Prix de l’énergie, comment industriels et consommateurs français se font niquer par Fritz Merz et Von der la Hyène Pendant ce temps Letordu électrocute l’économie

la Commission européenne a bien approuvé jeudi 16 avril 2026 un dispositif allemand d’aides d’État de 3,8 milliards d’euros sur trois ans (1er janvier 2026 à fin 2028) pour soulager les industries les plus énergivores (chimie, acier, ciment, etc.). Le mécanisme consiste à plafonner le prix de l’électricité pour ces entreprises, avec l’État allemand qui compense la différence par rapport au prix de marché. Le prix réduit ne peut pas descendre en dessous de 50 €/MWh, et les bénéficiaires doivent réinvestir au moins la moitié des économies réalisées dans des mesures de décarbonation (transition climatique). Des aides similaires, plus modestes, ont été validées pour la Slovénie et la Bulgarie dans le cadre du Clean Industrial Deal State Aid Framework (CISAF).

ec.europa.eu

Ce feu vert intervient dans un contexte de flambée des prix du gaz et du pétrole liée à la guerre au Moyen-Orient (escalade avec l’Iran depuis fin février 2026), qui renchérit les coûts énergétiques en Europe. L’Allemagne avait préparé ce dispositif dès novembre 2025, avant le conflit, mais la crise a accéléré la souplesse de Bruxelles sur les aides d’État. Ursula von der Leyen a effectivement appelé à plus de flexibilité pour soutenir les secteurs exposés (industrie lourde, agriculture, transports), avec une proposition en cours d’adoption d’ici fin avril.

Le fond du problème soulevé sur la FranceLe texte pointe une frustration légitime sur la cohérence de la politique européenne et la position de la France :La France dispose d’un mix électrique dominé par le nucléaire (environ 70 % de la production), ce qui lui permet de produire une électricité à bas coût marginal et en abondance. Elle est structurellement exportatrice nette vers ses voisins, dont l’Allemagne (des dizaines de TWh par an, avec des soldes positifs importants).
Pourtant, sur le marché unique européen (couplage des marchés day-ahead et intraday), les prix sont déterminés par la centrale marginale la plus chère au niveau continental. Quand la demande est forte ou que les renouvelables allemands faiblissent, la France exporte souvent à des prix élevés (ceux du gaz ou du charbon allemand), tout en important parfois à ces mêmes prix lors de pointes. Cela crée un effet pervers : les consommateurs et industriels français subissent indirectement la volatilité du marché européen, alors que leur production bas-carbone est « diluée » dans le prix moyen.
Avec cette subvention allemande, les industriels énergivores outre-Rhin (acier, chimie…) vont bénéficier d’un avantage compétitif supplémentaire sur leurs homologues français, qui paieront leur électricité au prix de marché (généralement plus élevé que le coût de production nucléaire français) sans équivalent massif de bouclier. L’Allemagne protège explicitement son industrie lourde ; la France, malgré son avantage nucléaire, peine à en faire un atout stratégique clair au niveau européen.

C’est un classique de la tension franco-allemande dans l’UE : Berlin obtient souvent plus de flexibilité sur les aides d’État quand il s’agit de préserver son tissu industriel (on l’a vu avec les subventions massives pendant la crise énergétique 2022-2023, ou pour l’automobile et l’hydrogène). Bruxelles valide régulièrement ces mesures au nom de la compétitivité et de la « transition », tout en imposant des règles plus strictes aux autres quand il s’agit de concurrence pure.Réalité nuancéePas de complot anti-français systématique : la Commission applique un cadre (CISAF) qu’elle a elle-même adopté en 2025 pour répondre à la crise. L’Allemagne argumente que sans cela, ses usines risquent la délocalisation vers des pays à énergie moins chère et normes environnementales plus laxistes (États-Unis, Chine, etc.). La condition de réinvestissement dans la décarbonation rend l’aide compatible avec les objectifs climatiques de l’UE.
Le débat sur la réforme du marché de l’électricité européen (découplage partiel du prix du gaz, contrats de longue durée pour le nucléaire/renouvelables) traîne depuis des années, en partie à cause des divergences franco-allemandes.
Le leadership allemand dans l’UE est réel sur le plan économique et industriel, mais il repose aussi sur une capacité à défendre ses intérêts nationaux avec pragmatisme (Energiewende malgré ses coûts, puis corrections via des aides). La France, avec son nucléaire, pourrait théoriquement proposer un modèle européen plus sobre en fossiles et moins dépendant des importations — mais cela supposerait une vraie stratégie commune sur l’énergie, qui fait souvent défaut (opposition allemande historique au nucléaire, préférence pour le gaz puis les renouvelables intermittents).

En résumé, ce dispositif allemand illustre une fois de plus les asymétries de l’UE : règles de concurrence souples quand il s’agit de sauver l’industrie d’un grand État membre face à une crise, mais moins lorsqu’il faut valoriser les atouts structurels d’un autre (nucléaire français).

C’est un reflet du rapport de force et des priorités nationales. Pour la France, la question reste : comment transformer son excédent nucléaire en avantage compétitif durable pour son industrie, plutôt que de le voir partiellement arbitré au profit des voisins via le marché unique ? Le débat sur une politique industrielle et énergétique européenne plus cohérente (et moins naïve sur la concurrence mondiale) est loin d’être clos.

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About pgibertie

Agrégé d'histoire, Professeur de Chaire Supérieure en économie et en géopolitique, intervenant àBordeaux III et comme formateur à l'agrégation d'économie à Rennes Aujourd'hui retraité
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2 Responses to Prix de l’énergie, comment industriels et consommateurs français se font niquer par Fritz Merz et Von der la Hyène Pendant ce temps Letordu électrocute l’économie

  1. Avatar de ApaMena ApaMena dit :

    Ben,ils sont là pour ça!!! L’empire du mensonge zt du diable,le prince de ce monde…

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  2. Avatar de Paul-Emic Paul-Emic dit :

    Que les industries boches se délocalisent plutôt qu’elles prospèrent à nos dépens. FREXIT

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