Comment la SNCF et les élus socialistes de la région ont tiers-mondisé le réseau ferré en Périgord Limousin;le socialiste Rousset sévit depuis près d’un demi siècle

Vous souhaitez vous rendre en Périgord limousin ? Depuis Paris ça peut prendre une journée avec le train , nettement plus qu’au 19eme siècle. C’est ce qui vient de m’arriver …Pour l’intercité, vous aurez une râme datant des années 1970, une machine à remonter le temps. Pour le TER? évitez absolument, j’ai mis 1h15vpour faire 15km et raté toutes les correspondances

Le personnel n’y est pour rien….

SNCF Réseau est l’entité directement responsable de l’état du réseau ferré national en Périgord-Limousin (comme partout en France).Qui est SNCF Réseau ?

  • C’est le gestionnaire d’infrastructure du réseau ferré national (RFN).
  • Elle appartient au groupe public SNCF, mais est une société à part (distincte de SNCF Voyageurs qui exploite les trains TER, TGV, etc.).
  • Missions principales :
    • Entretien quotidien et maintenance des voies, caténaires, signaux, ouvrages d’art, talus, etc.
    • Modernisation et régénération des lignes.
    • Gestion de la sécurité et de la circulation des trains sur l’infrastructure.
    • Programmation et réalisation des travaux.

L’État français est le propriétaire du réseau ferré national, et SNCF Réseau agit pour son compte. Le financement des travaux provient en partie de l’État, des régions (via les contrats de plan État-Région), et parfois des collectivités locales pour les « petites lignes ».Situation spécifique en Périgord-LimousinLa région (essentiellement Dordogne et Haute-Vienne / Corrèze / Creuse) souffre particulièrement de la dégradation des petites lignes (lignes de desserte fine du territoire) :

  • Lignes concernées : Limoges-Périgueux, Périgueux-Brive, Périgueux-Agen, Limoges-Ussel, Limoges-Guétret-Montluçon, Angoulême-Limoges, et plusieurs tronçons de l’« étoile de Limoges ».
  • Problèmes récurrents : rails anciens, talus instables, caténaires dégradées, vitesse limitée, retards fréquents, interruptions (ex. : glissement de terrain entre Périgueux et Niversac après la tempête Nils en février 2026).
  • Menaces : fermetures ou restrictions de circulation sur plusieurs lignes transversales (ex. Busseau-Felletin déjà fermée ou menacée), manque de travaux de régénération.

Les associations locales (Périgord Rail Plus, Angoulim, etc.) dénoncent un sentiment d’abandon des territoires ruraux au profit des grandes lignes à grande vitesse. Les petites lignes vieillissantes (certaines portions datent de plus d’un siècle) nécessitent des investissements lourds que SNCF Réseau n’a pas toujours priorisés ces dernières décennies.Qui finance et décide vraiment ?

  • SNCF Réseau : responsable opérationnel de l’entretien et des travaux.
  • Région Nouvelle-Aquitaine : cofinance une grande partie des TER et des régénérations sur les lignes d’intérêt régional. Elle est souvent en négociation (et parfois en tension) avec SNCF Réseau.
  • État : définit la stratégie nationale, alloue les crédits budgétaires, et tranche sur les priorités (via les contrats de plan et les protocoles « petites lignes »). Il a été critiqué pour avoir sous-investi dans le réseau secondaire pendant des années.
  • Collectivités locales (départements, agglo, PNR Périgord-Limousin) : peuvent participer au financement pour sauver des lignes locales.

En résumé :
SNCF Réseau est celle qui gère concrètement l’état des voies au quotidien et qui est pointée du doigt quand un talus s’effondre ou qu’une ligne est ralentie. Mais la sous-maintenance chronique vient aussi d’arbitrages budgétaires nationaux et régionaux qui ont longtemps favorisé le TGV et les métropoles au détriment des territoires ruraux comme le Périgord-Limousin.

Voici un point précis et à jour sur la ligne ferroviaire Périgueux – Brive-la-Gaillarde (ligne 32 du réseau TER Nouvelle-Aquitaine).Situation actuelle (fin mars 2026)Reprise du trafic : La circulation des TER entre Périgueux et Brive a repris normalement depuis le dimanche 22 mars 2026.
Elle avait été interrompue depuis le 17 février 2026 après l’effondrement d’un talus (glissement de terrain d’environ 300 m³) entre Périgueux et Niversac, suite à la tempête Nils. Cet incident avait aussi bloqué la ligne Périgueux-Agen.

sncf-reseau.com

Des cars de substitution ont été mis en place pendant l’interruption (plus d’un mois), et les usagers ont souvent dénoncé leur insuffisance ou les temps de trajet rallongés.

État général de la ligneLa ligne Périgueux – Brive (environ 72 km, voie unique sur une grande partie) est dans un état dégradé et vieillissant :Vitesse maximale nominale limitée à 115 km/h.
À partir de juillet 2025, SNCF Réseau a abaissé la vitesse à 100 km/h sur une partie du tronçon (notamment vers Terrasson) pour des raisons de sécurité, en raison du vieillissement rapide des voies, traverses et ballast. Cela allonge légèrement les temps de parcours.
Temps de trajet moyen actuel : environ 1h15 à 1h45 selon les trains (le plus rapide autour de 55-60 minutes dans les meilleures conditions).
Problèmes récurrents : talus instables, rails anciens, limitations de vitesse ponctuelles, retards fréquents et interruptions lors des intempéries.

la régénération complète de cette ligne, considérée comme stratégique pour relier le Périgord au bassin de Brive et à la Corrèze.Travaux et investissementsCoût estimé de la régénération complète : autour de 130 millions d’euros (voie, signalisation, confortement des talus, etc.). Ce montant serait partagé entre SNCF Réseau, la Région Nouvelle-Aquitaine et les collectivités locales (Grand Périgueux, Agglo Brive, etc.).
Des études techniques sont en cours ou finalisées pour définir le calendrier et le périmètre exact des travaux.
Pour l’instant, on reste surtout sur des travaux de maintien (renouvellement partiel de traverses, etc.) plutôt que sur une régénération lourde. La ligne n’est pas encore programmée en priorité absolue dans le CPER (Contrat de Plan État-Région), ce qui suscite beaucoup de frustration locale.

SNCF Réseau reste l’opérateur responsable de l’entretien et des travaux sur l’infrastructure, comme sur toutes les autres lignes. La Région cofinance les TER et une partie des investissements

Cette ligne illustre parfaitement le problème des petites lignes transversales en zones rurales : sous-investissement chronique depuis des décennies, priorité donnée aux grandes radiales (TGV, POLT, etc.), et vulnérabilité aux aléas climatiques (talus qui glissent après des pluies fortes). Les associations comme Périgord Rail Plus ou Rail Aquitaine Est dénoncent régulièrement cet abandon des territoires du Périgord-Limousin.

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About pgibertie

Agrégé d'histoire, Professeur de Chaire Supérieure en économie et en géopolitique, intervenant àBordeaux III et comme formateur à l'agrégation d'économie à Rennes Aujourd'hui retraité
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