le nouveau maire LFI de Saint-Denis revendique fièrement son ascendance de la noblesse malienne soninké impliquée dans le commerce des esclaves

Même s’il a été aboli en 1905 sous la colonisation française, l’esclavage par ascendance continue en pratique au Mali, explique Me Pascal Paradis, directeur général d’Avocats sans frontières.

Ainsi, la société traditionnelle de certaines communautés maliennes, comme les Soninkés, les Peuls, les Sonrhaïs et les Malinkés, est divisée en castes, avec des nobles, des artisans, des griots et des esclaves ou leurs descendants. Des personnes sont donc considérées comme telles sous prétexte que leurs ancêtres avant eux l’étaient également. « La “propriété” de ces esclaves se transmet aussi de père en fils. On peut même encore hériter d’esclaves au Mali », ajoute-t-il.

Les Soninké ont fondé l’ancien Empire du Ghana (Wagadou) et ont joué un rôle majeur dans le commerce transsaharien pendant des siècles (or, sel, tissus… et esclaves).
Dans leur société traditionnelle très hiérarchisée :

  • Les nobles (horon) étaient les guerriers, administrateurs et souvent marchands.
  • Il existait des castes d’artisans, de griots… et des esclaves (jon) par ascendance, qui pouvaient être exploités ou vendus.
  • Le commerce d’esclaves (raids, prisonniers de guerre, tributs) faisait partie intégrante de l’économie ouest-africaine précoloniale et pendant la période islamique. Les Soninké y participaient, comme d’autres groupes (Mandingues, Peuls, etc.).

Mais malgré l’interdiction de l’esclavage par l’administration coloniale, « il n’y a jamais eu de loi ou de réglementation spécifique jusqu’à 2016 », souligne l’avocat. Cette année-là, une révision du Code pénal a intégré certaines dispositions sur la répression de l’esclavage et des pratiques assimilées à cette condition.

https://www.persee.fr/doc/jafr_0399-0346_2000_num_70_1_1219

Au micro de Radio Nova, le nouveau maire LFI de Saint-Denis Bally Bagayoko raconte que sa famille est issue de la noblesse malienne, et qu’il a l’engagement politique « dans le sang ».

Les royaumes africains (Dahomey, Ashanti, Mali, etc.) ont en effet pratiqué la capture, la vente et l’exploitation d’autres Africains bien avant, pendant et après la traite atlantique. Des chefs locaux et des marchands vendaient des prisonniers de guerre, des rivaux ou des tributs aux Européens, aux Arabes ou entre eux. C’est un fait historique documenté, pas une invention « raciste » : les Européens n’ont pas inventé l’esclavage en Afrique, un commerce qui existait déjà sur le continent (et dans le monde arabo-musulman pendant plus d’un millénaire).

Dans une intervention (notamment sur Radio Nova), il a revendiqué fièrement son ascendance de la noblesse malienne soninké (ou liée à l’Empire du Mali / région de Koulikoro). La noblesse soninké (souvent les « horon » ou castes dirigeantes) était historiquement impliquée dans le commerce transsaharien : or, sel… et esclaves. L’Empire du Mali (et les royaumes soninké qui l’ont précédé ou suivi) s’enrichissait en partie grâce à la capture, l’exploitation et la vente d’esclaves africains (prisonniers de guerre, tributs, raids). C’est un fait historique bien documenté : l’esclavage interne et le commerce d’esclaves existaient en Afrique de l’Ouest bien avant l’arrivée des Européens, et ont continué parallèlement à la traite atlantique et arabo-musulmane

  • Les empires ouest-africains (Ghana, Mali, Songhaï) pratiquaient l’esclavage par ascendance, les raids et le commerce. Des milliers d’Africains étaient vendus aux Arabes (traite transsaharienne, plus longue et parfois plus meurtrière que l’atlantique) ou entre royaumes africains.
  • Les Soninké, Mandingues et autres groupes nobles fournissaient souvent les guerriers, administrateurs et marchands qui organisaient cela.
  • L’esclavage par ascendance existe encore aujourd’hui au Mali (surtout chez les Soninké, Peul, etc.) : des castes d’esclaves héréditaires subissent des discriminations, des mariages forcés, du travail gratuit. Il y a des documentaires et des associations anti-esclavagistes maliennes qui en parlent (ex. dans la région de Kayes).

l’histoire africaine n’est pas un long fleuve de paix et d’égalité fraternelle brutalement interrompu par le méchant Blanc. Elle est faite, comme partout, de conquêtes, d’empires, d’esclavage interne, de hiérarchies ethniques et de luttes de pouvoir. Revendiquer une « noblesse » malienne ancestrale tout en tenant un discours essentialiste anti-occidental chez LFI a quelque chose de comique, voire de schizophrénique.L’esclavage n’est pas une invention européenne, ni « blanche ». Il a touché toutes les civilisations : romaine, ottomane, arabe, africaine, asiatique. La traite atlantique a été abominable, mais elle n’a pas inventé le principe. Et la mémoire sélective qui ne retient que la part européenne tout en effaçant les responsabilités africaines (ou arabes) sert surtout à entretenir un narratif de rente morale et politique aujourd’hui.

Il est né en France (Levallois-Perret, 1973) de parents maliens, et a grandi à Saint-Denis (quartier Franc-Moisin).Son nom Bagayoko (ou Bagayogo) est un nom typiquement soninké. Dans l’ethnie soninké, il désigne souvent « l’homme au boubou bleu » ou est associé à des lignées de la région de Timbuktu/Koulikoro. Des sources historiques et culturelles maliennes confirment que ce patronyme appartient au groupe soninké (aussi appelés Sarakollé).Il est originaire plus précisément de la zone de Koulikoro / Gouni (Mali), une région où les Soninké sont présents.

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About pgibertie

Agrégé d'histoire, Professeur de Chaire Supérieure en économie et en géopolitique, intervenant àBordeaux III et comme formateur à l'agrégation d'économie à Rennes Aujourd'hui retraité
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3 Responses to le nouveau maire LFI de Saint-Denis revendique fièrement son ascendance de la noblesse malienne soninké impliquée dans le commerce des esclaves

  1. Avatar de elektron elektron dit :

    Ventrebleu ! un noble à Saint-Denis, c’est tout à fait raccord de l’histoire -y compris nécropolique- de cette cité.

    De plus, on est fondé à croire qu’il connaît déjà [par éducation et culture] les attendus du pouvoir et évitera les écueils de celui/celle qui débute en politique.

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  2. Avatar de lepiaf18 lepiaf18 dit :

    Au moins un d’éduqué apparemment ! Finalement la colonisation française en Afrique lui aura servi… !

    Bon après, ce qu’ils font chez eux… je m’en tape… ! Et si lui est venu chez nous, peut-être bien aussi, non ?

    Nous quand on y regarde bien on est esclave chez nous par une caste qui nous tient par le fric… Qu’est-ce qui est le mieux… ou le moins pire…

    Sinon, le Mali, le Mali… c’est pas un État qui a foutu Macron dehors et qui a fait que notre Armée, est rentrée à la maison la queue entre les jambes, asse récemment… ?

    Y’a pas de fume sans feu !

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  3. Avatar de Overdose Overdose dit :

    Acte 2…

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