l’abaya noire). Ils n’en font pas le code daechien. Leur projet est politique et identitaire : rendre le voile normal et majoritaire, pas rendre la femme invisible.
Le noir saoudien n’est pas leur invention historique (le voile maghrébin était souvent clair). C’est une esthétique qui s’est répandue, et dont certains réseaux fréristes se servent comme signe visible dans l’espace public.
lejdd.frComparaison nette
| Frères musulmans | Daech | |
|---|---|---|
| Hijab (visage vu) | Oui, norme | Insuffisant |
| Abaya ample | Acceptée / encouragée comme pudeur | Oui, mais noire, épaisse |
| Tout noir obligatoire | Non | Oui |
| Niqab / visage caché | Pas requis | Requis |
| Gants, voile sur les yeux | Non | Oui, au stade maximal |
| Méthode | persuasion, associations, « choix » | police religieuse, amendes, coups |
En une phrase Les Frères admettent et même poussent hijab + robe ample (dont l’abaya noire). . Leur projet est politique et identitaire : rendre le voile normal et majoritaire, pas rendre la femme invisible.
D’abord, les 4 types à ne pas confondreDe gauche à droite : hijab (visage visible) → tchador (visage souvent visible) → niqab (yeux seulement) → burqa / tchadri (tout le corps + grillage). Les talibans et, dans les zones qu’ils ont tenues, Al-Qaïda / Daech visent les deux derniers, pas le premier.https://artifacts.grokusercontent.com/third-party-image
Ce que ça change visuellement
| Abaya + hijab | Hijab + autre tenue | |
|---|---|---|
| Corps | Un seul volume, souvent noir | Formes et couleurs des vêtements visibles |
| Lecture | Silhouette « religieuse / Golfe » | Foulard sur une tenue de ville |
| Visage | Vu dans les deux cas | Vu aussi |
Le hijab ne produit pas le même effet tout seul. C’est l’ajout de l’abaya qui uniformise tout le corps. Sans elle, c’est un foulard sur des habits normaux.
Les Frères musulmans n’exigent pas le noir.Leur norme, chez Qaradawi et la doctrine dominante de la confrérie, c’est :
- cheveux et corps couverts ;
- visage et mains visibles ;
- vêtement ample, pas transparent, pas « à l’occidentale ».
La couleur n’est pas fixée. Pas de fatwa frériste du type « tout doit être noir » comme chez Daech.Le noir vient surtout :
- de la mode du Golfe (abaya saoudienne) ;
- de courants salafistes, plus stricts que les Frères ;
- d’un effet de copie (réseaux, influenceuses, import de tenues).
Historiquement, le voile poussé par les Frères en Égypte ou au Maghreb était souvent clair, crème, beige, pas un uniforme noir. Le noir s’est répandu plus tard comme look « pieux visible ».Ils peuvent encourager l’abaya + hijab (y compris noirs) comme signe de pudeur. Ils ne décrètent pas le noir. Daech, si.
L uniforme c est ça



Une frange, une oreille, une queue → foulard. Crâne, oreilles et cou fermés → hijab. Le motif floral ou la couleur ne décident rien : un hijab peut être orange, un foulard de mode aussi.
Hijab : trois critères ensemble
- Couvre toute la chevelure (racines, oreilles, souvent la nuque).
- Couvre le cou dans le port classique actuel.
- Motif déclaré ou reconnu : pudeur islamique devant les hommes non mahram.
Si un seul manque, ce n’est en général pas un hijab.Foulard non hijab : ce qui le tranche
| Détail | Foulard mode / tradition | Hijab |
|---|---|---|
| Cheveux | Une mèche, la queue, la frange se voient | Cheveux cachés |
| Oreilles | Souvent visibles | Cachées |
| Cou | Libre ou à peine touché | En général couvert |
| Nœud | Sous le menton (années 60), sur le crâne, dans la queue | Enroulé pour ne rien laisser échapper |
| Durée / lieu | Balade, voiture, fête, chantier | Règle dès qu’il y a des hommes « étrangers » |
| Sens | Style, vent, poussière, folklore | Obligation / pratique religieuse |
3 les précédents utiles
Article R. 645-1 du code pénal : est puni d’une amende de 5ᵉ classe le fait, en public, de porter ou d’exhiber un uniforme, un insigne ou un emblème rappelant ceux :
- des organisations déclarées criminelles à Nuremberg (NSDAP, SS, Gestapo, SD, corps des chefs nazis) ;
- ou d’une personne condamnée pour crime contre l’humanité. legifrance.gouv.fr
Visés en pratique : uniforme SS / Wehrmacht avec insignes nazis, croix gammée, aigle hitlérien, runes SS, brassard NSDAP, etc.
Plusieurs États ont interdit la confrérie ou l’ont classée terroriste. Les motifs officiels ne sont pas les mêmes partout : sécurité, coup d’État raté, rivalité de régimes, ou « islam politique ».Pays qui l’ont interdite ou classéeMonde arabe
- Égypte (2013) — pays fondateur. Après la chute du président frériste Mohamed Morsi, Sissi dissout le mouvement, le déclare terroriste, emprisonne des milliers de membres. Motif : complot, violence, menace pour l’État. apnews.com
- Arabie saoudite, Émirats, Bahreïn (2014) — « organisation terroriste ». Les monarchies voient dans le frérisme un concurrent politique : élection, parti de masse, remise en cause du pouvoir héréditaire. Riyad l’avait déjà accusée d’être « la source de tous les maux » après le 11-Septembre. Rivalité avec le Qatar et la Turquie, accusés de soutenir la confrérie. lefigaro.fr
- Syrie — interdite de longue date (régime Baas), durcie pendant la guerre civile. MAIS c est un es leurs qui est au pouvoir
- Jordanie (avril 2025) — interdiction totale, saisie des biens, adhésion illégale. Motif annoncé : réseau armé, déstabilisation, sabotage. lefigaro.fr
- Aussi cités selon les sources : Libye (Chambre des représentants, 2019), parfois d’autres.
Ailleurs
- Russie (2003) — première inscription « terroriste », dans le contexte tchétchène. Définition très large. leparisien.fr
- Autriche (2021) — seul pays de l’UE à viser explicitement la confrérie : symboles et littérature interdits (amende, prison possible), après l’attentat de Vienne et des enquêtes sur financement / « islam politique ».
- États-Unis (janvier 2026) — pas toute la confrérie mondiale d’un coup : branches libanaise (FTO), égyptienne et jordanienne (soutien matériel au Hamas). state.gov
Toutes les religions ont-elles un côté politique ? Je prèfère de loin au mot « religion », celui de « spritualité » : une vraie spiritualité pour moi, étant un fait de l’esprit de chacun d’entre nous, qui n’est pas forcément une « obéissance » à quelque dogme que ce soit, à une tenue vestimentaire plus ou moins traditionnelle (ou imposée) mais une volonté propre à chacun de faire en sorte de respecter la vie humaine, d’être investi d’une volonté d’Amour, qui vient de quelque part, non matérielle : l’Esprit, le Grand Mystère de la vie terrestre.
Merci pour cet article, pgibertie.
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