Comment l’usage massif des outils numériques dans le système éducatif détruit l’intelligence des enfants et à la maison l’ingénierie de la dopamine parachève le désastre

Horvath met le doigt sur un vrai renversement historique (première génération « moins capable » cognitivement malgré plus d’éducation formelle), et les écrans (surtout en contexte scolaire non maîtrisé) sont un facteur majeur plausible selon les données corrélatives.

Dr Jared Cooney Horvath, neuroscientifique cognitif, éducateur et auteur australien (PhD, ancien chercheur à Harvard et Melbourne, directeur de LME Global). Il est devenu une figure médiatique sur ce sujet grâce à son livre The Digital Delusion: How Classroom Technology Harms Our Kids’ Learning — And How To Help Them Thrive Again (sorti fin 2025), et à des apparitions comme un témoignage devant le Sénat américain (janvier 2026

« La génération Z est la première génération de l’histoire moderne à obtenir des résultats inférieurs aux nôtres dans pratiquement tous les domaines cognitifs, de l’attention de base à la mémoire, en passant par l’alphabétisation, le calcul, les fonctions exécutives et même le QI général, alors même qu’ils vont à l’école plus longtemps que nous. »« Alors pourquoi ?… La réponse semble résider dans les outils que nous utilisons au sein des écoles pour favoriser cet apprentissage (les écrans).

»« Si l’on analyse les données, on constate qu’une fois que les pays adoptent largement les technologies numériques dans les écoles, les performances scolaires chutent considérablement, au point que les élèves qui utilisent des ordinateurs environ cinq heures par jour à l’école à des fins d’apprentissage obtiennent des résultats inférieurs de plus des deux tiers d’écart-type à ceux des élèves qui utilisent rarement ou jamais les technologies à l’école. Et ce, dans 80 pays. »

Mais les écrans ne se contentent pas de décimer l’apprentissage et de rendre les nouvelles générations moins intelligentes que les précédentes.

  • Depuis la fin du XIXe siècle (début des mesures standardisées du QI et des performances cognitives), chaque génération surpassait la précédente en moyenne (effet Flynn : +3 points de QI par décennie environ jusqu’aux années 1990-2000).
  • La Génération Z (née ~1997-2012) est la première à inverser cette tendance : scores inférieurs à leurs parents sur de nombreux domaines cognitifs (attention soutenue, mémoire de travail, littératie, numératie, fonctions exécutives, créativité divergente, QI général), malgré plus d’années d’école.
  • Les données précoces pour la Génération Alpha (post-2012) montrent une accélération du déclin.
  • Cause principale qu’il met en avant : l’explosion des technologies numériques dans les écoles (ordinateurs portables 1-to-1, tablettes, logiciels éducatifs) à partir des années 2010, pas seulement les écrans récréatifs ou sociaux.
  • Il cite des corrélations internationales (souvent basées sur des données PISA et autres études transversales) : les élèves utilisant des ordinateurs ~5 heures/jour à l’école pour l’apprentissage scorent plus de 2/3 d’écart-type en dessous de ceux qui en utilisent rarement ou jamais — et cela dans ~80 pays.

Il insiste sur le fait que les écrans ne remplacent pas efficacement l’apprentissage humain (connexion sociale, multimodalité papier-main-cerveau), entraînent une fragmentation attentionnelle, un « mode effect » (lecture/écriture sur écran moins profonde que sur papier), et un mismatch entre le fonctionnement cérébral et les outils numériques.

Déclin cognitif générationnel : Oui, observé dans plusieurs datasets. L’effet Flynn s’est inversé dans de nombreux pays développés depuis ~1990-2000 (baisse de QI de ~0,2-0,3 points par an dans certains pays, surtout en Scandinavie, Allemagne, France, UK, USA).

Scores PISA en baisse depuis ~2012 (maths, lecture, sciences), même avant COVID. Des méta-analyses confirment une baisse en fluid intelligence et en performances scolaires standardisées pour les cohorts récentes.

Lien avec écrans scolaires : Il y a des corrélations négatives solides dans PISA 2018/2022 et d’autres études OCDE : usage excessif d’appareils numériques en classe (surtout > plusieurs heures/jour) associé à des scores plus bas, distractions fréquentes (65-70 % des élèves distraits par devices en classe selon PISA 2022). Des revues montrent que le papier reste supérieur pour la compréhension profonde et la rétention (effet « mode papier vs écran »).

Un phénomène sans précédent et extrêmement préoccupant se produit au niveau du cerveau des enfants.

Les tout-petits ne se contentent pas de regarder des écrans ; ils sont conditionnés neurologiquement par eux.

Des coupes rapides, des couleurs éclatantes, une nouveauté constante.

Et rien de tout cela n’est dû au hasard. Tout est intentionnel.

Ce qui ressemble à du « contenu pour enfants » est souvent en réalité une ingénierie de la dopamine visant à maximiser l’engagement, et non le développement sain, quels que soient les dommages que cela cause.

Des images de dessins animés masquant des thèmes adultes, des stimuli de peur, de la violence et de la détresse psychologique sont présentées aux tout-petits. Des couleurs vives en surface. Quelque chose de très, très grave en dessous.

Ce contenu n’a aucune valeur éducative ni développementale. Pas d’histoire. Pas de morale. Aucun apprentissage. Juste une surenchère de nouveautés conçue pour captiver l’attention à tout prix, même si cela se fait littéralement au détriment du développement cérébral et nerveux du spectateur.

Les médias optimisés pour la dopamine et les contenus médiocres générés par l’IA conditionnent nos enfants à la dépendance, à la dysrégulation émotionnelle et à des dommages neurologiques à long terme.

Nous devons empêcher cela avant que cela ne commence — et avant que les grands groupes pharmaceutiques n’interviennent avec la « solution ».

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About pgibertie

Agrégé d'histoire, Professeur de Chaire Supérieure en économie et en géopolitique, intervenant àBordeaux III et comme formateur à l'agrégation d'économie à Rennes Aujourd'hui retraité
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6 Responses to Comment l’usage massif des outils numériques dans le système éducatif détruit l’intelligence des enfants et à la maison l’ingénierie de la dopamine parachève le désastre

  1. Avatar de Fémina Fémina dit :

    Les écrans ? Une plaie pour tous les âges, encore davantage bien sûr pour les enfants qui sont incapables de se restreindre par eux-mêmes. Il n’y a plus de communication entre personnes, chacun vit de son côté et dans l’ignorance de l’autre. Lorsque je m’insurge contre cette pollution cérébrale, je suis considérée comme une inadaptée. Je consulte internet sans pour autant passer ma journée sur ma tablette. Je joins l’utile à l’agréable mais sans excès ………..

    Aimé par 2 personnes

    • Avatar de schmittjclapostenet schmittjclapostenet dit :

      ben alors comme vous je suis aussi un inadapté imaginez je n’ai meme pas de smartphone et quand il m’arrive d’emprunter le train je ne voit que des zombies le nez sur leurs téléphones à part quelque fois des gens qui lisent un livre (papier ) qu’ils se multiplient ces derniers !et que la lecture redevienne d’importance vitale ches les plus jeunes .

      Ceci dit qui a donc bien pu depuis 2017 dématérialiser et fermer nombre de trésoreries bureaux de postes guichets des gares des impots des caf de la sécu etc..

      C’est notre roitelet avec sa cour qui pour laisser une trace de son passage en interdisant les réseaux sociaux au moins de 15 ou 16 ans .

      Meme si je salue cette initiative je ne peut m’empecher que c’est encore pour son égo .

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  2. Avatar de practicallyc66ef89cd9 practicallyc66ef89cd9 dit :

    J’aime la conclusion de l’article, c’est tout à fait çà. Les élèves d’un collège passent devant chez moi tous les jours et quand je le vois en rangs d’oignons ou à la file le nez sur leur Smartphone, sans jamais lever les yeux et tapoter ou parler j’ai envie de leur hurler  » Mais parlez de vive voix avec vos voisins et camarades et intéressez vous à ce qui se passe autour de vous » …

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    • Avatar de Fémina Fémina dit :

      Ils ne se parlent plus mais ils ne lisent plus rien sur papier, cela se ressent dans leur langage, quant à la connaissance de la vraie langue française c’est atterrant de voir l’orthographe et même la simple définition des mots courants qui n’ont plus d’importance à leurs yeux. Nous sommes en train de fabriquer des cancres!!

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  3. Avatar de geneadrey geneadrey dit :

    C’est grave docteur ? Est-ce qu’il existe un moyen d’en guérir ? C’est une peste, et il faudra des années et des générations pour réparer les dégâts.

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  4. Avatar de elba elba dit :

    Il faudrait déjà que dans le cadre de l’école, les enseignants apprennent aux enfants à ECRIRE. Une de mes petites voisines, en 6e, m’a montré son cahier d’anglais : il n’y avait dedans QUE des feuilles photocopiées et collées sur les pages. Comment voulez-vous qu’un enfant apprenne quelque chose qu’il n’a pas écrit ? (Et qu’il mette le nez dans le cahier pour y apprendre les mots figurants sur ces photocopies.)

    Les enseignants ont certainement des consignes qui leur sont données afin qu’ils fassent ainsi, ou bien sont-ils flemmards pour demander aux enfants d’écrire ?

    … Certains parents sont aussi pas mal coupables, parfois les premiers à être suspendus à leurs téléphones…

    C’est ahurissant !

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