
A l’horizon 2027, une nouvelle réglementation européenne censée verdir le secteur de l’énergie pourrait provoquer « l’enfer », selon Olivier Babeau, président fondateur de l’Institut Sapiens : une pénurie d’hydrocarbures et une explosion des prix
Le texte vise le règlement européen sur le méthane (règlement (UE) 2024/1787, souvent appelé EUMR ou EUMER), adopté en juin 2024. À partir du 1er janvier 2027, les importateurs européens de pétrole brut, de gaz naturel et de charbon devront démontrer que les contrats signés ou renouvelés après le 4 août 2024 portent sur des hydrocarbures produits sous un régime de mesure, déclaration et vérification (MRV) équivalent aux règles européennes, ou au niveau OGMP 2.0 Level 5 avec vérification tierce. Pour les contrats plus anciens, ils doivent seulement déployer « tous les efforts raisonnables ». Il n’y a pas d’interdiction d’importation, mais des sanctions financières possibles.
energy.ec.europa.euBabeau y voit le germe d’une crise à l’automne 2027 : moins d’offres disponibles (les producteurs extra-européens n’étant pas tous en mesure de certifier à temps) et donc une flambée des prix du gaz et des carburants.Ce que disent les études
- Scénario alarmiste (Wood Mackenzie, commandé par FuelsEurope) : jusqu’à 43 % des importations de gaz et 87 % du pétrole brut de 2024 pourraient être considérés comme non conformes en 2027. Cela pourrait réduire fortement les volumes arrivant en raffineries, avec des hausses estimées jusqu’à +24 % pour l’essence et +16 % pour le gazole dans le cas le plus sévère. 21news.be
- Scénario plus rassurant : une analyse (Data Desk) estime que seuls environ 4 % de la consommation européenne de gaz de 2027 relèveraient de contrats post-août 2024, le reste étant encore couvert par des contrats antérieurs. De plus, de nouvelles capacités de GNL doivent arriver massivement d’ici 2027-2030. La Commission européenne a aussi recommandé aux États membres de ne pas appliquer les amendes en 2027-2029 sauf fraude caractérisée. gasoutlook.com
Fin septembre 2026, Emmanuel Macron a demandé à Bruxelles un report d’un an (au 1er janvier 2028) de l’obligation principale, au motif que les importateurs doivent d’abord gérer les tensions actuelles sur les approvisionnements.
france-epargne.frEn résumé : la réglementation existe bien et son échéance 2027 est réelle. L’ampleur de l’effet « pénurie + explosion des prix » reste contestée. Elle dépendra surtout de la souplesse d’application (équivalence reconnue, certification tierce, traitement des contrats existants) et de la réaction des producteurs extra-européens, plus que d’une interdiction pure et simple.