Marchandisation de l’air, des océans, transformations biologiques afin de réduire notre empreinte écologique. Les pires folies commencent à Davos

Pour les uns, c’est de la protection via les marchés ; pour les autres, une enclosure des communs par une élite

La marchandisation de l’air, des océans et les transformations biologiques pour réduire l’empreinte écologique font partie des sujets les plus controversés discutés au World Economic Forum (WEF), notamment lors de l’édition 2026 à Davos (sous le thème « A Spirit of Dialogue ») et dans les initiatives connexes comme Blue Davos.Ces idées, souvent présentées comme des outils pour la durabilité, sont critiquées comme des « folies » élitistes visant à monétiser et contrôler les biens communs essentiels à la vie.

En 2026, le WEF a déclaré l’année comme « Year of Water » et lancé Blue Davos : un fil conducteur bleu reliant les sessions sur l’eau douce et les océans. L’objectif est de positionner la gestion intégrée de l’eau comme infrastructure critique pour la stabilité économique, la sécurité alimentaire, le commerce et la résilience climatique.

  • Rapports phares : The Ocean Economy Imperative (2026) → L’économie océanique pourrait doubler à plus de 5 trillions $ d’ici 2050, avec un appel à mobiliser des investissements dans des projets régénératifs (aquaculture durable, énergies marines, carbone bleu).
  • Lancement d’ACT Ocean (Accelerating Critical Transformations for the Ocean) pour coordonner les transformations industrielles.
  • Sessions comme « Velocity of the Blue Economy » ou « Water in the Balance » mettent l’accent sur la valeur économique des écosystèmes océaniques.

Critiques : Cela transforme les océans (patrimoine commun) en actifs financiers, favorisant la privatisation et la financiarisation sous couvert d’écologie, au profit des grandes entreprises.

L’origine de la polémique remonte principalement à une intervention de Lindsay Hooper (CEO de l’Université de Cambridge Institute for Sustainability Leadership et membre du Global Future Council on Natural Capital du WEF pour 2025-2026). Lors d’un panel au « Summer Davos » (Annual Meeting of the New Champions) en 2025, elle a déclaré que l’air que nous respirons, l’eau que nous buvons, le sol et les océans font partie du capital naturel (« natural capital »). Selon elle, ces éléments ne sont pas « illimités » ni « gratuits » au sens où leur surexploitation détruit l’environnement. L’idée : les intégrer dans les bilans comptables des entreprises et des États pour mieux les valoriser, protéger et restaurer.

Selon Lindsey Hooper, l’eau, le sol et l’oxygène ne devraient pas être accessibles à l’infini. Il est proposé de les classer comme des actifs et de les inclure dans un bilan mondial. »

La vidéo montre Hooper expliquant que les ressources naturelles ne sont ni « illimitées » ni « gratuites », car leur surexploitation entraîne une dégradation de l’environnement. Elle préconise leur intégration dans les bilans et les systèmes comptables, à l’instar des actifs physiques ou financiers que les entreprises valorisent. Cette démarche s’inscrit dans une initiative plus large du Forum économique mondial visant à « intégrer pleinement le capital naturel » afin de promouvoir des pratiques durables, telles que la prise en compte du stockage du carbone, de la rétention d’eau et de la réduction de la pollution dans les modèles économiques.weforum.org +1Points clés de son intervention (paraphrasés à partir de rapports et de transcriptions) :

  • Des ressources comme « l’air que nous respirons, l’eau que nous buvons, le sol, les océans » sont essentielles mais sous-estimées.
  • En les considérant comme du « capital naturel », les gouvernements et les entreprises peuvent prendre de meilleures décisions pour éviter leur épuisement
  • i les critiques y voient un pas vers la marchandisation des biens essentiels.

Modifier la biologie humaine (taille, appétits alimentaires) pour un but collectif (climat) est perçu comme une ingérence profonde dans ce qui fait l’humain. Même volontaire, cela évoque l’eugénisme historique (sélection pour des traits « désirables »), ici « vert » (au nom de l’environnement). Des termes comme « écofascisme » émergent quand on imagine des pressions sociétales ou incitations fortes (subventions, normes culturelles) qui rendraient le « choix » quasi-obligatoire. Critiques parlent de « jouer à Dieu » (hubris) et de slippery slope : une fois normalisé, cela pourrait glisser vers des modifications forcées ou discriminatoires (ex. : pays pauvres obligés d’adopter pour « sauver la planète »)

Idées connexes dans le transhumanisme général

Ce que disent les études scientifiques sur l’oxytocineL’oxytocine est un neuropeptide naturel impliqué dans le lien social, la confiance et l’empathie. Administrée par spray nasal (typiquement 24-40 IU), elle a été testée dans de nombreuses études humaines depuis les années 2000 :

  • Effets prosociaux observés :
    • Augmente la confiance et le partage d’argent avec des inconnus (Zak et al., 2007 ; Kosfeld et al., 2005).
    • Améliore la lecture des émotions faciales et l’empathie (Hurlemann et al., 2010).
    • Favorise l’altruisme dans certains contextes (dons plus généreux, punition altruiste des free-riders dans des jeux économiques).
    • Restaure parfois des préférences hyper-altruistes dans des scénarios de perte (études récentes 2024-2025 sur des tâches morales gain/loss).
  • Limites et effets ambigus :
    • Effets context-dépendants : booste souvent l’altruisme in-group (favoritisme envers son groupe) et peut augmenter l’ethnocentrisme ou la défense agressive contre les out-groups (De Dreu et al., 2010 ; PNAS 2011).
    • Peut promouvoir des comportements self-serving (égoïstes) dans des situations compétitives.
    • Pas d’effet universel : dépend de la personnalité (plus fort chez les personnes à faible confiance de base), du genre, et du framing de la tâche.
    • Pas de preuve solide d’un boost durable ou massif de l’altruisme global/climatique ; les effets sont subtils, temporaires (quelques heures), et variables entre individus.

Liao mentionne explicitement l’oxytocine comme outil potentiel pour augmenter l’empathie et la coopération (ex. : plus de soutien aux politiques climatiques via plus d’altruisme intergénérationnel), mais toujours comme idée hypothétique, pas comme recommandation concrète.Sur les nootropiques pour l’altruisme/empathieLes nootropiques (« smart drugs » comme modafinil, Adderall, racétams, ou stacks naturels comme Bacopa, Lion’s Mane) visent principalement la cognition (attention, mémoire, focus), pas directement l’altruisme :

  • Peu d’évidence directe pour un boost d’empathie ou d’altruisme.
    • Certains (ex. : stimulants comme méthylphénidate) peuvent indirectement aider la coopération via meilleure régulation émotionnelle ou focus sur des tâches morales.
    • Des débats éthiques existent sur le « moral enhancement » via nootropiques (ex. : améliorer le raisonnement moral focalisé), mais c’est marginal et non prouvé.
    • Critiques : risque de « cheapen » les accomplissements moraux (comme avec des psychedelics pour l’empathie), inégalités d’accès, coercion dans des contextes compétitifs.

Aucun nootropique n’est approuvé ou étudié spécifiquement pour « booster l’altruisme climatique ».

  • Enhancements moraux/cognitifs pour résoudre les « problèmes d’action collective » (climat comme tragedy of the commons) :
  • → plus de soutien aux politiques climatiques.
  • Réduction de la population via enhancements : Améliorer l’éducation/cognition des femmes pour baisser la natalité (idée évoquée par Liao et Sandberg).
  • Adaptation post-humaine : Au lieu de geoengineering (trop risqué), modifier les humains pour vivre dans un monde +4°C (ex. : vision améliorée pour moins d’éclairage, tolérance à des environnements extrêmes).
  • Le principal groupe concerné : l’Association Française Transhumaniste (AFT Technoprog)C’est le seul organisme structuré en France qui défend explicitement l’idée d’amélioration morale (« moral enhancement » ou « amélioration morale/bio-amélioration morale ») via des moyens biomédicaux ou neuro-technologiques :
  • Didier Coeurnelle (vice-président et porte-parole) et Marc Roux (président et cofondateur) en parlent ouvertement depuis les années 2010-2015.

World Science Festival intitulé « Life in Our Image – The Ethics of Altering the Human Genome », qui s’est tenu le 4 juin 2016 à New York.

Le débat éthique autour des idées de S. Matthew Liao (professeur de bioéthique à NYU, directeur du Center for Bioethics) porte principalement sur son article de 2012 co-écrit avec Anders Sandberg et Rebecca Roache, intitulé « Human Engineering and Climate Change » (publié dans Ethics, Policy & Environment). Liao y explore, des modifications biomédicales volontaires des humains pour atténuer le changement climatique (human engineering), comme :

  • Induire une intolérance à la viande rouge (via un patch ou un médicament provoquant une nausée légère, inspiré de l’allergie alpha-gal naturelle causée par la tique Lone Star).
  • Réduire la taille moyenne des humains (via sélection génétique pré-implantation ou autres moyens) pour diminuer la consommation de ressources.
  • Améliorer la vision nocturne pour réduire l’usage d’éclairage artificiel.
  • Augmenter l’altruisme et l’empathie via des enhancements pharmacologiques ou cognitifs.

Les cosignataires de Liao, Anders Sandberg et Rebecca Roache, de l’Institut pour l’avenir de l’humanité, à l’université d’Oxford, ont répondu à leur tour. “Les gens semblent croire que nous sommes des espèces de cassandres climatiques totalitaires qui militent pour le contrôle biotechnologique des individus”, réagit Anders Sandberg. “Tout ce que nous disons, en réalité, c’est que modifier notre biologie pourrait contribuer à résoudre les problèmes environnementaux, et que certains de ces changements pourraient non seulement être parfaitement admissibles, mais fonctionner en parfaite cohérence avec une éthique libérale.”

  • Moins risqué que le geoengineering : Modifier des humains individuellement (volontairement) est potentiellement plus contrôlable que des interventions planétaires massives (ex. : injection d’aérosols dans l’atmosphère), qui pourraient causer des catastrophes imprévues.
  • Complément aux solutions existantes : Les approches comportementales (changer les habitudes) et de marché (taxes carbone) échouent souvent par manque de motivation globale ; l’human engineering pourrait aider en rendant les choix « verts » plus faciles biologiquement.
  • Responsabilité humaine : Puisque le changement climatique est anthropique, il est éthique que les humains assument une partie du « coût » via des adaptations personnelles plutôt que d’imposer des sacrifices aux générations futures ou à la nature.
  • Précédents acceptés : Des modifications biomédicales existent déjà (vaccins, epidurals, lentilles de vue) ; pourquoi pas pour un bien collectif comme le climat ?
  • Approche basée sur les droits humains : Dans d’autres travaux, Liao propose un cadre où les interventions génétiques sont permises si elles préservent les « capacités fondamentales » humaines (santé, autonomie, etc.), et interdites sinon.

Violation de la nature humaine et eugénisme : Interférer avec la biologie humaine (taille, appétits) est vu comme une forme d’eugénisme « vert » ou d' »écofascisme », même volontaire. Des critiques parlent de « jouer à Dieu » ou de slippery slope vers des modifications forcées.


Consentement et implications pour les enfants : Les modifications (ex. : sélection embryonnaire pour taille réduite) affecteraient des personnes non encore nées, qui ne consentent pas. Risque de stigmatisation (enfants plus petits moqués) ou d’inégalités (accès réservé aux riches).


Risques de sécurité et effets secondaires : Toute intervention biomédicale massive porte des dangers imprévus (cancers, impacts psychologiques, perte de diversité génétique).


Déshumanisation et morale perverse : Au lieu de changer nos comportements ou sociétés, on change nos corps pour « s’adapter » à la destruction environnementale — une forme d’auto-punition collective (comparaisons satiriques à des « hair shirts » modernes ou à des expiations religieuses).

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About pgibertie

Agrégé d'histoire, Professeur de Chaire Supérieure en économie et en géopolitique, intervenant àBordeaux III et comme formateur à l'agrégation d'économie à Rennes Aujourd'hui retraité
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6 Responses to Marchandisation de l’air, des océans, transformations biologiques afin de réduire notre empreinte écologique. Les pires folies commencent à Davos

  1. Avatar de wildlyprincess98c56e44d0 wildlyprincess98c56e44d0 dit :

    Surtout une manière d éliminer du monde et ns soutirer du fric ….des dégénérés 🔥⚔️

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  2. Avatar de Paul-Emic Paul-Emic dit :

    Béni sera celui qui ira arrêter tous ces fumiers ou lancera une bombe sur Davos

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  3. Avatar de Fémina Fémina dit :

    C’est quand la fin de ce cauchemar……..?

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  4. Avatar de Bernadette Bihin Bernadette Bihin dit :

    Je connais une personne qui travaille à un haut niveau au communautés européennes et dont la mission est que calculer une valeur financière à la nature: abeilles, terres, etc…. Elle est sincèrement convaincue que c’est dans un but humaniste…

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    • Avatar de elba elba dit :

      Pour moi, tout ce qui est calcul financier n’a rien d’humaniste, bien au contraire. Cette personne vous a t-elle expliqué, Bernadette, en quoi une financiarisation de la nature peut être « humaniste » ?

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  5. Avatar de Pierre Driout Pierre Driout dit :

    Oleg Arkhipoff qui était administrateur de l’Insee a fort bien expliqué à quel point la comptabilité nationale qui est cruciale dans l’établissement d’un guide directionnel pour une nation moderne était sujette à variations en fonction d’un choix de « valeurs » ni rationnel ni encore moins démocratique !

    L’agrégation des valeurs est vraiment un phénomène politique !

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