Edouard Philippe fier de son bilan et pourtant en 2017 2020 la France était le pire cancre de l’Europe et il a saboté le nucléaire : les poissons rouges voteront pour lui

Oui, la France est effectivement dans les derniers du classement sur cette période.Classement synthétique (Q2 2017 – Q4 2019)Voici un aperçu plus clair du positionnement de la France par rapport aux autres pays de la zone euro :

CritèrePosition de la FranceCommentaire
Réduction de la dette publiqueAvant-dernière (seulement + Grèce)-3,0 pts vs -6,4 pts en moyenne zone euro
Croissance du PIBAvant-dernière (seulement + Italie)+1,5 %/an vs +1,6 % moyenne
Baisse du chômageDans les derniers-13 % vs -18 % moyenne
Création d’emploisDans les derniers+2 % vs +3 % moyenne

La France est l’un des plus mauvais élèves de cette période, juste devant l’Italie sur plusieurs indicateurs, et loin derrière des pays comme l’Irlande, Chypre, le Portugal, la Slovénie, la Croatie ou même l’Espagne et la Belgique.Pourquoi ce mauvais bilan ?

  • La France a réduit sa dette beaucoup moins que la moyenne européenne.
  • Sa croissance était molle.
  • La baisse du chômage et la création d’emplois étaient nettement inférieures à la dynamique observée dans la plupart des autres pays.

Oui, il y a bien eu un « tournant anti-nucléaire » (ou du moins une forte continuité de la politique de réduction du nucléaire) pendant la période 2017-2019 sous Édouard Philippe.Contexte et décisions clésLa loi de transition énergétique de 2015 (sous Hollande) fixait déjà l’objectif de ramener la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50 % (contre ~75 % à l’époque). Le gouvernement Philippe/Macron n’a pas rompu avec cet objectif, même s’il l’a repoussé :Juillet 2017 : Dès le début de son mandat, Édouard Philippe confirme dans Les Échos que des fermetures de centrales nucléaires auront lieu « à moyen terme ».
Novembre 2018 : Présentation de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE). Emmanuel Macron et Édouard Philippe annoncent officiellement :La fermeture de 14 réacteurs d’ici 2035.
Dont les 2 réacteurs de Fessenheim (la plus vieille centrale française) en 2020.
Objectif maintenu à 50 % de nucléaire en 2035 (au lieu de 2025 initialement).

La PPE prévoyait des fermetures progressives (4 à 6 supplémentaires d’ici 2028-2030, puis d’autres).

Cette période marque donc la mise en œuvre concrète d’une politique de réduction du parc nucléaire au profit des énergies renouvelables (éolien, solaire), même si le rythme a été ralenti par rapport à la loi de 2015.Pourquoi on parle de « tournant anti-nucléaire » ?La France était (et reste) championne mondiale du nucléaire civil.
Ces décisions s’inscrivent dans une logique « transition écologique » impulsée par Nicolas Hulot (ministre de la Transition écologique jusqu’en 2018) et soutenue par une partie de la majorité LREM.
Critiques récurrentes : risque de perte de souveraineté énergétique, hausse des prix de l’électricité, émissions de CO₂ plus élevées pendant la transition, et affaiblissement de la filière (compétences, emplois, industrie).

Note importante : La fermeture effective de Fessenheim a eu lieu en 2020 (sous Philippe), mais la décision politique et la PPE ont été actées en 2017-2018, donc bien dans la période du graphique

1. La Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) 2018-2019La PPE est le document stratégique qui définit la politique énergétique française pour plusieurs années. Celle de 2018-2019, présentée fin 2018/début 2019 par Emmanuel Macron et Édouard Philippe, a été un moment clé :

  • Fermeture confirmée des 2 réacteurs de Fessenheim (la plus ancienne centrale de France) en 2020.
  • Fermetures supplémentaires : entre 4 et 6 réacteurs d’ici 2028 (en plus de Fessenheim), et jusqu’à 14 au total d’ici 2035.
  • Objectif maintenu : ramener la part du nucléaire à 50 % de la production d’électricité à l’horizon 2035 (l’objectif initial de 2025 a été abandonné car irréaliste).
  • Fort développement des énergies renouvelables (éolien terrestre et mer, solaire) pour compenser.

Cette PPE s’inscrivait dans la continuité de la loi de transition énergétique de 2015 (Hollande), mais avec un calendrier assoupli. Nicolas Hulot (ministre jusqu’en août 2018) poussait pour des fermetures plus rapides ; Philippe a tempéré tout en maintenant le cap de réduction.2. Positionnement d’Édouard Philippe à l’époque

  • Juillet 2017 : Dès son arrivée à Matignon, il confirme que des fermetures auront lieu « à moyen terme », tout en appelant à la prudence.
  • Il se décrit comme pas « fétichiste de la date » pour l’objectif 50 % (repoussé à 2030-2035).
  • Il a dû arbitrer entre les pro-nucléaires (dont une partie de son passé chez Areva) et l’aile écologiste de la majorité.
  • Résultat : il a validé la fermeture de Fessenheim (promise depuis Hollande) et lancé la PPE de réduction progressive.

Aujourd’hui (déclarations récentes) : Philippe assume une posture plus pro-nucléaire. Il revendique :

  • Avoir stoppé l’objectif « imbécile » de 50 % en 2025.
  • Avoir limité les fermetures et préparé la relance du nucléaire (même s’il a quand même fermé Fessenheim et acté la PPE de réduction).

Il présente son action comme un compromis réaliste à l’époque, avant la crise énergétique de 2022 qui a tout changé.3. Impact économique de ces décisions

  • Coût direct pour Fessenheim : Indemnisation d’EDF d’environ 400-500 millions d’euros (plus des compléments possibles). Coût de démantèlement élevé (centaines de millions par réacteur).
  • Impact local : Perte de 1 500 à 2 000 emplois directs/indirects dans la région, baisse importante de recettes fiscales pour les collectivités (plusieurs dizaines de millions par an). Des plans de reconversion (photovoltaïque, etc.) ont été lancés mais avec des résultats mitigés.
  • Impact national :
    • Perte de production bas-carbone et bon marché → remplacement partiel par du gaz ou des renouvelables intermittents → hausse des prix de l’électricité et risque accru de dépendance.
    • Affaiblissement de la filière (sous-traitants, compétences) pendant plusieurs années.
    • Surcoûts globaux pour le système électrique (estimés à plusieurs milliards sur la période de transition).

Beaucoup d’experts considèrent aujourd’hui que cette période a contribué à la crise de l’électricité de 2021-2022 (avec en plus les arrêts pour corrosion sous contrainte).En résumé : Pendant le mandat Philippe, il y a bien eu une poursuite et une concrétisation de la politique de réduction du nucléaire, même si elle a été moins radicale que ce que voulaient certains écologistes. Cela s’inscrit dans le « tournant » écologique du début du quinquennat Macron, avant le revirement pro-nucléaire massif post-2022.

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Agrégé d'histoire, Professeur de Chaire Supérieure en économie et en géopolitique, intervenant àBordeaux III et comme formateur à l'agrégation d'économie à Rennes Aujourd'hui retraité
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2 Responses to Edouard Philippe fier de son bilan et pourtant en 2017 2020 la France était le pire cancre de l’Europe et il a saboté le nucléaire : les poissons rouges voteront pour lui

  1. Avatar de lepiaf18 lepiaf18 dit :

    Si j’en crois les « actus », il se pourrait que son cas soit « résolu » et qu’il ne puisse peut-être m^me pas se présenter… Il aurait une enquête du Parquet Financier ouverte pour détournement de fonds publics, etc… au … Havre… !

    Bon j’ai pas bien fait attention, c’est juste mes oreilles qui traînaient…. mais… ça me rappelle le cas… Fillon !

    Entre ça et le cas Glucksmann également empêtré avec quelques « problèmes » qui lui resurgissent à la figure… ça va peut-être déblayer un peu le terrain de ces crétins qui se pensent être au-dessus du lot !

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  2. Avatar de elba elba dit :

    Je ne comprends même pas pour quelle raison on écrit un article sur ce sale type…

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